Ne laissez pas le passé vous emmerder

Le passe

J’ai toujours pensé que lorsque des gens se rencontrent et décident de cheminer ensemble le restant de leur vie, ils sont sincères et, en principe, sont engagés à tout faire et tout donner pour que cette union vive et s’épanouisse pour le bien des principaux concernés et des enfants qui pourraient en naître. Pour le bien de la communauté également car, lorsqu’un couple s’entredéchire, ce n’est pas seulement ce couple qui en souffre, mais également les gens qui leur sont chers, leurs familles, leurs enfants s’ils en ont, la communauté qui doit gérer les conséquences du traumatisme dont les enfants sont victimes dans ce cas, et même souvent les parents qui se séparent parce que, il faut le dire, aucun divorce ne laisse intactes les personnes concernées.

Les raisons pour lesquelles les gens qui se sont aimés et juré amour éternel se séparent sont multiples. Et souvent, surprenantes.

Enormément de couples se désintègrent parce que ceux qui le constituent sont incapables d’oublier, de tirer un trait sur le passé et vivre le présent, leur présent, se concentrer sur l’incident présent.

“Oui, je savais que je ne pouvais pas compter sur toi parce que tu as toujours fait cela. Tu es toujours comme cela. Tu t’es toujours comporté comme cela. L’autre jour tu as fait ci… La semaine dernière tu as fais ça… L’année dernière tu as fais cela… En 1990 tu as fais cet autre truc…”

Personne n’aime qu’on lui répète à longueur de journée, de semaines, de mois, d’années, tout le temps, ses manquements. Personne! Parce que, souvent, nous en sommes conscients, en avons honte, et avons même demandé pardon pour ces choses que nous avons faites et qui ne nous honorent pas:

“J’ai eu un comportement ou dit des choses qui t’ont heurté. Je sais que ce comportement t’a heurté. Je sais que ces mots que j’ai prononcés t’ont blessé. J’aurais dû mieux faire. Je sais que j’aurais dû mieux faire. J’en suis sincèrement désolé. Je te promets que cela n’arrivera plus.”

C’est-à-dire, donne-moi une chance de te prouver que j’ai appris de cela et que je veux mieux faire à l’avenir. Alors, pourquoi restons-nous obstinément tournés vers le passé lorsque les choses vont mal? Il est évident que, dans chaque relation, le train va dérailler de temps en temps et nécessiter que l’on fasse appel à certaines compétences personnelles pour le remettre à nouveau sur les rails. La capacité à pardonner et demander des excuses sont deux de ces compétences extrêmement importantes.

Alors, lorsque les choses tournent au vinaigre, n’ouvrez pas les portes du passé si ce n’est pour construire un présent merveilleux et un futur époustouflant!

Ne laissez pas le passé vous emmerder ou s’installer entre vous. Et, surtout, condamnez l’acte, pas votre partenaire, parce que vous êtes une équipe qui a besoin de toutes ses ressources pour résoudre le problème qui s’est posé, et pas pour se battre l’un contre l’autre!

 

Ton tour…

Il n y a pas de relation solide, saine, épanouissante et qui dure si l’on ne peut pas demander pardon et présenter des excuses. Qu’est-ce que tu en penses?

 

 

 

J’avais dit oui, et j’étais sincère

oui
L’un des moments les plus importants lors de la célébration du mariage c’est lorsque les personnes qui se marient doivent déclarer, devant l’officier et les participants, qu’ils s’engagent dans cette union pour le meilleur et pour le pire. Lorsque nous le disons, est-ce que nous comprenons vraiment ce que nous disons? Est-ce que nous comprenons le sens de cette phrase? Sommes-nous vraiment prêts et capables de rester ensemble quelque soit ce qui se passe?

Ce que nous voyons autour de nous tous les jours amène à dire non!

Pour le meilleur et pour le pire? Non! Pour le meilleur seulement parce qu’il est facile de rester avec quelqu’un lorsque cette personne vous promène dans sa limousine et que vous profitez des avantages liés à cette limousine ou au statut de cette personne. Mais, combien de personnes sont prêtes à marcher à pied avec l’autre lorsque la limousine est en panne? Combien de personnes sont prêtes à rester lorsque notre partenaire perd son boulot, tombe malade et ne peut plus assurer, se retrouve en prison pour une raison ou une autre?

Très peu!

Monsieur est en prison? Je m’en vais recommencer ma vie ailleurs.

Monsieur ou madame est victime d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)?  Je le ramène dans sa famille et m’en vais recommencer ma vie ailleurs.

Tu perds ton boulot? Eh bien, je m’en vais vivre avec celui ou celle qui en a un.

Voilà ce qui se passe. A quelques exceptions près.

Lorsque mon père a été victime d’un AVC qui l’a rendu végétatif, ma mère n’a pas trahi. Pendant sept années elle était là, a fait tout, enduré tout, refusé de prendre du repos ou de permettre à quelqu’un d’autre de la seconder auprès de son mari malade, au risque de mettre sa santé en danger.

« J’avais dit oui, et j’étais sincère! » Voilà la réponse qu’elle a donnée lors des obsèques de notre papa pour expliquer cette fidélité à son défunt mari.

Aujourd’hui on se marie vite et se sépare vite, parfois avant même que l’encre utilisé pour signer l’acte de mariage n’ait séché. Parce qu’on est impatient, intolérant, arbore un ego surdimensionné, ignore ce que le mariage veut dire, parce que l’on s’est marié pour de mauvaises raisons, etc.

Cela fait trente ans que nous nous sommes dit oui. Pour nous car personne ne devrait dire oui à l’autre par contrainte, pour faire comme les autres, pour plaire aux autres, pour se venger, pour impressionner qui que ce soit, pour recevoir les allocations familiales, pour fuir la pauvreté, avoir les papiers et pouvoir enfin émigrer, parce que l’on recherche quelqu’un qui va s’occuper de nous ou de nos enfants, pour ne plus avoir faim, etc.

Nous nous sommes dit oui parce que nous nous sommes mutuellement aimés et appréciés, et avons su que nous étions faits l’un pour l’autre. Comment l’avions-nous su? En échangeant sincèrement, totalement, froidement. En aidant l’autre à nous connaître véritablement. Et à cause de ce truc qu’on ne pourrait expliquer, mais qui te dit, dès le premier instant où ton regard croise celui de l’autre, que c’est The One!

Avant de rencontrer l’homme qui devait devenir mon mari, j’avais juré de ne jamais me marier parce que ce que je voyais autour de moi ne m’encourageait pas à m’embarquer dans cette aventure souvent fatale pour tant de femmes. Mais, lorsque je l’ai vu, j’ai changé d’avis. Et, depuis trente ans, nous sommes ensemble! J’ai dit « Oui » et je le dirais encore aujourd’hui si j’avais à refaire pas parce que mon couple est parfait, mais parce que nous avons choisi:

  • De nous obstiner, de ne pas jeter l’éponge quand les choses vont mal ou dès le premier désagrément
  • De ne pas demander ce que l’on ne peut pas donner
  • D’aimer parce que aimer ou ne pas aimer c’est un choix
  • De condamner le comportement, pas la personne, et d’aider l’autre à prendre conscience et de changer ce comportement qui nous heurte
  • De créer de l’espace pour l’autre
  • De ne pas devenir un parce que la fusion c’est la négation de l’autre et de soi
  • De fixer des attentes réalistes
  • De communiquer clairement, de façon transparente nos attentes
  • D’être là pour l’autre et avec l’autre lorsque ça va mais aussi lorsque ça ne va pas
  • De toujours nous rappeler qu’à la fin, nous avons l’un l’autre, nous sommes une équipe
  • De construire ce couple dont nous rêvons et voulons être, un couple où chacun de nous travaille d’arrache-pied tous les jours pour pour construire.

Est-ce facile?

Non!

Est-ce possible?

Oui!

Comment?

Avec de la patience, beaucoup d’efforts et de travail sur sa personne, un engagement sincère et constant, un amour sincère. En effet, seul l’amour, un amour sincère, peut nous aider à atteindre cet objectif, à continuer lorsque tout va mal. Seul un amour vrai peut aider à comprendre. Pardonner. Donner une seconde et même une troisième chance à notre partenaire.

 

Se marier pour de mauvaises raisons peut être fatal

 

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Il est trois heures du matin la nuit dernière lorsque je reçois un énième coup de fil d’une amie qui m’appelle, cette fois-ci, de son lit d’hôpital où elle git, après avoir subit une importante opération visant à réparer les dégâts causés sur tout son corps et dans son corps par la bastonnade reçue de son conjoint.

“Je n’aurais pas du épouser cet homme! C’est ma faute. Je n’aurais pas dû l’obliger à m’épouser! me dit-elle, en pleurs.”

“Parce que tu l’as forcé à t’épouser? Je lui demande.”

“Je n’avais pas le choix, me répond-elle.”

“Pourquoi tu l’as fait?”

“J’étais tombée enceinte et ne voulais pas être fille-mère, c’est-à-dire la honte de ma famille et la risée de toute la ville, quoi. Et me voici aujourd’hui! Si seulement j’avais su!”

Mon amie aurait dû savoir que cette décision qu’elle avait prise était mauvaise, et surtout que l’avenir de leur couple ne s’annonçait pas radieux.

Son partenaire l’aimait peut-être, mais certainement pas au point de décider de passer le reste de sa vie avec elle. Elle s’est invitée dans sa vie. Elle s’est imposée dans sa vie, et est surprise des conséquences de sa décision.

Jacqueline Sauvage, la française libérée de prison il y a quelques mois par une grâce présidentielle après y avoir purgé une longue peine pour assassinat de son mari en sait quelque chose. Lassée d’être confondue avec un tamtam par son mari tous les jours et surtout craignant pour sa vie et celle de ses enfants que son mari violait régulièrement, elle lui vida le contenu d’un fusil dans le dos un jour où celui-ci l’avait encore tabassée et menacé de la tuer avec ses enfants.

Oui, Jacqueline aurait dû partir! vous direz. Mais, dire ou penser c’est plus facile que faire.

“Partir? Comment et pour aller où? Les comptes bancaires étaient tous en son nom et je n’avais plus d’amis. On ne fréquentait que les siens et il m’avait isolée de ma famille,” répond Jacqueline au jury qui lui pose cette question lors de son jugement.

Elle est libre aujourd’hui, vit entourée de ses enfants, est inconsolable parce que son fils qui s’était suicidé justement après avoir découvert que son papa violait ses soeurs lui manque, n’arrive plus à dormir et fait d’horribles cauchemars dès qu’elle ferme ses yeux, et va porter sur sa conscience la mort de son mari jusqu’à sa propre mort.

Jacqueline et son partenaire pouvaient-ils éviter ce drame? Bien sûr que oui!

Comment?

  • En ne se mettant pas ensemble, simplement. Mais cette décision requiert des qualités comme une solide imperméabilité aux qu’en-dira-t-on et une bonne dose de courage surtout dans un environnement où la société est intraitable avec les filles qui ont le malheur de tomber enceintes hors mariage. Elle suppose aussi que l’on est conscient des responsabilités que l’on a lorsqu’on met un enfant au monde, et qu’on a les ressources nécessaires -financières et émotionnelles- pour élever cet enfant et lui créer les conditions pour permettre à ce dernier de vivre la vie qu’il mérite
  • En mettant un terme à la relation lorsque tout mais alors tout indiquait que celle-ci n’avait pas d’avenir et surtout qu’elle constituait une menace pour la vie d’un des partenaires et les enfants. Mais, l’amour rend aveugle et nous prive souvent de notre capacité de réflexion, d’analyse et de jugement même lorsque tout, mais alors tout, indique que nous devons dé “Non, il/elle va changer! Surtout lorsque le partenaire violent demande pardon après son forfait, achète même le pardon de la victime avec des cadeaux, tout en promettant de ne plus recommencer. Mais, comme l’expérience a prouvé que “Qui a bu, boira,” il/elle recommence toujours et toujours. Jusqu’au jour où l’irréparable arrive.

Il y a aussi la peur de l’inconnu, la peur de ne pas pouvoir s’en sortir sans ressources, le manque de confiance en soi et en ses capacités de s’en sortir, situation créée par cette violence et assassinat psychologique exercés régulièrement sur la victime. Parce que, à force de nous dire qu’on ne vaut rien, on finit par y croire et même par créer les conditions de devenir un/une vaut-rien par notre comportement.

Il n y a pas encore de mort dans le cas de mon amie. Mais, tout peut arriver.

“Qu’est-ce que je dois faire? me demande-t-elle.”

“Ce qui est nécessaire et correct de faire dans une situation pareille, une situation qui dure depuis trop longtemps déjà et qui s’empire de jour en jour, sans aucun espoir de s’améliorer, lui dis-je. Si on aime la personne que l’on est et apprécie la vie, ce cadeau précieux que l’on a reçue. Et surtout ne me dis pas que tu n’as pas le choix parce que, figure-toi, nous avons toujours le choix.”

Que pouvons-nous tirer de cette histoire? Beaucoup de leçons:

  • Se mettre en couple avec quelqu’un pour de mauvaises raisons et surtout obliger quelqu’un à nous épouser est une erreur qu’il ne faut pas commettre parce que les conséquences d’un tel acte peuvent être fatales
  • Nous sommes au XXIème Siècle, une époque où nous avons les moyens de décider quand est-ce que nous allons avoir des enfants et, surtout, c’est un siècle où avoir un enfant hors mariage n’est plus un crime
  • Rien ni personne ne devrait porter atteinte à notre intégrité physique, psychologique, mentale. Alors, refuser de subir la violence de la part de son/sa partenaire et le-lui faire savoir devient une obligation dès que les premiers signes se manifestent
  • L’indépendance financière de chacun des partenaires est absolument nécessaire parce que les mariages se terminent, les partenaires meurent ou deviennent invalides, souvent incapables de se souvenir même de qui ils é Si on n’a pas pris les dispositions nécessaires, on est foutu!

 

You don’t find happiness: you create it

Happiness

“I have all I need to be happy:  a husband or wife, children, fancy cars, mansions, a good and lucrative job; I go on vacations to magical places and stay in 5 stars hotels; I only wear luxury brands clothing and shoes, but I am not happy.”

You have certainly heard people say the above. And you can’t help but ask yourself: Why are they not happy?

Because we tend to think if we have certain things, go to certain places, have certain jobs, live at certain places, or do what our friends, neighbors, relatives, colleagues are doing; if we go where they are going, have what they have, the job they have, the partner they have, we will be happy. Even when we do all this with loans or our credit cards!

Grosse erreur! Big mistake I mean!

Because happiness has nothing to do with material things you possess, places where you are, things you do… You design it. You create it.

YOU.

For some people, it is just knowing they have a wonderful and caring family. For others, it is making a difference in other people’s lives. For some others, it is providing for their beloved ones. Mine is seeing and feeling the unconditional love of my family, and contributing to making a difference in other people’s lives: my beloved ones, my colleagues, my neighbors, or strangers. Yes, because I do that whenever I can, with what I have, where I am.

Two days ago I was walking on a street in my city when a young lady approached me and asked for a… pad. I was surprised by such a request because it was the first time that someone made that kind of request. I looked in my purse and fortunately could find…two tampons. I gave it to her and she asked me if she could give me a hug because that was the only thing she could give me to thank me for saving her life.

« Saving your life ? I asked.

« Yes, maam, I just came out of the prison and hadn’t used these precious things for long. »

I invited her for a coffee and later on we went to the closest Shoppers and I bought her more tampons.

After that, I decided to do something about this. Something that will touch more women in the same situation. So, starting a project to provide women in jail and homeless women with feminine products seemed to me to be what to do. We very often take these little things for granted. We shouldn’t. And feminine care shouldn’t be a luxury! The need for feminine products is just vital as needing toilet paper. So, it should be made available to all women that menstruate and/or have bladder control issues.

So, I need your help to make this project happen. Tampons and pads for women, not toxic, but eco-friendly. The ideal would be to donate reusable menstrual cups, the best solution as it is less waste in landfill or water treatment plants, and money saving for women who use it.

Want to help women in jail and homeless women preserve their dignity?

Want to make a difference in other people’s lives by contributing to meet women unique needs?

Let me know!

Men and women, you are all invited and your help is more than welcome: it is needed! Together we can make it happen.

 

Tout contrôler tue la relation

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Vouloir tout contrôler, de sa garde robe à ses loisirs, déplacements, nutrition, dépenses, tue la relation entre des personnes.

Vous avez certainement entendu autour de vous des gens se plaindre parce que leur partenaire ne les laissait pas être, simplement.

  • Pourquoi rentres-tu à cette heure? Tu as fini depuis plusieurs heures déjà.
  • Avec qui étais-tu?
  • Tu ne m’as pas dit que tu devais aller à cette soirée!
  • Je ne savais pas que tu étais en contact avec cette personne!
  • Cette chemise est horrible! Comment peux-tu mettre cela? Tiens, mets plutôt celle-ci que j’ai achetée.
  • Tu ne dois pas manger ces choses-là!
  • Jettes ce vieux blouson-là et achète quelque chose digne de toi!
  • Ne mange pas comme cela à table!
  • Ce pot de fleur doit rester ici! Ne le déplaces pas!

Je suppose que des gens qui décident de se mettre ensemble et de cheminer ensemble sont des adultes qui ont des goûts précis, parfois différents, ce qui est normal, parce que eux-mêmes sont différents. Ils sont des adultes qui ont chacun un style de vie, des choses qu’ils aiment ou n’aiment pas pour des raisons parfois difficiles à expliquer.

Savoir cela et surtout comprendre et accepter cette différence c’est respecter son/sa partenaire, son être, sa personnalité. Ses souvenirs. Ses émotions. Parce que cette chemise-là est peut être un cadeau d’un être cher chargé de valeurs émotionnelles. Ce vieux blouson-là peut être un souvenir auquel il tient particulièrement parce qu’il lui rappelle des souvenirs chers. Cette nourriture que tu ne veux plus qu’il mange, il a peut-être grandi en mangeant cela et l’adore.

Alors, vouloir obliger votre partenaire à changer tout cela c’est attaquer sa personne, vouloir le/la pousser à renoncer à son être, ses souvenirs, ses émotions, ce qui, très souvent, conduit à la catastrophe.

Quelques mois après notre mariage, je me suis étonnée que mon mari retire immédiatement son costume dès qu’il sortait de son bureau. Il était alors directeur de banque et le dress code voulait que tout le personnel masculin porte un costume et une cravate. Ce qu’il détestait! Donc, dès qu’il finissait le travail, il se débarrassait de ce costume et cette cravate qui l’étouffaient d’après lui, et retrouvait avec une joie enfantine son Jean et ses baskets.

Un jour, en déplacement dans notre province d’origine, il suggéra que nous allions dire bonjour à ses collègues qui travaillaient dans la succursale de leur banque là-bas. Le problème c’est que, au moment où il proposait cela, il était en …short!

“Tu ne vas pas y aller comme…cela!” lui dis-je.

“Pourquoi pas?” me répondit-il. Je ne suis pas nu.

“Je vois bien que tu n’es pas nu. Mais, tu es en short, chéri! C’est indécent. Qu’est-ce que tes collègues vont dire” continuai-je.

“Ecoute, ma chérie! Ce que mes collègues dissent ou ne dissent pas, pensent ou ne pensent pas de ma tenue n’est pas vraiment important. Je vais leur dire bonjour, et avec toi, c’est cela le plus important. S’ils ne voient pas cela et ne s’intéressent qu’à ma tenue, c’est leur problème, pas le mien,” me répondit-il.

Après un moment de pause, il continua:

“Tu viens?”

Je m’étais arrêtée devant la porte de la banque, hésitant si je devais y entrer avec lui dans cette tenue-là ou pas. Finalement, je le suivis à l’intérieur. Et tout se passa bien. Du moins je le pense.

Après ce jour-là, d’autres situations se présentèrent où j’essayai, souvent sans même le réaliser, de “gérer” mon mari comme nous le disons chez nous au Cameroun, c’est-à-dire de tout contrôler, l’amener à faire ce que moi je voulais, ou ce que la société dictait. Sans succès. Et, patiemment, il m’expliquait qu’il était important dans chaque couple de créer de l’espace pour son/sa partenaire et de le/la laisser être, simplement, si l’on veut que la relation dure tout en étant saine et épanouissante pour chacun.

Heureusement pour moi je l’ai compris très vite et nous voici aujourd’hui, trente ans plus tard, toujours ensemble.

Des couples se sont unis et désunis après nous. Et l’une des raisons de leur séparation est souvent le souci de contrôler la relation par un des partenaires.

Si tu te reconnais dans cet article, il est temps de rectifier et de lâcher prise. Sérieusement. Et de laisser ton/ta partenaire être. Avant de te rencontrer, ton/ta partenaire avait une vie dans laquelle il/elle exprimait sa personnalité, son individualité, sa spécificité. C’est ce package –là qui fait de lui/d’elle la personne que tu as connue. C’est même peut-être cela qui t’a séduit. Respecte cela et tout ira mieux.

Mon mari ne me dit pas comment je dois m’habiller. Il ne me dit pas qui je dois fréquenter. Il ne m’appelle pas cinquante fois par jour pour me demander où je suis, avec qui, entrain de faire quoi. Lorsqu’il m’appelle, c’est pour me demander comment se passe ma journée et pour me dire qu’il m’aime. Pourquoi devrais-je lui dire comment est-ce qu’il doit s’habiller, qui il dit fréquenter, où il doit aller? Je peux lui donner un conseil, comme il le fait d’ailleurs avec moi, un conseil qu’il peut prendre ou laisser, parce que c’est un conseil. Si on oblige l’autre à appliquer notre conseil, ce n’est plus un conseil, mais un ordre. Et personne n’aime recevoir des ordres!

Donc, lâche prise au nom, pour la survie, la santé et l’épanouissement de ton couple.

 

 

 

Célébrez vos différences parce que c’est votre force

Today I am not who I was yesterday

 

  • Elle ne m’écoute pas!
  • Elle défie mon autorité!
  • Elle ne m’obéit pas!
  • Elle n’est pas soumise!
  • Elle fait ce qu’elle veut!
  • Elle a beaucoup changé!
  • Je ne reconnais plus la femme ou l’homme que j’ai épousé il y a quelque temps!

Tout le temps j’écoute cela, des gens qui me sollicitent pour me demander de les aider à sauver leur couple, à ramener leur partenaire sur le “bon et droit chemin” parce que, d’après eux, leur partenaire s’est perdu, a emprunté un mauvais et dangereux chemin, et a besoin d’aide pour retrouver le “bon et droit chemin.”

Que veut dire le “bon et droit chemin?”

Qui le définit?

Lorsque j’échange avec ces personnes qui se préoccupent pour leur couple, ce que je comprends finalement c’est que tous ces griefs naissent parce que leur partenaire pense différemment. Pose des questions. Contrarie. Fait des suggestions différentes des leurs. Exprime son point de vue. Remet en question. Corrige. Rectifie. Ce à quoi plusieurs d’entre nous ne sont pas habitués dans nos couples. Avouons-le. Froidement. Sincèrement.

Lorsque je partais en mariage, mes parents m’ont assise la veille de mon départ et m’ont clairement dit que je partais pour ne plus revenir, quoi qu’il arrive ou m’arrive à moi. Et, lorsque j’avais demandé pourquoi, ils m’ont répondu qu’on ne se marie pas pour divorcer. En un mot, le mariage est un voyage aller seulement. Mes parents m’ont clairement dit, cette nuit-là, que je devais me soumettre à mon mari et faire ses quatre volontés, ne pas poser des questions parce que le faire c’est défier l’autorité de ce que nous appelons encore aujourd’hui chez nous le propriétaire de la maison, “Ngang Mbè” dans ma langue nguemba!

Mes parents, mais aussi ma belle famille. En effet, pendant ma première nuit dans ma belle famille, ma mère adoptive, celle à qui on avait confié mon éducation matrimoniale afin que je puisse être une bonne épouse, m‘a répété le même message, toute la nuit : soumission, obéissance, douceur. Il fallait installer cela dans mon esprit avant que je ne parte dans mon foyer le lendemain. Pour mes parents et pour de nombreuses autres personnes dont celles qui me sollicitent tout le temps, une femme ne doit pas poser de questions, exprimer son point de vue, tousser sans demander la permission de son conjoint. Elle doit écouter et appliquer à la lettre le conseil que son partenaire lui donne parce que, ne pas le faire, c’est lui désobéir. C’est le défier. C’est défier son autorité de chef de famille.

C’est troublant tout cela, en ce XXIème siècle, et démontre surtout l’ampleur du travail que nous avons encore à faire pour construire des couples sains, des couples où chacun est épanoui, des couples qui durent.

L’arc-en-ciel est beau parce qu’il a plusieurs couleurs. Vouloir que son/sa partenaire soit exactement comme nous, pense comme nous, se dissolve dans nous, ne pose pas de questions, ne suggère rien mais alors rien du tout, mais embrasse plutôt tout ce que nous disons ou suggérons sans aucun questionnement, c’est comme vouloir qu’un oiseau vole avec une seule aile. C’est-à-dire quelque chose qui est impossible à se réaliser.

Ecouter quelqu’un ne veut pas dire avaler tout ce que cette personne dit. Et, poser des questions ce n’est pas désobéir encore moins défier qui que ce soit, mais plutôt chercher à mieux comprendre afin de prendre des décisions bien pensées. Et, un conseil c’est un conseil, c’est-à-dire qu’il est à prendre ou à laisser. Si tu m’obliges à le prendre ou à l’appliquer absolument, ce n’est plus un conseil, mais un ordre.

Le mariage est un partenariat où les personnes impliquées décident de se mettre ensemble et cheminer ensemble pour une raison ou une autre. Et il a besoin de toutes les personnes impliquées, de toute leur intelligence, idées, perspectives, personnalités, différences pour fleurir et s’épanouir pour le bien de ces personnes, de leurs enfants et de la communauté. Un partenaire béni oui-oui, passif, qui suit “le bon et droit chemin” qu’on lui a indiqué, tout le temps, n’est pas utile au couple. Et personne ne devrait avoir un partenaire pareil.

Par ailleurs, ces personnes impliquées dans le couple ainsi que ce mariage lui-même évoluent au fil du temps parce que la seule constance dans ce monde c’est le changement. Aujourd’hui, je ne suis plus celle que j’étais hier ou il y a un mois ou dix ans. Et demain je ne serai plus celle que je suis aujourd’hui. Ne pas le reconnaître ou questionner cela c’est faire preuve d’une ignorance et mauvaise foi inouïes.

Tout change dans ce monde, même la pierre. Oui, elle aussi s’use! Alors, au lieu de rejeter le changement et la différence, il vaut mieux les embrasser et les célébrer car c’est une formidable force que nous avons et que nous devons utiliser pour construire et nous construire.

Ton tour…

Cette réalité que je décris, beaucoup la vivent dans leur couple au quotidien, même les couples les plus insoupçonnés. As-tu vécu une situation pareille? La vis-tu aujourd’hui encore? L’as-tu surmontée? Si oui, comment t’y es-tu pris avec ton couple? Je serais heureuse d’apprendre les tips et trucs que vous avez utilisés pour régler ce problème qui nuit à tant de couples.

 

 

 

Vivre simplement et vivre heureux est bien possible

 

Maison Kitisuru

Il y a quatre mois j’ai décidé de tout vendre chez moi et de ne vivre qu’avec le strict minimum: deux plats, deux cuillères, deux fourchettes, deux verres à eau et à vin, deux cuillères à café, deux petites marmites, deux couteaux de table, deux tabourets, une petite table. Mon lit même je l’ai vendu et me suis contentée du matelas posé à même le sol plus quelques draps. Mes chaussures, vêtements et autres sacs à main, qui m’étouffaient et ne suffisaient plus dans mon placard, ont été bien accueillis par les organismes de charité à qui j’ai donnés. Ma voiture, je ne l’ai utilisée et ne l’utilise plus que pour aller là où les transports publics n’arrivent pas ou alors lorsque ceux-ci ont arrêté de travailler. La nourriture et tous les autres produits de première nécessité, je les achetais lorsque j’en avais vraiment besoin, et plus du tout pour les avoir en stock à la maison comme par le passé.

Pourquoi tout ceci, vous allez certainement vous demander? Je voulais expérimenter ce qu’on appelle aujourd’hui le minimalisme. Vivre simplement, avec le strict nécessaire. Oui, je voulais voir si je peux vivre simplement, si je peux survivre à l’absence de ces biens matériels et être heureuse. Je suis heureuse de confesser aujourd’hui que oui, j’ai survécu et découvert avec émotion et beaucoup de satisfaction que nous pouvons vivre simplement et être heureux!

Parce que le bonheur n’a rien à voir avec 60 paires de chaussures et autant si non plus de robes, sacs à main, chapeaux, bijoux, voitures, maisons, ordinateurs et autres gadgets, etc.

Lorsque nous sommes arrivés à Nairobi il y a quelques années, nous avons loué la maison ci-dessus, que nos amis appelaient un château: un immense duplex avec six chambres, autant de salles d’eau, deux grands salons, une immense cuisine, une cheminée, un grand et très beau jardin, un grand et moderne bungalow, une deuxième maison dehors avec deux chambres, une maison fabuleuse en un mot. Les fournitures que nous avions ramenés du Burkina Faso étant insuffisants pour meubler toute cette maison, nous en avons achetés de nouveaux. Il fallait aussi recruter un personnel de maison pour nous aider à entretenir le duplex. Avant que notre fils ne nous quitte pour aller à l’université poursuivre ses études, il y avait déjà des chambres qui n’étaient pas occupées, et des parties entières de la maison qui n’avaient jamais été utilisées! Seules quelques chambres et la salle de télévision où nous passions le plus clair de notre temps et où nous mangions aussi et recevions nos invités étaient utilisées.

Pouvions-nous payer le loyer? Oui.

Avions-nous besoin de tout cela? Non.

Alors, pourquoi nous sommes-nous embarqués dans cette…aventure agréable, certes, mais coûteuse? Parce que nous avions pris nos désirs pour nos besoins, ce que plusieurs d’entre nous font d’ailleurs, au risque de se retrouver entrain de vivre au-dessus de leurs moyens. Le loyer de cette maison, les factures (eau, électricité, antenne parabolique, etc.), le salaire du personnel de maison, des gardiens du jour et de nuit, l’entretien du jardin, et j’en passe, tout cela tournait autour de 3000 Dollars par mois. Beaucoup d’argent à Nairobi!

Confondre ses désirs –par exemple, je veux un bouquet de 200 chaînes de télévision alors que je n’ai jamais le temps de m’asseoir et regarder la télévision; je veux cette marque de voiture et pas plutôt celle-là; je veux une voiture neuve alors qu’une voiture de seconde main ferait très bien l’affaire; je veux une deuxième, troisième ou même quatrième voiture (notre voisin de Nairobi en avait sept dans son garage); je veux un deuxième, troisième ou même un quatrième téléphone portable iPhone et cette fois-ci doré, etc.- avec ses besoins –manger, s’habiller, faire ses études, acheter ses médicaments, etc.- est dangereux et peux entraîner des conséquences dramatiques surtout si on n’a pas les moyens de sa politique.

En effet, lorsque tu utilises ta carte de crédit, c’est-à-dire de l’argent qui ne t’appartient pas –oui, cet argent auquel ta carte de crédit te permet d’accéder n’est pas ton argent! -, et que tu utilises aux conditions fixées par la banque qui te l’a prêté, lorsque tu contractes un prêt à ta banque ou à quelqu’un d’autre, ou alors puises dans ton épargne pour satisfaire ces désirs dont tu peux très bien te passer, tu ne fais du bien ni à toi-même, ni à ta famille, ni aux autres. Pire, tu entretiens l’illusion selon laquelle tu seras heureux une fois ces désirs satisfaits, détruis ton filet de sécurité, et t’installes dans un cycle de dettes dont il te sera difficile sinon impossible d’en sortir!

Je sais que plusieurs d’entre nous redoutent le qu’en dira-t-on et toucheraient même le diable pour impressionner les autres ou faire comme les autres, éviter les moqueries et maintenir le paraître, oubliant que l’on n’a aucun contrôle sur ce que les autres pensent, et qu’il y aura toujours des gens pour jaser quoique l’on fasse, parce que la vie est ainsi faite.

Si tu te reconnais dans ce que je viens de dire, et penses que tu en as plus que assez d’être victime de la dictature sociale, et qu’il est temps de rectifier pour vivre enfin ta vie, et pas celle que les autres dictent, voici quatre trucs qui pourront t’aider à y parvenir:

  • Souviens-toi à tout moment que le bonheur n’a rien à voir avec l’accumulation ou l’acquisition des biens matériels, comme je l’ai dit plus haut. Que cette accumulation, le superflu nuisent plutôt, stressent et coûtent chers
  • Rester imperméable aux qu’en dira-t-on est absolument nécessaire si tu veux vivre la vie que tu désires et que tu mérites.
  • Se comparer aux autres est la recette la plus efficace pour être éternellement insatisfait et malheureux car il y en aura toujours un qui a plus ou est mieux que soi
  • Se rappeler à chaque instant que le bonheur vient de notre intérieur et que c’est chacun de nous qui le définit. Et c’est absolument personnel.
  • Avoir un budget réaliste et surtout supprimer tout les extras et autres superflus et accessoires est nécessaire pour réduire nos charges économiques, nous concentrer sur ce qui est dans notre zone de contrôle et construire notre présent et avenir ainsi que ceux de notre famille. Parce que l’avenir se construit aujourd’hui. AUJOURD’HUI!

Ton tour:

Quels sont ces désirs ou ces objets qui empoisonnent ta vie et dont tu rêves de te passer sans succès? Commences par en faire une liste et ensuite le nettoyage. C’est dur mais tu y parviendras. Less is better, je t’assure! Agis, maintenant, et tu te sentiras que mieux.