Prenons soin des garde-malades, pour eux, pour nous!

ImageAprès avoir publié l’article sur la nécessité pour nous tous d’aider les garde malades à prendre le temps de se reposer et de prendre soin d’eux, un de mes amis m’a relaté l’histoire de sa tante qui est décédée huit mois après le dècès de sa grand-mère dont elle s’était occupée pendant deux ans.

Des histoires comme celle de mon ami,  comme la mienne, il y en a beaucoup. Nous sommes à mesure de partager la nôtre, mais plusieurs ne peuvent pas le faire. Le problème est global, a global issue comme disent les anglophones.

Les garde-malades sont souvent plus malades que les malades eux-mêmes, et ce, personne ne s’en soucie. Oui, personne ne s’en soucie. Personne ne pense à leur confort, à leur santé mentale, physique, ne parlons pas de leur santé économique. Faites simplement un tour dans les hôpitaux en Afrique et vous verrez que rien ou alors très peu est prévu pour ceux et celles qui passent le plus clair de leur temps et de leurs nuits auprès des malades hospitalisés.

  • Où s’asseyent-ils lorsqu’ils sont auprès de leurs malades?
  • Où dorment-ils lorsqu’ils passent des nuits auprès de leurs malades?
  • Où font-ils/elles la cuisine pendant qu’ils sont installés parfois pendant des mois et des années à l’hôpital auprès de leurs malades?
  • Où peuvent-ils demander de l’aide morale et psychologique lorsqu’ils sont déprimés, épuisés et découragés par toutes ces nuits blanches, par tant de travail et de souffrance?
  • Où vont-ils /elles faire leurs besoins naturels?
  • Où font-ils/elles leur toilette?
  • Ou gardent-ils leurs objets personnels?
  • Où peuvent-ils/elles se coucher et dormir un peu, se reposer un peu lorsqu’ils/elles sont épuisees?
  • Que font-ils/elles lorsqu’ils/elles veulent se coiffer?

Rien n’est prévu pour cela. Ce n’est pas normal et c’est injuste de la part de la societe pour des personnes qui jouent un rôle CRUCIAL en son sein, au sein de nos familles, de notre pays. Ce n’est pas normal et nous devons nous mobiliser pour que le travail que ces personnes formidables font soit reconnu, valorisé, soutenu, et leurs conditions de travail, leur confort, leur bien-être améliorés.

Nous ne pouvons pas dormir, vaquer à nos occupations et produire des résultats si nous savons que nos enfants, nos parents, les membres de nos familles sont laissés sans assistance à la maison ou dans des hôpitaux, et je ne parle pas d’assistance médicale, mais d’assistance humaine que seules les êtres chers nous apportent lorsque nous sommes malades.

Il y a quelques années ma belle mère a failli mourir quelques jours seulement après s’être installée au chevet de sa fille victime d’un accident vasculaire cérébral (c’est devenu une maladie trop courante en Afrique comme vous le voyez). Parce que personne n’etat disponible pour assister cette grande malade, ma belle-mère a dû le faire parce que après tout c’était sa fille. Ma belle-mère avait déjà plus de 70 ans.

Une semaine après qu’elle ait pris  le … service, on nous a appelés de toute urgence parce que elle aussi était tombée gravement malade et hospitalisée auprès de sa fille.

Nous avons dû demander à un de ses petit- fils étudiant dans une Université pas trop loin de l’hôpital de remplir cette tache auprès des deux malades pendant son temps libre, ce qui n’etait pas facile car ce temps libre il devait l’utiliser pour lire, travailler et preparer ses examens. Nous avons aussi dû trouver du temps dans nos emplois de temps respectifs, du moins pour ceux et celles qui étaient dans la ville où les deux femmes étaient hospitalisées ou dans les villes proches pour les assister. Je me revoie entrain de parcourir plus de 200 kms tous les deux jours (100 kms aller et 100 kms retour) pour aller les voir et passer quelques heures avec elles.

Que ce serait-il passé si ce jeune homme que je salue ici n’avait pas accepté d’assister ou n’avait pas pu trouver du temps dans son emploi de temps pour assister sa grand mère et sa tante? Parce qu’on peut tres bien vouloir faire une chose et ne pas pouvoir le faire.

Je me souviens encore avec horreur d’une histoire où l’épouse d’un grand malade victime d’accident vasculaire cérébral avait fini, après plusieurs années passées auprès de son mari don’t elle prenait soin toute seule, par se résoudre, la mort dans l’âme, à enfermer ce dernier tout seul dans la maison parce qu’il fallait qu’elle aille aller chercher de quoi nourrir ses enfants et couvrir leurs autres besoins. Chaque fois qu’elle rentrait à la maison, elle trouvait son mari couvert d’excréments, après avoir consommé une bonne partie.

Voila la réalité, des choses qui se passent dans l’intimité des maisons, des choses que les garde-malades vivent tous les jours, les garde-malades et leurs malades.

Il est absolument important de trouver une solution durable à ce problème que nous vivons tous mais que personne ne veut poser sur la table. Par pudeur, lassitude, ignorance, résignation. Prendre soin des malades est un travail difficile, prenant, exigeant, parfois fatal.

  • Combien de familles se sont disloquées à cause des querelles créées par cette histoire d’assistance aux malades?
  • Combien de foyers et de couples se sont séparés à cause de ce même problème?
  • Combien d’enfants sont laissés à eux-mêmes parce que leurs parents passent tout leur temps auprès des malades de la famille?
  • Combien d’enfants sont obligés de jouer le rôle d’adultes parce que leurs parents sont occupés à prendre soin des malades de la famille?
  • Combien de personnes disent adieu à leurs rêves et projets, ont mis et mettent tous les jours une croix sur leurs vies personnelles et même familiales pour s’occuper de nos malades, et en meurent même souvent?

Tout ceci doit cesser parce que ce n’est pas humain. Ca peut cesser si nous prenons ce problème à bras le corps et nous battons pour le résoudre. Mais il faut d’abord le nommer, reconnaitre son existence parce que ce qui n’a pas de nom n’existe pas.

Ailleurs, sous d’autres cieux, il existe des structures dotées de moyens pour satisfaire ce besoin. Même s’il faut payer pour avoir ce service. Mais c’est déjà cela. On sait ce qu’on peut faire si nous avons un malade à la maison ou à l’hôpital dont on ne peut pas s’occuper à cause de nos responsabilités. Et si on essayait de transférer ce concept chez nous?

Ailleurs les gouvernements prévoient des structures d’aide et d’appui pour les garde malades. Et si nous essayons de sensibiliser nos gouvernements afin qu’ils mettent ceci sur la liste de leurs priorités et travaillent vraiment a les traduire en fait concrets? Que deviendrons-nous si ces personnes, ces garde malades ne faisaient plus leur travail?

Lorsque nous prenons l’avion, l’une des consignes que le personnel travaillant à bord nous donne c’est de mettre d’abord notre masque avant d’aider les autres à mettre le leur. Ce qui est absolument vrai car si nous ne sommes pas vivants, nous ne pouvons pas aider les autres. C’est le cas des garde-malades. S’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes, s’ils ne peuvent pas prendre soin d’eux-mêmes parce que aucune mesure n’a été prise pour les aider à le faire, ils ne peuvent pas bien prendre soin de leurs malades. De nos malades.

Je vous invite, à réfléchir avec moi pour qu’on trouve une solution durable à ce problème. Je compte sur vous, oui. Sur VOUS. Et serais honorée de lire votre feedback ici. Nous avons tous des choses à dire, à partager, à enseigner.

Si vous avez aimé, et surtout si vous avez trouvé ce papier utile, faites-moi plaisir: partagez-le because when you know, you SHARE, YOU TEACH!

Et n’oubliez pas de revenir, de refaire un tour par ici pour plus de tips et de trucs pour améliorer votre vie et faire du reste de votre vie le meilleur de votre vie.

Céline SIKA

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2 réflexions au sujet de « Prenons soin des garde-malades, pour eux, pour nous! »

  1. Je m’appelle Justin C. ODJO. En lisant votre article, je me voyais entrain de lire dans ma propre pensée. C’est comme si je vous communiquais les choses que vous écriviez. Cette situation me préoccupe depuis 1997. Je l’ai partagée avec des amis et nous avons créé une association à cet effet en 1998. Mais pour raison de disponibilité des uns et des autres, nous n’avons pas pu lancer le projet.

    • Justin bonjour,

      Je suis sensible a la problématique que j’aborde dans cet article et suis heureuse que vous aussi le soyez. Oui, les garde-malades ont eux-aussi des problèmes qui doivent être pris en compte. Et règles. Oui, les garde-malades ont eux aussi besoin d’aide. Malheureusement ceci n’est pas toujours perçu par la société dans son ensemble. Les garde-malades eux-mêmes refusent souvent de l’aide pour des raisons souvent difficiles a comprendre ailleurs mais parfaitement explicables chez nous en Afrique. Sensibiliser la societe sur cette problématique est nécessaire (afin que les soucis des garde-malades soient connus). Prendre des mesures adéquates pour régler ces soucis, pour aider nos garde-malades a mieux garder nos malades sans ruiner leur santé, leur vie personnelle et professionnelle est vital. C’est pourquoi je loue l’initiative que vous avez prise avec vos amis pour contribuer a régler ce problème. Malheureusement vous n’avez pas pu continuer. Je vous encouragerais a reprendre ce projet et a e réaliser jusqu’au bout parce qu’il est très important. Ou est-ce que vous vouliez réaliser ce projet?

      Merci de m’avoir lue.

Je serais heureuse de lire votre commentaire

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