On finit tous par partir

Chers amis, chers tous, bonjour,

Comment vous allez aujourd’hui? 
 
Mon dernier article sur la nécessité de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps a touché certains d’entre vous et les a amenés  a partager leurs réflexions et médiations avec moi. J’ai pensé qu’il serait bien de partager cela avec vous.
 
 
Voici ce que ma soeur et amie Odile dit plus précisément :
 

Bonjour Céline,

Toujours émerveillée par les sujets que tu soulèves; Ça prend un courage fou pour faire ce que tu fais là. J’espère que ton message est largement diffusé. Tu soulèves des questions pertinentes et tu proposes des solutions. Même en occident tous les jours ces cas se présentent. Des gens qui vivent sans assurance et laissent souvent la communauté dans l’embarra lorsqu’ils leur arrive quelque chose.

Justement ceux qui vivent en occident peuvent lors de l’acquisition d’un bien de valeur profiter pour faire un testament chez le notaire.

Il faut essayer même si c’est difficile, d’introduire le sujet dans la famille nucléaire autour de la table, à l’occasion d’un évènement heureux où tout le monde est disposé à en parler.  Le parent qui est plus à l’aise peut également proposer de le faire afin d’inciter l’autre à faire pareil; Évidemment si les deux parents sont sur le marché du travail. C’est lorsque les avoirs les plus importants sont en jeux que le problème se complexifie car il faut être juste et équitable et penser que l’homme fini par partir; Malheureusement dans ces cas en Afrique, c’est souvent le père qui a généré ces avoirs et c’est encore lui qui a des tonnes de partenaires et par ricoché des tonnes d’enfants. Lorsque ces cas se présentent il faut compter sur la lucidité du patriarche ou sur l’influence qu’aura un de ses filsaimé sur lui pour le sensibiliser. Mais sans perdre espoir, c’est un sujet à  vulgariser.

 Merci encore

Odile Makemda Mbekou »

Et voici ma réponse a Odile:
 
Je suis très émue de te lire, de lire ces mots si aimables que tu écris a mon sujet, je veux dire sur cette passion que j’ai a réveiller les consciences, motiver, encourager, accompagner ceux et celles qui sont parfois tellement pris par le tourbillon de la vie qu’ils oublient l’essentiel qui, dans ce cas précis, est celui de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. C’est une passion, mais aussi un devoir parce que, comme le disait Maya Angelou, la poétesse américaine, lorsqu’on sait, on enseigne. Et j’espère de tout coeur que tu m’aideras a vulgariser cette information autour de toi, avec les tiens, avec les frères et soeurs qui sont au Cameroun mais aussi hors de notre pays. Nous devons le faire meme si cela n’est toujours pas facile, meme si nous n’avons toujours pas l’assurance de rencontrer un accueil favorable de la part de nos frères et soeurs, nos parents, etc. Mais il faut le faire. 
Ne pas le faire c’est subir notre vie, attendre que les problèmes dont tu parles si bien dans ton message se présentent et nous embarrassent. Dans notre famille mais aussi dans nos communautés, surtout lorsqu’on vit a l’étranger. Et ces problèmes il y en a tous les jours.
 
Lors de mon dernier séjour aux USA l’année dernière, j’ai pris conscience de ce problème lorsqu’un de mes amis m’a invitée a participer avec lui a l’enterrement d’un de leurs frères nigérians décédés quelques jours plus tôt. Lorsque je lui ai demandé pourquoi le défunt n’avait pas été ramené au Nigeria pour y être enterré, mon ami m’a rit au nez. Il m’a dit que cela coute énormément cher de ramener un corps en Afrique (cercueil, préparation du corps, frais administratifs, transport aérien de la dépouille, accompagnement de la dépouille en Afrique, etc.) surtout si le défunt n’a pas pensé, de son vivant, a organiser ses obsèques ou encore a aider ceux qui restaient a le faire. Et, dans le cas précis, le défunt n’avait rien fait dans ce sens. Il n’était pas marié, et vivotait. Et, même s’il avait été marié, a-t-il continué, il aurait encore fallu qu’il ait laissé une assurance a sa partenaire pour gérer ce dossier couteux.
 
Lorsque je lui ai demandé pourquoi la communauté nigériane de Boston n’avait pas pensé a mettre sur pied un service (type épargne, par exemple) pour régler ce problème crucial, il m’a dit que les gens trimaient deja trop pour manger, payer leur loyer, payer les multiples factures et les mortgages pour  mettre de l’argent a cote pour leurs obsèques. Il m’a ensuite dit que tous les jours les africains étaient enterrés dans les cimetières américains, 98/100 pour être plus précise,  et que, souvent, leurs parents en Afrique n’étaient meme pas informés de leur décès. Pour finir, il m’a dit que le défunt devait meme être content et reconnaissant que quelqu’un ait bien voulu creuser un trou pour lui. 
 
Odile, j’étais terrifiée en écoutant cela. Et me suis alors engagée a en parler avec les miens qui vivent hors d’Afrique. Ce que je fais depuis l’été dernier. 
 
Il y a deux semaines mon mari a failli mourir dans un accident de voiture lors d’une mission de travail au Cameroun. Le bus, dont les freins ne fonctionnaient plus, a foncé dans un ravin , fait plusieurs tonneaux avant de se retrouver sur son toit. Heureusement, heureusement, et grâce a Dieu, il n y a eu aucun mort, sauf quelques blessés. Cet événement m’a rappelé, nous a rappelé la nécessité, l’urgence de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. Il m’ a aussi rappelé que je dois rappeler cette nécessité aux autres. A toi, a mes lecteurs. A ceux et celles qui veulent bien m’écouter.
 
C’est un sujet délicat, Odile. Très très délicat. Mais plus nous l’éviterons, plus nous créerons des conditions pour la destruction et la souffrance de nos familles. Il faut trouver le moyen d’en parler.
 
Absolument.
 
Le moyen d’attirer l’attention de nos parents sur cette question vitale, nos parents et leurs successeurs, et surtout les convaincre de la nécessité de mettre cet ordre en place. Le plus tôt possible. 
 
Que l’on ait une petite cabane au toit de chaume, ou des palaces partout; une table sur laquelle on vend des beignets au bord de la route a la tombée de la nuit, ou des business partout; que l’on soit reine ou notable avec un titre a la chefferie de notre village ou simplement successeur de quelqu’un, d’un parent; que nous ayons un bout de terrain insignifiant ou soyons propriétaire terrien, il faut mettre de l’ordre dans tout ceci parce que les gens se tuent pour moins que rien. 
 
Commencer d’abord avec notre petite famille nucléaire. Ensuite, en parler au niveau de la grande famille lors des réunions familiales. Celles-ci doivent servir a autre chose que de régler les habituelles querelles et rivalités inutiles.
 
Je reste a ton écoute  pour continuer cet échange lequel va nous aider a renforcer nos capacités et être a mesure de prendre en main notre destin.  
 
Celine »
 
A toi, je pose cette question: que penses-tu de tout ceci? Es-tu d’accord avec nous? Si oui, comment pouvons-nous vulgariser cette information vitale? Comment poser cette question sur la table sans froisser, heurter des susceptibilités? Je suis sure que tu as des idées qui nous permettront d’avancer sur ce chemin semé d’embuches. Alors, je reste dans l’attente de te lire.
 
Celine Clémence Magneche Nde Sika

 

 

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