Parce que la vie doit continuer!

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Le 22 Décembre dernier, quelques heures après mon arrivée auprès de lui à l’hôpital, un grand ami à moi s’est éteint. Il y avait été conduit en urgence dix jours plus tôt après avoir fait une crise. Il souffrait depuis quelque temps déjà d’un mal qui s’est avéré être le cancer du foie. Nous sommes au Canada, un des pays les plus avancés de cette planète où la médecine et les formidables avancées technologiques permettent de tutoyer la mort et même de l’empêcher de frapper. Dans le cas de mon ami, elle a gagné et mon ami s’en est allé après des mois de lutte contre ce mal qui frappe de plus en plus de personnes, indépendamment de l’âge, du genre et du statut social.

Depuis quelques années Noël est synonyme de tristesse pour moi. Le 24 Décembre 2011, mon papa s’est éteint après sept années de maladie. Accident Vasculaire Cérébral.

L’année dernière, une amie à moi s’est également éteinte au milieu du mois de Décembre.

Il y a un mois, un grand ami à moi est mort d’un accident de circulation.

Et, comme je l’ai dit ci-dessus, le 22 Décembre 2015, c’était au tour de Matthieu. 51 ans.

“Il est au ciel. Il est avec Dieu maintenant. Il ne souffre plus. Soyez forts et ne pleurez plus!”

C’est ce que l’on me dit. Je veux bien y croire et j’essaie d’être forte. De ne pas pleurer. Mais, comment rester intacte, comment ne pas pleurer toutes les larmes de son corps face à la perte d’un être cher?

Comment ne pas douter de l’existence même de Dieu lorsque cette personne dont dépendaient une multitude de personnes pour survivre décède? La maman de Matthieu est encore vivante, en Afrique. Aveugle… Ses soins et son alimentation étaient assurés par son fils qui est parti.

Parti pour toujours.

Que va-t-elle devenir?

Comment Dieu, s’il existe, peut-il permettre que ce genre de choses arrive?

Pourquoi ce Dieu permet-il que les parents enterrent leurs enfants? Ce devrait être l’inverse, non?

Noël et le Nouvel An c’est pour célébrer, pas pour pleurer. Malheureusement, pour plusieurs personnes, Noël et le Nouvel An c’est synonyme de pleurs.

De tristesse.

De douleur.

De souffrance.

Mais la vie doit continuer, n’est-ce pas?

Pour ceux qui restent. Oui, la vie doit continuer. Et aussi, j’en suis convaincue, la meilleure façon de rendre hommage à ces êtres chers qui sont partis c’est de vivre. Prendre le temps de vivre et surtout de faire ce qu’ils aiment et ce dont ils rêvent parce que tout peut être perdu à tout moment. Tout peut s’arrêter à tout moment.

A tout moment.

C’est pourquoi je suis retournée au travail le lendemain du décès de mon ami. Parce que je refuse de laisser la mort définir mon présent et mon avenir. Ce que j’ai vécu pendant les dix derniers jours de mon ami qui s’est éteint devant moi a laissé des traces indélébiles en moi. Mais, surtout, cela m’a préparée à mieux affronter le présent et l’avenir, plus consciente que jamais de:

  1. La fragilité de notre condition d’humains. La vie ne vaut rien, même si rien ne vaut la vie!
  2. La nécessité de vivre chaque instant de la vie que nous avons la chance de vivre comme si c’était le dernier. Comme si c’était le dernier! Je ne veux pas dire faire des abus. Non! Vivre, humer, savourer, explorer, apprécier, chaque moment, ces petites choses et détails qui font le bonheur.
  3. La nécessité d’aider ceux qui ont besoin de soutien à vivre la vie qu’ils désirent et qu’ils méritent parce que personne n’est venu sur cette terre pour souffrir, voyons! Nous sommes les gardiens de nos frères et soeurs, disait le pape Jean Paul II, avec raison. Matthieu, qui était prêtre, a touché la vie d’énormément de personnes pendant son séjour dans cette vallée des larmes. Il ne voyait pas sa vie autrement. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a donné sa vie à Dieu qu’il servait à travers ses prochains.
  4. La nécessité de dire à nos êtres chers combien nous les aimons et surtout de le-leur montrer par des actes concrets. Nous ne le faisons pas souvent. Ou alors pas assez souvent. Par pudeur. Par ignorance. Parce que que notre culture ne nous-le permet pas. Ou encore parce que notre ego surdimensionné nous l’interdit. De grace! Arrêtons et commençons par altérer cet ego qui nous empêche de cultiver et de semer l’amour.
  5. La nécessité de créer et surtout de prendre soin de ses relations là où on vit. Mon ami était africain vivant au Canada depuis des années. Sa famille biologique est en Afrique, bien évidemment. Mais, sa famille, celle qui l’a accompagné pendant ses derniers moments était composée de ses confrères et de ses amis. Nous étions sa famille ici au Canada. Nos frères et soeurs ce ne sont pas toujours ceux et celles que l’on pense. Notre famille n’est pas toujours celle que nous croyons.

 

Ton tour…

Nous avons tous ete touches, de pres ou de loin, a un moment de notre vie, par la mort. Mais personne ne veut y penser. Personne ne veut en parler. Pourtant elle est la. Presente. Impitoyable. Previsible mais tres souvent imprevisible. Redoutee. Combattue autant que faire se peut. Que signifie-t-elle pour toi? Peut-on en tirer quelque chose de bon? Ton opinion, ta reponse compte pour moi et pour les autres lecteurs de ce blog!

Prenez soin de vous pour vous et pour ceux qui vous aiment!

Celine Magnéché Ndé Sika

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