Vivre simplement et vivre heureux est bien possible

 

Maison Kitisuru

Il y a quatre mois j’ai décidé de tout vendre chez moi et de ne vivre qu’avec le strict minimum: deux plats, deux cuillères, deux fourchettes, deux verres à eau et à vin, deux cuillères à café, deux petites marmites, deux couteaux de table, deux tabourets, une petite table. Mon lit même je l’ai vendu et me suis contentée du matelas posé à même le sol plus quelques draps. Mes chaussures, vêtements et autres sacs à main, qui m’étouffaient et ne suffisaient plus dans mon placard, ont été bien accueillis par les organismes de charité à qui j’ai donnés. Ma voiture, je ne l’ai utilisée et ne l’utilise plus que pour aller là où les transports publics n’arrivent pas ou alors lorsque ceux-ci ont arrêté de travailler. La nourriture et tous les autres produits de première nécessité, je les achetais lorsque j’en avais vraiment besoin, et plus du tout pour les avoir en stock à la maison comme par le passé.

Pourquoi tout ceci, vous allez certainement vous demander? Je voulais expérimenter ce qu’on appelle aujourd’hui le minimalisme. Vivre simplement, avec le strict nécessaire. Oui, je voulais voir si je peux vivre simplement, si je peux survivre à l’absence de ces biens matériels et être heureuse. Je suis heureuse de confesser aujourd’hui que oui, j’ai survécu et découvert avec émotion et beaucoup de satisfaction que nous pouvons vivre simplement et être heureux!

Parce que le bonheur n’a rien à voir avec 60 paires de chaussures et autant si non plus de robes, sacs à main, chapeaux, bijoux, voitures, maisons, ordinateurs et autres gadgets, etc.

Lorsque nous sommes arrivés à Nairobi il y a quelques années, nous avons loué la maison ci-dessus, que nos amis appelaient un château: un immense duplex avec six chambres, autant de salles d’eau, deux grands salons, une immense cuisine, une cheminée, un grand et très beau jardin, un grand et moderne bungalow, une deuxième maison dehors avec deux chambres, une maison fabuleuse en un mot. Les fournitures que nous avions ramenés du Burkina Faso étant insuffisants pour meubler toute cette maison, nous en avons achetés de nouveaux. Il fallait aussi recruter un personnel de maison pour nous aider à entretenir le duplex. Avant que notre fils ne nous quitte pour aller à l’université poursuivre ses études, il y avait déjà des chambres qui n’étaient pas occupées, et des parties entières de la maison qui n’avaient jamais été utilisées! Seules quelques chambres et la salle de télévision où nous passions le plus clair de notre temps et où nous mangions aussi et recevions nos invités étaient utilisées.

Pouvions-nous payer le loyer? Oui.

Avions-nous besoin de tout cela? Non.

Alors, pourquoi nous sommes-nous embarqués dans cette…aventure agréable, certes, mais coûteuse? Parce que nous avions pris nos désirs pour nos besoins, ce que plusieurs d’entre nous font d’ailleurs, au risque de se retrouver entrain de vivre au-dessus de leurs moyens. Le loyer de cette maison, les factures (eau, électricité, antenne parabolique, etc.), le salaire du personnel de maison, des gardiens du jour et de nuit, l’entretien du jardin, et j’en passe, tout cela tournait autour de 3000 Dollars par mois. Beaucoup d’argent à Nairobi!

Confondre ses désirs –par exemple, je veux un bouquet de 200 chaînes de télévision alors que je n’ai jamais le temps de m’asseoir et regarder la télévision; je veux cette marque de voiture et pas plutôt celle-là; je veux une voiture neuve alors qu’une voiture de seconde main ferait très bien l’affaire; je veux une deuxième, troisième ou même quatrième voiture (notre voisin de Nairobi en avait sept dans son garage); je veux un deuxième, troisième ou même un quatrième téléphone portable iPhone et cette fois-ci doré, etc.- avec ses besoins –manger, s’habiller, faire ses études, acheter ses médicaments, etc.- est dangereux et peux entraîner des conséquences dramatiques surtout si on n’a pas les moyens de sa politique.

En effet, lorsque tu utilises ta carte de crédit, c’est-à-dire de l’argent qui ne t’appartient pas –oui, cet argent auquel ta carte de crédit te permet d’accéder n’est pas ton argent! -, et que tu utilises aux conditions fixées par la banque qui te l’a prêté, lorsque tu contractes un prêt à ta banque ou à quelqu’un d’autre, ou alors puises dans ton épargne pour satisfaire ces désirs dont tu peux très bien te passer, tu ne fais du bien ni à toi-même, ni à ta famille, ni aux autres. Pire, tu entretiens l’illusion selon laquelle tu seras heureux une fois ces désirs satisfaits, détruis ton filet de sécurité, et t’installes dans un cycle de dettes dont il te sera difficile sinon impossible d’en sortir!

Je sais que plusieurs d’entre nous redoutent le qu’en dira-t-on et toucheraient même le diable pour impressionner les autres ou faire comme les autres, éviter les moqueries et maintenir le paraître, oubliant que l’on n’a aucun contrôle sur ce que les autres pensent, et qu’il y aura toujours des gens pour jaser quoique l’on fasse, parce que la vie est ainsi faite.

Si tu te reconnais dans ce que je viens de dire, et penses que tu en as plus que assez d’être victime de la dictature sociale, et qu’il est temps de rectifier pour vivre enfin ta vie, et pas celle que les autres dictent, voici quatre trucs qui pourront t’aider à y parvenir:

  • Souviens-toi à tout moment que le bonheur n’a rien à voir avec l’accumulation ou l’acquisition des biens matériels, comme je l’ai dit plus haut. Que cette accumulation, le superflu nuisent plutôt, stressent et coûtent chers
  • Rester imperméable aux qu’en dira-t-on est absolument nécessaire si tu veux vivre la vie que tu désires et que tu mérites.
  • Se comparer aux autres est la recette la plus efficace pour être éternellement insatisfait et malheureux car il y en aura toujours un qui a plus ou est mieux que soi
  • Se rappeler à chaque instant que le bonheur vient de notre intérieur et que c’est chacun de nous qui le définit. Et c’est absolument personnel.
  • Avoir un budget réaliste et surtout supprimer tout les extras et autres superflus et accessoires est nécessaire pour réduire nos charges économiques, nous concentrer sur ce qui est dans notre zone de contrôle et construire notre présent et avenir ainsi que ceux de notre famille. Parce que l’avenir se construit aujourd’hui. AUJOURD’HUI!

Ton tour:

Quels sont ces désirs ou ces objets qui empoisonnent ta vie et dont tu rêves de te passer sans succès? Commences par en faire une liste et ensuite le nettoyage. C’est dur mais tu y parviendras. Less is better, je t’assure! Agis, maintenant, et tu te sentiras que mieux.

 

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