Qui es-tu?

Masai People 1

Il y a quelques années j’offrais des poupées blanches aux yeux bleus aux petites filles africaines noires lorsque l’occasion demandait que j’offre un cadeau. J’en ai offert à ma fille.

Plusieurs fois.

Dans notre maison familiale, chez mes parents, je veux dire, comme dans plusieurs autres familles africaines où j’ai eu l’occasion d’aller, une photo de Jesus, homme blanc aux yeux bleus, était accrochée au mur, et l’on se recueillait religieusement devant celle-ci lors des moments de recueillement. Lorsque je rendais visite à ces familles, certains changeaient leur voix lorsqu’ils parlaient, et singeaient les personnes  blanches, même s’ils n’ étaient jamais sortis du bled où ils étaient nés. Et ils réprimandaient leurs enfants qui osaient parler leur langue maternelle. Ils le font d’ailleurs toujours aujourd’’hui, et regardent d’un oeil pas toujours bon ces boubous et autres pagnes que leurs frères et soeurs portent lorsqu’ils sont en Occident. Un ami à moi, du Benin, m’a d’ailleurs juré de ne plus  jamais porter ces boubous  africains dont s’affublent ses frères à Paris –nous étions  à Paris justement et un de ces frères venait de passer près du restaurant où nous étions atablés-. “Si tu veux te faire respecter, c’est costume cravate, ma soeur,” ajouta-t-il.

J’ai souvent pensé cela aussi, que ce que l’autre avait était ce qu’il y avait de mieux. Que mes cheveux crépus étaient l’horreur et qu’il fallait que je les défrise tout le temps. Je les ai d’ailleurs défrisés pendant des années. J’ai longtemps boudé nos fabuleuses tenues africaines, privilégiant le tailleur jupe ou pantalon. Mais, lorsque mon boss m’a demandé pourquoi je portais mes tresses africaines au lieu des cheveux comme mes collègues blanches –c’est-à-dire que j’enlève mes tresses, et défrise mes cheveux pour être comme tout le monde, reniant ainsi mon identité et mes origines dans le processus-, j’ai compris qu’il était temps d’affirmer haut et fort qui j’étais et de proclamer ma détermination à le rester et à ne pas renoncer à cette identité.

“Ce n’est pas des gris-gris que je porte sur la tête, boss. Ce n’est pas pour apaiser un quelconque Dieu animiste non plus. Chez moi en Afrique c’est la coiffe que portent les femmes. Je suis africaine, fière de l’être, et également fière de me coiffer de la sorte. Et je vais continuer à me coiffer de la sorte.”

Et je ne suis pas la seule à avoir choisi d’embrasser mes origines. De plus en plus de personnes, africains et africaines, ont decidé de renaître ou kieux de retourner aux sources, fatigués, frustrés et ruinés de toujours singer l’autre, de se faire passer pour qui on n’est pas et qu’on ne sera jamais –un tronc d’arbre ne deviendra jamais un crocodile même s’il reste trois siècles dans la rivière-. Je ne dis pas qu’il ne faut pas porter un costume trois pièces, manger de la pizza, skier, ou parler Français. Je dis que nous devons nous souvenir de qui nous sommes et ne jamais le sacrifier. De penser à donner des poupées noires à nos petites filles africaines.

Qui es-tu?

Prends le temps de répondre à cette question et surtout de connaître ce qui te fait te mouvoir (tes valeurs), et laisse tes passions, ta vision et tes valeurs te guider, pas celles des autres.

A ton Bonheur!

 

 

 

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