L’école ne fait pas et ne peut pas faire tout le travail

La rentrée scolaire a effectivement démarré pour presque tous nos enfants –du primaire, du collège et même de l’Université- et c’est avec un mélange d’enthousiasme, d’excitation, d’angoisse et même d’appréhension et de stress que les différentes parties prenantes –parents, enseignants, gouvernements, enfants- ont pris le train. Ce qui est certain c’est le souhait de tous et de toutes de voir les enfants réussir leur année scolaire mais aussi et surtout acquérir les outils dont ils ont besoin pour réussir le difficile métier de l’Homme.

Ce dont je voudrais vous entretenir aujourd’hui c’est justement de ce métier de l’Homme qui n’a malheureusement rien à voir avec ce que nos enfants apprennent à l’école.

En effet, dans la plupart des écoles, on les prépare à obtenir un emploi, devenir des travailleurs, des employés. Les banques ont besoin d’eux pour prendre des crédits et s’endetter; les gouvernements, pour qu’ils paient les taxes; les grandes entreprises, pour qu’ils les aident à se déveloper et devenir, au besoin, des multinationales. Mais personne ne se soucie de savoir si ces hommes et femmes sont bien armés pour jouer efficacement le difficile métier de l’Homme et vivre une vie épanouie. Pourtant ce métier nécessite des outils appropriés et efficaces qui vont permettre aux enfants de s’ embarquer avec succès non seulement dans l’univers complexe de l’école ou de l’Université, mais aussi celui du mariage, du travail, des affaires, de la parenté, pour ne citer que quelques uns de ces mondes où nous sommes appelés à vivre.

Au fait, comment être en paix avec soi-même, être soi-même, s’accepter tel qu’on est et ne pas céder à la pression sociale qui détruit?

  • Comment reconnaître et accepter ses limites, ne pas tomber dans le piège de nos sociétés qui mettent en avant la compétition et non la collaboration?
  • Comment gérer ses émotions sans être victime d’un putsch émotionnel?
  • Comment devenir cet entrepreneur qui piaffe d’impatience au plus profond de nous alors que nous n’avons reçu aucune éducation pouvant nous permettre de le devenir?
  • Comment faire entendre sa voix, défendre son point de vue même si nous sommes seul contre tous?
  • Comment inicier, déveloper et garder une relation saine, épanouissante et enrichissante?
  • Comment préparer un repas équilibré, faire son lit, gérer son argent, son temps, prendre soin de soi?
  • Comment être un bon père, un bon mari, un bon collègue, un bon voisin, un bon citoyen?
  • Comment gérer les situations de la vie que nous tous affrontons tôt ou tard?

Lorsqu’on n’a pas d’outils, il est difficile de gérer efficacement ces situations de la vie. Et ces outils sont pour la plupart acquis hors des salles de classe parce que l’école ne fait pas et ne peut pas tout faire. En tant que parents, nous avons le devoir d’aider nos enfants à acquérir ces outils sans lesquels ces derniers seront incapables d’entreprendre ce long et difficile voyage qu’est la vie avec ses hauts et ses bas, ses tournants dangereux, ses dos d’âne, ses collines abruptes, ses précipices et autres ravins vertigineux.

Que devons-nous donc faire pour que nos enfants aient ce dont chacun d’eux a besoin pour s’en sortir? Il n y a pas de carnet de bord, de feuille de route, de solutions toute prêtes. Cependant, ce qui pourrait certainement les aider, c’est, entre autres choses:

  • leur dire, sans nous fatiguer, qu’ils peuvent s’en sortir des situations que la vie leur fera vivre. Chaque enfant, chaque être humain est unique. Certains ont beaucoup d’assurance et savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont capables de faire très tôt. D’autres par contre sont habités par le doute et ont besoin d’être rassurés et accompagnés de façon constante.
  • leur dire qu’ils ont en eux les ressources dont ils ont besoin pour régler les différentes situations de la vie qu’ils auront à vivre
  •  leur dire sans qu’ils vont échouer dans la vie. Que c’est même bien qu’ils échouent et commettent des erreurs car les échecs et les erreurs sont des maîtres qui nous poussent à revoir notre approche ou stratégie, notre façon de voir les choses
  • les encourager à embrasser leurs émotions, TOUTES leurs émotions –la joie, la tristesse, le chagrin, la perte, la séparation, etc.-, les exprimer pour un dévelopment sain, et pas les taire car cela nuirait à leur équilibre mental.
  • les impliquer autant que faire se peut dans la vie à la maison afin qu’ils puissent vivre les réalités de la vie de tous les jours. Comment fonctionne une maison? Comment fait-on et gère-t-on un budget? Où paie-t-on les factures d’eau et d’électricité? Comment remplit-on un formulaire ou écrit-on une demande d’emploi ou une lettre de motivation? Comment fait-on sa liste d’achats? Comment faire parvenir une letre à un ami ou un parent qui vit loin? Comment ranger sa chambre? Comment se faire un repas simple mais équilibré? Comment aider son petit frère ou sa petite soeur à s’habiller, préparer son sac de classe, manger? Qu’est-ce qu’une carte de crédit et comment fonctionne-t-elle?
  • leur rappeler constamment que le plus important c’est ce que EUX ils pensent, et pas ce que les autres pensent d’eux. Ceci est très important car cela les aide à s’aimer, à avoir confiance en eux et ne pas céder à la dictature sociale. Ceci est necessaries à une réussite aussi bien académique que sociale et professonnelle.
  • leur trouver des mentors ou des coachs qui, sans les juger, et de façon inconditionnelle, vont les écouter, leur tendre un miroir pour les aider à mieux se connaître afin d’ identifier leurs forces et faiblesses,  les encourager  à déveloper ces forces et corriger ces faiblesses pour mieux grandir et se développer, devenir le meilleur EÛX-MÊME, faire un meilleur usage de TOUT leur potentiel, créer des opportunités de développement et de changement.

Contrairement à ce que nous croyons, nos enfants sont bourrés de ressources et de talents qui dorment en eux et qui n’attendent que d’être réveillés et utilisés. Chacun d’eux peut découvrir ces outils qu’il a en lui mais très souvent ils ont besoin d’aide que nous, leurs parents, devons leur apporter pour les aider à en prendre conscience, les utiliser et surtout en faire un bon usage. Guider, orienter, accompagner, attirer l’attention, suggérer de faire attention, de ne pas prendre des risques inutiles, poser un pas après l’autre, après avoir solidement tâté le sol ou le terrain, regarder à droite et à gauche, calculer sa vitesse de marche, mesurer les risques d’une éventuelle accélération de cette vitesse, s’assurer qu’ils ont suffisament de carburant et de provisions dans leur sac pour faire le voyage et arriver sains et saufs. Voilà notre rôle en tant que parents.

Pas facile à assumer, vous le direz, surtout dans nos sociétés où le stress nous prive de nos moyens, et où le temps est un luxe que seuls peuvent se payer une poignée de privilégiés. Mais souvenez-vous en tout moment que nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux et, par conséquent, nous devons trouver le temps de les aider à construire leur trousse de survie si nous les aimons et voulons qu’ils s’en sortent dans un monde de plus en plus exigeant, compliqué et impitoyable pour ceux et celles qui ignorent son mode d’emploi.

Celine SIKA

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Prenons soin des garde-malades, pour eux, pour nous!

ImageAprès avoir publié l’article sur la nécessité pour nous tous d’aider les garde malades à prendre le temps de se reposer et de prendre soin d’eux, un de mes amis m’a relaté l’histoire de sa tante qui est décédée huit mois après le dècès de sa grand-mère dont elle s’était occupée pendant deux ans.

Des histoires comme celle de mon ami,  comme la mienne, il y en a beaucoup. Nous sommes à mesure de partager la nôtre, mais plusieurs ne peuvent pas le faire. Le problème est global, a global issue comme disent les anglophones.

Les garde-malades sont souvent plus malades que les malades eux-mêmes, et ce, personne ne s’en soucie. Oui, personne ne s’en soucie. Personne ne pense à leur confort, à leur santé mentale, physique, ne parlons pas de leur santé économique. Faites simplement un tour dans les hôpitaux en Afrique et vous verrez que rien ou alors très peu est prévu pour ceux et celles qui passent le plus clair de leur temps et de leurs nuits auprès des malades hospitalisés.

  • Où s’asseyent-ils lorsqu’ils sont auprès de leurs malades?
  • Où dorment-ils lorsqu’ils passent des nuits auprès de leurs malades?
  • Où font-ils/elles la cuisine pendant qu’ils sont installés parfois pendant des mois et des années à l’hôpital auprès de leurs malades?
  • Où peuvent-ils demander de l’aide morale et psychologique lorsqu’ils sont déprimés, épuisés et découragés par toutes ces nuits blanches, par tant de travail et de souffrance?
  • Où vont-ils /elles faire leurs besoins naturels?
  • Où font-ils/elles leur toilette?
  • Ou gardent-ils leurs objets personnels?
  • Où peuvent-ils/elles se coucher et dormir un peu, se reposer un peu lorsqu’ils/elles sont épuisees?
  • Que font-ils/elles lorsqu’ils/elles veulent se coiffer?

Rien n’est prévu pour cela. Ce n’est pas normal et c’est injuste de la part de la societe pour des personnes qui jouent un rôle CRUCIAL en son sein, au sein de nos familles, de notre pays. Ce n’est pas normal et nous devons nous mobiliser pour que le travail que ces personnes formidables font soit reconnu, valorisé, soutenu, et leurs conditions de travail, leur confort, leur bien-être améliorés.

Nous ne pouvons pas dormir, vaquer à nos occupations et produire des résultats si nous savons que nos enfants, nos parents, les membres de nos familles sont laissés sans assistance à la maison ou dans des hôpitaux, et je ne parle pas d’assistance médicale, mais d’assistance humaine que seules les êtres chers nous apportent lorsque nous sommes malades.

Il y a quelques années ma belle mère a failli mourir quelques jours seulement après s’être installée au chevet de sa fille victime d’un accident vasculaire cérébral (c’est devenu une maladie trop courante en Afrique comme vous le voyez). Parce que personne n’etat disponible pour assister cette grande malade, ma belle-mère a dû le faire parce que après tout c’était sa fille. Ma belle-mère avait déjà plus de 70 ans.

Une semaine après qu’elle ait pris  le … service, on nous a appelés de toute urgence parce que elle aussi était tombée gravement malade et hospitalisée auprès de sa fille.

Nous avons dû demander à un de ses petit- fils étudiant dans une Université pas trop loin de l’hôpital de remplir cette tache auprès des deux malades pendant son temps libre, ce qui n’etait pas facile car ce temps libre il devait l’utiliser pour lire, travailler et preparer ses examens. Nous avons aussi dû trouver du temps dans nos emplois de temps respectifs, du moins pour ceux et celles qui étaient dans la ville où les deux femmes étaient hospitalisées ou dans les villes proches pour les assister. Je me revoie entrain de parcourir plus de 200 kms tous les deux jours (100 kms aller et 100 kms retour) pour aller les voir et passer quelques heures avec elles.

Que ce serait-il passé si ce jeune homme que je salue ici n’avait pas accepté d’assister ou n’avait pas pu trouver du temps dans son emploi de temps pour assister sa grand mère et sa tante? Parce qu’on peut tres bien vouloir faire une chose et ne pas pouvoir le faire.

Je me souviens encore avec horreur d’une histoire où l’épouse d’un grand malade victime d’accident vasculaire cérébral avait fini, après plusieurs années passées auprès de son mari don’t elle prenait soin toute seule, par se résoudre, la mort dans l’âme, à enfermer ce dernier tout seul dans la maison parce qu’il fallait qu’elle aille aller chercher de quoi nourrir ses enfants et couvrir leurs autres besoins. Chaque fois qu’elle rentrait à la maison, elle trouvait son mari couvert d’excréments, après avoir consommé une bonne partie.

Voila la réalité, des choses qui se passent dans l’intimité des maisons, des choses que les garde-malades vivent tous les jours, les garde-malades et leurs malades.

Il est absolument important de trouver une solution durable à ce problème que nous vivons tous mais que personne ne veut poser sur la table. Par pudeur, lassitude, ignorance, résignation. Prendre soin des malades est un travail difficile, prenant, exigeant, parfois fatal.

  • Combien de familles se sont disloquées à cause des querelles créées par cette histoire d’assistance aux malades?
  • Combien de foyers et de couples se sont séparés à cause de ce même problème?
  • Combien d’enfants sont laissés à eux-mêmes parce que leurs parents passent tout leur temps auprès des malades de la famille?
  • Combien d’enfants sont obligés de jouer le rôle d’adultes parce que leurs parents sont occupés à prendre soin des malades de la famille?
  • Combien de personnes disent adieu à leurs rêves et projets, ont mis et mettent tous les jours une croix sur leurs vies personnelles et même familiales pour s’occuper de nos malades, et en meurent même souvent?

Tout ceci doit cesser parce que ce n’est pas humain. Ca peut cesser si nous prenons ce problème à bras le corps et nous battons pour le résoudre. Mais il faut d’abord le nommer, reconnaitre son existence parce que ce qui n’a pas de nom n’existe pas.

Ailleurs, sous d’autres cieux, il existe des structures dotées de moyens pour satisfaire ce besoin. Même s’il faut payer pour avoir ce service. Mais c’est déjà cela. On sait ce qu’on peut faire si nous avons un malade à la maison ou à l’hôpital dont on ne peut pas s’occuper à cause de nos responsabilités. Et si on essayait de transférer ce concept chez nous?

Ailleurs les gouvernements prévoient des structures d’aide et d’appui pour les garde malades. Et si nous essayons de sensibiliser nos gouvernements afin qu’ils mettent ceci sur la liste de leurs priorités et travaillent vraiment a les traduire en fait concrets? Que deviendrons-nous si ces personnes, ces garde malades ne faisaient plus leur travail?

Lorsque nous prenons l’avion, l’une des consignes que le personnel travaillant à bord nous donne c’est de mettre d’abord notre masque avant d’aider les autres à mettre le leur. Ce qui est absolument vrai car si nous ne sommes pas vivants, nous ne pouvons pas aider les autres. C’est le cas des garde-malades. S’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes, s’ils ne peuvent pas prendre soin d’eux-mêmes parce que aucune mesure n’a été prise pour les aider à le faire, ils ne peuvent pas bien prendre soin de leurs malades. De nos malades.

Je vous invite, à réfléchir avec moi pour qu’on trouve une solution durable à ce problème. Je compte sur vous, oui. Sur VOUS. Et serais honorée de lire votre feedback ici. Nous avons tous des choses à dire, à partager, à enseigner.

Si vous avez aimé, et surtout si vous avez trouvé ce papier utile, faites-moi plaisir: partagez-le because when you know, you SHARE, YOU TEACH!

Et n’oubliez pas de revenir, de refaire un tour par ici pour plus de tips et de trucs pour améliorer votre vie et faire du reste de votre vie le meilleur de votre vie.

Céline SIKA