L’école ne fait pas et ne peut pas faire tout le travail

La rentrée scolaire a effectivement démarré pour presque tous nos enfants –du primaire, du collège et même de l’Université- et c’est avec un mélange d’enthousiasme, d’excitation, d’angoisse et même d’appréhension et de stress que les différentes parties prenantes –parents, enseignants, gouvernements, enfants- ont pris le train. Ce qui est certain c’est le souhait de tous et de toutes de voir les enfants réussir leur année scolaire mais aussi et surtout acquérir les outils dont ils ont besoin pour réussir le difficile métier de l’Homme.

Ce dont je voudrais vous entretenir aujourd’hui c’est justement de ce métier de l’Homme qui n’a malheureusement rien à voir avec ce que nos enfants apprennent à l’école.

En effet, dans la plupart des écoles, on les prépare à obtenir un emploi, devenir des travailleurs, des employés. Les banques ont besoin d’eux pour prendre des crédits et s’endetter; les gouvernements, pour qu’ils paient les taxes; les grandes entreprises, pour qu’ils les aident à se déveloper et devenir, au besoin, des multinationales. Mais personne ne se soucie de savoir si ces hommes et femmes sont bien armés pour jouer efficacement le difficile métier de l’Homme et vivre une vie épanouie. Pourtant ce métier nécessite des outils appropriés et efficaces qui vont permettre aux enfants de s’ embarquer avec succès non seulement dans l’univers complexe de l’école ou de l’Université, mais aussi celui du mariage, du travail, des affaires, de la parenté, pour ne citer que quelques uns de ces mondes où nous sommes appelés à vivre.

Au fait, comment être en paix avec soi-même, être soi-même, s’accepter tel qu’on est et ne pas céder à la pression sociale qui détruit?

  • Comment reconnaître et accepter ses limites, ne pas tomber dans le piège de nos sociétés qui mettent en avant la compétition et non la collaboration?
  • Comment gérer ses émotions sans être victime d’un putsch émotionnel?
  • Comment devenir cet entrepreneur qui piaffe d’impatience au plus profond de nous alors que nous n’avons reçu aucune éducation pouvant nous permettre de le devenir?
  • Comment faire entendre sa voix, défendre son point de vue même si nous sommes seul contre tous?
  • Comment inicier, déveloper et garder une relation saine, épanouissante et enrichissante?
  • Comment préparer un repas équilibré, faire son lit, gérer son argent, son temps, prendre soin de soi?
  • Comment être un bon père, un bon mari, un bon collègue, un bon voisin, un bon citoyen?
  • Comment gérer les situations de la vie que nous tous affrontons tôt ou tard?

Lorsqu’on n’a pas d’outils, il est difficile de gérer efficacement ces situations de la vie. Et ces outils sont pour la plupart acquis hors des salles de classe parce que l’école ne fait pas et ne peut pas tout faire. En tant que parents, nous avons le devoir d’aider nos enfants à acquérir ces outils sans lesquels ces derniers seront incapables d’entreprendre ce long et difficile voyage qu’est la vie avec ses hauts et ses bas, ses tournants dangereux, ses dos d’âne, ses collines abruptes, ses précipices et autres ravins vertigineux.

Que devons-nous donc faire pour que nos enfants aient ce dont chacun d’eux a besoin pour s’en sortir? Il n y a pas de carnet de bord, de feuille de route, de solutions toute prêtes. Cependant, ce qui pourrait certainement les aider, c’est, entre autres choses:

  • leur dire, sans nous fatiguer, qu’ils peuvent s’en sortir des situations que la vie leur fera vivre. Chaque enfant, chaque être humain est unique. Certains ont beaucoup d’assurance et savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils sont capables de faire très tôt. D’autres par contre sont habités par le doute et ont besoin d’être rassurés et accompagnés de façon constante.
  • leur dire qu’ils ont en eux les ressources dont ils ont besoin pour régler les différentes situations de la vie qu’ils auront à vivre
  •  leur dire sans qu’ils vont échouer dans la vie. Que c’est même bien qu’ils échouent et commettent des erreurs car les échecs et les erreurs sont des maîtres qui nous poussent à revoir notre approche ou stratégie, notre façon de voir les choses
  • les encourager à embrasser leurs émotions, TOUTES leurs émotions –la joie, la tristesse, le chagrin, la perte, la séparation, etc.-, les exprimer pour un dévelopment sain, et pas les taire car cela nuirait à leur équilibre mental.
  • les impliquer autant que faire se peut dans la vie à la maison afin qu’ils puissent vivre les réalités de la vie de tous les jours. Comment fonctionne une maison? Comment fait-on et gère-t-on un budget? Où paie-t-on les factures d’eau et d’électricité? Comment remplit-on un formulaire ou écrit-on une demande d’emploi ou une lettre de motivation? Comment fait-on sa liste d’achats? Comment faire parvenir une letre à un ami ou un parent qui vit loin? Comment ranger sa chambre? Comment se faire un repas simple mais équilibré? Comment aider son petit frère ou sa petite soeur à s’habiller, préparer son sac de classe, manger? Qu’est-ce qu’une carte de crédit et comment fonctionne-t-elle?
  • leur rappeler constamment que le plus important c’est ce que EUX ils pensent, et pas ce que les autres pensent d’eux. Ceci est très important car cela les aide à s’aimer, à avoir confiance en eux et ne pas céder à la dictature sociale. Ceci est necessaries à une réussite aussi bien académique que sociale et professonnelle.
  • leur trouver des mentors ou des coachs qui, sans les juger, et de façon inconditionnelle, vont les écouter, leur tendre un miroir pour les aider à mieux se connaître afin d’ identifier leurs forces et faiblesses,  les encourager  à déveloper ces forces et corriger ces faiblesses pour mieux grandir et se développer, devenir le meilleur EÛX-MÊME, faire un meilleur usage de TOUT leur potentiel, créer des opportunités de développement et de changement.

Contrairement à ce que nous croyons, nos enfants sont bourrés de ressources et de talents qui dorment en eux et qui n’attendent que d’être réveillés et utilisés. Chacun d’eux peut découvrir ces outils qu’il a en lui mais très souvent ils ont besoin d’aide que nous, leurs parents, devons leur apporter pour les aider à en prendre conscience, les utiliser et surtout en faire un bon usage. Guider, orienter, accompagner, attirer l’attention, suggérer de faire attention, de ne pas prendre des risques inutiles, poser un pas après l’autre, après avoir solidement tâté le sol ou le terrain, regarder à droite et à gauche, calculer sa vitesse de marche, mesurer les risques d’une éventuelle accélération de cette vitesse, s’assurer qu’ils ont suffisament de carburant et de provisions dans leur sac pour faire le voyage et arriver sains et saufs. Voilà notre rôle en tant que parents.

Pas facile à assumer, vous le direz, surtout dans nos sociétés où le stress nous prive de nos moyens, et où le temps est un luxe que seuls peuvent se payer une poignée de privilégiés. Mais souvenez-vous en tout moment que nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux et, par conséquent, nous devons trouver le temps de les aider à construire leur trousse de survie si nous les aimons et voulons qu’ils s’en sortent dans un monde de plus en plus exigeant, compliqué et impitoyable pour ceux et celles qui ignorent son mode d’emploi.

Celine SIKA

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C’est possible de préparer sa retraite quand 1000 personnes comptent sur nous pour vivre

Après avoir lu mon dernier article sur la retraite, Lucienne, une amie à  moi, m’a posé cette question très pertinente: comment préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre?

Cette question, Lucienne n’est pas la seule à se la poser: plusieurs personnes, surtout en Afrique, se la posent à longueur de journée et d’années, sans toujours y trouver une réponse. Pourtant il le faut bien. J’ai partagé ma petite expérience avec Lucienne, et je voudrais en faire de même avec vous. Voici ma réponse à Lucienne.

Si j’ai décidé de créer ce blog, c’est pour parler des sujets vitaux comme celui de la retraite et des difficultés que nous autres, africains, éprouvons pour préparer cette retraite et faire bien d’autres choses. Tu as bien fait de poser le problème et j’espère qu’ensemble nous allons y réfléchir et trouver une solution parce que, Lucienne, il faut préparer sa retraite. Tu sais aussi bien que moi que c’est absolument nécessaire.

Je crois que tu ne voudrais pas être une charge pour tes enfants demain, n’est-ce pas? Parce que le monde dans lequel nous vivons devient de plus en plus compliqué et nos enfants connaîtront plus de difficultés que nous. Nous le voyons dejà avec tous ces jeunes qui sortent de l’Université et ne peuvent pas trouver un emploi. Nous encore nous avons quelque chose même si ce n’est très souvent pas ce que nous souhaitons. Mais nos enfants, ce ne sera pas du tout évident.

Je crois aussi que tu aimerais pouvoir demain, lorsque tu prendras ta retraite, vivre décemment, couvrir au moins tes frais de base, sans devoir tendre la main, sans déranger personne, même pas ces personnes à qui tu donnes tout aujourd’hui au point de ne pas penser à préparer ta retraite.

Je sais, et je suis d’accord avec toi que nos parents nous ont donné la vie, mais tu reconnais avec moi que nous n’avons pas demandé à naître, Lucienne.

Ils nous ont élevés et envoyés à l’école mais ils ne faisaient que leur devoir de parents, Lucienne. En principe, en principe je dis bien, nous ne leur devons rien. Ils ont contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui en nous donnant de l’affection, en nous protégeant, en nous conseillant (pour ceux et celles qui ont eu la chance que les choses se passent ainsi parce que je connais des parents qui se contentent de te donner la vie et le reste ne les regarde plus) mais, une fois encore, ils faisaient leur devoir de parents. Alors, je pense, et c’est mon point de vue, uniquement mon point de vue, que nous aidons nos parents parce que nous les aimons et ne souhaitons pas qu’ils souffrent ou manquent de quelque chose. Moi je le fais, tu le fais, presque tous les africains le font. C’est une charge absolument terrible, surtout dans nos pays où il n y a pas de sécurité sociale pour prendre en charge nos parents malades, nos frères malades, nos tantes et oncles malades, ce qui fait que tout cela nous tombe dessus.

A côté, il y a les frères, les soeurs, les cousins, les tantes, les oncles, les beaux-pères, les belles-mères,  les neveux, les nièces, les voisins qui attendent et comptent absolument sur nous autres qui avons pu sortir la tête de l’eau pour vivre, pour payer leurs frais d’hôpital, payer la scolarité de leurs enfants, manger, s’habiller, et même boire leur bière.

Nous ne sommes pas Bill Gates mais ça ce n’est pas leur problème. Nous  DEVONS leur donner de l’argent quelque soit ce que nous vivons nous autres et, et je sais que tu es d’accord avec moi, quand tu ne peux pas donner, tu as de sérieux problèmes avec eux car ils te traitent de tous les noms d’oiseaux rares, d’égoïste, etc.

Comment en sommes-nous arrivés la, Lucienne?

Comment pouvons-nous sortir de cette prison comme tu le dis si bien, de ce piège ?

Nous n’aurions jamais dû commencer à donner du moins à ceux et celles qui sont valides, jeunes, forts et peuvent se débrouiller par eux-mêmes parce que cela encourage le parasitisme, la paresse.

Maintenant que nous avons commencé, certaines mesures sont absolument à prendre:

1. Poser des conditions et fixer une limite dans le temps

Tu ne peux pas aider ta soeur ou ton frère et, après eux, commencer à aider leurs enfants et, après leurs enfants, passer à leurs petits enfants. Il faut aider ceux et celles qui veulent vraiment qu’on les aide, et qui montrent clairement qu’ils veulent s’ensortir. Ok, je suis prête à t’aider, mais apporte-moi un plan d’action, un projet bien monté, et surtout ta propre contribution, etc. Et je veux voir tes résultats, ce que tu as fait de ce que je t’ai apporté comme aide.

Et je vais t’aider pendant X temps, et surtout rester ferme et intransigeant car cela met la pression et évite que les gens nous prennent pour une vache qu’ils peuvent traire éternellement.

Moi particulièrement, avec mon mari, nous aidons les nôtres depuis plus de vingt cinq ans maintenant. Je peux te dire que nous avons vu de toutes les couleurs, Lucienne. Nous nous sommes faits escroquer par nos êtres les plus chers, crois-moi, à plusieurs reprises, mais nous avons appris –c’est le plus important- et c’est cette petite expérience qui me permet de te dire ce que je te dis. Nous avons compris à un certain moment que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de tout le monde même si on leur donnait TOUT notre salaire tous les mois, et que nous DEVONS ABSOLUMENT mettre NOS BESOINS en première position. Et les plus importants de ces besoins étaient 1) de nous construire une cabane, 2) mettre de l’argent de côté pour l’éducation  de nos enfants et 3) préparer notre retraite.

Nous avons pris la peine d’expliquer clairement a ceux et celles qui comptent sur nous pour vivre notre décision et nos attentes (qu’ils nous comprennent et respectent notre décision), ce que nous pouvions désormais faire pour eux, et ce que nous ne pouvions plus faire.

Cela a été dur, très dur, comme tu peux l’imaginer, mais nous avons tenu bon. Il le fallait car le temps passe et un jour qui est passé est passé et terminé.

Nous avons donc écrit chacun de ces trois projets avec des objectifs bien précis, mis au point un plan d’action, et avons commencé l’implémentation de ces trois projets. Nous avons ouvert des comptes d’épargne pour chacun de nous deux et chacun de nos enfants avec un objectif bien précis, comptes dans lesquels nous mettons systématiquement de l’argent TOUS les mois et même parfois plusieurs fois par mois si nous avons de l’argent qui entre. Et RIEN ne nous détourne de cet objectif, meme pas quand mon père est tombé malade et a été malade pendant sept ans, sept années pendant lesquelles nous avons dû payer tous ses frais d’hôpital parce que, comme la plupart des camerounais, sa pension misérable ne lui permettait même pas de faire vivre sa petite famille.

J’ai payé les frais d’hôpital de mon père, et j’ai continué à aider ceux que nous aidons depuis plus de deux décennies mais sans oublier nos propres besoins, Lucienne.

Nous avons également cessé d’aider les paresseux, les parasites et tous ceux et toutes celles qui pensent que, parce que nous sommes frères et soeurs, nous devons porter leurs croix à eux. Et les pressions de la famille n’ont rien changé à notre décision.

Après avoir aidé nos frères et soeurs, cousins et tantes, nous avons décidé de ne pas aider leurs enfants ou petits enfants car c’est un engrenage sans fin. Nous avons rappeler à leurs parents que nous les aidons pour qu’ils puissent se prendre en charge et s’occuper de leurs familles, ce qui est LEUR RESPONSABILITE, pas la nôtre.

Au lieu de prendre les enfants des frères et soeurs, cousins, oncles et tantes chez nous pour qu’ils vivent avec nous -nous l’avons fait pendant des années-, nous avons décidé de les aider à distance, et cela en fonction de nos moyens, et plus de façon systématique comme par le passé.

Voilà, Lucienne, quelques unes des mesures que nous avons prises et qui nous ont permis à mon mari et moi d’éviter l’asphyxie à cause du poids des charges de la grande famille africaine. Pour me résumer, voici ce que je propose de faire pour préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre:

1. Aider les nôtres, mais Mettre NOS besoins en PREMIERE position parce qu’il n’y a que nous pour prendre soin de NOUS, vraiment. Si on ne le fait pas, demain nous en paierons les frais et serons la risée de tous et de toutes.

2. Aider nos parents, absolument, dans la mesure de notre possible, parce que nous les aimons. Mais nous devons nous sentir libres de le faire, et ne pas culpabiliser lorsqu’on ne peut pas le faire. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

3. Discipliner ceux et celles qui nous demandent de l’aide. Aider quand on peut, et si on le souhaite (même le fait d’être frères et soeurs ne nous y obligent pas, mais alors pas du tout). Leur dire CLAIREMENT ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire.

4. POSER DES CONDITIONS à notre aide, fixer des DELAIS et EXIGER DES RESULTATS.

5. AIDER CEUX ET CELLES QUI VEULENT REELLEMENT S’EN SORTIR  et qui le démontrent, et laisser tomber les paresseux et les parasites. Ce sera dur mais c’est vital pour vous et pour eux car cela les forcera à se reveiller et à se mettre au travail.

6. Soyez fermes avec vos décisions et tenez bon, quelques soient les pressions et autres menaces et chantages.

7. S’il le faut,  NAVIGUEZ A CONTRE COURANT. En effet, ce qui vous semble logique, ne l’est pas pour les autres.

8. Et surtout, surtout, commencez à préparer cette retraite DES MAINTENANT si ce n’est pas encore le cas. Mieux vaut tard que jamais dit-on souvent.

Cela peut être très stressant de mettre tout ce qui précède -et bien d’autres choses que je n’ai pas citées car cette liste est très loin d’être exhaustive-  en oeuvre. Et justement parce que cela est stressant, beaucoup n’osent pas le faire et choisissent de souffrir en silence, se poser et reposer cette question. Mais ce qu’ils oublient, c’est que c’est un choix qu’ils font et que, comme tout autre choix dans la vie, celui-la a une incidence sur leur vie, leur avenir et celui de leur famille.

Avant de prendre congé de toi, je voudrais te poser cette question: où en es-tu avec ton projet de retraite? Si tu l’as déjà commence, c’est formidable. Je te suggérerai de l’évaluer. Si tel n’est pas le cas, alors il est temps.

Merci de m’avoir lue. Si tu as aimé, n’oublie pas de partager cette information avec les tiens, entièrement, en indiquant le lien du blog.

Si tu as appris quelque chose d’utile qui pourra t’aider à améliorer ta vie, alors reviens pour d’autres tips et trucs dans les prochains articles.

Affectueusement vôtre,

Céline Sika

Le plus grand et beau cadeau que tu peux me faire c’est de croire en moi

Jusqu’à très récemment, l’on pensait que pour réussir dans la vie il fallait aller à l’école, le plus loin possible dans ses études, et obtenir le diplôme le plus élevé, lequel assurait à son détenteur l’accès à des fonctions les plus prestigieuses. Pour s’assurer que leurs progénitures obtiennent ces parchemins, les parents faisaient alors tout ce qui était en leur pouvoir pour amener leurs enfants, de gré ou de force, à faire des études, qu’ils avaient souvent choisies eux-mêmes et imposées à leurs enfants, et à obtenir des diplômes. Par la suite ils se battaient pour qu’ils obtiennent de bons jobs une fois leurs études terminées, et pouvaient alors dire à ceux et celles qui voulaient les écouter que leurs enfants avaient réussi.

Que ces enfants aiment ou non ce qu’ils font, qu’ils soient heureux ou pas en faisant les études ou en exerçant le métier qu’on leur a imposé n’était vraiment pas le souci des parents. Et lorsque ces enfants osaient exprimer leur mal-être et leur envie de changer pour faire ce qu’ils ont toujours eu envie de faire, ils n’avaient aucune oreille pour les écouter, et devaient surtout faire face aux multiples désapprobations et critiques qui condamnaient un comportement égoïste et surtout irresponsable au moment ou le travail est rare. Nous contribuions ainsi à créer des millions d’hommes et de femmes malheureux, frustrés qui, lorsqu’ils ne commettaient pas d’actes regrettables comme s’ôter la vie, devenaient souvent violents avec les êtres qu’ils aiment le plus, mais aussi avec les étrangers parce qu’ils se sentaient incompris, étaient désespérés, terriblement seuls, obligés de vivre la vie des autres, la vie que d’autres lui ont imposée.

Aujourd’hui, malheureusement les choses n’ont vraiment pas beaucoup changé. Nos enfants, que nous aimons pourtant beaucoup, et pour qui nous sommes prêts à tout faire pour leur assurer une vie meilleure sur cette terre, n’ont pas toujours droit à la parole lorsqu’il s’agit de leur avenir. Parce que nous voulons vivre notre rêve à travers eux, parce que nous avons peur d’être jugés par les autres si nos enfants ne suivent pas la trajectoire suivie par tous les autres enfants, c’est-à-dire aller à l’université, faire des études jugées prestigieuses par tous comme le droit, la médecine, l’architecture, l’informatique et j’en passe, parce que nous avons peur d’être différents et de ne pas répondre aux attentes de la société, nous poussons nos enfants à faire ce qu’ils n’aiment pas pour faire comme les autres, pour plaire aux autres, pour rentrer dans le moule. Il est temps de revoir cette façon de faire les choses et de donner à nos enfants la chance d’être, d’être ce qu’ils rêvent d’être, de déployer leur talent, de briller et de suivre leur voie, celle que Dieu a tracée pour eux. Ce sont des enfants mais ils ont des rêves comme nous, leurs parents, et comptent sur nous, leurs parents, pour les aider à les circonscrire et à les réaliser. Sans notre soutien, ils ne le pourront pas.

C’est difficile de sortir de la logique dans laquelle nous avons été éduqués, de se débarrasser de ce bagage que nous héritons lorsque nous naissons dans une famille et grandissons dans un environnement précis, et qui nous pousse à penser, agir et nous comporter d’une façon très précise en fonction de valeurs bien définies.

« Le plus grand et beau cadeau que tu peux me faire c’est de croire en moi», m’a dit mon fils, étudiant en deuxième année d’Université, il y a quelques jours. Il n’a jamais voulu aller à l’Université, mais a fini par y aller parce que nous l’avons décidé. Son rêve a toujours été d’aller dans une école de football après ses études secondaires, et devenir acteur de cinéma plus tard. Lorsque je vois mon fils aujourd’hui se battre avec ses études de sciences politiques, je m’en veux de ne pas l’avoir écouté. Tous nos efforts, toutes nos pensées, toute notre énergie c’est pour que nos enfants soient heureux et réussissent mais leur bonheur et leur réussite c’est eux qui les définissent. Absolument. Pas la société, les amis, la famille, les collègues, les voisins.

Pour que vous ne commettiez pas la même erreur aujourd’hui ou demain, voici ce que je vous conseille en ce qui concerne le choix des études et de la carrière de vos enfants :

1. Encouragez-les à s’exprimer, en toute confiance avec vous, et créez des conditions favorables à cette expression. Soyez approchables, disponibles. Compréhensifs.
2. Ecoutez vos enfants et surtout laissez-les parler. Ils ont à dire, et savent très souvent ce qu’ils veulent. Ils ont besoin de vous, pas pour leur imposer ce qu’ils doivent faire, mais pour les aider à mieux identifier ce qu’ils veulent et rêvent de faire, et les aider a réaliser leurs rêves.
3. Ils sont des enfants mais ont leurs propres rêves, ne les forcez pas à vivre les vôtres.
4. Chaque personne est unique, et c’est cela qui fait la richesse et la diversité de notre monde. Ne comparez pas votre enfant aux autres enfants. Ne l’humiliez surtout pas parce qu’il est différent.
5. Souvenez-vous toujours, à tout moment, qu’il s’agit de leur avenir, pas du votre.
6. Aidez-les à prendre cette importante décision de leur vie. Ce n’est pas facile, parce qu’ils savent que celle-ci peut ne pas être celle que vous souhaitez, qu’elle peut s’avérer ne pas être la bonne plus tard, et affecter le reste de leurs vies. Rassurez-les de votre soutien constant. Dites-leur que vous serez toujours là même si les choses ne marchent pas plus tard comme ils l’auraient souhaite.
7. Et soyez effectivement là si les choses ne marchent pas comme souhaite. Parce que la vie c’est aussi cela, les erreurs, les échecs. Si cela arrivait, dites-leur que le plus important ce n’est pas le problème, mais ce qu’on apprend du problème et notre capacité à nous relever rapidement lorsqu’e nous tombons.
8. Si les choses ne marchent pas comme ils le souhaitaient, aidez-les à se réorienter. Ne les blâmez surtout pas pour cela. C’est une opportunité d’apprentissage parce que si on ne tombe pas, on ne saura pas comment éviter l’obstacle.
9. Aidez vos enfants à devenir des hommes et des femmes épanouis, heureux, confiants, en encourageant l’éclosion de leurs talents, de leurs multiples aptitudes, de leur créativité, en les acceptant tels qu’ils sont, avec leurs différences, en n’essayant pas de les uniformiser. En croyant en eux.

Celine SIKA

Preparer les enfants à mieux réussir leur transition vers et leur séjour à l’Université

Le souci de tout parent c’est de donner la meilleure éducation à ses enfants, de les aider à trouver leur voie dans ce monde de plus en plus complexe. C’est de les voir réussir mieux que eux ne l’ont fait. Alors ils investissent temps, énergie et argent et ne lésinent vraiment sur aucun moyen pour atteindre cet objectif. Malheureusement, ils oublient souvent de préparer ces enfants a réussir cette importante transition entre la vie du lycée et la vie universitaire. Entre la vie dans le cocon familial entoure de toute la famille et la vie dans un campus universitaire, loin de papa et maman, loin des frères et sœurs. Loin de leur pays. Habitués à un système éducatif et à un système social précis, ces enfants qui arrivent dans un environnement nouveau totalement différent de celui dans lequel ils ont toujours vécu, se sentent perdus s’ils n’ont pas été prépares à mieux vivre cette nouvelle vie, et s’il n’y a personne pour leur tenir la main et les aider à faire leurs premiers pas, rapidement dépassés par les exigences de leur nouvelle vie et leur nouvel environnement, et très rapidement, le pire peut arriver: solitude, dépression, abandon des études, et même parfois suicide. Des cas comme ce dernier, il y en a malheureusement de plus en plus. Nous aimons trop nos enfants, qui sont souvent notre raison de vivre, et la raison pour laquelle nous nous levons tous les jours pour aller travailler, pour rester les bras croisés devant une situation qui devient hélas de plus en plus fréquente.

Etant moi – même maman d’un jeune homme qui a traversé des moments difficiles lors de ses deux premières années dans une Université canadienne,  je puis vous dire que cela n’est pas facile du tout de trouver le sommeil lorsque votre petit vous dit, a plus de 10.000 kms du lieu ou vous vivez, qu’il est perdu, qu’il ne se retrouve pas dans le système complexe de son Université, qu’il veut bien travailler mais ne sait trop comment procéder pour organiser son temps, être plus productif, participer à tous les travaux pratiques, respecter les délais que lui fixent ses professeurs pour remettre tous ses devoirs parce que aucune matière ne complète l’autre -toutes les matières doivent être validées pour passer ses examens-, et surtout passer ses examens, surtout lorsqu’il sait que vous n’avez pas des moyens illimités pour le soutenir financièrement, qu’il peut être expulsée du pays où il poursuit ses études s’il ne réussit pas ses examens et s’il perd son visa.

Je voudrais partager avec vous ici quelques idées qui vont vous aider à mieux préparer vos enfants afin qu’ils réussissent non seulement sur transition vers l’Université mais également leur séjour dans cet univers impitoyable pour ceux et celles qui ignorent son mode de fonctionnement.

1. Tôt ou tard tu devras quitter tes parents pour commencer une nouvelle vie seul.

Ne vous réveillez pas à la veille du départ de votre fils ou votre fille à l’Université pour lui dire qu’il va vous quitter et devoir vivre seul. A 17, 18 ou même 20 ans, ces enfants restent des enfants et ont besoin de l’encadrement des adultes. Leurs parents doivent commencer assez tôt à leur parler de cette séparation, normale, qui va entrainer des changements dans sa vie et surtout des responsabilités que l’enfant devra assumer seul. Comme par exemple faire sa cuisine, ses courses, sa lessive, faire son lit, payer ses factures, gérer rigoureusement l’argent que vous lui donnerez pour ses besoins mensuels, lui-même. C’est le moment de lui apprendre toutes ces aptitudes s’il ne les a pas encore.

Parlez de votre propre expérience avec l’enfant si vous en avez une, demandez a vos amis, vos proches d’en faire autant avec lui pour qu’il voie que même si c’est souvent difficile de se séparer de ses parents et de se prendre en charge, c’est normal et surtout possible si l’on a des outils nécessaires. Et, c’est en partageant votre expérience avec lui que vous l’aiderez a acquérir ces outils.

Vous pouvez également acheter des bouquins qui traitent de cette question et les lire avec votre enfant ou le lui offrir pour lecture. Prenez le soin par la suite de lui demander de partager avec vous ce qu’il a retenu de sa lecture.

2. L’école de l’enfant est un partenaire incontournable dans la préparation des enfants à réussir cette transition

De plus en plus d’écoles qui ont compris la nécessite de cette préparation organisent pour les enfants en partance pour l’Université ainsi que leurs parents des réunions pendant lesquelles les conseillers ou des experts en orientation scolaire informent les parents non seulement sur le choix des Universités où iront étudier leurs enfants mais les aident à mieux accompagner leurs enfants dans ce processus. Ils donnent également de précieux conseils aux enfants concernant leurs futures études, leur future vie sur le campus, les relations avec leurs enseignants, la gestion du temps et des crises, le rôle des conseillers présents dans chaque faculté, les différents systèmes universitaires, leur fonctionnement et j’en passe. Si l’école de votre enfant n’organise pas ce genre de rencontre, demandez à ce que cela soit et encouragez la direction à le faire parce que la réussite scolaire de votre enfant ainsi que celle de ses camarades en dépend. Leur vie scolaire mais aussi leur vie tout simplement.

3. Aidez votre enfant à choisir les études qu’il souhaite faire à l’Université

Il s’agit de son avenir, donc d’un choix très important qui doit être fait minutieusement, après mure réflexion et examen, parce que une mauvaise décision peut suivre l’enfant tout le reste de sa vie. Vous avez vu naitre votre enfant, vous le connaissez bien, vous l’avez observe grandir, écouté parler et rêver aussi. Vous savez ce qu’il aime ou n’aime pas, donc très certainement ce qui peut l’intéresser  à l’Université. Certains enfants savent très exactement et parfois très tôt ce qu’ils veulent étudier à l’Université. D’autres par contre ont besoin d’aide et d’orientation pour découvrir leur voie. A travers des questions, des échanges réguliers avec votre enfant, vous pouvez l’aider dans ce sens et éviter des frustrations ou même des drames plus tard. Des cas où des enfants décident de changer de programmes universitaires trois ou quatre ans après les avoir commencés parce qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font sont légion.

4. Ne vous contentez pas d’envoyer de l’argent ou de payer sa scolarité: allez voir ou vit votre enfant et ce qu’il fait.

Montrez à vos enfants que ce qu’ils font vous intéresse, que leur avenir vous intéresse et que ce qu’ils font ont un but et de la valeur même s’ils semblent ne pas le voir immédiatement. Témoignez-leur de l’intérêt et intéressez-vous à leurs études mais aussi à leurs autres activités, aux gens qu’ils fréquentent, à leur vie personnelle, sans toutefois les étouffer ou les contrôler. Il n y a pas que les études dans la vie, il y a beaucoup d’autres choses tout aussi intéressantes et qui méritent d’être connues et partagées.

5. Assurez votre enfant de votre soutien constant et permanent, tout votre soutien.

Faite-lui savoir que vous êtes là et que vous serez toujours là pour le soutenir quelque soit les difficultés qu’i rencontre et rencontrera, et que vous l’aimerez toujours même s’il décide finalement de faire des études de son choix. Le fait de savoir qu’il a votre soutien le réconfortera et l’encouragera à continuer et à ne pas sombrer dans la dépression. Croyez en lui et faites-le lui savoir. C’est le plus grand cadeau que vous pouvez lui offrir.

6. Assurez-vous qu’il y a quelqu’un sur qui votre enfant peut compter en cas de besoin.

Puisque vous n’êtes plus là pour venir en aide à votre enfant s’il en a besoin, il est important de vous assurer qu’il y a au moins une personne qui peut l’assister s’il a une urgence, ou encore le conseiller, le coacher, l’aider a s’intégrer dans son nouvel environnement, à comprendre comment son nouvel environnement fonctionne, lui rappeler les objectifs qu’il s’est fixés et doit atteindre, l’encourager à continuer à travailler, à avoir une vie sociale qui est également nécessaire pour son épanouissement personnel, le féliciter lorsqu’il travaille bien, le rassurer que ce n’est pas la fin du monde s’il n’a pas eu de bonnes notes, l’aider à rester sur le bon chemin, vous prévenir en cas de besoin.

Encouragez-le à rencontrer ses enseignants en dehors des cours, les conseillers de son Université et surtout de sa faculté, pour échanger avec eux sur ses études, mais aussi leur demander de l’aide en cas de besoin. Ils sont payés pour le faire et le feront avec plaisir. Ceci est absolument nécessaire pour des enfants qui viennent des cultures où ils ont été éduqués pour ne pas poser trop de questions, où le respect des aînés est absolu. Ils ont besoin de savoir qu’ils peuvent échanger avec leurs enseignants, et qu’ils doivent meme le faire.

7. Restez en contact avec votre enfant, et surtout communiquez avec lui régulièrement.

Ayez au moins une conversation par semaine avec votre enfant. Cela le rassure et lui permet de savoir que vous êtes toujours là, qu’il n’est pas seul. Loin de leurs parents, certains enfants ont d’énormes difficultés à interagir avec d’autres personnes, et très rapidement se retrouvent isolés, seuls dans leur chambre, coupés de la réalité. Cette solitude qui affecte gravement ces enfants les pousse très souvent à chercher du réconfort auprès de personnes pas très indiquées ou alors à s’adonner à des activités peu recommandables, ce qu’il faut à tout prix éviter.

8. Dites-lui qu’il peut compter sur vous.

Le fait de savoir que l’on a quelqu’un sur qui on peut compter, et surtout nos parents, qui nous soutiennent, et qui sont là au cas où on aurait besoin d’eux est d’un réconfort sans prix. Votre enfant aura beaucoup plus confiance en lui et sera beaucoup plus serein au moment de faire face à tous les défis de sa nouvelle vie s’il sait qu’il peut compter sur vous pour l’aider à surmonter les obstacles qu’il rencontre.

9. Ne mettez pas trop de pression sur l’enfant.

Laisser l’enfant  faire à sa guise sans aucune orientation, sans lui fixer des limites, et sans lui dire quels risques il court s’il prend certaines décisions à des moments cruciaux de sa vie n’est pas la chose à faire.  Mettre trop de pression sur l’enfant en lui demandant de faire des études de votre choix, d’obtenir la plus grande note, de finir absolument vite ses études parce que vous n’avez pas les moyens de payer sa scolarité plus longtemps, ou alors le comparer sans cesse aux autres enfants peut lui être fatal. Chaque enfant est unique, et ce n’est pas parce que vous n’avez pas réalisé votre rêve de devenir médecin, architecte ou trader que vous allez poussez votre enfant à le devenir.  Le faire c’est ruiner la vie de votre enfant et créer un être qui sera malheureux toute sa vie. Aidez-le à identifier sa passion, ce qu’il aime faire et aidez-le à réaliser son rêve à lui.

10. Aidez-le, autant que faire se peut, à changer d’air.

Encouragez votre enfant à étudier et à passer ses examens. Mais encouragez-le et aidez-le également à marquer une pause de temps en temps pour souffler un peu, se détendre, faire le plein d’énergie, prendre le temps de s’amuser et de profiter des petites choses qui font le bonheur. C’est absolument nécessaire pour sa santé et pour ses études.