J’avais dit oui, et j’étais sincère

oui
L’un des moments les plus importants lors de la célébration du mariage c’est lorsque les personnes qui se marient doivent déclarer, devant l’officier et les participants, qu’ils s’engagent dans cette union pour le meilleur et pour le pire. Lorsque nous le disons, est-ce que nous comprenons vraiment ce que nous disons? Est-ce que nous comprenons le sens de cette phrase? Sommes-nous vraiment prêts et capables de rester ensemble quelque soit ce qui se passe?

Ce que nous voyons autour de nous tous les jours amène à dire non!

Pour le meilleur et pour le pire? Non! Pour le meilleur seulement parce qu’il est facile de rester avec quelqu’un lorsque cette personne vous promène dans sa limousine et que vous profitez des avantages liés à cette limousine ou au statut de cette personne. Mais, combien de personnes sont prêtes à marcher à pied avec l’autre lorsque la limousine est en panne? Combien de personnes sont prêtes à rester lorsque notre partenaire perd son boulot, tombe malade et ne peut plus assurer, se retrouve en prison pour une raison ou une autre?

Très peu!

Monsieur est en prison? Je m’en vais recommencer ma vie ailleurs.

Monsieur ou madame est victime d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC)?  Je le ramène dans sa famille et m’en vais recommencer ma vie ailleurs.

Tu perds ton boulot? Eh bien, je m’en vais vivre avec celui ou celle qui en a un.

Voilà ce qui se passe. A quelques exceptions près.

Lorsque mon père a été victime d’un AVC qui l’a rendu végétatif, ma mère n’a pas trahi. Pendant sept années elle était là, a fait tout, enduré tout, refusé de prendre du repos ou de permettre à quelqu’un d’autre de la seconder auprès de son mari malade, au risque de mettre sa santé en danger.

« J’avais dit oui, et j’étais sincère! » Voilà la réponse qu’elle a donnée lors des obsèques de notre papa pour expliquer cette fidélité à son défunt mari.

Aujourd’hui on se marie vite et se sépare vite, parfois avant même que l’encre utilisé pour signer l’acte de mariage n’ait séché. Parce qu’on est impatient, intolérant, arbore un ego surdimensionné, ignore ce que le mariage veut dire, parce que l’on s’est marié pour de mauvaises raisons, etc.

Cela fait trente ans que nous nous sommes dit oui. Pour nous car personne ne devrait dire oui à l’autre par contrainte, pour faire comme les autres, pour plaire aux autres, pour se venger, pour impressionner qui que ce soit, pour recevoir les allocations familiales, pour fuir la pauvreté, avoir les papiers et pouvoir enfin émigrer, parce que l’on recherche quelqu’un qui va s’occuper de nous ou de nos enfants, pour ne plus avoir faim, etc.

Nous nous sommes dit oui parce que nous nous sommes mutuellement aimés et appréciés, et avons su que nous étions faits l’un pour l’autre. Comment l’avions-nous su? En échangeant sincèrement, totalement, froidement. En aidant l’autre à nous connaître véritablement. Et à cause de ce truc qu’on ne pourrait expliquer, mais qui te dit, dès le premier instant où ton regard croise celui de l’autre, que c’est The One!

Avant de rencontrer l’homme qui devait devenir mon mari, j’avais juré de ne jamais me marier parce que ce que je voyais autour de moi ne m’encourageait pas à m’embarquer dans cette aventure souvent fatale pour tant de femmes. Mais, lorsque je l’ai vu, j’ai changé d’avis. Et, depuis trente ans, nous sommes ensemble! J’ai dit « Oui » et je le dirais encore aujourd’hui si j’avais à refaire pas parce que mon couple est parfait, mais parce que nous avons choisi:

  • De nous obstiner, de ne pas jeter l’éponge quand les choses vont mal ou dès le premier désagrément
  • De ne pas demander ce que l’on ne peut pas donner
  • D’aimer parce que aimer ou ne pas aimer c’est un choix
  • De condamner le comportement, pas la personne, et d’aider l’autre à prendre conscience et de changer ce comportement qui nous heurte
  • De créer de l’espace pour l’autre
  • De ne pas devenir un parce que la fusion c’est la négation de l’autre et de soi
  • De fixer des attentes réalistes
  • De communiquer clairement, de façon transparente nos attentes
  • D’être là pour l’autre et avec l’autre lorsque ça va mais aussi lorsque ça ne va pas
  • De toujours nous rappeler qu’à la fin, nous avons l’un l’autre, nous sommes une équipe
  • De construire ce couple dont nous rêvons et voulons être, un couple où chacun de nous travaille d’arrache-pied tous les jours pour pour construire.

Est-ce facile?

Non!

Est-ce possible?

Oui!

Comment?

Avec de la patience, beaucoup d’efforts et de travail sur sa personne, un engagement sincère et constant, un amour sincère. En effet, seul l’amour, un amour sincère, peut nous aider à atteindre cet objectif, à continuer lorsque tout va mal. Seul un amour vrai peut aider à comprendre. Pardonner. Donner une seconde et même une troisième chance à notre partenaire.

 

Avant d’être une épouse et une mère, je suis d’abord Céline

DSC07556

En 1996 j’ai obtenu une bourse de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour aller faire des études de doctorat en Espagne. J’étais déjà mariée et avec deux jeunes enfants. Accepter cette bourse signifiait aller vivre en Espagne pendant cinq ans, loin de mon mari et de mes deux jeunes enfants. Parce qu’il n’était pas question d’envisager d’y aller avec ma petite famille. J’ai accepté la bourse et suis partie.

Seule.

Ce qui a provoqué, comme beaucoup peuvent l’imaginer, beaucoup de mes frères et soeurs africains, un tollé général.

“Une femme doit être auprès de son mari pour prendre soin de lui et des enfants!”

“Comment est-ce que ton mari a pu accepter cela? C’est toi qui portes le pantalon à la maison ou quoi? Qui va s’occuper des enfants? Lui? Il prend trop de risques. Est-ce qu’il sait que tu peux ne plus rentrer au pays?”

“Moi je n’accepterais jamais cela! C’est le monde à l’envers, finalement!”

“Si cela m’arrive, je demande à ma femme de choisir entre le mariage et le divorce!”

“Qu’est-ce que tu cherches, Céline? Tu as tout! Vraiment, on ne te comprend pas, ma chère!”

“Qu’est-ce qu’on va dire si on entend qu’une femme a laissé son mari et deux jeunes enfants pour aller soi-disant poursuivre ses études chez les blancs? Tu es sûre que c’est vraiment pour poursuivre tes études que tu pars? En tout cas, ça c’est être égoïste! Où mets-tu ta famille, tes enfants, ton mari dans tout ça?”

Voilà quelques unes des perles que j’ai, que mon mari et moi, avons entendues. Il y avait de la pression de son côté pour qu’il ne me laisse pas partir, et de mon côté aussi. Ce que toutes ces personnes qui disaient se préoccuper pour moi, pour nous et pour notre petite famille ignoraient c’est que, mon mari et moi avions toujours été deux à danser ce tango qu’est le mariage et nous le sommes toujours d’ailleurs presque trente ans après ce jour où nos chemins se sont croisés et que nous avons décidé de cheminer ensemble désormais.

Mais, cheminer ensemble ne veut pas dire et n’a jamais voulu dire, à mon avis, que l’un des partenaires ou que les deux partenaires doivent renoncer à qui ils sont comme personnes, comme individus. Parce que, avant d’être épouse et époux, papa et maman, ils sont, chacun, un individu avec des projets et ambitions personnels que rien ne doit hypothéquer.

En effet, si ces projets personnels sont hypothéqués pour quelques raisons que ce soit, c’est le passeport pour la frustration, l’amertume, la non félicité qui peuvent mener à la séparation du couple. Il suffit de regarder autour de nous pour constater cela. Et puis, pourquoi devrais-je renoncer à mon projet de réaliser mes études doctorales? Pourquoi est-ce que mon époux devrait s’opposer à la réalisation de ce projet qui m’était cher? Aimer c’est comprendre, c’est soutenir, c’est accompagner, c’est aider l’autre à se découvrir, à mieux se connaître, à s’épanouir et à devenir la meilleure version de sa personne. Aimer c’est aider l’autre à réaliser tout son potentiel!

Aimer ce n’est pas frustrer l’autre.

Aimer ce n’est pas diminuer l’autre, limiter son horizon.

Aimer ce n’est pas briser ses ailes et empêcher l’autre de voler haut et de briller.

J’ai obtenu le soutien total de mon époux pour la réalisation de ce projet personnel et de bien d’autres d’ailleurs. Et je suis bel et bien retournée au Cameroun auprès de ma famille après mes études doctorales parce que je n’avais qu’un seul agenda lorsque je partais pour l’Espagne: étudier et retourner auprès des miens une fois mes études terminées, et servir mon pays.

Pourquoi je vous raconte ceci aujourd’hui? Parce que je voudrais partager cette expérience avec vous et surtout partager les leçons que j’ai apprises de cette expérience.

La mariage est une affaire de deux personnes et pas une affaire des familles, du quartier ou de la communauté. Chacun voudra vous dire ce qu’il pense être bien ou mieux pour vous. Mais, souvenez-vous qu’il s’agit de vous deux, de vous deux seulement, de votre vie, de votre avenir et, qui mieux que vous deux pour décider ce que vous deux voulez que cet avenir, que cette vie soit? Si vous pouvez ou voulez, écoutez les uns et les autres avec politesse mais, à la fin, restez les conducteurs au volant de cette vie qui est la vôtre!

Cette décision ne va pas plaire, je vous assure, mais alors pas du tout. Mais, persistez! Ne vous laissez pas manipuler et sachez que vous ne pouvez pas contenter tout le monde. Vous ne devez même pas y penser! C’est de la mer à boire.

Vous avez décidé de vous dire oui? Bonne nouvelle! Mais, si l’un des partenaires n’a pas fini ses études, il est important de continuer, de finir et de trouver du travail. Pour son propre épanouissement et pour contribuer à construire cette nouvelle famille. Ce n’est pas une bonne idée d’abandonner ses études ou son travail juste parce qu’on s’est marié! Lorsqu’on se marie, on n’est pas arrivé, les amis! Et aussi parce que le pire arrive dans la vie. Les partenaires tombent malades, perdent leur emploi, meurent, deviennent invalides à vie, le mariage finit, etc. Alors, si c’est le partenaire qui faisait bouillir la marmite qui se retrouve dans l’une de ces situations décrites, imaginez le stress de l’autre partenaire! Imaginez la suite!

Lorsque mon papa est décédé il y a six ans, nous avons réalisé avec horreur et stupéfaction que notre maman n’avait pas de signature sur leur compte bancaire. En effet, c’est papa qui avait toujours tout fait, géré tous les projets de la famille, seul, sans impliquer notre maman. Et cette dernière l’avait laissé faire sans jamais chercher à être impliquée. Une grave erreur! Une fois papa parti, il fallait gérer l’après papa. Impossible pour notre maman d’accéder au compte de notre défunt papa pour toucher sa pension dont elle avait pourtant absolument besoin pour vivre! Difficile pour maman de prendre le relais de la gestion des projets de la famille parce qu’elle n’avait aucune idée de tout cela!

Ce cas n’est pas unique. Plusieurs couples sont dans cette situation. Et ne réalisent même pas que celle-ci peut avoir des conséquences gravissimes pour le couple, leur famille ou le/la partenaire qui survit au défunt. Avant le décès de notre papa, celui-ci avait été victime d’un accident vasculaire cérébral qui l’a privé de l’usage de la parole et de ses facultés mentales. Pendant sept ans, papa était incapable de faire quoi que ce soit, et ne se souvenait même plus de qui il était. Il fallait payer ses frais d’hôpital, ses médicaments. Et couvrir les besoins de son épouse. Sa pension aurait pu aider si maman pouvait y accéder. Depuis son décès, nous avons pris en charge notre maman. Que serait-elle devenue si nous, ses enfants, n’avions pas les moyens de le faire?

Vous ne voulez pas que cela vous arrive, n’est-ce pas? Alors, agissez! Pendant qu’il est encore temps.

  • N’abandonne pas tes études ou ton travail après ton mariage quelque soit le statut de ton/ta partenaire
  • Aie ta propre carte de crédit et ton propre compte d’épargne même si vous avez des comptes communs
  • N’abandonne pas la gestion des finances à ton/ta partenaire!
  • Implique-toi activement dans la gestion de vos projets : achat d’une maison ou d’une voiture, épargne pour l’éducation de vos enfants, etc.

Prévenir vaut mieux que guérir! Toujours!

Tu as trouvé cet article utile? Partage-le pour contribuer à aider les autres à apprendre pour mieux agir, vivre la vie qu’ils désirent et qu’ils méritent. L’information c’est le pouvoir, ne l’oublie pas!

 

Pourquoi sommes-nous si seuls aujourd’hui?

L’un de mes passe-temps préférés est d’observer les gens autour de moi, m’émerveiller sur la formidable diversité des races, et lire les comportements des uns et des autres. Et, ce que je vois, m’inquiète. Les gens ne savent plus aimer, ont peur d’aimer et de dire “Je t’aime” sans courir le risque d’être dénoncé pour harcèlement. Interdit de complimenter quelqu’un sans courir le risque d’être traité de calculateur : qu’est-ce qui se cache derrière ce compliment?

Interdit de se retrouver dans l’ascenseur seul avec une femme…

Interdit de trop se rapprocher de quelqu’un.

Interdit de toucher l’autre.

Eating and texting 8

Conséquences: chacun est seul, se demandant pourquoi ceci arrive. Les femmes et les hommes cherchent désespérément un partenaire, ou une partenaire, à tout prix. L’autre jour j’ai découvert un programme très curieux à la télévision américaine. The Bachelor et The Bachelorette. Un célibataire, homme ou femme, rencontre plus de 20 autres célibataires à la recherche de l’âme soeur pendant un certain nombre de temps dans plusieurs endroits et pays différents, discute avec chacun /chacune de tout et de rien, sors, mange et dors avec ces candidats, tout ceci dans le but de savoir si l’autre est THE ONE. Plus la série avance, plus les candidats/candidates sont éliminés et c’est alors le festival de pleurs et de larmes parce qu’on a été rejeté. Parce qu’on n’a pas été choisi/e par l’autre. Parce que ce partenaire qu’on cherche désespérément et pour qui on est prêt à tout pour attirer et retenir son attention, nous rejette et préfère l’autre. A la fin, le bachelor ou la bachelorette choisit l’heureux élu ou l’heureuse élue avec qui il ou elle va faire sa vie.

Voilà où nous en sommes arrivés aujourd’hui. Si ce n’est pas des shows comme The Bachelor, c’est des pasteurs qui organisent des méga shows où des femmes du monde entier accourent avec l’espoir qu’à la fin, elles trouveront l’âme soeur, ce que promettent ces pasteurs qui, en fait, surfent tout simplement sur le désespoir de ces femmes pour se faire de l’argent. Parce que, comme vous l’avez imaginé, ces shows ne sont pas gratuits. Il faut délier les bourses! La salle de Conférence de Nairobi où ce genre de show a lieu de temps en temps est bourrée à craquer au point où les organisateurs sont obligés de placer des écrans géants dehors pour que celles qui n’ont pas pu entrer dans la salle puissant suivre le spectacle depuis l’extérieur. Le Pasteur, lui, est devenu immensément riche et ne se déplace qu’en… avion privé maintenant.

Pourquoi sommes-nous si seuls aujourd’hui?

Hier lorsqu’on était amoureux d’une fille, on travaillait dur pour conquérir cette personne. On lui faisait la cour. Souvent assidue. Sans se fatiguer. Sans se décourager même lorsque l’homme essuyait un refus, parfois vraiment…sauvage, de la part de la fille. L’homme lui écrivait des lettres ou des poèmes pour lui déclarer sa flamme. Il l’invitait au cinéma, au restaurant, au pique-nique et, lorsqu’ils se retrouvaient, ils étaient vraiment ensemble le temps de cette rencontre. Ils se parlaient. Vraiment. Les yeux dans les yeux. Rien mais alors rien ne s’interposait entre le couple.

Que se passe-t-il aujourd’hui? Les gens ne savent plus faire la cour ou alors pensent que ce n’est pas la peine, et croient que dès qu’ils vont te dire “Je t’aime”, tu vas te coucher immédiatement. Ils sont surpris que la fille les envoie promener après le premier rendez-vous où ils sont arrivés en retard et ne se sont même pas excusés, et ont passé le temps à surfer sur leur téléphone ou à répondre aux coups de fil.

eating and texting 9

Aujourd’hui, les gens ne savent plus communiquer. Tout le monde se cache derrière ses écouteurs ou ses multiples téléphones et autres gadgets. Regardez autour de vous lorsque vous marchez dans la rue, êtes entrain de déjeuner ou dîner dans un restaurant et vous serez édifiés! Même à la maison,  à table, même au lit, ces gadgets s’interposent et empêchent de vivre!

COUPLE-IN-BED-PHONE-facebook

Parler à quelqu’un qui est totalement plongé dans son téléphone, sa tablette ou, qui répond toutes les cinq minutes aux coups de fil est absolument frustrant et est surtout l’expression d’un manque d’intérêt total pour l’autre. Un manque de respect total. Pourquoi dois-je perdre mon temps avec quelqu’un qui ne me respecte pas, qui ne peut pas me donner un peu de son temps, quelqu’un qui ne peut pas déposer son téléphone le temps d’un échange avec moi?

Voilà quelques unes des raisons pour lesquelles nous sommes si seuls aujourd’hui. Il y a des détails qui ne trompent pas et pour peu que l’on y prête attention, on les note et on prend acte.

Il y a des compétences –skills- vitales que chaque personne doit apprendre absolument. On apprend à lire, à compter et à écrire. On devrait aussi apprendre et ce, le plus tôt possible, à communiquer effectivement ses désirs, ses rêves, ses frustrations, ses émotions, ses souffrances, sans blesser l’autre, sans humilier l’autre. On devrait apprendre, on doit apprendre ces compétences, toutes ces autres compétences si nécessaires pour vivre une vie heureuse et épanouie, des compétences que malheureusement l’école ne nous enseigne pas. Parce qu’il y a l’école et il y a la vie, laquelle ne fait pas de cadeaux à ceux et celles qui ignorent son emploi de temps.

Le téléphone est utile, très utile. Il est le gadget le plus utilisé dans le monde et devance ainsi l’ordinateur. Il nous simplifie énormément la vie. Aujourd’hui de plus en plus de personnes s’en servent pour gérer leur vie quotidienne: communiquer, bien sur, prendre des photos, s’orienter, faire des réservations, acheter, faire des transactions bancaires, ouvrir leur chambres d’hôtel, etc. Et cette tendance va augmenter. Le téléphone est utile, à condition que l’on sache s’en servir. Sinon , il devient un obstacle et, au lieu d’aider, de construire, de rapprocher, il éloigne, il détruit. On peut en devenir facilement accro, au point d’oublier l’essentiel. Au point d’oublier que l’autre, que les autres sont là. Que le monde extérieur est là.  Que la vie est là et attend d’être vécue!

Des questions à poser? Des commentaires à faire? Des éléments à ajouter pour nous aider à prendre conscience et puis corriger ces défauts que nous avons et qui nous empêchent de trouver l’âme soeur et de vivre?

Céline t’écoute!

 

 

 

 

En matière de couple, rien ne doit être laissé au hasard

The iceberg illusion

« -J’en ai marre de tout cela! Je jette l’éponge! C’est fini. F-I-N-I!

-Mais, cela fait à peine un an que vous êtes mariés, ma chérie!

-Assez pour que je conclus que ce salopard ne changera jamais. Jamais! Qu’est-ce que j’ai été naïve! Oh my God! J’en ai même honte!

-Qu’est-ce que tu veux dire?

-Je croyais que le mariage allait le changer. Mais, je me trompais, ma soeur. Je me suis trompée sur toute la ligne. Quelle pauvre idiote que je suis! Et, tu sais quoi? Ce qui est horrible c’est que j’ai le sentiment que, maintenant qu’il m’a passé la corde au cou, il se croit tout permis et fait n’importe quoi! Si je ne prends pas des mesures drastiques, bientôt il va m’étrangler avec cette corde.

-Tu n’exagères pas?

-Non! Sérieusement. Ce n’est pas la peine. Je renonce,

-Tu ne peux pas renoncer à la moindre difficulté, voyons!

-Comment ça à la moindre difficulté? Je vis cela depuis plusieurs années déjà. N’oublie pas que nous avons été fiancés pendant quelques années pendant lesquelles j’ai découvert ces travers que j’essaie depuis de l’aider à corriger.

-Tu savais que ton gars avait cette relation … particulière avec l’argent?

-Oui. Dès nos premiers rendez-vous, j’ai détecté dans nos conversations que cet homme avait de mauvais rapports avec l’argent. Il dépensait sans cesse, de façon impulsive, et n’arrêtait pas tant que ses poches n’étaient pas vides. Et, pour faire quoi? S’acheter des fringues très chères, les derniers gadgets à la mode, ou des véhicules dernier cri. Rien de durable et productif. Rien pour le couple, la famille je veux dire. Tout cela pour lui-seul. Et, le comble c’est qu’il s’endettait aussi pour assouvir ce… besoin.

-Tu savais cela et tu n’as pas attendu de régler cette question avant de te mettre en ménage avec lui?

-J’étais amoureuse, tu sais. Et, comme je te l’ai dit, je croyais que le mariage allait le changer.

-Tu n’as pas discuté de cela avec lui pendant vos fiançailles?

-Pour dire vrai, c’est difficile. Délicat. Parler argent sans être mariés?

-Il faut justement en parler avant d’être mariés parce que c’est important. Très important. Ne pas le faire c’est une erreur que l’on paie toujours cher tôt ou tard.

-Si tu en parles avant, le gars va croire que tu es matérialiste, et que c’est son argent qui t’intéresse.

-S’il en a.

-Oui, s’il en a. Et, s’il n’en a pas, si tu abordes cette question, il croira que tu ne veux pas qu’il touche à ton argent. Que tu veux l’humilier parce qu’il n’a pas d’argent. Que tu veux porter le pantalon dans le couple, tu vois ce que je veux dire. Que tu questionnes sa masculinité.

-Tu privilégies donc la politique de l’autruche? Faire comme si il n y avait rien. Comme si tout était rose, alors que tout est noir. Ce n’est pas en fermant les yeux sur un problème que ce problème cesse d’exister.

-J’ai pas dis cela.

-C’est ce que j’entends, moi.

-Non. J’ai pas fermé les yeux sur cette situation. J’ai essayé de parler, de l’asseoir pour discuter de ce problème d’argent qui nous tue et empoisonne notre couple aujourd’hui. Mais il n’en a jamais voulu entendre parlé et n’en veut toujours pas. Je veux dire, il trouve toujours un prétexte pour éviter le face-à-face. Comme je pensais au mariage, et ne voulais pas l’épouser avec cet horrible bagage, j’ai essayé de l’aider à corriger cela. En vain.

-Alors, tu as cru qu’en vous mariant il allait changer comme par un coup de bâton magique!

-L’amour transforme, tu sais. Ou du moins j’y croyais.

-Alors, ma belle, tu vois toi-même que les choses ne se passent pas comme cela. Les choses changent pas parce qu’on le veut ou l’espère, mais parce qu’on travaille dur pour qu’elles changent. Et ceci est valable aussi pour le mariage.

-Je l’apprends aujourd’hui à mes dépends. Je ne sais toujours pas ce que mon mari gagne, encore moins ce qu’il fait avec son argent. C’est vrai que je gagne plus que lui mais ce n’est pas une raison pour qu’il me laisse couvrir toutes les charges de notre foyer, et même les siennes car il n’arrive même pas à contribuer pour les charges qu’il avait choisi de couvrir. En plus, il devient méchant, violent même lorsque j’en parle. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. »

Cette conversation que j’ai eue hier avec une amie au sujet de son couple met en évidence plusieurs problèmes auxquels font face des gens qui vivent en couple. L’argent est au coeur de sa plainte. L’argent qui, selon des études menées par des experts, serait l’une, si non la principale raison pour laquelle plusieurs couples se déchirent et se disloquent. Les gens décident de vivre ensemble, de se marier pour passer le reste de leur vie ensemble, construire leur vie ensemble, mais tiennent le langage suivant. Trop souvent.

“Nous sommes mariés mais, s’il te plaît, ne regarde pas “Mon” argent, parce que “Mon” argent c’est “Mon” argent. Je le garde pour “Ma” famille, c’est-à-dire mes parents, mes frères et soeurs et moi-même, parce que c’est mes parents qui ont payé mon éducation et ne l’ont pas fait pour que quelqu’un d’autre vienne me dire comment je dois gérer “Mon” argent; je l’utilise pour réaliser “Mes” projets personnels parce qu’on ne sait jamais. Ce mariage peut se terminer. Il vaudrait mieux que j’assure mes arrières. J’utilise “Mon” argent pour ma famille et moi, et nous utilisons “Ton” argent pour notre couple et aussi pour aider “Ma” famille, mes parents, frères et soeurs. Je peux, à la rigueur, contribuer une certaine somme pour le couple, mais ne me demande pas de mettre tout “Mon” argent dans le couple. Et surtout ne me demande pas combien je gagne. Et ne me parle pas non plus de compte commun. Jamais! ”

Avec un langage pareil, implicite ou explicite, comment s’étonner que plusieurs foyers soient sous haute tension tout le temps?

Construits sur une fondation pareille, comment s’étonner que les couples se déchirent et se séparent?

Comment s’étonner si, dès le départ, l’esprit du couple n’y est pas?

Si, dès le départ, c’est le “Je” qui l’emporte définitivement sur le “Nous”?

Si, dès le départ, chacun regarde dans sa direction, unilatéralement choisie, une direction opposée à celle de son partenaire?

Si, dès le départ, la transparence est bannie pour dérouler le tapis rouge à la méfiance et aux cachoteries?

Si chacun vient dans le couple avec l’intention ferme de continuer à vivre son style de vie de célibataire, comme si l’autre, cette personne à qui l’on dit avoir uni sa vie désormais, n’existait pas?

Le mariage n’est pas la loterie mais une institution sérieuse qu’il faut prendre très au sérieux, et ne s’y engager que si l’on est prêt. Etre prêt veut dire si l’on a fait ses devoirs AVANT de s’engager. Devoirs qui nécessitent des efforts soutenus et structurés.

Le mariage est un projet qui, comme tout autre projet, doit être préparé, minutieusement et soigneusement implémenté, supervisé et évalué régulièrement. Lorsque nous achetons une voiture ou une maison, nous prenons le temps, tout le temps que cela requiert, pour faire des recherches parce que nous voulons éviter toute surprise désagréable. Nous entreprenons cette démarche parce que nous voulons savoir si cette voiture est une bonne marque, si elle est sûre et capable de nous protéger lorsque nous sommes en route, si elle consomme trop ou peu de carburant, s’il est facile de trouver des pièces de rechange lorsqu’elle tombera en panne, si cette voiture n’a pas été volée, si elle fonctionne bien, si elle n’est pas une loque retapée pour les besoins de vente, etc. Et, si nous sommes satisfait, nous l’achetons, après , seulement après toutes ces démarches. Une fois que nous l’avons achetée, nous assurons sa maintenance, tout le temps. Nous l’amenons faire des visites techniques, la vidange, nous contrôlons le niveau d’eau et de l’huile régulièrement, nous la lavons tout le temps. Nous le faisons aussi pour des vêtements auxquels nous tenons. Nous ne laisserons pas un sac à main Chanel ou cette paire de chaussure Christian Louboutin qui nous a coûté une fortune traîner dans un coin sans soins. Nous faisons tout cela, sans nous plaindre, et considérons cela comme une absolue nécessité. Mais, lorsqu’il s’agit de notre couple, nous laissons les choses au hasard, nous négligeons, comptons sur la chance. Nous sommes paresseux, n’avons pas le temps, ou tout simplement n’y accordons pas d’importance. Les choses s’arrangerons toutes seules, disons-nous. Ou par la grâce de Dieu. Hélas, non! Fais ta part et Dieu fera la sienne. “Attache ton chameau avant de le confier à Allah!” comme le dit si bien un proverbe arabe.

Oui, quelqu’un doit faire le boulot et, ce quelqu’un, c’est ceux qui font le couple. C’est leur devoir, leur responsabilité de s’examiner, avant mais aussi pendant la vie ensemble, pendant leur union, pour corriger ce qui ne va pas et qui risque de leur nuire plus tard, améliorer et perfectionner ce qui va.

Oui, en matière de couple, rien ne doit être laissé au hasard, ou alors, si nous choisissons de laisser Dieu, le hasard ou la chance prendre les rênes, préparons-nous à payer la facture, laquelle est très souvent salée!

Puisque ces problèmes reviennent sans cesse, sous une forme ou une autre, j’ai décidé de commencer, dans un avenir proche, une série dans laquelle j’aborderai, chaque semaine, un sujet qui pose problème dans les couples, ou entre ceux qui envisagent de se mettre en couple. A travers des histoires que je partagerai avec vous, et que vous partagerez avec les lecteurs et lectrices de ce blog, nous échangerons nos expériences, apprendrons tous ensemble ces tips et trucs dont nous avons tous besoin pour construire un mariage sain, heureux, solide, prosper, et qui dure. Parce que, oui, cela est possible.

Ton tour maintenant…

Si tu penses, comme moi, que cela est possible, lis et partage cet article. Et surtout n’oublie pas d’apporter ton feedback lequel aidera les lecteurs et lectrices de ce blog à améliorer leur vie.

A votre bonheur!

Céline Clémence Magnéché Ndé Sika

Vous les appréciez? Vous les aimez? Dites-le leur. Pendant qu’il est encore temps!

DSCN0204Depuis que je vis hors de mon pays, je communique avec ma famille tous les Dimanches grâce à ce formidable et merveilleux outil qu’est Skype. Ce rendez-vous est devenu un rituel presque, que j’attends et chéris. Je leur donne de mes nouvelles et prends des leurs. Donc, Dimanche dernier, ma soeur m’annonce l’arrivée d’un nouveau-né dans la famille, lequel a reçu le nom de notre défunt papa. Surprise! Enorme et double surprise! D’abord parce que le bébé est celui de notre cousine. Selon la tradition de chez-nous, cet enfant, puisqu’il est le premier né de notre cousine, devrait porter le nom de son grand père paternel. Cela se passe presque toujours comme cela, à quelques très rares exceptions près. Deuxième surprise, l’enfant est nommé par quelqu’un qui, du vivant de notre papa, n’avait jamais exprimé de l’affection pour ce dernier. Alors, pourquoi? Pourquoi? L’échange que j’ai par la suite eu avec ma soeur a éclairé le mystère. Tenez.

-Mais pourquoi notre papa? ai-je demandé à ma soeur, sincèrement surprise. Il n’est pas venu aux obsèques de papa, choisissant d’aller en voyage, alors que l’on enterrait papa à quelques dizaines de mètres de sa résidence.

-Tu n’es pas la seule personne surprise. Tout le monde l’est. Il souhaite peut-être se racheter.

-Se racheter pourquoi? Il n’était pas obligé d’assister aux obsèques de papa, tu sais.

-Pas par rapport aux obsèques.

-Quoi alors?

-Il dit que papa lui a rendu un immense service qu’il n’oubliera jamais.

-Accouche!

-Il dit que c’est grâce à notre papa qu’il a épousé la maman de notre cousine, c’est-à-dire la grand mère du nouveau-né.

Effectivement, alors que tout le monde était contre cette union, notre papa avait remué ciel et terre pour que les deux amoureux se marient, se faisant des ennemis au passage, ce qui lui importait très peu parce qu’il voulait que sa soeur, qu’il aimait beaucoup, soit heureuse surtout que cette dernière adorait son fiancé.

-J’espère qu’il le-lui a dit de son vivant, m’exclamai-je! Parce que papa n’est plus là pour voir ce geste qu’il a posé.

-Je n’en sais rien, dit ma soeur. Mais tu sais que ce n’est pas toujours facile d’exprimer ses sentiments ici chez-nous. Qu’ils soient contents ou enragés, les gens se taisent. Ce qui n’est pas correct. Il faudrait que tout cela change et que les gens apprennent à dire aux autres leurs sentiments, et surtout au moment où il le faut.

Depuis cet échange, je voudrais écrire ces quelques lignes pour partager avec vous les leçons que j’ai tirées dudit échange. Des histoires comme celle-ci, vous en connaissez certainement. Vous-même avez très certainement déjà regretté de n’avoir pas eu l’opportunité d’exprimer votre gratitude à quelqu’un qui vous a rendu service, quelqu’un qui a posé un acte qui a changé votre vie. Lorsque vous le réalisez, il est trop tard car cette personne n’est plus de ce monde.

J’adorais mon papa, qui avait ses défauts comme tout le monde, bien évidemment, mais qui, en ce qui concernait l’éducation de ses enfants, était prêt à marcher à genoux d’un bout de la ville à l’autre pour leur donner l’éducation dont ils avaient besoin. Il était un très modeste fonctionnaire mais se débrouillait, je ne sais comment, pour que ses nombreux enfants puissent aller à l’école. Emotionnellement aussi, il était présent, voyageant toujours pour venir m’assister chaque fois que j’avais un examen official à passer. La veille de l’examen, il m’accompagnait repérer ma salle d’examen ainsi que ma table et, tous les matins pendant l’examen, il m’accompagnait, s’assurant que j’ai déjeuné et fait un tour aux toilettes avant de quitter la maison. Pendant la pause, il m’apporter à manger et saisissait l’opportunité pour me demander comment se sont déroulées les épreuves. A la fin de l’examen, il me donnait toujours de l’argent pour aller au cinéma avec ma meilleure amie, pour me féliciter et célébrer la fin de l’examen.

Lorsque je me suis mariée, il a continué à être émotionnellement présent, me prodiguant des conseils pour m’aider à construire avec mon époux un mariage heureux. Je n’ai pas eu l’opportunité de lui dire merci pour ce cadeau inestimable pendant qu’il était encore là. C’était son devoir de parent de faire cela, certes, mais il aurait pu ne pas le faire, et se comporter comme plusieurs parents qui se contentent d’avoir des enfants et c’est tout.

Je ne l’ai pas fait. Et n’ai pas eu le privilège que quelqu’un attire mon attention là-dessus. J’aurais tellement aimé qu’il soit encore là pour le-lui dire… Et il est tard. Très tard maintenant. Un sentiment horrible, croyez-moi. Un sentiment qu’il faut absolument éviter. Comment? Que faut-il faire?

  • Pendant que vous le pouvez, et qu’ils sont encore là, capables de vous entendre et de comprendre ce que vous leur dites, dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez. Il existe des tas de façons de le faire. Verbalement, mais aussi par des gestes. Des actions. Mais faites quelque chose pour faire passer cet important message.
  • Dites-leur merci pour leur amour, leur soutien. Dites merci à toutes ces personnes qui sont avec vous lorsque vous riez, mais qui restent également avec vous lorsque vous pleurez. Vos parents et votre famille aussi parce qu’ils ne sont pas obligés de vous soutenir, de vous accompagner, d’être là lorsque les choses vont mal pour vous. Ils le font par amour.

Pourquoi ne pas exprimer notre gratitude a la personne qui nous a rendu service, nous a montre la voie, tenu la main, donne un conseil vital, ouvert une porte, donne un précieux contact, pourquoi ne pas le faire? Et surtout pourquoi ne pas le faire au moment où il faut le faire? Ne pas le faire c’est pas correct. Et le faire lorsque la personne n’est plus la c’est le faire pour soi-même, et pas pour le/la défunt(e). C’est comme ces médailles républicaines qu’on attribue aux gens après leur décès et qui, d’après moi, n’ont aucune valeur.

Même à ces personnes qui nous tournent le dos lorsque nous avons besoin de leur appui, nous devons également dire merci parce rien n’arrive pour rien. Dans cette vie, on ne perd jamais. Si on ne gagne pas, on apprend, on découvre. Et, croyez-moi, très souvent, le geste/l’acte de ces personnes nous pousse à regarder ailleurs, un ailleurs qui, comme l’expérience l’a souvent montré, est bien mieux pour nous.

Ton tour…

Si tu as appris quelque chose de ce qui précède, j’en suis ravie. Et si tu as un commentaire à ajouter, ou une histoire à partager avec nous pour contribuer à améliorer la vie des autres,  je serais heureuse de te lire!

Celine Clemence Magneche Nde Sika

Il n’est jamais trop tard pour réaliser un rêve

Il y a un peu plus d’un an j’ai pris un virage de plus de 190 dégré dans ma vie. Plusieurs n’ont rien compris. Mais alors rien du tout! Certains m’ont traitée de folle à lier. D’autres, d’égoïste. D’autres encore d’aventurière. En tout, cas je reste une énigme pour la plupart. Pourquoi ces réactions à ma décision de retourner à l’école au moment où, comme le disaient alors ces personnes, je pouvais simplement m’asseoir et profiter pleinement de la vie maintenant que mes enfants sont grands et ont quitté le domicile familial?

Pourquoi choisir de souffrir alors que je pouvais simplement profiter de la vie pleinement maintenant avec ce que j’ai, nous avons pu bâtir jusqu’ici?

Oui, je pouvais bien faire cela. Passer mes journées chez moi dans mon sofa, un cointreau ou un césar à la main, à regarder la télévision et les films, ou avec d’autres amies femmes d’expatriés. Ou encore voyager pour dépenser l’argent que mon mari gagne, pour reprendre les termes de certaines de ces personnes.

Je n’ai rien fait de tout cela simplement parce que, avant d’être mère et épouse, je suis une femme, c’est-à-dire un être humain avec des rêves, des ambitions, des projets personnels. Des projets que j’ai toujours voulu réaliser, mais que j’ai simplement mis au réfrigérateur en attendant le moment opportun pour les réaliser.

Et je crois que nous avons tous des rêves, plus ou moins enfouis en nous. Des rêves que certains réalisent, et que d’autres, pour une raison ou une autre, ne réalisent pas. Renoncer à ses rêves parce que l’univers a conspiré contre nous en nous mettant des bâtons dans les roues est compréhensible quoique frustrant. Meme si nous savons que cet ne nous ferait pas cela parce que, comme le dit Paulo Coelho, lorsqu’on veut vraiment quelque chose, il se met en marche et en branle pour nous aider de tous les pores de son corps à obtenir l’objet de nos désirs.

Renoncer à son rêve à cause de ses peurs, de cette PEUR qui nous tétanise, nous paralyse et nous empêche de nous mouvoir, renoncer à nos rêves parce qu’on a choisi comme standard moins que la moyenne, renoncer à ses rêves, ses projets et ses ambitions parce qu’on se contente de peu et parfois de très peu, c’est ouvrir la porte au regret éternal. Et ça, je n’en veux pas!

J’ai la chance d’avoir eu des parents qui, quoique peu instruits, ont très tôt compris l’importance de l’éducation dans la vie d’une personne, et ont fait ce qu’ils pouvaient, avec ce qu’ils avaient, souvent presque rien, pour me donner l’éducation qui a contribué à faire de moi la jeune femme que je suis aujourd’hui.

J’ai eu le bonheur de rencontrer un homme merveilleux qui m’a donné le plus beau cadeau de ma vie: son amour! Un homme qui m’aime, pour qui je suis, ce qui a changé ma vie parce que, figurez-vous, aimer c’est accepter l’autre tel qu’il/elle est. Aimer c’est comprendre. C’est respecter. C’est soutenir. C’est accompagner. C’est aider l’autre, la personne aimée, à se réaliser, à se réveler. A vivre la vie qu’il désire et qu’il mérite. Aimer c’est croire en l’autre et le lui faire savoir. C’est lui donner des ailes pour voler, voler de ses propres ailes, le plus haut possible!

Seule, je ne serai jamais devenue celle que je suis devenue aujourd’hui. Celle que je veux devenir demain. Tout au long de ma vie, j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui n’ont jamais doute de moi, et qui ont tout fait pour m’empêcher d’embrasser le doute qui souvent rôdait autour de moi. Des gens qui donné, et se sont donnés pour extraire de moi ce venin lorsqu’il réussissait tout de même à s’infiltrer en moi.

Tout au long de ma vie, mon chemin a croisé celui de personnes extraordinaires qui m’ont clairement et régulièrement fait comprendre que j’avais le droit d’être moi-même, le droit de vivre ma vie à moi, et surtout que j’avais le potentiel pour le faire. Tout en précisant qu’il fallait que je le souhaite, c’est-à-dire, que je remplisse ma part de contrat parce que, si on peut amener un âne à la rivière, on ne peut pas forcer celui-ci à boire de l’eau. Des mots qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’une sourde. Non!

Dans quelques mois j’aurai fini ma formation et pourrai alors réaliser mon rêve d’enfance. Travailler dans cette passionante industrie que j’aime tant! Aider les gens à transformer des instants de leur vie en des souvenirs merveilleux et inoubliables. Vous l’avez compris: l’hôtellerie! Contribuer à répandre la lumière et la chaleur de l’hospitalité à travers le monde pour parler comme Conrad Hilton, le fondateur de la chaâne hôtelière planétaire et luxueuse Hilton.

Nous n’avons qu’une seule vie. Nous ne devons jamais oublier cette vérité terrible et vraie! La vivre à moitié? Non! A tous ceux et toutes celles qui ont des rêves et qui doutent, je vous recommande de les embrasser et d’oeuvrer pour que ceux-ci prennent corps. Ne pas les vivre alors que nous avons les moyens de le faire, pleinement, c’est c’est regrettable, surtout si on a le soutien et l’amour de nos êtres les plus chers. Et, croyez-moi, il n y a rien de pire que le regret!

Qu’en penses-tu? As-tu des regrets pour n’avoir pas fait ce que tu voulais tant faire? Vis-tu la vie que tu as toujours aimé vivre? Es-tu entrain de réaliser tes rêves? Quelque soit ta situation, je serais heureuse que tu partages avec nous pour inspirer, motiver, stimuler les autres à prendre les rênes de leur destin.

A ton bonheur!

Aimer sa propre compagnie, une tâche difficile mais nécessaire

 

ImageLorsque je rédigeais ma thèse de doctorat, j’allais tous les jours dans un café de l’avenue Fernando el Católico à Zaragoza en Espagne. Un café que j’adorais et où je passais toute la journée, à écrire mais aussi à bavarder avec le propriétaire ainsi que les quatre employés qui étaient devenus en quelque sorte ma seconde famille. Il y avait aussi d’autres habitués  qui, pour rien au monde, ne rataient le tour au café. A ce café spécifique plus précisément. Parmi eux, il y avait Pedro, un chef d’entreprise de fabrication de fromage d’une cinquantaine d’années qui arrivait après le travail et repartait toujours à la fermeture du café. Et, lorsque celui-ci fermait, Pedro ne rentrait pas toujours directement chez lui. C’est ce que je découvris un jour où nous sortîmes ensemble du café. Au moment de nous séparer, alors que je lui souhaitais un bon retour à la maison, il s’exclama:

 -Ah non! Je ne rentre pas maintenant.

-Mais il se fait tard, m’exclamai-je.

-Si je rentre maintenant, que vais-je faire jusqu’au matin?

-Mais te reposer, dormir, voyons, fis-je.

 Je savais que Pedro était célibataire, qu’il ne s’était jamais marié, et qu’il ne le regrettait d’ailleurs pas, comme il le disait à qui voulait l’écouter. « Je tiens à ma liberté, une denrée très rare dans ce pays où, dès que tu as une petite amie, elle croit que tu es devenu sa propriété privée. Son bien. Ne parlons pas alors du mariage où tes moindres mouvements sont contrôlés par cette pas toujours douce moitié, sans compter les comptes rendus que tu dois lui donner de tout ce que tu fais »

 -Non, je dors difficilement et, lorsque cela arrive, je me mets non seulement à tourner sans cesse dans mon lit, mais surtout à penser. Et pas toujours aux bonnes choses, crois-moi. J’ai donc peur de rester seul avec moi-même.  Non, il faut que je sois entouré de monde pour éviter autant que faire se peut ce  face à face avec moi-même.

 Cette conversation que j’eue avec Pedro me fit prendre brutalement conscience d’une chose qui, jusque-là, m’avait totalement échappé : la peur de notre propre compagnie. Le face à face avec nous-mêmes, un exercice pas du tout facile parce qu’il nous force à nous regarder dans le miroir, à regarder dans notre propre intérieur, à regarder notre passé, notre présent et notre future. Pour échapper à ce terrifiant exercice, certains, comme Pedro, n’hésitent pas à sacrifier leur santé. A l’heure où ils doivent se reposer chez eux, ils errent, comme des âmes en peine, de café en café, de bar en bar. A la recherche de la compagnie des autres. D’autres rejoignent des clubs, des groupes de tout genre, allument leur radio ou leur télévision à fond dès qu’ils rentrent chez eux, et ne l’éteignent que lorsqu’ils sortent de chez eux le lendemain.

 Pourtant ce face à face avec nous mêmes n’est pas aussi mauvais. Il est même recommandé parce qu’il pourrait être le moment de nous rencontrer avec nous-mêmes, de nous trouver ou nous retrouver. Il est nécessaire pour évaluer notre passé, examiner avec soin  notre présent et nous projeter dans l’avenir. Il est important pour nous écouter enfin dans ce monde sans cesse parasité, écouter cet instinct que nous avons tous et qui est le meilleur des guides. Il est important pour se connaître, mieux se connaître, processus absolument important pour connaître les autres et mieux vivre avec eux.

 Mais, comment y arriver? Comment aimer sa propre compagnie? Je voudrais partager avec vous quelques pistes. Rien que des pistes.

  1. S’accepter tel qu’on est. Accepter que l’on est différent des autres, que l’on ne sera jamais l’autre ou les autres, et que toute tentative allant dans ce sens ne fera que ruiner notre auto-estime.
  2. Faire la paix avec soi-même, avec ces quelques kilos de plus qui font notre charme, ces rides qui nous rappellent tout ce chemin que nous avons déjà parcouru, ces cheveux gris qui nous rappellent toutes les batailles que nous avons souvent menées. Si la relation que nous entretenons avec nous-mêmes n’est pas bonne, si nous ne sommes pas à l’aise avec nous-mêmes, il nous sera difficile d’accepter et d’aimer notre propre compagnie. On voudra toujours être entouré d’autres personnes, même si ces dernières ne nous apportent aucune valeur ajoutée. Même si ces personnes  nous sont plutôt nuisibles.
  3. S’accepter tel qu’on est, faire la paix avec soi-même, c’est s’aimer. C’est aimer la personne qu’on est, avec ses qualités et ses défauts parce que nul n’est parfait. Nous sommes tous des êtres en devenir, des êtres que nous construisons tout au long de notre existence avec nos rencontres, nos lectures, notre éducation, nos voyages, nos erreurs, nos échanges et interactions avec les autres.
  4. Et aimer sa personne c’est être prêt à se passer de la compagnie des autres parce qu’on a compris enfin qu’on n’a pas besoin des autres pour être heureux ou bien dans sa peau. Parce qu’on a compris que le bonheur c’est d’abord et avant tout une affaire intérieure. C’est comprendre qu’on peut être seul et être heureux. C’est comprendre que la compagnie dont on a le plus besoin c’est la nôtre.
  5. Lors de ce rendez-vous avec soi-même, limitez le nombre de parasites –téléphone, radio, télévision, etc.- autant que faire se peut. Créez les conditions pour que cette rencontre se passe de la meilleure façon possible. Une musique tonitruante, une série à la télévision ou un téléphone qui sonne ou clignote sans cesse sont autant d’obstacles entre vous et vous-mêmes.

 Comme je l’ai dit tantôt, ce qui précède c’est tout simplement des pistes pour nous aider à embrasser qui nous sommes au lieu de fuir qui nous sommes constamment. Que pourrais-tu ajouter à cette liste pas du tout exhaustive? Et surtout, comment aimer sa propre compagnie dans un monde où la solitude est mal perçue, et où le silence est un bien de plus en plus rare? Ton point de vue est la bienvenue.

 Celine Clemence Magneche Nde Sika