Loin des siens. Loin de tout!

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Il est 4:30 mn. La nuit est déjà tombée. Et il neige. Fortement. J’ai beaucoup hésité avant de me rendre à cette boutique à la sortie du travail. Ces deux dernières semaines ont été très éprouvantes pour moi. Alors, la dernière chose dont j’avais envie de faire était de faire des courses. Mais il le fallait car, malgré toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés au quotidien, il faut continuer, n’est-ce pas?

Ne jamais jeter l’éponge.

Se relever et continuer.

Poser un pas après l’autre.

Toujours.

Vivre et surtout aider à vivre autant que faire se peut. Tendre la main à ceux et celles qui sont seuls, frustrés, découragés, déprimés, dépassés par la vie et ses multiples coups.

Aider ceux qui, comme David, se sentent seuls. Terriblement seuls. Loin de tout et de tous leurs êtres chers en ce moment si important de l’année.

David, que j’ai rencontré à l’arrêt du bus, est au Canada depuis trois ans et m’a avoué que c’est dur. Très dur. Emotionnellement. Socialement. Académiquement. Voici plus concrètement ce qu’il me dit après que nous ayons fait connaissance.

“Qu’est-ce que je fais ici, loin de ma terre, seul? Je donnerais ma vie pour retourner chez moi. Je n’ai jamais voulu venir ici. Mais, mon avis n’a pas compté. Pourtant il s’agit de ma vie. Mes parents ont décidé et je n’avais plus qu’à leur obéir. Personne ne m’a préparé à la réalité terrible que je vis depuis que je suis arrivé dans ce pays. La transition est dure et n’est pas terminée et je ne pense pas qu’elle terminera dans un avenir proche. Ou même un jour. Ce pays n’est pas pour moi, simplement.”

David est togolais, fils de parents nantis qui, comme plusieurs parents africains, veulent et font tout ce qu’ils peuvent pour que leurs enfants étudient et travaillent à l’étranger. Que ces enfants aient des rêves personnels, différents, qu’ils veuillent suivre un chemin différent de celui que leurs parents veulent tracer pour eux est simplement hors de question. Le résultat c’est des jeunes hommes et femmes incompris, déprimés, coupés du reste du monde dans lequel ils n’arrivent pas à s’intégrer, isolés de tout comme David qui, me l’a-t-il avoué, n’était pas sorti de sa chambre depuis des semaines.

Des jeunes hommes et des femmes qui, de plus en plus, commettent l’irréparable, la seule façon pour eux de se faire enfin entendre.

Pour tous ces enfants obligés de quitter leurs familles, ces enfants dont certains ont a peine 17 ans, les fêtes de fin et début d’année sont synonyme de torture atroce. Et si, en plus de souffrir de la solitude, du mal du pays et de l’absence de leur famille, ils sont obligés de gérer certaines contraintes comme celle de devoir quitter leur chambre à la résidence universitaire pendant cette période de l’année particulièrement froide, comme c’est le cas d’ailleurs ici au Canada, le fardeau devient trop lourd à porter.

De ma conversation avec David, des conversations que j’ai eues avec d’autres étudiants internationaux avec qui j’ai échangé sur leur nouvelle vie depuis que je suis au Canada, et surtout d’après ma propre expérience en tant qu’étudiante dans ce pays, je retiens quelques leçons que je voudrais partager avec vous:

  • Ecoutez vos enfants lorsqu’il s’agit de leur avenir. Certes, vous devez jouer votre rôle de parent, de guide, mais essayez de ne pas vouloir vivre à travers vos enfants parce que vos enfants ne sont pas votre prolongement. Ce sont des êtres à part entière, différents de vous. N’essayez pas de vivre ce rêve que vous n’avez pas pu réaliser à travers eux.
  • Revoyez vos attentes envers vos enfants. C’est OK de ne pas avoir les meilleurs notes au Collège ou à l’Université. C’est tout aussi OK de se tromper de filière parce que nous sommes tous des humains, donc imparfaits, et de changer, même après quelques années d’études. Et surtout ne considérez pas ces années comme perdues. Non!
  • Vos enfants auront certainement et énormément appris pendant cette période de tâtonnement, apprentissage qui leur permettra de mieux affronter la vie demain car à côté de la vie académique, il y a la vie. La réalité qui exige que l’on ait des compétences pas toujours académiques.
  • C’est normal et même nécessaire d’aider vos enfants à changer de cap lorsqu’ils se sont trompés de filière/programme. Imaginez un tout petit peu leur détresse. Dans le cas de David, non seulement il n’avait jamais voulu venir au Canada, mais il a dû étudier ce qu’il n’aimait pas, parce que ses parents en avaient décidé ainsi. Par respect pour ces derniers, il a continué, malgré lui, s’est accroché, pour leur faire plaisir.

Pour ne pas les décevoir.

Mais plusieurs abandonnent, en secret, et n’osent pas en informer leurs parents qui, en Afrique, croient que les choses vont bien pour leurs enfants, jusqu’au jour où ils découvrent le pot aux roses. Parce que les enfants, redoutant la réaction de leurs parents, n’osent pas s’ouvrir.

  • Créez les conditions pour que vos enfants puissent vous parler et se confier à vous sans aucune crainte de représailles. C’est seulement dans ces conditions que certains drames peuvent être évités et que vous pouvez réellement les aider lorsqu’ils ont besoin de vous.
  • Les mauvaises notes ne signifient pas la fin du monde. On peut avoir des mauvaises notes et réussir dans la vie. Plusieurs personnes prospères aujourd’hui n’ont jamais terminé le secondaire et étaient médiocres à l’école. Mais cela ne les a pas empêché d’être au sommet aujourd’hui, chefs d’entreprises prospères qui emploient ceux et celles-là qui étaient brillants en classe! Regardez autour de vous et vous verrez de quoi je parle.
  • Il n y a pas que la vie académique: vos enfants sont d’abord des êtres humains qui ont besoin de vivre une vie sociale et affective, et qui ont surtout besoin d’aide, de votre aide pour réussir ici aussi. Ils sont traumatisés, ont le mal du pays et sont en manque de leurs familles, ce qui peut sérieusement affecter leur santé mentale et les pousser à commettre l’irréparable. Le changement qu’ils vivent est drastique pour qu’on le prenne à la légère.

Le secondaire est un environnement structuré où les enfants sont encadrés et bénéficient d’appui et d’orientation constants. Les enseignants tiennent à ce que vous réussissez et s’y investissent. Lorsque vos notes sont mauvaises, ils cherchent à savoir pourquoi, en discutent avec vous et avec vos parents, suggèrent des stratégies pour vous aider à vous rattraper, etc. Ils sont vos enseignants mais aussi vos tuteurs et mentors en quelque sorte. Au Collège et à l’Université, c’est tout le contraire. Personne ne veille sur vous.

Personne ne vous demande des comptes ou encore vous rappelle ce que vous devez faire.

Personne ne vous demande si vous avez fait vos devoirs, etc.

Je me rappelle que nous réveillions nos enfants tous les matins à 7 heures lorsqu’ils étaient encore avec nous, veillions à ce qu’ils ne s’attardent pas trop, à ce qu’ils n’aillent pas à l’école sans avoir fait leur toilette ou encore en pyjama comme certains enfants le font ici. Nous veillions à ce qu’ils aillent à l’école et ne manquent aucun cours. A l’Université, personne d’autre ne fera tout cela. Dans ce nouvel environnement, on s’en fout et les enfants peuvent très rapidement et facilement perdre pied.

  • Préparez sérieusement vos enfants à réussir cette importante transition dans leur vie, et surtout réussir leur nouvelle vie.

“Personne ne m’avait dit que je dois changer de manière d’étudier. Je croyais que tout irait bien avec la stratégie que j’ai toujours utilisée au secondaire pour étudier, laquelle a toujours marché et m’a permis de réussir à mes examens,” nous a dit notre fils lorsqu’il s’est confronté à la réalité du monde universitaire.

Ces enfants commencent une nouvelle vie dans une nouvelle structure scolaire et un nouveau contexte et doivent aussi gérer leur nouvelle vie loin de leurs parents pour la première fois. Une nouvelle vie où ils doivent s’occuper de tout, faire leurs courses, établir et gérer un budget, préparer leurs repas, prendre soin de leur maison/chambre, faire leurs lits, leur lessive, la vaisselle, payer leurs factures à temps, naviguer leur nouvel environnement, en plus de répondre aux multiples attentes et exigences académiques.

Tout ceci peut se révéler trop lourd à porter surtout si ces enfants n’ont pas appris à se prendre en charge tôt. Nous, parents, oublions souvent cet important aspect de la vie et échouons à cultiver en nos enfants ces importantes aptitudes nécessaires pour vivre une vie réussie.

David n’a pas encore abandonné. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David n’a pas encore sombré dans l’alcool ou la drogue pour tenter de noyer ses soucis. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David vit encore seul, et refuse de se mettre en couple juste pour avoir quelqu’un qui va lui préparer à manger, faire sa lessive, sa vaisselle, faire ces courses qu’il abhorre, et bien d’autres choses que ses parents faisaient pour lui au pays. Mais, combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait? Juste pour s’en sortir. Mais, en couple, c’est dur aussi. ça, c’est un autre débat que j’aborderai plus tard.

Que la gratitude soit avec vous!

Céline Magnéché Ndé Sika

 

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Nos enfants ont des devoirs, nous aussi

ImageL’une des questions qui revient presque toujours lors des réunions de parents d’élèves c’est comment aider efficacement nos enfants à faire leurs devoirs. Faut-il les laisser se débrouiller tous seuls ? Faire leurs devoirs avec eux ? Les faire à leur place ? Les orienter ? Les stimuler? Les aider à accoucher comme le font les sages femmes ? Que faut-il faire et surtout comment procéder pour aider l’enfant à faire ses devoirs mais surtout apprendre dans le processus?

Il n’y a pas d’approche standard. Pas de solutions passe-partout pour relever cet immense défi auquel sont confrontés tant de parents, éducateurs ou tuteurs à l’heure des devoirs, parce que chaque enfant est unique, et les styles d’apprentissage aussi différents que les personnalités de ces enfants. Il y a des enfants qui sont parfaitement capables de travailler tous seuls, sans l’aide rapprochée d’un superviseur.

D’autres, par contre, ont besoin d’un coaching beaucoup plus rapproché. Mais, attention, coacher ne veut pas dire prendre le volant, s’installer à la place du conducteur. Coacher c’est, à mon sens, accompagner, faciliter le processus, aider l’autre à trouver lui-même les réponses à ses questionnements.

Que faire concrètement ? Comment éviter que l’heure des devoirs ne se transforme en  moments d’angoisse, d’hystérie, et réussir à faire en sorte qu’elle devienne plutôt un moment d’échange, et surtout d’apprentissage ? Comment ne pas « tuer l’enfant » en voulant l’aider ?

Je propose d’essayer ceci :

  • faisons d’abord nos propres devoirs pour que nos enfants puissent efficacement faire les -leurs. C’est-à-dire, achetons et offrons-leur les outils dont ils ont besoin pour travailler. On ne peut pas attendre qu’un cultivateur cultive la terre s’il n’a pas d’outils, s’il n’a pas d’outils appropriés.
  • créons un environnement favorable au travail et aux études, un environnement chaleureux, accueillant, où nos enfants vont se sentir à l’aise et où ils auront envie de travailler. Une salle ou un coin tranquille, bien éclairé, joliment décoré, débarrassé de parasites (musique, télévision, téléphone, etc.), avec une bonne table et une bonne chaise, et  les outils dont l’enfant a besoin disponibles et à portée de la main. Sans oublier de l’eau à boire.
  • montrons-leur que nous avons confiance en eux et laissons-les faire eux-mêmes leurs devoirs, même si nous mourrons d’envie de le faire à leur place.
  • posons-leur plutôt des questions pertinentes, des bonnes questions, qui vont les orienter, les guider dans la recherche des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent, au lieu de leur donner des réponses toutes faites. Et laissons-les répondre. Donnons-leur le temps de répondre.  Soyons patients. Tout mâcher pour l’enfant, faire quelque chose que l’enfant peut faire seul ou avec une petite orientation sous prétexte de vouloir l’aider, ou encore parce que l’on croit l’aimer, c’est  la meilleure façon de tuer le sens de responsabilité chez l’enfant,  ainsi que sa créativité et la pensée critique en lui.
  • soyons présents, mais pas envahissants.
  • n’ayons pas peur d’avouer à nos enfants que nous ne sommes pas experts en tout. Ceci humanise et surtout aide nos enfants à savoir que tous les êtres humains ont des limites. Et, si jamais  une chose nous échappe, rions-en et surtout saisissons cette opportunité pour nous lancer, avec nos enfants, dans la quête de cette solution qui nous a échappés. Ceci ne fera que nous rapprocher davantage.
  • félicitons-les pour les efforts qu’ils ont fournis pour faire leurs devoirs, et pas uniquement pour les résultats atteints et,  même si ces résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes ou de leurs attentes, félicitons-les toujours pour les efforts fournis parce que c’est ce qui compte en fin de compte
  •  ne nous en voulons pas si nous n’avons pas les ressources intellectuelles nécessaires pour les aider dans cet exercice : notre présence, notre disponibilité, la confiance que nous avons en nos enfants (et montrons-leur que cette confiance est réelle) et toutes les autres ressources que nous mettons à leur disposition seront fortement appréciées et surtout utiles.

Chaque jour apporte son lot de défis dans le domaine de l’éducation de nos enfants, comme dans la vie simplement. Des défis aussi difficiles qu’immenses. Mais, la bonne nouvelle c’est que, avec des outils appropriés, nous pouvons les relever et pouvoir ainsi vivre la vie que nous souhaitons et méritons. C’est pourquoi nous t’invitons à partager ici, avec nous, tes tips et trucs pour aider les parents et éducateurs à mieux aider, à aider efficacement leurs enfants au moment de faire leurs devoirs scolaires.

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A ton bonheur,

Céline Magnéché Ndé Sika

Nous sommes tous responsables

Il y a quelques semaines une étudiante indienne a été sauvagement violée et battue dans un bus en Inde, puis jetée dehors. Sous les yeux de son petit ami, malmené lui aussi, sans que personne ne leur vienne en aide. Les violeurs ont ensuite continué tranquillement leur chemin, comme si rien ne s’était passé, prêts à continuer à vivre leur vie, normalement, comme si rien ne s’était passé. Plus tard, l’étudiante est décédée des suites de cette agression.

Depuis ce triste et regrettable incident qui a poussé dans la rue des millions d’hommes et de femmes en Inde -mais aussi dans le monde entier- horrifiés et surtout révoltés par cette violence permanente contre les femmes qui n’arrête pas et ne semble pas s’arrêter, je me pose des questions. Sur les méthodes d’enseignement utilisées dans les écoles pour éduquer nos enfants, ainsi que le système de parenté que nous-mêmes, parents, utilisons à la maison pour aider nos enfants à devenir des hommes et des femmes épanouis, équilibrés, dotés d’aptitudes dont ils ont besoin pour répondre aux exigences de la vie quotidienne. L’école apprend à nos enfants « à lier le bois au bois pour faire des édifices de bois » comme le dit Cheikh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe. Mais comment est-ce qu’elle s’y prend ? Ces hommes et ces femmes qui sont chargés de transmettre ce savoir à nos enfants, ont-ils toujours les outils nécessaires pour créer les conditions et l’environnement nécessaires à un meilleur apprentissage de nos enfants ? Ces enseignants qui mettent leur enseignement et l’atteinte de leurs objectifs éducatifs au-dessus de tout, et sont prêts à insulter, humilier, brimer et marginaliser les enfants qui tardent à comprendre, sont lents à réagir, ou simplement ont des besoins différents de ceux de leurs camarades, sont-ils seulement conscients des dégâts qu’ils causent chez ces enfants et des conséquences qui peuvent découler de ce mauvais traitement ?

Humilier un enfant parce qu’il n’y arrive pas ou tarde à y arriver, lui prédire un avenir médiocre parce qu’il n’a pas obtenu 20/20 en mathématiques, ignorer ses efforts pour ne pas être laissé derrière et le comparer sans cesse avec ses camarades qui font mieux c’est non seulement tuer toute motivation pour l’apprentissage chez cet enfant, mais semer les graines du ressentiment, lequel peut plus tard créer des monstres comme ceux qui tuent froidement ou violent sans états d’âme.

La plupart des systèmes éducatifs mettent l’accent sur l’atteinte des résultats académiques, et ignorent le développement personnel des apprenants. L’aspect humain des apprenants parce que ces derniers, avant d’êtres des apprenants, sont des êtres humains avec des émotions et des besoins autres qu’éducatifs, lesquels devraient être également pris en compte dans tout processus éducatif. L’école ne s’en occupe pas, ou alors très rarement, parce qu’elle n’a pas pris conscience de cet important besoin, ou alors parce qu’elle en a pris conscience mais n’a pas pris les mesure nécessaires pour que ce besoin soit satisfait.

Dans les familles les choses ne sont pas meilleures. Les enfants sont jetés dans l’arène de la vie sans avoir été dotés d’outils dont ils besoin pour répondre avec succès aux exigences de notre temps, de la vie en société, société à laquelle nous tous appartenons et avons le droit d’y vivre, en paix, sans crainte. Comment respecter l’autre si personne ne nous a jamais instruit sur cette question ? Si nous avons toujours vu autour de nous des actes qui sont tout sauf le respect de l’autre ?

Comment résister à l’envie de nous jeter sur l’autre pour lui prendre de force quelque chose si, autour de nous, et tout au long de notre existence, nous avons vu les autres faire la même chose sans être inquiétés ?

Comment traiter notre épouse comme un être humain qui a des droits et mérite du respect si tout au long de notre vie nous avons vu notre papa malmener notre maman, la brutaliser, lui manquer constamment du respect ?

Condamnons l’acte commis par ces hommes parce que c’est inacceptable et intolérable dans une société qui se veut démocratique, et en ce siècle où le respect de la personne humaine, la valeur suprême, ainsi que ses droits, est presque unanimement accepté par tous. Mais surtout interrogeons-nous sur le pourquoi. Où est-ce que nous, en tant que société, parents, éducateurs, gouvernements, avons failli. Le fait qu’il y ait cette extraordinaire violence en général et contre les femmes en particulier, partout, toujours, est un signe que quelque part quelque chose ne marche pas.

L’etudiante violée et décédée des suites de ses blessures ne doit pas être morte pour rien. Son décès nous rappelle que ce monde n’est toujours pas un lieu sûr pour les femmes malgré les engagements pris par les uns et les autres pour promouvoir et appliquer les droits de la femme. Il nous rappelle la déliquescence d’un état qui n’a pas su assurer la protection et la sécurité des citoyens en affirmant et en faisant respecter son autorité. Il nous rappelle que la société encourage, par son silence qui est une forme de complicité, certaines pratiques inadmissibles. Il nous rappelle que la famille ne joue pas toujours son rôle d’orientation et d’encadrement en ce qui concerne l’éducation à la vie de ses membres. Il nous rappelle enfin qu’aux programmes d’enseignement il manque un élément qui doit préparer à la vie.

Son décès mais surtout son courage et sa résistance doivent nous inspirer et surtout nous motiver à exiger et nous battre pour que la violence contre les femmes cesse. Cependant, notre réponse à cet acte barbare doit être holistique. Nous devons continuer à enseigner à nos filles le respect de soi. Nous devons continuer à leur donner des outils pour se défendre contre cette violence et contribuer à ce qu’elle cesse. Mais en même temps, nous devons également éduquer nos garçons, nos hommes. Education aux droits humains et droits de la personne. Education à la vie. Nous devons les aider à acquérir ces compétences dont ils ont besoin pour vivre en harmonie et en paix avec les autres membres de la société, aider à vivre et laisser vivre. Sans oublier d’exiger que les autres parties prenantes (écoles et gouvernements) mettent résolument et activement leurs mains à la pâte pour contribuer à construire une société où chacun a sa place, une société où personne n’est menacé pour quelque raison que ce soit, et surtout pas à cause de son sexe.

Il faut agir. A partir de l’endroit ou nous nous trouvons. Avec les moyens dont nous disposons. En bloguant. En écrivant. En sensibilisant les décideurs et les responsables d’écoles. En créant des groupes de réflexion et de lobbying sur cette question. Il y a plusieurs façons d’agir pour contribuer à mettre un terme à la violence contre les femmes. En connais-tu d’autres ? N’hésite pas à les partager avec nous, ici.

Céline SIKA

Quelle éducation financière donnons-nous à nos enfants ?

Il y a quelques jours j’ai appris avec stupéfaction que le fils d’un de mes amies avait cessé d’aller à l’école depuis bientôt deux ans non pas parce qu’il avait été suspendu ou expulsé de son programme académique, mais parce qu’il n’avait pas payé ses frais de scolarité. A ma stupéfaction s’est ajoutée l’horreur et l’angoisse lorsque  j’ai appris par la suite que non seulement il n’allait plus à l’école, mais était recherché par la police -pour escroquerie et violence contre sa petite amie qu’il avait frappée parce que cette dernière avait refusé de lui servir de domestique-, par le fisc -parce qu’il avait des factures astronomiques non payées-, par son bailleur et des amis pour loyer et dettes non payées.

Que s’est-il passé pour que ce gaillard de 22 ans sur qui toute sa famille avait tout misé se retrouve dans une situation qui a tout l’air d’être sans issue ? Eh bien, au lieu de payer effectivement ses frais de scolarité que les parents lui envoyaient tous les semestres sans faute malgré leurs ressources assez limitées, notre ami s’achetait les derniers gadgets électroniques et  s’habillait avec les marques vestimentaires à la mode.

Cette histoire triste qui met en évidence une des erreurs majuscules que nous, parents, commettons à l’égard de nos enfants est hélas très commune, que nous vivions dans la même maison, la même  ville, la même province, le même pays que nos enfants, ou que ces derniers se retrouvent hors du pays, étudiants sous d’autres cieux. On n’en parle pas parce qu’on a honte -du qu’en dira-t-on, pour avoir omis, négligé ou simplement pour n’avoir pas su aider nos enfants à construire des rapports sains avec l’argent-. On n’en parle pas  par insouciance, par ignorance, parce que l’on pense que cela n’arrive qu’aux enfants des autres. Pourtant le sujet est plus que grave et requiert que l’on y accorde toute l’importance qu’il mérite pour limiter les dégâts aussi bien chez nos enfants qui se retrouvent dans de sales draps, que chez-nous-mêmes car vous conviendrez avec moi qu’il n’est pas donné à tout le monde de rester intacte lorsqu’on apprend une chose pareille au sujet de ses enfants.

Je connais des parents qui ne sont plus mentalement équilibrés parce qu’ils ont donné et se sont donnés pour que leurs enfants se retrouvent à la fin … dans la rue, à mendier presque pour survivre, lorsqu’ils ne se retrouvent pas derrière les barreaux pour des histoires plus ou moins semblables.

L’éducation que nos enfants reçoivent devrait être holistique, c’est-à-dire qu’elle devrait leur permettre d’acquérir les outils dont ils ont besoin pour trouver des réponses adéquates à toutes les équations de plus en plus complexes de la vie moderne, et pas seulement leur permettre de « lier le bois au bois pour faire des édifices de bois » comme dit l’écrivain sénégalais Cheickh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe. Comment préparer un budget et le respecter,  faire mon lit, faire ma lessive, ma vaisselle, repasser mes vêtements, préparer à manger, faire mes courses, surmonter un chagrin d’amour ou le décès d’un être cher, gérer efficacement mon temps, trouver mon université, m’y inscrire et y survivre, épargner, investir, m’occuper de moi-même, et j’en passe. Si plusieurs d’entre nous avons appris ces choses sur le tas, souvent douloureusement, en commettant des erreurs que certains paient et paieront jusqu’à la fin de leur vie et même après (des enfants sont souvent obligés de payer les dettes de leurs défunts parents), parce que ces questions pourtant vitales n’avaient pas l’attention qu’elles méritent, nous devons, en tant que parents, amis, voisins, mentors, parrains ou marraines, et compte tenu des enjeux que ces questions revêtent aujourd’hui, veillez à ce que nos enfants soient armés d’outils dont ils ont besoin pour exercer avec succès et sans trop de dégâts le difficile métier de l’Homme dans un monde de plus en plus complexe.

Intendance, responsabilité financière, gestion efficace et consciente de son argent, son temps, ses émotions et ses relations, épargne, investissement, planification financière, budget, tout ceci et bien plus s’apprend, car l’école ne fait pas et ne peut pas  tout faire. Mais comment s’y prendre ?

  1. En leur parlant de la vie réelle, dans tous ses états, avec ses hauts et ses bas, dès qu’ils sont en âge de comprendre
  2. En les impliquant activement dans les activités de la vie réelle, dès qu’ils sont en âge de comprendre : budgets, achats, responsabilités fiscales à la maison, paiement des factures, établissement des listes des achats, travaux domestiques
  3. Fixez des buts à atteindre et récompensez-les s’ils les atteignent (s’ils épargnent un montant d’argent par mois, trimestre, an, vous leur verser un certain pourcentage de l’argent épargné)
  4. En leur apprenant à apprécier à sa juste valeur ce qu’ils reçoivent (de vous ou d’autres personnes) et en ne leur offrant des cadeaux que lorsqu’ils les méritent
  5.  Rien ne devrait être tabou entre vos enfants et vous-mêmes, même pas l’argent.

Il existe de nombreuses ressources aujourd’hui : littérature, sites web, groupes thématiques et d’entraide, pour vous aider à mieux vous préparer et accompagner vos enfants dans ce processus d’apprentissage vital. Si avec ceci vous ne savez toujours pas comment vous y prendre, vous pouvez aussi faire appel aux nombreux spécialistes qui ne demandent qu’à vous servir. Nous ne pouvons plus perdre une seule minute car les conséquences de cette éducation manquée sont lourdes, à court, moyen et long terme.

Si tu as aimé, et surtout si tu as trouvé ce papier utile, partage-le autour de toi car il pourrait aussi servir à d’autres personnes. Si tu as des tips et des trucs pour éduquer financièrement et émotionnellement nos enfants, et aussi les aider à assurer l’intendance, je serais heureuse que tu les partages avec moi, avec nous sur cette page car lorsqu’on sait, on partage.

Bien à toi !

Céline SIKA

Aucun enfant ne doit rester derrière

ImageIl y a quelques jours j’ai assisté, impuissante, à une scène qui m’a ouvert les yeux sur une réalité trop souvent invisible mais bien réelle: celle de ces enfants qui, à cause d’un handicap, ne peuvent pas faire des choses aussi simples pour ceux qui en sont épargnés comme, par exemple, monter des escaliers, se tenir debout, ou tranquille pendant un temps, marcher, prendre un autobus, s’habiller, manger, faire ses devoirs ou s’orienter tout seul.

L’enfant, qui a des difficultés à suivre les cours au même rythme que ses camarades à cause de son handicap, et qui a besoin de l’aide d’une assistante pour l’accompagner en classe, pleurait à chaudes larmes et suppliait sa maman de l’aider. Malgré les efforts de cette dernière, cet enfant n’avait pu obtenir de l’administration de son école que quelques heures d’aide d’une spécialiste, alors qu’il avait besoin que celle-ci l’accompagne tous les cinq jours de la semaine et ce, pendant les heures de cours.

Plusieurs enfants vivent cette réalité avec douleur et frustration, et finissent par abandonner l’école pas parce qu’ils ne sont pas intelligents, mais parce que les conditions n’ont pas été réunies pour qu’ils poursuivent leurs études et réalisent leurs rêves. Ce qui n’est pas normal parce que aucun enfant ne devrait rester derrière en matière d’éducation pour quelque raison que ce soit. En effet, l’éducation est un droit humain et aucun enfant ne devrait en être privé.

Sommes-nous conscients de ce droit?

Les gouvernements et les responsables des écoles où nous envoyons nos enfants le sont-ils?

Que faisons-nous pour que ce droit soit respecté?

Que faisons-nous pour que les écoles soient dotées de structures et de personnel formé, en bon nombre, et capable d’accompagner nos enfants dans leur processus d’apprentissage, à tout moment?

Bien de choses sont entrain d’être faites pour qu’aucun enfant ne soit exclu du système scolaire, ce qui est louable. Mais beaucoup reste à faire et chacun de nous, à son niveau, doit aider à corriger cette situation pour permettre à nos enfants, tous nos enfants, de se déveloper, se former et réaliser leurs rêves.

Comment?

En attirant l’attention des différentes parties prenantes –gouvernements, mairies, écoles, parents- sur cette réalité douloureuse et en exigeant que plus de mesures soient prises pour créer un environnement propice à l’éducation de tous nos enfants indépendament de leur condition physique. En effet, être handicapé ne veut pas dire être un incapable. La preuve? Tous ces athlètes qui battent des records incroyables et même irréalisables pour des personnes physiquement aptes comme vous et moi. Ils ont un potentiel, savent utiliser ce potentiel, tout ce potentiel quoique celui-ci soit réduit, lorsque toutes les conditions sont réunies.

Je suis convaincue que chaque enfant naît avec des talents qui ne demandent qu’à être identifiés et exploités. Par ailleurs, chacun est né pour accomplir une mission et nous devons créer des conditions pour que ceci soit fait. Ne pas le faire c’est faillir et surtout assassiner des Mozarts, ce dont nous n’avons vraiment pas besoin.

Y a-t-il un enfant autour de toi qui pourrait souffrir de cette situation? Qu’est-ce que tu fais pour aider à corriger cette situation? Que fait-on autour de toi pour corriger cette situation?  C’est pas grave si tu n’y prêtais pas attention jusqu’ici. Maintenant tu le sais et surtout tu peux faire beaucoup pour améliorer la situation de ces enfants. Je serai heureuse de lire à ce sujet.

Si tu as aimé, et surtout si tu as trouvé cet article utile, fais-moi plaisir: partage-le autour de toi pour qu’ensemble nous continuons à améliorer notre vie et celle des nôtres.

Celine SIKA

La rentrée scolaire est là, et déjà des devoirs!

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La majorité des enfants est effectivement déjà retournée en classe à ce jour. Et cela va continuer tout le long de ce mois de Septembre. Ont-ils bien démarré cette rentrée scolaire? Ont-ils encore la tête aux vacances? De toutes les façons, les enfants ont déjà commencé à ramener des devoirs à la maison. Et ils doivent non seulement les faire et les ramener à leurs enseignants à temps, mais avoir de bonnes notes. C’est l’idéal, ce que tout le monde souhaite. Mais, quelles mesures avons-nous prises pour aider nos enfants à faire leurs devoirs dès le premier jour de classe, et de toujours faire leurs devoirs, délibérement, tous les jours, à la même heure, soigneusement, et surtout sans que nous ayons à recourir au fouet, à la menace, à la corruption ou au chantage?

Voici une  habitude que nous, parents, devons mettre un point d’honneur à faire acquerir à nos enfants. Dès le premier jour de la rentrée, nous devons veiller à ce que notre enfant fasse son ou ses devoirs, et continuer jusqu’à ce que ceci devienne une habitude pour lui, quelque soit notre degré de fatigue, que nous soyons à la maison ou en mission, que nous sachions lire, écrire ou pas. Il s’agit pour nous de contribuer à former des hommes et des femmes responsables qui font ce qu’ils ont à faire, quand ils doivent le faire, comme ils doivent le faire, et sans qu’on ne les y oblige ou encore sans demander qu’on les corrompe pour qu’ils le fassent. Et surtout aussi de considérer le fait d’avoir fait ses devoirs comme un “achievement” personnel d’abord.

Nous pouvons atteindre cet objectif. Pour y parvenir, voici quelques idées que vous pouvez mettre en pratique avec succès:

1. Créez dans votre maison un espace où votre enfant peut travailler  tranquillement, à l’aise, et où il peut trouver tout ce dont il a besoin pour étudier ou faire ses devoirs. Si l’enfant a une chambre, veillez à ce que celle-ci soit aménagée en tenant compte de cette question. Si votre enfant n’a pas de chambre à lui tout seul, trouvez un coin dans votre maison et aménagez-le pour lui permettre de travailler à l’aise.

Si vous n’avez pas d’électricité chez vous, achetez des lampes à pétrole ou à gaz, donnez-lui une ou deux pour ses études et veillez à ce que celles-ci aient leur provision quotidienne de pétrole ou de gaz.

2. Veillez à ce que l’endroit soit calme et ait une bonne luminosité.

3. Fixer à la maison une heure précise à laquelle vos enfants doivent faire leurs devoirs tous les jours ou étudier, et l’idéal serait que toute la famille à la maison “étudie” à cette heure-là.

Ceci est très encourageant pour les enfants, et pourrait vous permettre de faire d’une pierre deux coups: le suivi du travail de votre enfant et lui montrer de façon très concrète que vous vous intéressez à ce qu’il fait à l’école. Peu importe si vous n’y comprenez pas grand chose: le simple fait de lui demander et de regarder ce qu’il fait suffit dans une grande mesure à le motiver à donner le meilleur de lui-même.

4. Et, pour que ce suivi soit plus efficace, faites l’effort de lire les instructions et autres commentaires des enseignants de votre enfant. Ils en mettent toujours dans les cahiers de leurs élèves et c’est votre devoir de les lire afin de mieux comprendre ce que votre enfant doit faire et comment vous pouvez l’aider. N’hésitez pas à rencontrer ses enseignants pour connaître le style d’apprentissage de votre enfant: apprend il mieux lorsqu’il voit les choses, les entend, les touche, dans un livre, à travers Internet, seul ou avec quelqu’un? A-t-il besoin d’un suivi très rapproché ou alors tout simplement de supervision et d’instructions de temps à autre?

Une fois que vous avez découvert le style d’apprentissage de votre enfant, respectez-le. Et surtout aidez votre enfant mais ne faites pas le travail à sa place, et acceptez qu’il fasse les choses à sa manière ou à la manière de son enseignant ou de quelqu’un d’autre.

5. Echangez avec votre enfant pour savoir s’ils sait ce qu’on lui demande de faire dans ses devoirs, et n’hésitez pas à en parler avec ses enseignants lorsque vous vous rendez compte qu’il y a des problèmes à ce niveau. Vous n’avez pas d’excuses pour ne pas le faire: une rencontre brève, un coup de fil ou un message email peut permettre de clarifier les choses.

Une fois ceci fait, établissez avec votre enfant et son enseignant un plan d’action pour régler le problème et faites ensuite tous les trois le suivi pour vous assurer que ce plan est suivi et implémenté si vous tenez à ce que le problème soit réglé durablement.

Rien n’est plus important pour vous que votre enfant et sa réussite scolaire, son éducation. Faites-le lui savoir. Et la meilleure façon de le faire c’est d’être là lorsqu’il a besoin de vous pour l’aider non seulement à faire ses devoirs, à bien faire ses devoirs, mais aussi acquérir les habiletés dont il aura besoin demain pour s’ensortir dans un monde de plus en plus compliqué et compétitif.

Et dites-lui, s’il commet des erreurs, que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage. Dites-lui que, au lieu de la redouter, mieux vaut l’embrasser lorsqu’on en commet une car elle nous permettra de savoir que la route/stratégie que nous avons prise n’est pas la bonne, et qu’il y en a de bien plus meilleures. L’erreur aide et nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes. Et, si possible, parlez-lui de vos erreurs a vous, de ce que vous en avez appris, ou de celles des personnes qui vous sont proches.

Voilà, chers lecteurs, quelques tips et trucs qui, appliqués, aideront vos enfants non seulement à mieux faire leurs devoirs, mais feront de ces derniers non plus une corvée pour vos enfants mais un moment attendu et apprécié pendant lequel votre enfant et vous-même interagissez,  apprenez et partagez beaucoup plus qu’un devoir.

Je n’ai pas la prétention d’avoir tout dit en ce qui concerne les tips et trucs pour aider vos enfants à mieux faire leurs devoirs, à temps, sans bouder, et à apprendre par la même occasion des habiletés pour mieux faire demain le métier de l’Homme. Vous en connaissez très certainement d’autres. Nous serons heureux que vous les partagiez avec nous ici car lorsqu’on sait, on partage, on enseigne.

Céline SIKA