Des mots pour construire, transformer, guérir

Message de tout enseignant a ses eleves
La rentrée scolaire dans plusieurs pays c’est le mois prochain. Les parents transpirent pour préparer leurs enfants et leur fournir tout ce dont ces derniers ont besoin pour commencer l’école, y rester et, surtout, réussir.
 
Les enseignants aussi se préparent pour accomplir ce noble métier que certains farfelus et ignorants tentent de discréditer. Pourtant, les enseignants sont les architectes de la société de demain et nous leur devons tout le respect du monde, et ne devons jamais reculer devant l’opportunité de hausser notre voix pour demander que leurs droits soient respectés et leurs conditions de travail améliorées. J’ai été enseignante moi-même et sais de quoi je parle. J’ai travaillé dans une université au Cameroun pendant deux ans et ai perçu, comme salaire, en tout et pour tout, pendant ces deux années… 250.000 FCFA ! Moins de 500 Euros. Oui, vous avez bien entendu!
 
Je vivais à  Bamenda -80 kms de mon lieu de travail- et devait m’y rendre en semaine pour travailler. Et retournais chez mois pour le weekend. Et je devais produire des résultats, de très bons résultats, même si j’étais traitée comme… cela! Les employeurs sont formidables!
 
J’ai fait mon travail, avec passion, en coachant, accompagnant et conseillant mes élèves en même temps, lesquels avaient besoin d’aide pour surmonter les difficultés de tout ordre -pauvreté, harcèlement sexuel, etc.- qu’ils rencontraient, et pour leur transmettre un message, important, que je transmets toujours à  tous ceux et toutes celles qui veulent bien m’écouter:
 
Vous pouvez vous ensortir si vous pensez que vous pouvez vous ensortir. Vous devez absolument convaincre une seule et unique personne que vous pouvez vous ensortir: VOUS! Vos circonstances ne doivent pas vous définir. Ne laissez pas vos circonstances vous définir et dicter, déterminer votre avenir.
 
Ce que je voudrais dire aux enseignants, à  mes collègues, ce matin, c’est que vous devez continuer à  contribuer à  former les hommes et les femmes qui construiront notre société de demain, et nous délivreront des griffes des monstres qui nous ont pris en otage et s’obstinent à  nous faire croire que nous ne méritons pas mieux que cette merde dans laquelle ils nous ont installés et se plaisent à  nous y maintenir. Les obstacles ne devraient pas vous décourager. La satisfaction d’avoir contribue à  former des architectes, médecins, enseignants, agriculteurs, ingénieurs, et autres personnes dont notre société a besoin n’a pas de prix et est, à  mon avis, la meilleure récompense. 
 
Vous avez le devoir d’aider nos enfants à  penser -pas de leur dire ce qu’ils doivent penser-, à  questionner, à  comparer, à  innover et surtout, leur dire qu’ils peuvent contribuer à changer le monde. Qu’ils doivent contribuer à  changer le monde si celui-ci ne correspond pas à ce qu’ils veulent voir autour d’eux. Pour réussir cela, vous devez leur dire ce que le tableau ci-dessus dit. Tous les jours! 
Pour la construction d’un monde meilleur, nous avons besoin de vous!
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Personne n’est venu sur cette terre pour trimer!

Travailleuse journaliere

Il y a  un phénomène qui ne cesse de me troubler.

Les travailleurs journaliers.

Hommes et femmes. Tous les matins dès l’aube, ils envahissent les carrefours ou les chantiers de construction avec l’espoir que quelqu’un les recrute pour cette journée. Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse un  soleil d’enfer comme c’est le cas depuis quelque temps maintenant, une des conséquences des changements climatiques, ils et elles sont là. Assis à même le sol ou sur des morceaux de pierre ou des bouts de planche. C’est ainsi. Tous les jours. Ils n’espèrent pas plus que cela. La journée. Chaque fois que je les vois, je déprime, et surtout je me demande: lorsqu’ils n’ont pas de boulot, où vont-ils? Que font-ils? Comment nourrissent-ils leurs familles et couvrent-ils leurs autres besoins?

Leur principale préoccupation c’est de manger ce jour-là. Ils vivent au jour le jour. Ont-ils des rêves? Rêvent-ils de posséder un jour un de ces buildings qu’ils aident à construire? Rêvent-ils de voir leurs enfants étudier dans ces écoles internationales comme les enfants du patron du chantier? Ils en rêvent j’en suis sûre, même s’ils ne savent pas comment transformer ce rêve en réalité avec les moyens dont ils disposent. Mais, les choses ne devraient pas se passer comme cela. La croissance économique ne devrait laisser personne derrière. Ils sont besoin de reconnaissance, d’organisation, d’appui pour pouvoir non seulement vivre décemment, mais pouvoir devenir un jour ingénieur ou autre chose dont ils rêvent. Mais ceci ne saurait se réaliser sans un effort collectif. Celui de ceux et celles qui ont le devoir d’assurer le bien-être  de leurs compatriotes, et ont été mandatés pour le faire, pour servir et non se servir.

C’est également la responasbilité de ces hommes et femmes, travailleurs journaliers. En effet, nos circonstances ne devarient pas déterminer notre présent et encore moins notre avenir. Il y en a dont la situation  a été pire que la leur. Des gens nés sans bras ni pieds, ou dans la misère la plus abjecte, dans un environnement qui aurait pu les condamner à la pauvreté toute leur vie. Mais ils ont pu retourner la situation pour vivre la vie dont ils rêvent et qu’ils méritent. Pas par un coup de bâton magique, mais grâce à leur fortitude mentale d’abord et leur détermination à ne pas laisser leurs circonstances prendre le dessus. Alors, si tu te trouves dans cette situation, et si tu avais tendance à t’apitoyer sur ton sort et à maudire l’univers entier pour n’avoir pas été gentil ou juste avec toi, il est temps de changer de perspective et de prendre les choses en main. Pose-toi ces questions:

-Quelle est ma vision de mon future? Qu’est ce que je veux devenir dans un an, cinq ans, dix ans?

-Avec quels moyens dois-je y parvenir?

-Que dois-je faire tous les jours pour y arriver?

Lorsque tu auras répondu à ces questions, tu y verras un peu plus clair. Et alors, passe à l’action. C’est maintenant, pas demain, pas dans six mois, pas dans un an, étape après étape. Un pas après l’autre, lentement mais sûrement. Avec ce dont tu disposes. Tout, mon ami, sauf l’inaction et le bruit, les mots creux. D’autres l’ont fait et ont réussi, toi aussi tu peux le faire et personne d’autre que toi ne peut vouloir ton bien plus toi.

A ton Bonheur!

Loin des siens. Loin de tout!

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Il est 4:30 mn. La nuit est déjà tombée. Et il neige. Fortement. J’ai beaucoup hésité avant de me rendre à cette boutique à la sortie du travail. Ces deux dernières semaines ont été très éprouvantes pour moi. Alors, la dernière chose dont j’avais envie de faire était de faire des courses. Mais il le fallait car, malgré toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés au quotidien, il faut continuer, n’est-ce pas?

Ne jamais jeter l’éponge.

Se relever et continuer.

Poser un pas après l’autre.

Toujours.

Vivre et surtout aider à vivre autant que faire se peut. Tendre la main à ceux et celles qui sont seuls, frustrés, découragés, déprimés, dépassés par la vie et ses multiples coups.

Aider ceux qui, comme David, se sentent seuls. Terriblement seuls. Loin de tout et de tous leurs êtres chers en ce moment si important de l’année.

David, que j’ai rencontré à l’arrêt du bus, est au Canada depuis trois ans et m’a avoué que c’est dur. Très dur. Emotionnellement. Socialement. Académiquement. Voici plus concrètement ce qu’il me dit après que nous ayons fait connaissance.

“Qu’est-ce que je fais ici, loin de ma terre, seul? Je donnerais ma vie pour retourner chez moi. Je n’ai jamais voulu venir ici. Mais, mon avis n’a pas compté. Pourtant il s’agit de ma vie. Mes parents ont décidé et je n’avais plus qu’à leur obéir. Personne ne m’a préparé à la réalité terrible que je vis depuis que je suis arrivé dans ce pays. La transition est dure et n’est pas terminée et je ne pense pas qu’elle terminera dans un avenir proche. Ou même un jour. Ce pays n’est pas pour moi, simplement.”

David est togolais, fils de parents nantis qui, comme plusieurs parents africains, veulent et font tout ce qu’ils peuvent pour que leurs enfants étudient et travaillent à l’étranger. Que ces enfants aient des rêves personnels, différents, qu’ils veuillent suivre un chemin différent de celui que leurs parents veulent tracer pour eux est simplement hors de question. Le résultat c’est des jeunes hommes et femmes incompris, déprimés, coupés du reste du monde dans lequel ils n’arrivent pas à s’intégrer, isolés de tout comme David qui, me l’a-t-il avoué, n’était pas sorti de sa chambre depuis des semaines.

Des jeunes hommes et des femmes qui, de plus en plus, commettent l’irréparable, la seule façon pour eux de se faire enfin entendre.

Pour tous ces enfants obligés de quitter leurs familles, ces enfants dont certains ont a peine 17 ans, les fêtes de fin et début d’année sont synonyme de torture atroce. Et si, en plus de souffrir de la solitude, du mal du pays et de l’absence de leur famille, ils sont obligés de gérer certaines contraintes comme celle de devoir quitter leur chambre à la résidence universitaire pendant cette période de l’année particulièrement froide, comme c’est le cas d’ailleurs ici au Canada, le fardeau devient trop lourd à porter.

De ma conversation avec David, des conversations que j’ai eues avec d’autres étudiants internationaux avec qui j’ai échangé sur leur nouvelle vie depuis que je suis au Canada, et surtout d’après ma propre expérience en tant qu’étudiante dans ce pays, je retiens quelques leçons que je voudrais partager avec vous:

  • Ecoutez vos enfants lorsqu’il s’agit de leur avenir. Certes, vous devez jouer votre rôle de parent, de guide, mais essayez de ne pas vouloir vivre à travers vos enfants parce que vos enfants ne sont pas votre prolongement. Ce sont des êtres à part entière, différents de vous. N’essayez pas de vivre ce rêve que vous n’avez pas pu réaliser à travers eux.
  • Revoyez vos attentes envers vos enfants. C’est OK de ne pas avoir les meilleurs notes au Collège ou à l’Université. C’est tout aussi OK de se tromper de filière parce que nous sommes tous des humains, donc imparfaits, et de changer, même après quelques années d’études. Et surtout ne considérez pas ces années comme perdues. Non!
  • Vos enfants auront certainement et énormément appris pendant cette période de tâtonnement, apprentissage qui leur permettra de mieux affronter la vie demain car à côté de la vie académique, il y a la vie. La réalité qui exige que l’on ait des compétences pas toujours académiques.
  • C’est normal et même nécessaire d’aider vos enfants à changer de cap lorsqu’ils se sont trompés de filière/programme. Imaginez un tout petit peu leur détresse. Dans le cas de David, non seulement il n’avait jamais voulu venir au Canada, mais il a dû étudier ce qu’il n’aimait pas, parce que ses parents en avaient décidé ainsi. Par respect pour ces derniers, il a continué, malgré lui, s’est accroché, pour leur faire plaisir.

Pour ne pas les décevoir.

Mais plusieurs abandonnent, en secret, et n’osent pas en informer leurs parents qui, en Afrique, croient que les choses vont bien pour leurs enfants, jusqu’au jour où ils découvrent le pot aux roses. Parce que les enfants, redoutant la réaction de leurs parents, n’osent pas s’ouvrir.

  • Créez les conditions pour que vos enfants puissent vous parler et se confier à vous sans aucune crainte de représailles. C’est seulement dans ces conditions que certains drames peuvent être évités et que vous pouvez réellement les aider lorsqu’ils ont besoin de vous.
  • Les mauvaises notes ne signifient pas la fin du monde. On peut avoir des mauvaises notes et réussir dans la vie. Plusieurs personnes prospères aujourd’hui n’ont jamais terminé le secondaire et étaient médiocres à l’école. Mais cela ne les a pas empêché d’être au sommet aujourd’hui, chefs d’entreprises prospères qui emploient ceux et celles-là qui étaient brillants en classe! Regardez autour de vous et vous verrez de quoi je parle.
  • Il n y a pas que la vie académique: vos enfants sont d’abord des êtres humains qui ont besoin de vivre une vie sociale et affective, et qui ont surtout besoin d’aide, de votre aide pour réussir ici aussi. Ils sont traumatisés, ont le mal du pays et sont en manque de leurs familles, ce qui peut sérieusement affecter leur santé mentale et les pousser à commettre l’irréparable. Le changement qu’ils vivent est drastique pour qu’on le prenne à la légère.

Le secondaire est un environnement structuré où les enfants sont encadrés et bénéficient d’appui et d’orientation constants. Les enseignants tiennent à ce que vous réussissez et s’y investissent. Lorsque vos notes sont mauvaises, ils cherchent à savoir pourquoi, en discutent avec vous et avec vos parents, suggèrent des stratégies pour vous aider à vous rattraper, etc. Ils sont vos enseignants mais aussi vos tuteurs et mentors en quelque sorte. Au Collège et à l’Université, c’est tout le contraire. Personne ne veille sur vous.

Personne ne vous demande des comptes ou encore vous rappelle ce que vous devez faire.

Personne ne vous demande si vous avez fait vos devoirs, etc.

Je me rappelle que nous réveillions nos enfants tous les matins à 7 heures lorsqu’ils étaient encore avec nous, veillions à ce qu’ils ne s’attardent pas trop, à ce qu’ils n’aillent pas à l’école sans avoir fait leur toilette ou encore en pyjama comme certains enfants le font ici. Nous veillions à ce qu’ils aillent à l’école et ne manquent aucun cours. A l’Université, personne d’autre ne fera tout cela. Dans ce nouvel environnement, on s’en fout et les enfants peuvent très rapidement et facilement perdre pied.

  • Préparez sérieusement vos enfants à réussir cette importante transition dans leur vie, et surtout réussir leur nouvelle vie.

“Personne ne m’avait dit que je dois changer de manière d’étudier. Je croyais que tout irait bien avec la stratégie que j’ai toujours utilisée au secondaire pour étudier, laquelle a toujours marché et m’a permis de réussir à mes examens,” nous a dit notre fils lorsqu’il s’est confronté à la réalité du monde universitaire.

Ces enfants commencent une nouvelle vie dans une nouvelle structure scolaire et un nouveau contexte et doivent aussi gérer leur nouvelle vie loin de leurs parents pour la première fois. Une nouvelle vie où ils doivent s’occuper de tout, faire leurs courses, établir et gérer un budget, préparer leurs repas, prendre soin de leur maison/chambre, faire leurs lits, leur lessive, la vaisselle, payer leurs factures à temps, naviguer leur nouvel environnement, en plus de répondre aux multiples attentes et exigences académiques.

Tout ceci peut se révéler trop lourd à porter surtout si ces enfants n’ont pas appris à se prendre en charge tôt. Nous, parents, oublions souvent cet important aspect de la vie et échouons à cultiver en nos enfants ces importantes aptitudes nécessaires pour vivre une vie réussie.

David n’a pas encore abandonné. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David n’a pas encore sombré dans l’alcool ou la drogue pour tenter de noyer ses soucis. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David vit encore seul, et refuse de se mettre en couple juste pour avoir quelqu’un qui va lui préparer à manger, faire sa lessive, sa vaisselle, faire ces courses qu’il abhorre, et bien d’autres choses que ses parents faisaient pour lui au pays. Mais, combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait? Juste pour s’en sortir. Mais, en couple, c’est dur aussi. ça, c’est un autre débat que j’aborderai plus tard.

Que la gratitude soit avec vous!

Céline Magnéché Ndé Sika

 

En matière de couple, rien ne doit être laissé au hasard

The iceberg illusion

« -J’en ai marre de tout cela! Je jette l’éponge! C’est fini. F-I-N-I!

-Mais, cela fait à peine un an que vous êtes mariés, ma chérie!

-Assez pour que je conclus que ce salopard ne changera jamais. Jamais! Qu’est-ce que j’ai été naïve! Oh my God! J’en ai même honte!

-Qu’est-ce que tu veux dire?

-Je croyais que le mariage allait le changer. Mais, je me trompais, ma soeur. Je me suis trompée sur toute la ligne. Quelle pauvre idiote que je suis! Et, tu sais quoi? Ce qui est horrible c’est que j’ai le sentiment que, maintenant qu’il m’a passé la corde au cou, il se croit tout permis et fait n’importe quoi! Si je ne prends pas des mesures drastiques, bientôt il va m’étrangler avec cette corde.

-Tu n’exagères pas?

-Non! Sérieusement. Ce n’est pas la peine. Je renonce,

-Tu ne peux pas renoncer à la moindre difficulté, voyons!

-Comment ça à la moindre difficulté? Je vis cela depuis plusieurs années déjà. N’oublie pas que nous avons été fiancés pendant quelques années pendant lesquelles j’ai découvert ces travers que j’essaie depuis de l’aider à corriger.

-Tu savais que ton gars avait cette relation … particulière avec l’argent?

-Oui. Dès nos premiers rendez-vous, j’ai détecté dans nos conversations que cet homme avait de mauvais rapports avec l’argent. Il dépensait sans cesse, de façon impulsive, et n’arrêtait pas tant que ses poches n’étaient pas vides. Et, pour faire quoi? S’acheter des fringues très chères, les derniers gadgets à la mode, ou des véhicules dernier cri. Rien de durable et productif. Rien pour le couple, la famille je veux dire. Tout cela pour lui-seul. Et, le comble c’est qu’il s’endettait aussi pour assouvir ce… besoin.

-Tu savais cela et tu n’as pas attendu de régler cette question avant de te mettre en ménage avec lui?

-J’étais amoureuse, tu sais. Et, comme je te l’ai dit, je croyais que le mariage allait le changer.

-Tu n’as pas discuté de cela avec lui pendant vos fiançailles?

-Pour dire vrai, c’est difficile. Délicat. Parler argent sans être mariés?

-Il faut justement en parler avant d’être mariés parce que c’est important. Très important. Ne pas le faire c’est une erreur que l’on paie toujours cher tôt ou tard.

-Si tu en parles avant, le gars va croire que tu es matérialiste, et que c’est son argent qui t’intéresse.

-S’il en a.

-Oui, s’il en a. Et, s’il n’en a pas, si tu abordes cette question, il croira que tu ne veux pas qu’il touche à ton argent. Que tu veux l’humilier parce qu’il n’a pas d’argent. Que tu veux porter le pantalon dans le couple, tu vois ce que je veux dire. Que tu questionnes sa masculinité.

-Tu privilégies donc la politique de l’autruche? Faire comme si il n y avait rien. Comme si tout était rose, alors que tout est noir. Ce n’est pas en fermant les yeux sur un problème que ce problème cesse d’exister.

-J’ai pas dis cela.

-C’est ce que j’entends, moi.

-Non. J’ai pas fermé les yeux sur cette situation. J’ai essayé de parler, de l’asseoir pour discuter de ce problème d’argent qui nous tue et empoisonne notre couple aujourd’hui. Mais il n’en a jamais voulu entendre parlé et n’en veut toujours pas. Je veux dire, il trouve toujours un prétexte pour éviter le face-à-face. Comme je pensais au mariage, et ne voulais pas l’épouser avec cet horrible bagage, j’ai essayé de l’aider à corriger cela. En vain.

-Alors, tu as cru qu’en vous mariant il allait changer comme par un coup de bâton magique!

-L’amour transforme, tu sais. Ou du moins j’y croyais.

-Alors, ma belle, tu vois toi-même que les choses ne se passent pas comme cela. Les choses changent pas parce qu’on le veut ou l’espère, mais parce qu’on travaille dur pour qu’elles changent. Et ceci est valable aussi pour le mariage.

-Je l’apprends aujourd’hui à mes dépends. Je ne sais toujours pas ce que mon mari gagne, encore moins ce qu’il fait avec son argent. C’est vrai que je gagne plus que lui mais ce n’est pas une raison pour qu’il me laisse couvrir toutes les charges de notre foyer, et même les siennes car il n’arrive même pas à contribuer pour les charges qu’il avait choisi de couvrir. En plus, il devient méchant, violent même lorsque j’en parle. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. »

Cette conversation que j’ai eue hier avec une amie au sujet de son couple met en évidence plusieurs problèmes auxquels font face des gens qui vivent en couple. L’argent est au coeur de sa plainte. L’argent qui, selon des études menées par des experts, serait l’une, si non la principale raison pour laquelle plusieurs couples se déchirent et se disloquent. Les gens décident de vivre ensemble, de se marier pour passer le reste de leur vie ensemble, construire leur vie ensemble, mais tiennent le langage suivant. Trop souvent.

“Nous sommes mariés mais, s’il te plaît, ne regarde pas “Mon” argent, parce que “Mon” argent c’est “Mon” argent. Je le garde pour “Ma” famille, c’est-à-dire mes parents, mes frères et soeurs et moi-même, parce que c’est mes parents qui ont payé mon éducation et ne l’ont pas fait pour que quelqu’un d’autre vienne me dire comment je dois gérer “Mon” argent; je l’utilise pour réaliser “Mes” projets personnels parce qu’on ne sait jamais. Ce mariage peut se terminer. Il vaudrait mieux que j’assure mes arrières. J’utilise “Mon” argent pour ma famille et moi, et nous utilisons “Ton” argent pour notre couple et aussi pour aider “Ma” famille, mes parents, frères et soeurs. Je peux, à la rigueur, contribuer une certaine somme pour le couple, mais ne me demande pas de mettre tout “Mon” argent dans le couple. Et surtout ne me demande pas combien je gagne. Et ne me parle pas non plus de compte commun. Jamais! ”

Avec un langage pareil, implicite ou explicite, comment s’étonner que plusieurs foyers soient sous haute tension tout le temps?

Construits sur une fondation pareille, comment s’étonner que les couples se déchirent et se séparent?

Comment s’étonner si, dès le départ, l’esprit du couple n’y est pas?

Si, dès le départ, c’est le “Je” qui l’emporte définitivement sur le “Nous”?

Si, dès le départ, chacun regarde dans sa direction, unilatéralement choisie, une direction opposée à celle de son partenaire?

Si, dès le départ, la transparence est bannie pour dérouler le tapis rouge à la méfiance et aux cachoteries?

Si chacun vient dans le couple avec l’intention ferme de continuer à vivre son style de vie de célibataire, comme si l’autre, cette personne à qui l’on dit avoir uni sa vie désormais, n’existait pas?

Le mariage n’est pas la loterie mais une institution sérieuse qu’il faut prendre très au sérieux, et ne s’y engager que si l’on est prêt. Etre prêt veut dire si l’on a fait ses devoirs AVANT de s’engager. Devoirs qui nécessitent des efforts soutenus et structurés.

Le mariage est un projet qui, comme tout autre projet, doit être préparé, minutieusement et soigneusement implémenté, supervisé et évalué régulièrement. Lorsque nous achetons une voiture ou une maison, nous prenons le temps, tout le temps que cela requiert, pour faire des recherches parce que nous voulons éviter toute surprise désagréable. Nous entreprenons cette démarche parce que nous voulons savoir si cette voiture est une bonne marque, si elle est sûre et capable de nous protéger lorsque nous sommes en route, si elle consomme trop ou peu de carburant, s’il est facile de trouver des pièces de rechange lorsqu’elle tombera en panne, si cette voiture n’a pas été volée, si elle fonctionne bien, si elle n’est pas une loque retapée pour les besoins de vente, etc. Et, si nous sommes satisfait, nous l’achetons, après , seulement après toutes ces démarches. Une fois que nous l’avons achetée, nous assurons sa maintenance, tout le temps. Nous l’amenons faire des visites techniques, la vidange, nous contrôlons le niveau d’eau et de l’huile régulièrement, nous la lavons tout le temps. Nous le faisons aussi pour des vêtements auxquels nous tenons. Nous ne laisserons pas un sac à main Chanel ou cette paire de chaussure Christian Louboutin qui nous a coûté une fortune traîner dans un coin sans soins. Nous faisons tout cela, sans nous plaindre, et considérons cela comme une absolue nécessité. Mais, lorsqu’il s’agit de notre couple, nous laissons les choses au hasard, nous négligeons, comptons sur la chance. Nous sommes paresseux, n’avons pas le temps, ou tout simplement n’y accordons pas d’importance. Les choses s’arrangerons toutes seules, disons-nous. Ou par la grâce de Dieu. Hélas, non! Fais ta part et Dieu fera la sienne. “Attache ton chameau avant de le confier à Allah!” comme le dit si bien un proverbe arabe.

Oui, quelqu’un doit faire le boulot et, ce quelqu’un, c’est ceux qui font le couple. C’est leur devoir, leur responsabilité de s’examiner, avant mais aussi pendant la vie ensemble, pendant leur union, pour corriger ce qui ne va pas et qui risque de leur nuire plus tard, améliorer et perfectionner ce qui va.

Oui, en matière de couple, rien ne doit être laissé au hasard, ou alors, si nous choisissons de laisser Dieu, le hasard ou la chance prendre les rênes, préparons-nous à payer la facture, laquelle est très souvent salée!

Puisque ces problèmes reviennent sans cesse, sous une forme ou une autre, j’ai décidé de commencer, dans un avenir proche, une série dans laquelle j’aborderai, chaque semaine, un sujet qui pose problème dans les couples, ou entre ceux qui envisagent de se mettre en couple. A travers des histoires que je partagerai avec vous, et que vous partagerez avec les lecteurs et lectrices de ce blog, nous échangerons nos expériences, apprendrons tous ensemble ces tips et trucs dont nous avons tous besoin pour construire un mariage sain, heureux, solide, prosper, et qui dure. Parce que, oui, cela est possible.

Ton tour maintenant…

Si tu penses, comme moi, que cela est possible, lis et partage cet article. Et surtout n’oublie pas d’apporter ton feedback lequel aidera les lecteurs et lectrices de ce blog à améliorer leur vie.

A votre bonheur!

Céline Clémence Magnéché Ndé Sika

Un parent ne déclare pas forfait!

« J’ai fait tout ce que je peux. Usé tous mes méninges. Fais appel à tout genre d’aide mais je dois avouer que j’ai échoué. Je jette l’éponge. Qu’il fasse ce qu’il veut. Personne n’est venu sur la terre pour souffrir. J’ai aussi le droit de vivre, voyons.»

Ces mots sont ceux d’un homme, père d’un adolescent de 15 ans qui déclare forfait parce que son fils lui a échappé selon ses propres termes. Cet enfant si calme, si gentil, si travailleur et si obéissant qui, du jour au lendemain, a changé, est devenu arrogant, s’est mis à les insulter son épouse et lui, à leur voler leur argent avec les stratégies dignes de grands gangsters (il s’introduit dans la chambre de ses parents à travers la fenêtre, fais le double des clés de la maison, vole leur carte de crédit et s’en sert, etc.). L’enfant qui était parmi les meilleurs élèves de son école en termes de résultats scolaires et de comportement a été exclu non seulement parce que ses résultats étaient de plus en plus mauvais, mais aussi parce qu’il était devenu une menace pour ses camarades. Très violent.

Lorsque j’écoute cet aveu, je pense à mon petit frère qui, lui aussi a suivi pratiquement le même cheminement et qui, aujourd’hui, à presque 30 ans, et après avoir passé trois années en prison pour vol à main armée, essaie de se réintégrer dans la société mais la tâche, je l’avoue, n’est pas facile. Pour lui. Pour nous qui l’aidons à le faire.

En écoutant mon ami, je pense également à tous ces autres enfants qui se sont égarés et sont devenus tout ce que vous pouvez imaginer de mauvais dans notre société simplement parce que, au moment où on devait les aider à prendre le bon chemin, au moment où quelqu’un devait leur dire : faites attention, ne prenez pas ce chemin car il risque de vous nuire ; ne fréquentez pas ces personnes car elles ont des conduites inappropriées qui risquent de vous perdre ; ne suivez pas cette petite amie parce qu’elle a une influence négative sur vous ; n’allez pas à cette soirée car vous avez un examen important à passer demain, et ferez mieux de réviser vos leçons et d’aller au lit tôt pour être en forme demain matin ; ne prenez pas ce médicament ou cette boisson soi disant énergétique car vous allez devenir dépendant et perdre votre capacité à vous contrôler et prendre des décisions, faire de bons choix ; au moment où ils avaient besoin de quelqu’un pour leur dire de faire attention aux décisions qu’ils prennent car celles-ci détermineront leur avenir, à ce moment-là, il n’ y avait personne. Ils étaient seuls.

Il est impossible de récolter des patates lorsqu’on a semé des haricots. Et j’ai toujours eu de la peine à comprendre qu’un enfant que nous avons-nous-mêmes conçu, porté pendant neuf mois dans notre ventre, lavé, langé, nourri à la petite cuillère, aidé à se lever et marcher, devienne notre bourreau. J’ai lu des reportages de parents espagnols qui doivent se barricader derrière des portes à double tour et appeler la police pour qu’elle les sauve parce que leurs enfants sont fâchés. Fâchés parce qu’ils n’ont pas par exemple pu leur donner le dernier gadget électronique qu’ils réclamaient. Des parents qui tremblent lorsque leurs enfants parlent.

Qui blâmer : les enfants ?

Non. Non et non. Ils n’ont pas demandé à naître. A partir du moment où nous leur donnons naissance –qu’ils aient été conçus volontairement ou par accident-, nous avons la responsabilité de nous occuper d’eux. De les aider à grandir et devenir des hommes et des femmes épanouis, heureux et armés d’outils dont ils ont besoin pour exercer le difficile métier de l’Homme. Savoir cela nous permet d’accepter et de mieux jouer ce rôle de leader et de maître auprès de nos enfants. Nous avons la responsabilité de les discipliner, et permettez-moi de souligner ici que discipliner ne veut pas dire sanctionner, punir, humilier. Discipliner veut dire enseigner, aider l’autre –qui peut être notre élève, notre enfant, notre partenaire, etc.- à apprendre pour mieux faire.

Si vous n’avez pas montré à votre enfant comment il doit se comporter, et que le pauvre a dû apprendre tout, tout seul ;

si vous n’avez ouvert la bouche que pour aboyer, l’insulter et le traiter de tous les noms d’oiseaux rares, au lieu de parler avec lui, de l’écouter, de le respecter en tant qu’être humain même s’il a un an d’âge ;

si vous n’avez ouvert la bouche que pour lui donner des ordres ;

si vous vous êtes comporté comme une parfaite crapule au lieu d’être un modèle pour vos enfants, racontant le soir à la maison autour d’une bière comment vous avez acheté votre chef pour obtenir ce marché dont vous avez par la suite détourné les fonds pour construire ce beau duplex dans lequel vous vivez et cette Porsche Cayenne dans laquelle vous roulez ;

si vous avez fermé les yeux sur des comportements inappropriés que votre enfant a adoptés petit à petit, au lieu d attirer son attention sur les effets négatifs de ces comportements ou décisions pour lui –notez que je dis attirer son attention et pas le sermonner, le menacer, le faire chanter-,
si vous avez fait tout ceci et bien d’autres choses qu’un parent ne devrait pas faire, alors ne soyez pas surpris que votre enfant se perde, soit perturbé et devienne voyou, gangster, comme le fils de mon ami ou pire.

Aucun enfant ne naît foncièrement têtu, arrogant, méchant, voyou. Un enfant qui naît est comme un disque dur sur lequel nous pouvons graver tout ce que nous voulons. Nous avons le devoir de n’y graver que ce qui va lui permettre de devenir, pas ce que nous voulons, mais ce que Dieu et lui-même ont voulu. Notre devoir c’est de l’aider à acquérir les outils dont il aura besoin pour devenir cette personne qu’il souhaite devenir, mais une meilleure personne, une personne épanouie, capable de se prendre en charge et de contribuer activement et efficacement au développement de sa communauté, à la construction du monde. Mais pour réussir cette tâche, nous devons nous armer d’outils, de bons outils : la patience, la disponibilité, l’empathie, le respect.

Nous devons apprendre à lire et interpréter certains messages non verbaux que nos enfants nous passent, à réorienter, pas punir, à maîtriser nos émotions et garder notre calme lorsque la réponse que nous attendons de nos enfants n’est pas celle que nous souhaitions.

Nous devons tout faire sauf abandonner la tâche. Jeter l’éponge. Ce serait un aveu d’échec, une fuite de responsabilités. Une démission. Nos enfants ont besoin de nous. Ils auront toujours besoin de nous. Même lorsqu’ils auront 90 ans. Nous n’y pensons pas souvent, mais c’est tout simplement vrai.

Céline SIKA

C’est possible de préparer sa retraite quand 1000 personnes comptent sur nous pour vivre

Après avoir lu mon dernier article sur la retraite, Lucienne, une amie à  moi, m’a posé cette question très pertinente: comment préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre?

Cette question, Lucienne n’est pas la seule à se la poser: plusieurs personnes, surtout en Afrique, se la posent à longueur de journée et d’années, sans toujours y trouver une réponse. Pourtant il le faut bien. J’ai partagé ma petite expérience avec Lucienne, et je voudrais en faire de même avec vous. Voici ma réponse à Lucienne.

Si j’ai décidé de créer ce blog, c’est pour parler des sujets vitaux comme celui de la retraite et des difficultés que nous autres, africains, éprouvons pour préparer cette retraite et faire bien d’autres choses. Tu as bien fait de poser le problème et j’espère qu’ensemble nous allons y réfléchir et trouver une solution parce que, Lucienne, il faut préparer sa retraite. Tu sais aussi bien que moi que c’est absolument nécessaire.

Je crois que tu ne voudrais pas être une charge pour tes enfants demain, n’est-ce pas? Parce que le monde dans lequel nous vivons devient de plus en plus compliqué et nos enfants connaîtront plus de difficultés que nous. Nous le voyons dejà avec tous ces jeunes qui sortent de l’Université et ne peuvent pas trouver un emploi. Nous encore nous avons quelque chose même si ce n’est très souvent pas ce que nous souhaitons. Mais nos enfants, ce ne sera pas du tout évident.

Je crois aussi que tu aimerais pouvoir demain, lorsque tu prendras ta retraite, vivre décemment, couvrir au moins tes frais de base, sans devoir tendre la main, sans déranger personne, même pas ces personnes à qui tu donnes tout aujourd’hui au point de ne pas penser à préparer ta retraite.

Je sais, et je suis d’accord avec toi que nos parents nous ont donné la vie, mais tu reconnais avec moi que nous n’avons pas demandé à naître, Lucienne.

Ils nous ont élevés et envoyés à l’école mais ils ne faisaient que leur devoir de parents, Lucienne. En principe, en principe je dis bien, nous ne leur devons rien. Ils ont contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui en nous donnant de l’affection, en nous protégeant, en nous conseillant (pour ceux et celles qui ont eu la chance que les choses se passent ainsi parce que je connais des parents qui se contentent de te donner la vie et le reste ne les regarde plus) mais, une fois encore, ils faisaient leur devoir de parents. Alors, je pense, et c’est mon point de vue, uniquement mon point de vue, que nous aidons nos parents parce que nous les aimons et ne souhaitons pas qu’ils souffrent ou manquent de quelque chose. Moi je le fais, tu le fais, presque tous les africains le font. C’est une charge absolument terrible, surtout dans nos pays où il n y a pas de sécurité sociale pour prendre en charge nos parents malades, nos frères malades, nos tantes et oncles malades, ce qui fait que tout cela nous tombe dessus.

A côté, il y a les frères, les soeurs, les cousins, les tantes, les oncles, les beaux-pères, les belles-mères,  les neveux, les nièces, les voisins qui attendent et comptent absolument sur nous autres qui avons pu sortir la tête de l’eau pour vivre, pour payer leurs frais d’hôpital, payer la scolarité de leurs enfants, manger, s’habiller, et même boire leur bière.

Nous ne sommes pas Bill Gates mais ça ce n’est pas leur problème. Nous  DEVONS leur donner de l’argent quelque soit ce que nous vivons nous autres et, et je sais que tu es d’accord avec moi, quand tu ne peux pas donner, tu as de sérieux problèmes avec eux car ils te traitent de tous les noms d’oiseaux rares, d’égoïste, etc.

Comment en sommes-nous arrivés la, Lucienne?

Comment pouvons-nous sortir de cette prison comme tu le dis si bien, de ce piège ?

Nous n’aurions jamais dû commencer à donner du moins à ceux et celles qui sont valides, jeunes, forts et peuvent se débrouiller par eux-mêmes parce que cela encourage le parasitisme, la paresse.

Maintenant que nous avons commencé, certaines mesures sont absolument à prendre:

1. Poser des conditions et fixer une limite dans le temps

Tu ne peux pas aider ta soeur ou ton frère et, après eux, commencer à aider leurs enfants et, après leurs enfants, passer à leurs petits enfants. Il faut aider ceux et celles qui veulent vraiment qu’on les aide, et qui montrent clairement qu’ils veulent s’ensortir. Ok, je suis prête à t’aider, mais apporte-moi un plan d’action, un projet bien monté, et surtout ta propre contribution, etc. Et je veux voir tes résultats, ce que tu as fait de ce que je t’ai apporté comme aide.

Et je vais t’aider pendant X temps, et surtout rester ferme et intransigeant car cela met la pression et évite que les gens nous prennent pour une vache qu’ils peuvent traire éternellement.

Moi particulièrement, avec mon mari, nous aidons les nôtres depuis plus de vingt cinq ans maintenant. Je peux te dire que nous avons vu de toutes les couleurs, Lucienne. Nous nous sommes faits escroquer par nos êtres les plus chers, crois-moi, à plusieurs reprises, mais nous avons appris –c’est le plus important- et c’est cette petite expérience qui me permet de te dire ce que je te dis. Nous avons compris à un certain moment que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de tout le monde même si on leur donnait TOUT notre salaire tous les mois, et que nous DEVONS ABSOLUMENT mettre NOS BESOINS en première position. Et les plus importants de ces besoins étaient 1) de nous construire une cabane, 2) mettre de l’argent de côté pour l’éducation  de nos enfants et 3) préparer notre retraite.

Nous avons pris la peine d’expliquer clairement a ceux et celles qui comptent sur nous pour vivre notre décision et nos attentes (qu’ils nous comprennent et respectent notre décision), ce que nous pouvions désormais faire pour eux, et ce que nous ne pouvions plus faire.

Cela a été dur, très dur, comme tu peux l’imaginer, mais nous avons tenu bon. Il le fallait car le temps passe et un jour qui est passé est passé et terminé.

Nous avons donc écrit chacun de ces trois projets avec des objectifs bien précis, mis au point un plan d’action, et avons commencé l’implémentation de ces trois projets. Nous avons ouvert des comptes d’épargne pour chacun de nous deux et chacun de nos enfants avec un objectif bien précis, comptes dans lesquels nous mettons systématiquement de l’argent TOUS les mois et même parfois plusieurs fois par mois si nous avons de l’argent qui entre. Et RIEN ne nous détourne de cet objectif, meme pas quand mon père est tombé malade et a été malade pendant sept ans, sept années pendant lesquelles nous avons dû payer tous ses frais d’hôpital parce que, comme la plupart des camerounais, sa pension misérable ne lui permettait même pas de faire vivre sa petite famille.

J’ai payé les frais d’hôpital de mon père, et j’ai continué à aider ceux que nous aidons depuis plus de deux décennies mais sans oublier nos propres besoins, Lucienne.

Nous avons également cessé d’aider les paresseux, les parasites et tous ceux et toutes celles qui pensent que, parce que nous sommes frères et soeurs, nous devons porter leurs croix à eux. Et les pressions de la famille n’ont rien changé à notre décision.

Après avoir aidé nos frères et soeurs, cousins et tantes, nous avons décidé de ne pas aider leurs enfants ou petits enfants car c’est un engrenage sans fin. Nous avons rappeler à leurs parents que nous les aidons pour qu’ils puissent se prendre en charge et s’occuper de leurs familles, ce qui est LEUR RESPONSABILITE, pas la nôtre.

Au lieu de prendre les enfants des frères et soeurs, cousins, oncles et tantes chez nous pour qu’ils vivent avec nous -nous l’avons fait pendant des années-, nous avons décidé de les aider à distance, et cela en fonction de nos moyens, et plus de façon systématique comme par le passé.

Voilà, Lucienne, quelques unes des mesures que nous avons prises et qui nous ont permis à mon mari et moi d’éviter l’asphyxie à cause du poids des charges de la grande famille africaine. Pour me résumer, voici ce que je propose de faire pour préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre:

1. Aider les nôtres, mais Mettre NOS besoins en PREMIERE position parce qu’il n’y a que nous pour prendre soin de NOUS, vraiment. Si on ne le fait pas, demain nous en paierons les frais et serons la risée de tous et de toutes.

2. Aider nos parents, absolument, dans la mesure de notre possible, parce que nous les aimons. Mais nous devons nous sentir libres de le faire, et ne pas culpabiliser lorsqu’on ne peut pas le faire. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

3. Discipliner ceux et celles qui nous demandent de l’aide. Aider quand on peut, et si on le souhaite (même le fait d’être frères et soeurs ne nous y obligent pas, mais alors pas du tout). Leur dire CLAIREMENT ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire.

4. POSER DES CONDITIONS à notre aide, fixer des DELAIS et EXIGER DES RESULTATS.

5. AIDER CEUX ET CELLES QUI VEULENT REELLEMENT S’EN SORTIR  et qui le démontrent, et laisser tomber les paresseux et les parasites. Ce sera dur mais c’est vital pour vous et pour eux car cela les forcera à se reveiller et à se mettre au travail.

6. Soyez fermes avec vos décisions et tenez bon, quelques soient les pressions et autres menaces et chantages.

7. S’il le faut,  NAVIGUEZ A CONTRE COURANT. En effet, ce qui vous semble logique, ne l’est pas pour les autres.

8. Et surtout, surtout, commencez à préparer cette retraite DES MAINTENANT si ce n’est pas encore le cas. Mieux vaut tard que jamais dit-on souvent.

Cela peut être très stressant de mettre tout ce qui précède -et bien d’autres choses que je n’ai pas citées car cette liste est très loin d’être exhaustive-  en oeuvre. Et justement parce que cela est stressant, beaucoup n’osent pas le faire et choisissent de souffrir en silence, se poser et reposer cette question. Mais ce qu’ils oublient, c’est que c’est un choix qu’ils font et que, comme tout autre choix dans la vie, celui-la a une incidence sur leur vie, leur avenir et celui de leur famille.

Avant de prendre congé de toi, je voudrais te poser cette question: où en es-tu avec ton projet de retraite? Si tu l’as déjà commence, c’est formidable. Je te suggérerai de l’évaluer. Si tel n’est pas le cas, alors il est temps.

Merci de m’avoir lue. Si tu as aimé, n’oublie pas de partager cette information avec les tiens, entièrement, en indiquant le lien du blog.

Si tu as appris quelque chose d’utile qui pourra t’aider à améliorer ta vie, alors reviens pour d’autres tips et trucs dans les prochains articles.

Affectueusement vôtre,

Céline Sika

Le plus grand et beau cadeau que tu peux me faire c’est de croire en moi

Jusqu’à très récemment, l’on pensait que pour réussir dans la vie il fallait aller à l’école, le plus loin possible dans ses études, et obtenir le diplôme le plus élevé, lequel assurait à son détenteur l’accès à des fonctions les plus prestigieuses. Pour s’assurer que leurs progénitures obtiennent ces parchemins, les parents faisaient alors tout ce qui était en leur pouvoir pour amener leurs enfants, de gré ou de force, à faire des études, qu’ils avaient souvent choisies eux-mêmes et imposées à leurs enfants, et à obtenir des diplômes. Par la suite ils se battaient pour qu’ils obtiennent de bons jobs une fois leurs études terminées, et pouvaient alors dire à ceux et celles qui voulaient les écouter que leurs enfants avaient réussi.

Que ces enfants aiment ou non ce qu’ils font, qu’ils soient heureux ou pas en faisant les études ou en exerçant le métier qu’on leur a imposé n’était vraiment pas le souci des parents. Et lorsque ces enfants osaient exprimer leur mal-être et leur envie de changer pour faire ce qu’ils ont toujours eu envie de faire, ils n’avaient aucune oreille pour les écouter, et devaient surtout faire face aux multiples désapprobations et critiques qui condamnaient un comportement égoïste et surtout irresponsable au moment ou le travail est rare. Nous contribuions ainsi à créer des millions d’hommes et de femmes malheureux, frustrés qui, lorsqu’ils ne commettaient pas d’actes regrettables comme s’ôter la vie, devenaient souvent violents avec les êtres qu’ils aiment le plus, mais aussi avec les étrangers parce qu’ils se sentaient incompris, étaient désespérés, terriblement seuls, obligés de vivre la vie des autres, la vie que d’autres lui ont imposée.

Aujourd’hui, malheureusement les choses n’ont vraiment pas beaucoup changé. Nos enfants, que nous aimons pourtant beaucoup, et pour qui nous sommes prêts à tout faire pour leur assurer une vie meilleure sur cette terre, n’ont pas toujours droit à la parole lorsqu’il s’agit de leur avenir. Parce que nous voulons vivre notre rêve à travers eux, parce que nous avons peur d’être jugés par les autres si nos enfants ne suivent pas la trajectoire suivie par tous les autres enfants, c’est-à-dire aller à l’université, faire des études jugées prestigieuses par tous comme le droit, la médecine, l’architecture, l’informatique et j’en passe, parce que nous avons peur d’être différents et de ne pas répondre aux attentes de la société, nous poussons nos enfants à faire ce qu’ils n’aiment pas pour faire comme les autres, pour plaire aux autres, pour rentrer dans le moule. Il est temps de revoir cette façon de faire les choses et de donner à nos enfants la chance d’être, d’être ce qu’ils rêvent d’être, de déployer leur talent, de briller et de suivre leur voie, celle que Dieu a tracée pour eux. Ce sont des enfants mais ils ont des rêves comme nous, leurs parents, et comptent sur nous, leurs parents, pour les aider à les circonscrire et à les réaliser. Sans notre soutien, ils ne le pourront pas.

C’est difficile de sortir de la logique dans laquelle nous avons été éduqués, de se débarrasser de ce bagage que nous héritons lorsque nous naissons dans une famille et grandissons dans un environnement précis, et qui nous pousse à penser, agir et nous comporter d’une façon très précise en fonction de valeurs bien définies.

« Le plus grand et beau cadeau que tu peux me faire c’est de croire en moi», m’a dit mon fils, étudiant en deuxième année d’Université, il y a quelques jours. Il n’a jamais voulu aller à l’Université, mais a fini par y aller parce que nous l’avons décidé. Son rêve a toujours été d’aller dans une école de football après ses études secondaires, et devenir acteur de cinéma plus tard. Lorsque je vois mon fils aujourd’hui se battre avec ses études de sciences politiques, je m’en veux de ne pas l’avoir écouté. Tous nos efforts, toutes nos pensées, toute notre énergie c’est pour que nos enfants soient heureux et réussissent mais leur bonheur et leur réussite c’est eux qui les définissent. Absolument. Pas la société, les amis, la famille, les collègues, les voisins.

Pour que vous ne commettiez pas la même erreur aujourd’hui ou demain, voici ce que je vous conseille en ce qui concerne le choix des études et de la carrière de vos enfants :

1. Encouragez-les à s’exprimer, en toute confiance avec vous, et créez des conditions favorables à cette expression. Soyez approchables, disponibles. Compréhensifs.
2. Ecoutez vos enfants et surtout laissez-les parler. Ils ont à dire, et savent très souvent ce qu’ils veulent. Ils ont besoin de vous, pas pour leur imposer ce qu’ils doivent faire, mais pour les aider à mieux identifier ce qu’ils veulent et rêvent de faire, et les aider a réaliser leurs rêves.
3. Ils sont des enfants mais ont leurs propres rêves, ne les forcez pas à vivre les vôtres.
4. Chaque personne est unique, et c’est cela qui fait la richesse et la diversité de notre monde. Ne comparez pas votre enfant aux autres enfants. Ne l’humiliez surtout pas parce qu’il est différent.
5. Souvenez-vous toujours, à tout moment, qu’il s’agit de leur avenir, pas du votre.
6. Aidez-les à prendre cette importante décision de leur vie. Ce n’est pas facile, parce qu’ils savent que celle-ci peut ne pas être celle que vous souhaitez, qu’elle peut s’avérer ne pas être la bonne plus tard, et affecter le reste de leurs vies. Rassurez-les de votre soutien constant. Dites-leur que vous serez toujours là même si les choses ne marchent pas plus tard comme ils l’auraient souhaite.
7. Et soyez effectivement là si les choses ne marchent pas comme souhaite. Parce que la vie c’est aussi cela, les erreurs, les échecs. Si cela arrivait, dites-leur que le plus important ce n’est pas le problème, mais ce qu’on apprend du problème et notre capacité à nous relever rapidement lorsqu’e nous tombons.
8. Si les choses ne marchent pas comme ils le souhaitaient, aidez-les à se réorienter. Ne les blâmez surtout pas pour cela. C’est une opportunité d’apprentissage parce que si on ne tombe pas, on ne saura pas comment éviter l’obstacle.
9. Aidez vos enfants à devenir des hommes et des femmes épanouis, heureux, confiants, en encourageant l’éclosion de leurs talents, de leurs multiples aptitudes, de leur créativité, en les acceptant tels qu’ils sont, avec leurs différences, en n’essayant pas de les uniformiser. En croyant en eux.

Celine SIKA