Le mariage n’est pas Disney World!

 

Depuis plusieurs années je suis régulièrement sollicitée par des gens de tout horizon, des amis, des collègues, des camarades de classe, des voisins, les lecteurs et lectrices de mes écrits pour aider à construire des relations saines et épanouissantes, ou alors aider à sauver celles qui souffrent et chancellent.

Pourquoi moi, je me demande souvent? Ce n’est pas parce que mon couple à moi est parfait. C’est vrai que cela fait plus d’un demi-siècle que mon époux et moi avons décidé de cheminer ensemble. Et rien, apparemment, n’indique que nous aussi avons eu nos hauts et nos bas. Et pourtant nous les avons eus, croyez-moi! Parce que le mariage n’est pas Disney World!

Aux marchés aux puces en Décembre dernier à Nairobi, un des vendeurs à qui je voulais acheter de magnifiques sandales Masai m’a donné un prix trop élevé (je connaissais le prix pour en avoir acheter d’autres paires quelques jours avant) et m’a demandé de surcroît de le payer en dollars américains ou en Euros. Lorsque je me suis plainte et lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que je viens des Etats Unis ou d’Europe et que je suis riche.

“Tu te trompes!” lui ai-je dis.

“Non, tu brilles trop et tu ne peux venir que des Etats Unis ou d’Europe!” me dit-il.

“Je vis a Nairobi comme toi!” continuai-je.

“No way, Madam!” dit-il.

“Et même si je vivais en Europe ou aux Etats Unis, pourquoi paierais-je plus cher un produit qui coûte nettement moins cher?” lui demandai-je.

“Parce que vous avez de l’argent, madame” répondit-il.

Il ne me connaissait pas, je ne le connaissais pas, c’était notre première rencontre et jusque-là nous n’avions eu aucun échange qui lui aurait donné des indications sur mon lieu de résidence. Mes tentatives de lui faire comprendre que ce qu’il percevait n’était pas la réalité n’ont pas réussi à lui faire changer d’avis.

A Yaoundé au Cameroun, toujours en Décembre dernier, j’ai encore eu droit à ce même type de traitement. Le vendeur de chaussures à qui ma fille et moi-même voulions acheter des flip-flop s’est carrément indigné que je lui dise que le prix des flip-flop que ma fille avait choisis était exagéré.

“Si je vous vends à ce prix-là, à combien est-ce que je vendrais aux pauvres, Madame?” m’a-t-il demandé.

Pour lui aussi, j’appartenais à une catégorie de classe sociale à qui il pouvait et devait même vendre ses produits à un prix plus élevé sans que je ne bronche. Tout cela à cause de ce qu’il voyait, c’est-à-dire mon physique, mon apparence.

Comme vous voyez donc, ce que nous voyons ou percevons n’est toujours pas la réalité et les apparences trompent! Non seulement je ne vis pas aux Etats Unis ni en Europe, mais mon couple n’est pas parfait, tout comme aucun ne l’est d’ailleurs. Chaque couple a des problèmes. Ses problèmes. Et ceux qui s’apprêtent à se dire “oui” doivent savoir que le couple qu’ils vont former en aura aussi. Petits ou grands, des problèmes, il y en aura. Ce qui fait la différence entre le couple A qui ne se déchire pas et qui vit pourtant ensemble depuis 50 ans et plus, et le couple B qui s’entredéchire et bat de l’aile c’est le type de fondation qu’ils ont construite et sur laquelle ils ont bâtit leur couple et la façon dont ils gèrent les problèmes auxquels leur couple fait face. Celui ou celle qui vous dit donc qu’ils n’ont pas de problèmes dans leur couple ment. Comment cela serait-il d’ailleurs possible?

En effet, chacun des partenaires est né dans une famille différente, a reçu une éducation différente, a rencontré, tout au long de sa vie –et continue à rencontrer- des gens aux parcours et backgrounds différents, lu des livres, regardé des films, visité des pays ou régions qui les ont façonnés et fait d’eux l’homme et la femme qu’ils sont devenus. Etre d’accord sur tout et à tout moment n’est simplement pas possible. Et cela peut évidemment créer des étincelles.

Un ami à moi me disait il y a quelques années lors d’un échange sur les relations de couple qu’il n’aime pas que ceux qu’il aime le contrarient. Je lui ai alors dit qu’il valait mieux qu’il ne se mette jamais en couple avec quelqu’un car une telle chose n’est simplement pas possible. Et si jamais cela arrivait, ce serait une espèce de dictature ou l’un des partenaires impose son point de vue et a toujours raison, et l’autre est opprimé et privé du droit de s’exprimer librement, et de contribuer activement à la construction du couple.

En effet, deux intelligences valent toujours mieux qu’une. Si dans un couple c’est une seule personne qui pense et décide de tout, tout seul ou toute seule, tout le temps, ce couple n’est pas sain. Il n’est pas fort. C’est un couple diminué, privé de tous ses moyens et ses atouts. Le dictateur continuera à dicter si l’autre partenaire choisit, pour une raison ou une autre, de laisser faire et de vivre cette vie misérable et opprimante, ou alors l’autre partenaire refuse cette situation et, alors, il y a clash!

Des éclats de voix, il y en a et il y en aura dans tout couple. Des conversations difficiles où vous peinerez à trouver des mots justes pour transmettre votre pensée à votre partenaire. Mais que cela reste des éclats de voix et pas autre type d’éclats. Et, vous savez quoi? C’est sain! Chaque couple a besoin de confrontation de temps en temps. Et cela est tout a fait normal parce que c’est normal de ne pas être d’accord sur tout tout le temps, d’avoir des divergences de point de vue.

Lorsque cela arrive, et cela arrivera, échangez de façon responsable. Souvenez-vous qu’il ne s’agit pas pour l’un d’avoir raison et pour l’autre d’avoir tort, mais surtout de trouver un common ground, ce common ground où le gagnant c’est le couple! Et surtout, veillez à ce que dans toute confrontation, la dignité de chacun des partenaires reste INTACTE!

Confrontation?

 

Ton tour!

Si tu as aimé cet article et l’as trouvé utile, partage-le!  Et si tu as des trucs qui te permettent de construire un mariage sain, épanouissant et qui dure, je serais heureuse de les connaître, mes lecteurs et lectrices aussi!

Celine

 

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Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps

Il y a quelques jours nous avons tous suivi avec stupeur, émotion et surtout rage la tuerie qui a eu lieu dans une école primaire aux USA, laissant sur le carreau plus de 28 personnes dont plusieurs enfants de moins de dix ans. Lorsque ces personnes qui ont perdu leur vie dans la tuerie sont parties de leurs maisons ce matin-là, elles avaient des projets dont celui à court terme: rentrer à la maison après leur journée de travail ou d’école. Aucun d’entre eux, et je peux parier tout ce que vous voulez, n’avait pensé que ce projet ne verrait jamais le jour. Que quelqu’un mettrait un terme à leur vie. Que quelqu’un volerait leur vie, leur innocence.

Peut-être qu’avant de quitter leurs domiciles ce matin-là, certains se sont disputés avec leurs partenaires, leurs enfants, leurs parents, et sont partis sans dire aurevoir. Sans dire à ces êtres bien aimés combien ils les aiment. Combien ils sont importants pour eux. La colère, comme vous le savez, rend presque fou, brouille l’esprit et nous empêche de nous conduire comme il se doit.

Peut-être que sur le chemin de l’école, en classe ou au travail, ces enfants et ces adultes ont pris la résolution de corriger cette erreur dès que la cloche sonnerait , ou mieux, dès qu’ils arriveraient à la maison.

Peut-être qu’après avoir réalisé combien la colère, ou tout autre sentiment qui les a empêchés de dire leur amour à leur famille pouvait être néfaste, ils ont décidé et même juré de ne plus jamais se laisser kidnapper par leurs émotions, et surtout de ne plus jamais considérer leurs chers êtres comme cadeaux. Mais tout ceci, ils n’auront jamais l’occasion de le mettre en pratique parce que la mort est intervenue dans ce processus.

Depuis cette tuerie des USA, une de plus comme vous le savez tous, j’ai beaucoup réfléchi. A la vie, à la valeur que nous lui accordons. A toutes ces choses qui nous rendent heureux, qui contribuent grandement à notre bien-être et bonheur, notre équilibre, mais que nous prenons presque toujours pour acquis. A ces personnes qui nous comblent mais que nous ne voyons presque pas, regardons d’en haut, méprisons. Négligeons.

J’ai pensé à toutes ces personnes qui dorment sous un même toit, parfois même dans un même lit, travaillent dans un même bureau, parfois sur une même table, sans se parler.

A ces voisins qui se croisent tous les jours dans l’ascenseur ou au bas de leur immeuble, à l’épicerie du coin, à l’école de leurs enfants, sans s’adresser la parole.

J’ai pensé à nos enfants que nous ne voyons pas parce que nous partons tôt au travail lorsqu’ils dorment encore, et rentrons tard lorsqu’ils dorment déjà.

Quelqu’un disait qu’il y a trois choses qu’on ne peut pas rattrapper:

-les paroles lorsqu’elles sont déjà dites
-le temps lorsqu’il est déjà passé
-le moment lorsqu’il est perdu

La tuerie des USA doit nous servir de leçon. Une leçon de vie. Rien n’est garantie.
La vie n’est pas garantie.
Nulle part.
La mort peut surgir à tout moment et frapper les jeunes, les adultes, les personnes âgées. Elle est là, omniprésente, omnipuissante. Elle est là, et comme nous ne savons pas et ne saurons jamais quand elle frappera, encore moins où elle le fera et de quelle manière, mieux vaut solder ses comptes et être prêt à tout moment.

Vous n’avez pas été éduqué pour exprimer votre amour à votre partenaire, vos enfants, vos frères et soeurs?

Vous ne savez pas comment vous y prendre quand bien-même vous souhaitez le faire?

Ce n’est pas grave. Vous pouvez toujours apprendre. Si vous ne pouvez pas le leur dire oralement, il y a plusieurs autres manières de le faire. Mais s’il vous plaît, faites-le. Tout le temps. Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps, au risque de le regretter le reste de votre vie.

Trouvez du temps pour partager ces moments inoubliables avec votre famille. Embrassez vos enfants, votre partenaire. Chaque moment passé ensemble est précieux. Chaque mot dit pour exprimer son affection, son amour, est plus que précieux: vital.

Ne vous quittez pas en colère. Ne vous mettez pas au lit en colère contre votre partenaire, vos enfants, vos êtres les plus chers. Contre personne d’ailleurs. Evacuez cette colère pour votre propre bien-être ainsi que celui de l’autre. Inscrivez la paix au coeur de votre vie. Embrassez et cultivez-la. Acceptez le conflit et la confrontation puisqu’ils sont inévitables. Mais ceux-ci doivent conduire à un avenir meilleur, pas à la destruction.

L’année 2013 est au coin de la rue. Elle est presque déjà là. Les conflits, les divergences de point de vue, nous les aurons tout au long de cette nouvelle année. Ils font partie de la vie. Ils sont la vie. Mais cette année nouvelle, ou encore l’avenir sera déterminé par la façon dont nous répondrons, gèrerons ou affronterons ces conflits, ces nombreux dos d’âne qui joncheront notre chemin. Si j’ai un conseil à vous donner ici, c’est de rester positif et de ne pas laisser ces contraintes, ces difficultés nous voiler l’esprit au point de nous empêcher de dire à tous ceux qui comptent pour nous combien nous les aimons, combien ils comptent pour nous.

Si tu as tiré des leçons de vie de la tuerie perpétrée dans cette école américaine dernièrement, je serai heureuse que tu les partages avec nous, ici. La vie est courte, et nous avons tous besoin de dire notre affection, notre amour à ceux que nous aimons et estimons. Pendant qu’il est encore temps. Des stratégies pour le faire, mieux le faire, sont donc la bienvenue.

A toi et surtout à bientôt ici pour toujours plus de tips et de trucs pour améliorer notre vie.

Céline SIKA