Il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne

La réaction d’un de mes lecteurs, Pierre Marie, à un de mes derniers papiers -Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps- m’a donné l’opportunité de clarifier auprès de mes lecteurs et mes lectrices ma démarche, ou mieux l’objectif que je veux atteindre en écrivant et en partageant ces papiers avec vous, mes lecteurs et lectrices.

Le feedback très pertinent de Pierre Marie a le mérite de poser des questions existentielles auxquelles nous devons apporter des solutions pour ne pas … couler avec le bateau de notre vie. Le stress du travail; les divergences de notre point de vue avec celui de notre partenaire, nos enfants, nos collègues, nos voisins, nos frères et soeurs; la difficulté à concilier les exigences de la vie moderne avec notre développement personnel important et l’éducation de nos enfants -tout aussi importante-, une bonne éducation surtout, tout cela est difficile à gérer, et malheureusement je ne peux pas vous apporter des solutions toutes prêtes parce qu’il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne.

Comment pourrais-je le faire lorsque chaque être, chaque couple, chaque enfant, chaque situation est UNIQUE et, par conséquent, requiert une réponse, une approche, une solution spécifique?

Ce que je fais avec mes écrits et mes paroles, c’est de partager mon expérience de vie avec vous, mes lecteurs et lectrices -et mon auditoire aussi- afin de vous aider à trouver chacun des réponses à ses problèmes spécifiques, des réponses adaptées à ses problèmes spécifiques selon sa constitution personnelle, son background culturel, son éducation, ses lectures, ses fréquentations, le milieu dans lequel chacun évolue, parce que tout ceci compte et contribue à faire de nous ce que nous sommes.

Je n’apporte pas des solutions aux challenges de la vie: j’aide ceux et celles qui cherchent des solutions à ces multiples challenges à trouver celles qui leur vont comme sur mesure. En partageant ma propre expérience, mes lectures, mes découvertes, les observations que je fais des choses de la vie, de la vie et des hommes et des femmes.

Des divergences de points de vue ou les désaccords, le stress, la confrontation, les exigences de la vie moderne, nous en aurons toujours et nous devons les embrasser car ils nous permettent de nous découvrir , comme le disait Jean Paul Sartre: « L’Homme se découvre lorsqu’ils se mesure à l’obstacle. »

Je ne serais pas heureuse si mon mari disait toujours « oui oui » à tout ce que je lui dis. Mon mari, mes enfants, mes amis, mes collègues. Cela m’inquiéterait terriblement car la beauté d’un tableau vient de la diversité de ses couleurs, de la richesse de ses couleurs, et pas du tout de l’uniformité, l’unicité de sa couleur unique.

Mon fils exprime un point de vue différent du notre (de celui de son père et du mien) sur une question précise qui concerne, par exemple, sa vie, son avenir? Je le félicite car il affirme sa personnalité, il me prouve, il nous prouve qu’il a du tempérament, qu’il peut avoir une opinion et surtout la défendre, qu’il peut se battre dans un monde de plus en plus complexe. Je ne pense pas qu’il me défie, NON. Il ne me défie pas: il s’exprime.

Je ne dis pas non plus qu’il n’est pas soumis comme la plupart des parents, du moins ceux de la génération passée, disent parce que la soumission est la pire des choses qui existe a mon avis. Elle tue le talent, la proactivité, la créativité, l’esprit d’initiative. Ce que je fais c’est encourager mon fils en développant le leadership de groupe, je l’aide à devenir plus smart. Je l’encourage à se développer en lui créant de l’espace, en créant des conditions pour cela parce que une seule main ne peut attacher un paquet. Parce que plusieurs intelligences valent TOUJOURS mieux qu’une seule.

Il en est de même pour mon/ma partenaire. Un partenaire béni oui-oui c’est la pire des choses qui peut arriver à quelqu’un. Comment construire quelque chose de durable, de solide, comment s’épanouir, devenir et donner le meilleur de soi-même avec quelqu’un qui n’a pas d’avis, quelqu’un qui ne peut pas te dire « pourquoi pas? » Il est important que le train déraille de temps en temps à mon avis, et je n’ai jamais autant brille que lorsque mon mari, mes enfants, mes amis m’ont pose cette question: « pourquoi pas? »

Pour me résumer, je dis ceci: je ne donne pas de solutions aux problèmes existentiels: j’aide chacun à sculpter ses propres solutions, celles qui collent bien et mieux à ses problèmes.

La vie est en perpétuel changement (avec plusieurs étapes) et, souvent, nos besoins personnels à un moment donné de notre vie ne riment pas toujours avec ceux de notre famille. Il nous faut alors trouver ce que les anglophones appellent « common ground » pour que personne (ni nous-mêmes ni notre famille) ne soit sacrifié. A plusieurs reprises j’ai retardé la réalisation des projets personnels qui m’étaient pourtant très chers au nom de ma famille. Ou redéfinit mes priorités, sans sacrifier mes besoins personnels pour autant (parce que cela risquerait de nuire à ma famille car un partenaire frustré est une grande menace pour le développement de la famille).

Comment je fais pour appliquer au quotidien ce que je vous conseille de faire pour améliorer votre vie?
Comment dire à ses êtres les plus chers qu’on les aime même lorsque tout va mal, lorsque le stress nous terrasse?
Comment gérer les divergences de point de vue avec son/sa partenaire, ses enfants?
Comment concilier les exigences de la vie moderne, son développement personnel et l’éducation que nous devons donner à nos enfants?

1. Il faut avoir un objectif/une visibilité

Où es-tu? Où veux-tu aller? Ou mieux, que cherches-tu dans la vie?

Pourquoi est-il important de se poser ces questions et surtout de trouver une réponse à ces questions? Parce que le vent ne saurait être favorable à un marin qui ne sait pas ou il va.

2. Il est absolument important de communiquer, de toujours communiquer

Je dirais même de séduire l’autre (ton/ta partenaire, tes enfants), pour qu’il adhère à votre vision. Il faut le persuader d’embrasser notre vision et ne crois pas que la coercition est la meilleur voie. Tu ne tireras pas grand chose d’un/une partenaire, des enfants, des collègues qui font des choses par crainte de représailles, de la bastonnade, de la sanction, du chantage.

3. Il faut avoir une/des stratégies

Si vous voulez aller à Douala (vision, visibilité) et vous ne savez pas comment vous y prendre pour y arriver, il est probable que vous n y arriviez jamais. Ou alors au prix de trop de difficultés. Par où passerez-vous? Avec quel type de transport irez-vous à Douala: à pied, à vélo, à moto, à cheval, par avion, par bus?

Vous voulez que votre épouse et vous-même prenez votre retraite dans votre village? Partagez l’idée avec elle pendant que vous faites encore connaissance et envisagez encore de vous mettre ensemble, et assurez-vous que vous avez obtenu son adhésion au projet par la persuasion, la séduction, pas par la contrainte parce que cela ne marchera pas. Et ayez les moyens de votre politique. C’est-à -dire que si vous avez avez un certain train de vie en ville, faites votre possible pour garder un train de vie au moins égal à celui que vous aviez en ville au village, sinon, vous irez au village seul, croyez-moi.

4. Vous devez avoir une organisation et une discipline d’enfer

Vous avez votre vision. Vous savez quelles sont vos priorités, par exemple, une bonne éducation pour vos enfants. Pour cela, vous avez décidé de passer au moins une heure TOUS les jours avec vos enfants chez vous, pour discuter avec eux de leurs études mais aussi de leur vie personnel, de leurs projets personnels, de leurs challenges personnels, de la façon dont ils gèrent ces challenges. Lorsque vous prenez cette décision, appliquez-la, quelque soit le degré de votre stress, de votre fatigue, de votre rage contre ce collègue ou ce chef qui vous fait des misères au boulot. Réservez à vos enfants cette heure-la. Non seulement ils apprécieront mais vous atteindrez votre objectif éducatif avec vos enfants.

Vous avez décidé d’aller au lit tous les jours à 22 heures pour être en forme le lendemain et être plus productif pour vos enfants et votre travail? Allez au lit à 22 heures quelque soit l’importance de ce match de foot qui est programme à 1 heure du matin.

Allez au lit à 22 heures quelque soit l’insistance de cet ami que vous n’avez pas vu depuis des années et qui est de passage dans la ville et qui veut que vous alliez à la discothèque pour célébrer vos retrouvailles. Si vous rompez votre routine, le lendemain vous allez non seulement dormir au boulot, rabrouer vos collègues avec qui vous êtes pourtant toujours correct, mais vous allez aussi être incapable de remettre ce rapport qui aurait pu booster votre promotion, ou alors brutaliser votre fils ou votre fille qui vous demande de lui expliquer comment faire cette soustraction, et détruire ainsi la confiance que vous aviez créée entre vous.

5. Le développement personnel: un exercice continue et nécessaire

« Connais-toi toi-même et tu connaitras les dieux ». Cette maxime est capitale. Si tu te connais, tu peux 1) corriger tes faiblesses -c’est-à -dire ce qui t’empêche de voler très très haut et de donner le meilleur de toi-même, d’être le meilleur toi-; et 2) développer tes forces pour triompher davantage. Briller davantage.

Si tu te connais mieux, tu pourras alors mieux cohabiter avec les autres. Mieux les aider à devenir le meilleur d’eux-mêmes. Et ceci n’est possible que si tu prends soin de toi constamment, que si tu fais de ton développement personnel, de l’apprentissage une de tes priorités.

Ce que je viens de dire, n’est que des bribes d’une expérience personnelle. Quelques uns des ingrédients que j’utilise, que mon mari et moi utilisons pour essayer de maintenir cet équilibre instable qu’est la vie. Mais je puis vous assurer que souvent, très souvent, cela marche.

Que pensent les autres lecteurs ? Quelles sont leurs ingrédients, ce qu’ils utilisent pour maintenir à leur tour cet équilibre instable?

Je serais vraiment très heureuse de vous lire, de partager avec vous ces tips et trucs que vous utilisez pour améliorer votre vie.

Celine SIKA

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Un parent ne déclare pas forfait!

« J’ai fait tout ce que je peux. Usé tous mes méninges. Fais appel à tout genre d’aide mais je dois avouer que j’ai échoué. Je jette l’éponge. Qu’il fasse ce qu’il veut. Personne n’est venu sur la terre pour souffrir. J’ai aussi le droit de vivre, voyons.»

Ces mots sont ceux d’un homme, père d’un adolescent de 15 ans qui déclare forfait parce que son fils lui a échappé selon ses propres termes. Cet enfant si calme, si gentil, si travailleur et si obéissant qui, du jour au lendemain, a changé, est devenu arrogant, s’est mis à les insulter son épouse et lui, à leur voler leur argent avec les stratégies dignes de grands gangsters (il s’introduit dans la chambre de ses parents à travers la fenêtre, fais le double des clés de la maison, vole leur carte de crédit et s’en sert, etc.). L’enfant qui était parmi les meilleurs élèves de son école en termes de résultats scolaires et de comportement a été exclu non seulement parce que ses résultats étaient de plus en plus mauvais, mais aussi parce qu’il était devenu une menace pour ses camarades. Très violent.

Lorsque j’écoute cet aveu, je pense à mon petit frère qui, lui aussi a suivi pratiquement le même cheminement et qui, aujourd’hui, à presque 30 ans, et après avoir passé trois années en prison pour vol à main armée, essaie de se réintégrer dans la société mais la tâche, je l’avoue, n’est pas facile. Pour lui. Pour nous qui l’aidons à le faire.

En écoutant mon ami, je pense également à tous ces autres enfants qui se sont égarés et sont devenus tout ce que vous pouvez imaginer de mauvais dans notre société simplement parce que, au moment où on devait les aider à prendre le bon chemin, au moment où quelqu’un devait leur dire : faites attention, ne prenez pas ce chemin car il risque de vous nuire ; ne fréquentez pas ces personnes car elles ont des conduites inappropriées qui risquent de vous perdre ; ne suivez pas cette petite amie parce qu’elle a une influence négative sur vous ; n’allez pas à cette soirée car vous avez un examen important à passer demain, et ferez mieux de réviser vos leçons et d’aller au lit tôt pour être en forme demain matin ; ne prenez pas ce médicament ou cette boisson soi disant énergétique car vous allez devenir dépendant et perdre votre capacité à vous contrôler et prendre des décisions, faire de bons choix ; au moment où ils avaient besoin de quelqu’un pour leur dire de faire attention aux décisions qu’ils prennent car celles-ci détermineront leur avenir, à ce moment-là, il n’ y avait personne. Ils étaient seuls.

Il est impossible de récolter des patates lorsqu’on a semé des haricots. Et j’ai toujours eu de la peine à comprendre qu’un enfant que nous avons-nous-mêmes conçu, porté pendant neuf mois dans notre ventre, lavé, langé, nourri à la petite cuillère, aidé à se lever et marcher, devienne notre bourreau. J’ai lu des reportages de parents espagnols qui doivent se barricader derrière des portes à double tour et appeler la police pour qu’elle les sauve parce que leurs enfants sont fâchés. Fâchés parce qu’ils n’ont pas par exemple pu leur donner le dernier gadget électronique qu’ils réclamaient. Des parents qui tremblent lorsque leurs enfants parlent.

Qui blâmer : les enfants ?

Non. Non et non. Ils n’ont pas demandé à naître. A partir du moment où nous leur donnons naissance –qu’ils aient été conçus volontairement ou par accident-, nous avons la responsabilité de nous occuper d’eux. De les aider à grandir et devenir des hommes et des femmes épanouis, heureux et armés d’outils dont ils ont besoin pour exercer le difficile métier de l’Homme. Savoir cela nous permet d’accepter et de mieux jouer ce rôle de leader et de maître auprès de nos enfants. Nous avons la responsabilité de les discipliner, et permettez-moi de souligner ici que discipliner ne veut pas dire sanctionner, punir, humilier. Discipliner veut dire enseigner, aider l’autre –qui peut être notre élève, notre enfant, notre partenaire, etc.- à apprendre pour mieux faire.

Si vous n’avez pas montré à votre enfant comment il doit se comporter, et que le pauvre a dû apprendre tout, tout seul ;

si vous n’avez ouvert la bouche que pour aboyer, l’insulter et le traiter de tous les noms d’oiseaux rares, au lieu de parler avec lui, de l’écouter, de le respecter en tant qu’être humain même s’il a un an d’âge ;

si vous n’avez ouvert la bouche que pour lui donner des ordres ;

si vous vous êtes comporté comme une parfaite crapule au lieu d’être un modèle pour vos enfants, racontant le soir à la maison autour d’une bière comment vous avez acheté votre chef pour obtenir ce marché dont vous avez par la suite détourné les fonds pour construire ce beau duplex dans lequel vous vivez et cette Porsche Cayenne dans laquelle vous roulez ;

si vous avez fermé les yeux sur des comportements inappropriés que votre enfant a adoptés petit à petit, au lieu d attirer son attention sur les effets négatifs de ces comportements ou décisions pour lui –notez que je dis attirer son attention et pas le sermonner, le menacer, le faire chanter-,
si vous avez fait tout ceci et bien d’autres choses qu’un parent ne devrait pas faire, alors ne soyez pas surpris que votre enfant se perde, soit perturbé et devienne voyou, gangster, comme le fils de mon ami ou pire.

Aucun enfant ne naît foncièrement têtu, arrogant, méchant, voyou. Un enfant qui naît est comme un disque dur sur lequel nous pouvons graver tout ce que nous voulons. Nous avons le devoir de n’y graver que ce qui va lui permettre de devenir, pas ce que nous voulons, mais ce que Dieu et lui-même ont voulu. Notre devoir c’est de l’aider à acquérir les outils dont il aura besoin pour devenir cette personne qu’il souhaite devenir, mais une meilleure personne, une personne épanouie, capable de se prendre en charge et de contribuer activement et efficacement au développement de sa communauté, à la construction du monde. Mais pour réussir cette tâche, nous devons nous armer d’outils, de bons outils : la patience, la disponibilité, l’empathie, le respect.

Nous devons apprendre à lire et interpréter certains messages non verbaux que nos enfants nous passent, à réorienter, pas punir, à maîtriser nos émotions et garder notre calme lorsque la réponse que nous attendons de nos enfants n’est pas celle que nous souhaitions.

Nous devons tout faire sauf abandonner la tâche. Jeter l’éponge. Ce serait un aveu d’échec, une fuite de responsabilités. Une démission. Nos enfants ont besoin de nous. Ils auront toujours besoin de nous. Même lorsqu’ils auront 90 ans. Nous n’y pensons pas souvent, mais c’est tout simplement vrai.

Céline SIKA

Le succès n’est pas un accident: préparez votre enfant pour qu’iI réussisse

ImageLes vacances sont presque finies et l’heure est maintenant à la préparation de la rentrée scolaire 2012-2013, laquelle, pour certains établissements scolaires, a d’aileurs déjà commencé.

Les parents ont identifié un établissement scolaire pour leurs enfants, seuls ou avec ces derniers, les y ont inscrits et payé les frais exigés par l’administration de l’école. Ils ont acheté les fournitures scolaires, payé la cantine, l’internat, ou l’appartement dans lequel leur enfant va vivre pendant l’année scolaire si celui-ci doit quitter la maison familiale. Que ce soit pour les enfants qui vont à l’école pour la première fois, ou pour ceux qui y vont déjà depuis plusieurs années, que ce soit pour ceux qui changent de cycle scolaire ou qui le feront bientôt, les parents ont mis le paquet pour que leurs enfants réussissent leur année scolaire.

Mais choisir la meilleure école pour nos enfants, payer les frais de scolarité, le loyer, le transport, les fournitures scolaires et autres vêtements ne suffisent pas à assurer le succès à vos enfants. Vous devez, en plus de leur assurer tout ceci –créer les conditions matérielles-, prendre également un certain nombre de mesures pour, non seulement les aider à construire une fondation solide, mais aussi les accompagner pendant tout le processus.

Alors, quelles sont ces mesures, vous me demanderez?

  1.  Vous assurez que vous êtes là, présent, auprès de votre enfant. Qu’il soit loin de vous n’est pas un problème, surtout aujourd’hui où nous avons tous ces gadgets électroniques qui rapprochent les gens et éliminent les distances. Si votre enfant vit avec vous, soyez là parce qu’il a besoin de vous. Avant 18 ans, tous les enfants ont besoin de leurs parents pour les aider à mieux se déveloper, à s’organiser, à être indépendants,  à trouver leur voie, à se trouver, à trouver des réponses aux problèmes académiques mais aussi et surtout les problèmes de la vie.
  2. Interessez-vous à ce que votre enfant fait à l’école mais aussi à la maison, avec ses amis. Même si vous ne comprennez rien à ce qu’il fait à l’école, le seul fait de lui demander ce qu’il a fait de sa journée le rassure et le renforce. Il sait qu’il peut compter sur vous.

Vous pouvez faire ceci en lui posant de simples questions:

– Comment a été ta journée à l’école aujourd’hui? Auprès de qui étais-tu assis aujourd’hui en classe?

Et, si possible, posez-lui des questions sur des personnes très précises du genre:

-Comment ça va avec Linda maintenant?

-Ta relation avec Pablo est-elle toujours aussi difficile?

-As-tu présenté tes excuses à Helena comme nous avions conclu l’autre jour?

-Quelqu’un t’a-t-il importuné?

-Qu’avez-vous fait aujourd’hui en classe? Tout s’est-il bien passé? Monsieur Blanchard est-il revenu? Que pensent tes camarades de son absence?

-As-tu eu des diffcultés sur un sujet précis? La profe de maths t’a-t-elle invité au tabeau aujourd’hui encore? Ah bon? Bravo!  Et c’était pour faire quoi exactement?

-Madame Sika a-t-elle remis les notes d’Espagnol? Ah bon? Et, quelle note as-tu eue, mon grand? Felicitations!

Et, après avoir jeté un coup d’oeil sur son travail:

-Wow, c’est intéressant ce dessin. Peux-tu m’expliquer ce que c’est que le système digestif?  Qu’est-ce qu’un reptile?

Il sera alors très heureux de vous expliquer ce que lui il a appris, et ce sera un moyen formidable pour lui d’asseoir ses acquis.

-Demandez-lui ce qu’il a fait pendant la journée et qui lui a plu:

-Où en es-tu avec ta lecture de Harry Potter?

-Et le projet de Science, l’avez-vous fini?

-Qu’as dit la profe de ton projet de recyclage?

Il y a de chances que votre enfant se plaigne s’il a eu des ennuis à l’école, avec quelqu’un de spécifique, un camarade, un enseignant, quelqu’un dans le taxi ou le bus scolaire. Pretez l’oreille et soyez prêt à écouter et à le rassurer, à l’aider à surmonter ces difficultés.

3. Créez-lui suffisament d’espace pour qu’il puisse s’exprimer et se confier à vous sans aucune crainte.

Ceci est absolument important pour désamorcer certaines crises, régler certains problèmes avant qu’ils ne deviennent ingérables. Votre maison doit être un havre de paix et pas un enfer, un endroit où votre enfant se sent en confiance, auprès des parents qui l’aiment  et qui lui apportent tout le soutien dont il a besoin.

Un enfant à qui on ne permet pas de parler, de s’exprimer, ne s’exprimera pas même s’il a  de graves problèmes. Créez une relation de confiance avec votre enfant. Parlez-lui et écoutez-le avec attention. Il a des besoins autres que scolaires. Ecoutez-les et aidez-le à les satisfaires. Un enfant qui a peur de ses parents ne parlera pas s’il a des difficultés. Démontrez-lui qu’il ne doit jamais hésiter à se confier à vous si quelque chose le dérange, l’incommode. Qu’il peut et doit tout vous confier parce que vous êtes là pour lui et pour l’aider.

4. Répétez-lui à satiété que le secret de la réussite c’est le travail acharné et la consistance dans le travail. Et surtout prêchez par l’exemple car il n y a rien de pire que de dire une chose et de faire son contraire. Vos enfants feront ce qu’ils vous voient faire, souvenez-vous en. Vous êtes des modèles pour eux.

5. Aidez votre enfant à bien s’organiser et à bien gérer son temps pour être plus productif. Jusqu’a 18 ans, ils sont encore des enfants et même souvent au-delà, et ont besoin d’aide.

6. Veillez à ce que votre enfant mange bien, équilibré, et qu’il se repose assez. Mettez un point d’honneur à ce que toute la famille mange ensemble au moins deux fois par semaine autour de la table. C’est le moment idéal pour observer vos enfants afin de voir les changements qui s’opèrent en eux, voir ce qu’ils mangent, comment ils mangent et la quantité de nourriture qu’ils mangent, converser avec eux et les écouter, discuter avec eux de leur avenir, de leur vie personnelle.

7. Aidez-le à bien équilibrer le travail de classe et d’autres activités comme les recherches, l’art, le sport parce que ces autres activités non seulement leur permettront de mieux s’épanouir, acquérir certaines compétences et habiletés, et être plus productifs en classe.

En effet, des études ont démontré que les enfants actifs ont tendance à mieux reussir à l’école que leurs camarades sédentaires. Une autre raison pour laquelle vous devez absolument veiller à ce que votre enfant soit actif hors des salles de classe c’est que ces autres activités feront de lui un étudiant courtisé par les Universités et autres centres de formation plus tard, parce que ceux-ci adorent les étudiants qui apportent quelque chose à leur institution, pas seulement ceux qui viennent pour prendre.

8. Aidez votre enfant à identifier sa passion et aidez-le à poursuivre celle-ci. En effet, l’Université n’est pas faite pour tout le monde et l’expérience a montré que plus de 70% de personnes apprennent une chose à l’école, au collège ou à l’Université mais ne vivent toujours pas de celà plus tard. Si votre enfant a un talent clairement identifié, aidez-le à le développer et vous en ferez un être heureux et épanoui.

9. Entourez votre enfant de personnes ayant fait de bonnes études et carrières, ou ayant réussi dans la carrière à laquelle se destine votre enfant et assurez-vous que ces personnes parlent de leurs études et carrières en présence de votre enfant. Ceci lui permettra d’examiner les options qu’il a et de bien choisir sa voie plus tard.

10. Participez aux réunions organisées par l’école de votre enfant et intéressez-vous à ce qui s’y passe, à ce que fait votre enfant, son travail scolaire, ses activités parascolaires qui ne sont pas seulement un passe temps mais un élément important dans le dévelopment de votre enfant

11. Assistez aux actvités extrascolaires auxquelles participe votre enfant et acclamez-le car cela est bon pour son moral et, en outre, c’est une preuve pour votre enfant qu’il compte pour vous.

12. Exposez votre enfant aux différents types de leaders pour qu’il ait une idée plus large de ce que peut être un leader. Presentez-le aux enseignants retraités, au gestionaire du centre communautaire, au libraire, au coordonnateur de l’organisation non gouvernementale du coin ou du village, au coach du club de football, au pasteur ou prêtre. Ces personnes peuvent montrer à votre enfant comment se fixer des objectfs et comment les atteindre. Le Roi Mohammed VI du Maroc et le Président Ali Bongp Ondimba du Gabon, le Prince Felipe d’Espagne ont été tout au long de leur jeunesse exposés aux différents types de leaders, ce qui leur a permis de se préparer et de jouer le rôle qui est le leur aujourd’hui.

13. Laissez votre enfant jouer aux jeux video car contrairement à ce que l’on pense, cette activité n’est pas une perte de temps. Au contraire.

Selon une récente étude menée sur les jeux videos, ces derniers boostent la creativite des enfants. En effet, ces jeux offrent une multitude de scénarios pour les joueurs qui peuvent et savent  inventer, imaginer et surtout prendre de bonnes décisions au bon moment. Une façon très originale de renforcer la capacité des joueurs à penser hors du monde virtuel des jeux, c’est-à-dire dans la vie réelle. Au lieu donc d’interdire à votre enfant de jouer et de vous attirer ses foudres, ce qu’il faudrait faire c’est de l’aider à organiser et bien gérer son emploi de temps ou les jeux ont bien leur place.

14. Votre enfant doit boire beaucoup d’eau, et pas seulement lorsqu’il a soif. En effet, tout comme le petit déjeuner sain, l’eau a cette vertu de nourrir le cerveau comme vient de le démontrer une étude britanique. Ce liquide, que nous négligeons trop souvent, hydrate le cerveau et permet donc de booster les résultats scolaires, surtout lorsque l’enfant boit régulièrement lors des examens. Par ailleurs, la vue d’une bouteille d’eau à portée de sa main, sa bouteille à lui, qui lui est familière, le rassure et l’aide à tenir.

15. Dites-lui que c’est normal d’avoir un échec, et que celui-ci, loin d’être un obstacle ou la fin du monde, doit être une opportunité d’apprendre de ses erreurs afin de mieux avancer. Si vous tenez ce discours à votre enfant et surtout lui donnez des exemples concrets, les vôtres ou ceux de personnes qu’il connaît, votre enfant se sentira en confiance, n’aura pas peur des difficultés et s’en sortira avec beaucoup plus de facilités.

16. Et, avant qu’il n’entre dans l’enseignement secondaire, et comme le recommande Avis E. Hinkson, doyenne de  Barnard College, New York,  rencontrez le conseiller, le proviseur ou le directeur de son école ou des personnes qui peuvent vous aider à bien examiner ses cours.

En effet, le plus important n’est pas que votre enfant ait des super notes ou soit sur le tableau d’honneur tout le temps, mais qu’il choisisse des cours qu’il pourra efficacement gérer.

17. Encouragez votre enfant à prendre des rôles de leader dans sa classe, son école, à l’église, l’organisation de développement de son quartier ou de sa communauté, un club sportif. Trouvez-lui un environnement où il peut participer, contribuer à trouver des solutions aux problèmes de la vie réelle. Ceci l’aidera à construire la confiance en lui et acquérir dès son jeune âge des compétences nécessaries pour mieux gérer sa vie d’adulte et mieux faire face aux situations de la vie.

18. Et surtout, soyez transparents comme parents. Ne lui parlez pas seulement de vos réussites. Parlez-lui aussi de vos erreurs, de vos échecs. Ceci lui permetra de comprendre que ceux-ci font partie de l’apprentisage. Et n’oubliez pas de lui dire que les erreurs ne sont des erreurs que si on n’apprend pas d’elles.

19. Si votre enfant quitte l’enseignement secondaire pour une école de formation ou l’Université, aidez-le à commencer ses études de bon pied et les réussir en ne commettant pas ces trois grandes erreurs que commettent presque tous les étudiants qui entrent à l’Universite pour la première fois:

-la mauvaise gestion du temps

-la non-utilisation de l’agenda

-l’ignorance des ressources disponibles

Votre enfant arrive dans une nouvelle ville où il ne connaît personne. Tout est nouveau pour lui. Il est désormais “libre”, c’est-à-dire n’a plus à demander des explications ou demander votre permission s’il veut sortir, et peut rentrer dans sa chambre  à l’heure qu’il veut. Il y a plein d’activités dans la ville, tout le temps, et la tentation est trop forte pour ne pas y succomber. Mais il oublie que le temps passe très vite et que très bientôt les examens vont commencer –souvent six semaines seulement après la rentrée universitaire- et qu’il doit les passer. Il en prend conscience souvent tard et bonjour le stress.

Il peut se rattraper s’il connaît et surtout fait appel aux multiples ressources offertes par les différentes universités: aide à la recherche du logement, soutien d’apprentissage, service d’orientation ou de planification financière, etc. Malheureusement les nouveaux étudiants hésitent trop souvent ou alors négligent ces ressources disponibles qui leur sont offertes et bonjour les dégâts!

L’agenda est un excellent outil de gestion du temps et de l’organisation du travail. Malheureusement, il est trop souvent négligé par les étudiants qui pourraient pourtant s’épargner un stress inutile s’ils apprenaient à les utiliser et les utilisaient vraiment.

Et la sécurité dans tout ca? Elle est capitale. Que faut-il faire pour revoir votre enfant qui est allé à l’école tous les soirs?

  1. Assurez-vous que votre enfant sache son nom en entier, ainsi que son adresse et numéro de téléphone pour les plus petits. Qu’il sache aussi vos noms et vos numéros de téléphone où il peut vous joindre –ou les autres- en cas de difficulté.
  2. Il est important que vous sachiez en tout temps où se trouve votre enfant, et qu’il sache également vos allées et venues.
  3. Evitez d’identifier de façon trop visible les affaires (sac de classe, uniforme, etc.) de votre enfant car il lui sera difficile de ne pas faire confiance à quelqu’un qui l’appelle par son nom ou prénom.
  4. Choisissez un mot de passe connu de vous seul et de votre enfant, mot que votre enfant devra toujours exiger à toute personne qui dit que vous l’avez envoyée à votre place pour le ramener à la maison, avant de la suivre.
  5. Si votre enfant voyage en autobus, accompagnez-le s’il ne peut pas encore aller à l’arrêt du bus tout seul, et assurez-vous qu’il est bien monté à bord.

Soyez-là à son retour, et si ce n’est pas possible, trouvez quelqu’un de confiance qui l’accueillera à son retour. Si vous devez aller le prendre à l’école, soyez là à la sortie des cours ou alors organisez-vous pour que quelqu’un de confiance soit là pour le prendre à la sortie de l’école.

6. Si votre enfant va à l’école à velo ou à moto, assurez-vous qu’il suit les consignes de sécurité  pour cyclistes (casque, par exemple) et piétons. Etablissez avec lui le trajet qu’il devra toujours prendre et assurez-vous qu’il ne prend pas les trajets isolés. S’il peut voyager avec un ami ou des amis, c’est encore mieux. Avec lui, identifiez le long du trajet entre la maison et l’école les endroits où il pourra aller en cas de nécessité ou urgence (stations essence, restaurant, police, etc.).

7. Avec votre enfant, jouez au jeu “que ferais-tu si jamais tu…?”. Cette technique est très efficace car elle permet à votre enfant de savoir quoi faire, comment se comporter dans des situations récurrentes, bref de prendre de bonnes décisions même s’il est seul face au danger: s’il est approché par un étranger qui s’offre de le ramener à la maison dans sa voiture un soir où il pleut, qui l’invite à aller chez lui voir sa nouvelle console, boire du chocolat chaud.

8. Assurez-vous de connaître les amis de votre enfant ainsi que leurs parents.

9. Si votre enfant quitte la maison familiale pour vivre ailleurs pendant qu’il étudie:

-assurez-vous que au moins une personne de confiance connaît où il vit, a ses contacts et les vôtres pour le/vous joindre en cas de besoin

-encouragez-le à donner de ses nouvelles au moins une fois tous les trois jours

-encouragez-le à prendre certaines mesures de sécurité : fermer sa chambre à clé, bien garder ses documents importants en lieu sûr (passeport, acte de naissance, cartes de crédit, permis et visa d’étude, relevés de notes, etc.); ne pas sortir et rentrer tard chez lui; restreindre l’accès à son logement, etc.

-encouragez-le à rester actif en rejoignant des clubs et autres activités de son intérêt où il peut rencontrer des personnes ayant les mêmes intérêts que lui et interagir avec elles

-encouragez-le à faire du volontariat pour apprendre et aider ceux qui ont besoin d’aide

-encouragez-le à faire ses courses avec de l’argent comptant et pas ses cartes de crédits car ceci lui permet de mieux gérer son argent et éviter le piège du credit

-encouragez-le à rencontrer ses enseignants régulièrement pendant et en dehors des heures de classe pour conseils, inspiration et orientation en ce qui concerne sa vie scolaire et même après scolaire

-encouragez-le à ne pas hesiter à demander de l’aide à Dieu mais aussi et surtout à ses camarades de classe, ses enseignants, les nombreux conseillers dont regorge son école et son université s’il en éprouve le besoin.

Comme vous l’avez vu avec moi, le succès n’est pas un accident. Il ne tombe pas du ciel comme la pluie. Il se construit, patiemment, dès notre plus jeune enfance. Nous n’avons pas toujours eu la chance d’avoir des parents qui savaient très bien ce qu’ils devaient faire pour nous aider à nous déveloper harmonieusement et acquérir les connaisances et les compétences  dont nous avons besoin pour réussir notre vie d’adulte. J’espère que vous allez trouver ces quelques idées utiles pour vous et vos enfants.

Bien sûr, cette liste est très loin d’être exhaustive. je ne vous ai donné ici que quelques idées que j’ai moi-même exploitées et qui ont marche. Je vous invite donc à contribuer à l’enrichir pour que nous tous ayons des outils effcaces pour aider, accompagner nos enfants dans leur processus de développement et surtout les aider à asseoir une base solide et nécessaire à la réussite de leur vie.

Comment avez-vous préparé la rentrée scolaire de vos enfants?

Quelles sont les stratégies que vous adoptez pour que celle-ci se passe sans trop de dégâts?

Je serais très heureuse que vous partagiez ces tips et trucs avec nous, ici. Parce que lorsqu’on sait, on enseigne, on partage.

Si vous avez aimé, et surtout si vous avez appris quelque chose d’utile, faites-moi plaisir: partagez ce papier avec les vôtres car ils pourraient en avoir besoin.

Céline SIKA

C’est possible de préparer sa retraite quand 1000 personnes comptent sur nous pour vivre

Après avoir lu mon dernier article sur la retraite, Lucienne, une amie à  moi, m’a posé cette question très pertinente: comment préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre?

Cette question, Lucienne n’est pas la seule à se la poser: plusieurs personnes, surtout en Afrique, se la posent à longueur de journée et d’années, sans toujours y trouver une réponse. Pourtant il le faut bien. J’ai partagé ma petite expérience avec Lucienne, et je voudrais en faire de même avec vous. Voici ma réponse à Lucienne.

Si j’ai décidé de créer ce blog, c’est pour parler des sujets vitaux comme celui de la retraite et des difficultés que nous autres, africains, éprouvons pour préparer cette retraite et faire bien d’autres choses. Tu as bien fait de poser le problème et j’espère qu’ensemble nous allons y réfléchir et trouver une solution parce que, Lucienne, il faut préparer sa retraite. Tu sais aussi bien que moi que c’est absolument nécessaire.

Je crois que tu ne voudrais pas être une charge pour tes enfants demain, n’est-ce pas? Parce que le monde dans lequel nous vivons devient de plus en plus compliqué et nos enfants connaîtront plus de difficultés que nous. Nous le voyons dejà avec tous ces jeunes qui sortent de l’Université et ne peuvent pas trouver un emploi. Nous encore nous avons quelque chose même si ce n’est très souvent pas ce que nous souhaitons. Mais nos enfants, ce ne sera pas du tout évident.

Je crois aussi que tu aimerais pouvoir demain, lorsque tu prendras ta retraite, vivre décemment, couvrir au moins tes frais de base, sans devoir tendre la main, sans déranger personne, même pas ces personnes à qui tu donnes tout aujourd’hui au point de ne pas penser à préparer ta retraite.

Je sais, et je suis d’accord avec toi que nos parents nous ont donné la vie, mais tu reconnais avec moi que nous n’avons pas demandé à naître, Lucienne.

Ils nous ont élevés et envoyés à l’école mais ils ne faisaient que leur devoir de parents, Lucienne. En principe, en principe je dis bien, nous ne leur devons rien. Ils ont contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui en nous donnant de l’affection, en nous protégeant, en nous conseillant (pour ceux et celles qui ont eu la chance que les choses se passent ainsi parce que je connais des parents qui se contentent de te donner la vie et le reste ne les regarde plus) mais, une fois encore, ils faisaient leur devoir de parents. Alors, je pense, et c’est mon point de vue, uniquement mon point de vue, que nous aidons nos parents parce que nous les aimons et ne souhaitons pas qu’ils souffrent ou manquent de quelque chose. Moi je le fais, tu le fais, presque tous les africains le font. C’est une charge absolument terrible, surtout dans nos pays où il n y a pas de sécurité sociale pour prendre en charge nos parents malades, nos frères malades, nos tantes et oncles malades, ce qui fait que tout cela nous tombe dessus.

A côté, il y a les frères, les soeurs, les cousins, les tantes, les oncles, les beaux-pères, les belles-mères,  les neveux, les nièces, les voisins qui attendent et comptent absolument sur nous autres qui avons pu sortir la tête de l’eau pour vivre, pour payer leurs frais d’hôpital, payer la scolarité de leurs enfants, manger, s’habiller, et même boire leur bière.

Nous ne sommes pas Bill Gates mais ça ce n’est pas leur problème. Nous  DEVONS leur donner de l’argent quelque soit ce que nous vivons nous autres et, et je sais que tu es d’accord avec moi, quand tu ne peux pas donner, tu as de sérieux problèmes avec eux car ils te traitent de tous les noms d’oiseaux rares, d’égoïste, etc.

Comment en sommes-nous arrivés la, Lucienne?

Comment pouvons-nous sortir de cette prison comme tu le dis si bien, de ce piège ?

Nous n’aurions jamais dû commencer à donner du moins à ceux et celles qui sont valides, jeunes, forts et peuvent se débrouiller par eux-mêmes parce que cela encourage le parasitisme, la paresse.

Maintenant que nous avons commencé, certaines mesures sont absolument à prendre:

1. Poser des conditions et fixer une limite dans le temps

Tu ne peux pas aider ta soeur ou ton frère et, après eux, commencer à aider leurs enfants et, après leurs enfants, passer à leurs petits enfants. Il faut aider ceux et celles qui veulent vraiment qu’on les aide, et qui montrent clairement qu’ils veulent s’ensortir. Ok, je suis prête à t’aider, mais apporte-moi un plan d’action, un projet bien monté, et surtout ta propre contribution, etc. Et je veux voir tes résultats, ce que tu as fait de ce que je t’ai apporté comme aide.

Et je vais t’aider pendant X temps, et surtout rester ferme et intransigeant car cela met la pression et évite que les gens nous prennent pour une vache qu’ils peuvent traire éternellement.

Moi particulièrement, avec mon mari, nous aidons les nôtres depuis plus de vingt cinq ans maintenant. Je peux te dire que nous avons vu de toutes les couleurs, Lucienne. Nous nous sommes faits escroquer par nos êtres les plus chers, crois-moi, à plusieurs reprises, mais nous avons appris –c’est le plus important- et c’est cette petite expérience qui me permet de te dire ce que je te dis. Nous avons compris à un certain moment que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de tout le monde même si on leur donnait TOUT notre salaire tous les mois, et que nous DEVONS ABSOLUMENT mettre NOS BESOINS en première position. Et les plus importants de ces besoins étaient 1) de nous construire une cabane, 2) mettre de l’argent de côté pour l’éducation  de nos enfants et 3) préparer notre retraite.

Nous avons pris la peine d’expliquer clairement a ceux et celles qui comptent sur nous pour vivre notre décision et nos attentes (qu’ils nous comprennent et respectent notre décision), ce que nous pouvions désormais faire pour eux, et ce que nous ne pouvions plus faire.

Cela a été dur, très dur, comme tu peux l’imaginer, mais nous avons tenu bon. Il le fallait car le temps passe et un jour qui est passé est passé et terminé.

Nous avons donc écrit chacun de ces trois projets avec des objectifs bien précis, mis au point un plan d’action, et avons commencé l’implémentation de ces trois projets. Nous avons ouvert des comptes d’épargne pour chacun de nous deux et chacun de nos enfants avec un objectif bien précis, comptes dans lesquels nous mettons systématiquement de l’argent TOUS les mois et même parfois plusieurs fois par mois si nous avons de l’argent qui entre. Et RIEN ne nous détourne de cet objectif, meme pas quand mon père est tombé malade et a été malade pendant sept ans, sept années pendant lesquelles nous avons dû payer tous ses frais d’hôpital parce que, comme la plupart des camerounais, sa pension misérable ne lui permettait même pas de faire vivre sa petite famille.

J’ai payé les frais d’hôpital de mon père, et j’ai continué à aider ceux que nous aidons depuis plus de deux décennies mais sans oublier nos propres besoins, Lucienne.

Nous avons également cessé d’aider les paresseux, les parasites et tous ceux et toutes celles qui pensent que, parce que nous sommes frères et soeurs, nous devons porter leurs croix à eux. Et les pressions de la famille n’ont rien changé à notre décision.

Après avoir aidé nos frères et soeurs, cousins et tantes, nous avons décidé de ne pas aider leurs enfants ou petits enfants car c’est un engrenage sans fin. Nous avons rappeler à leurs parents que nous les aidons pour qu’ils puissent se prendre en charge et s’occuper de leurs familles, ce qui est LEUR RESPONSABILITE, pas la nôtre.

Au lieu de prendre les enfants des frères et soeurs, cousins, oncles et tantes chez nous pour qu’ils vivent avec nous -nous l’avons fait pendant des années-, nous avons décidé de les aider à distance, et cela en fonction de nos moyens, et plus de façon systématique comme par le passé.

Voilà, Lucienne, quelques unes des mesures que nous avons prises et qui nous ont permis à mon mari et moi d’éviter l’asphyxie à cause du poids des charges de la grande famille africaine. Pour me résumer, voici ce que je propose de faire pour préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre:

1. Aider les nôtres, mais Mettre NOS besoins en PREMIERE position parce qu’il n’y a que nous pour prendre soin de NOUS, vraiment. Si on ne le fait pas, demain nous en paierons les frais et serons la risée de tous et de toutes.

2. Aider nos parents, absolument, dans la mesure de notre possible, parce que nous les aimons. Mais nous devons nous sentir libres de le faire, et ne pas culpabiliser lorsqu’on ne peut pas le faire. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

3. Discipliner ceux et celles qui nous demandent de l’aide. Aider quand on peut, et si on le souhaite (même le fait d’être frères et soeurs ne nous y obligent pas, mais alors pas du tout). Leur dire CLAIREMENT ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire.

4. POSER DES CONDITIONS à notre aide, fixer des DELAIS et EXIGER DES RESULTATS.

5. AIDER CEUX ET CELLES QUI VEULENT REELLEMENT S’EN SORTIR  et qui le démontrent, et laisser tomber les paresseux et les parasites. Ce sera dur mais c’est vital pour vous et pour eux car cela les forcera à se reveiller et à se mettre au travail.

6. Soyez fermes avec vos décisions et tenez bon, quelques soient les pressions et autres menaces et chantages.

7. S’il le faut,  NAVIGUEZ A CONTRE COURANT. En effet, ce qui vous semble logique, ne l’est pas pour les autres.

8. Et surtout, surtout, commencez à préparer cette retraite DES MAINTENANT si ce n’est pas encore le cas. Mieux vaut tard que jamais dit-on souvent.

Cela peut être très stressant de mettre tout ce qui précède -et bien d’autres choses que je n’ai pas citées car cette liste est très loin d’être exhaustive-  en oeuvre. Et justement parce que cela est stressant, beaucoup n’osent pas le faire et choisissent de souffrir en silence, se poser et reposer cette question. Mais ce qu’ils oublient, c’est que c’est un choix qu’ils font et que, comme tout autre choix dans la vie, celui-la a une incidence sur leur vie, leur avenir et celui de leur famille.

Avant de prendre congé de toi, je voudrais te poser cette question: où en es-tu avec ton projet de retraite? Si tu l’as déjà commence, c’est formidable. Je te suggérerai de l’évaluer. Si tel n’est pas le cas, alors il est temps.

Merci de m’avoir lue. Si tu as aimé, n’oublie pas de partager cette information avec les tiens, entièrement, en indiquant le lien du blog.

Si tu as appris quelque chose d’utile qui pourra t’aider à améliorer ta vie, alors reviens pour d’autres tips et trucs dans les prochains articles.

Affectueusement vôtre,

Céline Sika