Célébrez vos différences parce que c’est votre force

Today I am not who I was yesterday

 

  • Elle ne m’écoute pas!
  • Elle défie mon autorité!
  • Elle ne m’obéit pas!
  • Elle n’est pas soumise!
  • Elle fait ce qu’elle veut!
  • Elle a beaucoup changé!
  • Je ne reconnais plus la femme ou l’homme que j’ai épousé il y a quelque temps!

Tout le temps j’écoute cela, des gens qui me sollicitent pour me demander de les aider à sauver leur couple, à ramener leur partenaire sur le “bon et droit chemin” parce que, d’après eux, leur partenaire s’est perdu, a emprunté un mauvais et dangereux chemin, et a besoin d’aide pour retrouver le “bon et droit chemin.”

Que veut dire le “bon et droit chemin?”

Qui le définit?

Lorsque j’échange avec ces personnes qui se préoccupent pour leur couple, ce que je comprends finalement c’est que tous ces griefs naissent parce que leur partenaire pense différemment. Pose des questions. Contrarie. Fait des suggestions différentes des leurs. Exprime son point de vue. Remet en question. Corrige. Rectifie. Ce à quoi plusieurs d’entre nous ne sont pas habitués dans nos couples. Avouons-le. Froidement. Sincèrement.

Lorsque je partais en mariage, mes parents m’ont assise la veille de mon départ et m’ont clairement dit que je partais pour ne plus revenir, quoi qu’il arrive ou m’arrive à moi. Et, lorsque j’avais demandé pourquoi, ils m’ont répondu qu’on ne se marie pas pour divorcer. En un mot, le mariage est un voyage aller seulement. Mes parents m’ont clairement dit, cette nuit-là, que je devais me soumettre à mon mari et faire ses quatre volontés, ne pas poser des questions parce que le faire c’est défier l’autorité de ce que nous appelons encore aujourd’hui chez nous le propriétaire de la maison, “Ngang Mbè” dans ma langue nguemba!

Mes parents, mais aussi ma belle famille. En effet, pendant ma première nuit dans ma belle famille, ma mère adoptive, celle à qui on avait confié mon éducation matrimoniale afin que je puisse être une bonne épouse, m‘a répété le même message, toute la nuit : soumission, obéissance, douceur. Il fallait installer cela dans mon esprit avant que je ne parte dans mon foyer le lendemain. Pour mes parents et pour de nombreuses autres personnes dont celles qui me sollicitent tout le temps, une femme ne doit pas poser de questions, exprimer son point de vue, tousser sans demander la permission de son conjoint. Elle doit écouter et appliquer à la lettre le conseil que son partenaire lui donne parce que, ne pas le faire, c’est lui désobéir. C’est le défier. C’est défier son autorité de chef de famille.

C’est troublant tout cela, en ce XXIème siècle, et démontre surtout l’ampleur du travail que nous avons encore à faire pour construire des couples sains, des couples où chacun est épanoui, des couples qui durent.

L’arc-en-ciel est beau parce qu’il a plusieurs couleurs. Vouloir que son/sa partenaire soit exactement comme nous, pense comme nous, se dissolve dans nous, ne pose pas de questions, ne suggère rien mais alors rien du tout, mais embrasse plutôt tout ce que nous disons ou suggérons sans aucun questionnement, c’est comme vouloir qu’un oiseau vole avec une seule aile. C’est-à-dire quelque chose qui est impossible à se réaliser.

Ecouter quelqu’un ne veut pas dire avaler tout ce que cette personne dit. Et, poser des questions ce n’est pas désobéir encore moins défier qui que ce soit, mais plutôt chercher à mieux comprendre afin de prendre des décisions bien pensées. Et, un conseil c’est un conseil, c’est-à-dire qu’il est à prendre ou à laisser. Si tu m’obliges à le prendre ou à l’appliquer absolument, ce n’est plus un conseil, mais un ordre.

Le mariage est un partenariat où les personnes impliquées décident de se mettre ensemble et cheminer ensemble pour une raison ou une autre. Et il a besoin de toutes les personnes impliquées, de toute leur intelligence, idées, perspectives, personnalités, différences pour fleurir et s’épanouir pour le bien de ces personnes, de leurs enfants et de la communauté. Un partenaire béni oui-oui, passif, qui suit “le bon et droit chemin” qu’on lui a indiqué, tout le temps, n’est pas utile au couple. Et personne ne devrait avoir un partenaire pareil.

Par ailleurs, ces personnes impliquées dans le couple ainsi que ce mariage lui-même évoluent au fil du temps parce que la seule constance dans ce monde c’est le changement. Aujourd’hui, je ne suis plus celle que j’étais hier ou il y a un mois ou dix ans. Et demain je ne serai plus celle que je suis aujourd’hui. Ne pas le reconnaître ou questionner cela c’est faire preuve d’une ignorance et mauvaise foi inouïes.

Tout change dans ce monde, même la pierre. Oui, elle aussi s’use! Alors, au lieu de rejeter le changement et la différence, il vaut mieux les embrasser et les célébrer car c’est une formidable force que nous avons et que nous devons utiliser pour construire et nous construire.

Ton tour…

Cette réalité que je décris, beaucoup la vivent dans leur couple au quotidien, même les couples les plus insoupçonnés. As-tu vécu une situation pareille? La vis-tu aujourd’hui encore? L’as-tu surmontée? Si oui, comment t’y es-tu pris avec ton couple? Je serais heureuse d’apprendre les tips et trucs que vous avez utilisés pour régler ce problème qui nuit à tant de couples.

 

 

 

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Il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne

La réaction d’un de mes lecteurs, Pierre Marie, à un de mes derniers papiers -Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps- m’a donné l’opportunité de clarifier auprès de mes lecteurs et mes lectrices ma démarche, ou mieux l’objectif que je veux atteindre en écrivant et en partageant ces papiers avec vous, mes lecteurs et lectrices.

Le feedback très pertinent de Pierre Marie a le mérite de poser des questions existentielles auxquelles nous devons apporter des solutions pour ne pas … couler avec le bateau de notre vie. Le stress du travail; les divergences de notre point de vue avec celui de notre partenaire, nos enfants, nos collègues, nos voisins, nos frères et soeurs; la difficulté à concilier les exigences de la vie moderne avec notre développement personnel important et l’éducation de nos enfants -tout aussi importante-, une bonne éducation surtout, tout cela est difficile à gérer, et malheureusement je ne peux pas vous apporter des solutions toutes prêtes parce qu’il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne.

Comment pourrais-je le faire lorsque chaque être, chaque couple, chaque enfant, chaque situation est UNIQUE et, par conséquent, requiert une réponse, une approche, une solution spécifique?

Ce que je fais avec mes écrits et mes paroles, c’est de partager mon expérience de vie avec vous, mes lecteurs et lectrices -et mon auditoire aussi- afin de vous aider à trouver chacun des réponses à ses problèmes spécifiques, des réponses adaptées à ses problèmes spécifiques selon sa constitution personnelle, son background culturel, son éducation, ses lectures, ses fréquentations, le milieu dans lequel chacun évolue, parce que tout ceci compte et contribue à faire de nous ce que nous sommes.

Je n’apporte pas des solutions aux challenges de la vie: j’aide ceux et celles qui cherchent des solutions à ces multiples challenges à trouver celles qui leur vont comme sur mesure. En partageant ma propre expérience, mes lectures, mes découvertes, les observations que je fais des choses de la vie, de la vie et des hommes et des femmes.

Des divergences de points de vue ou les désaccords, le stress, la confrontation, les exigences de la vie moderne, nous en aurons toujours et nous devons les embrasser car ils nous permettent de nous découvrir , comme le disait Jean Paul Sartre: « L’Homme se découvre lorsqu’ils se mesure à l’obstacle. »

Je ne serais pas heureuse si mon mari disait toujours « oui oui » à tout ce que je lui dis. Mon mari, mes enfants, mes amis, mes collègues. Cela m’inquiéterait terriblement car la beauté d’un tableau vient de la diversité de ses couleurs, de la richesse de ses couleurs, et pas du tout de l’uniformité, l’unicité de sa couleur unique.

Mon fils exprime un point de vue différent du notre (de celui de son père et du mien) sur une question précise qui concerne, par exemple, sa vie, son avenir? Je le félicite car il affirme sa personnalité, il me prouve, il nous prouve qu’il a du tempérament, qu’il peut avoir une opinion et surtout la défendre, qu’il peut se battre dans un monde de plus en plus complexe. Je ne pense pas qu’il me défie, NON. Il ne me défie pas: il s’exprime.

Je ne dis pas non plus qu’il n’est pas soumis comme la plupart des parents, du moins ceux de la génération passée, disent parce que la soumission est la pire des choses qui existe a mon avis. Elle tue le talent, la proactivité, la créativité, l’esprit d’initiative. Ce que je fais c’est encourager mon fils en développant le leadership de groupe, je l’aide à devenir plus smart. Je l’encourage à se développer en lui créant de l’espace, en créant des conditions pour cela parce que une seule main ne peut attacher un paquet. Parce que plusieurs intelligences valent TOUJOURS mieux qu’une seule.

Il en est de même pour mon/ma partenaire. Un partenaire béni oui-oui c’est la pire des choses qui peut arriver à quelqu’un. Comment construire quelque chose de durable, de solide, comment s’épanouir, devenir et donner le meilleur de soi-même avec quelqu’un qui n’a pas d’avis, quelqu’un qui ne peut pas te dire « pourquoi pas? » Il est important que le train déraille de temps en temps à mon avis, et je n’ai jamais autant brille que lorsque mon mari, mes enfants, mes amis m’ont pose cette question: « pourquoi pas? »

Pour me résumer, je dis ceci: je ne donne pas de solutions aux problèmes existentiels: j’aide chacun à sculpter ses propres solutions, celles qui collent bien et mieux à ses problèmes.

La vie est en perpétuel changement (avec plusieurs étapes) et, souvent, nos besoins personnels à un moment donné de notre vie ne riment pas toujours avec ceux de notre famille. Il nous faut alors trouver ce que les anglophones appellent « common ground » pour que personne (ni nous-mêmes ni notre famille) ne soit sacrifié. A plusieurs reprises j’ai retardé la réalisation des projets personnels qui m’étaient pourtant très chers au nom de ma famille. Ou redéfinit mes priorités, sans sacrifier mes besoins personnels pour autant (parce que cela risquerait de nuire à ma famille car un partenaire frustré est une grande menace pour le développement de la famille).

Comment je fais pour appliquer au quotidien ce que je vous conseille de faire pour améliorer votre vie?
Comment dire à ses êtres les plus chers qu’on les aime même lorsque tout va mal, lorsque le stress nous terrasse?
Comment gérer les divergences de point de vue avec son/sa partenaire, ses enfants?
Comment concilier les exigences de la vie moderne, son développement personnel et l’éducation que nous devons donner à nos enfants?

1. Il faut avoir un objectif/une visibilité

Où es-tu? Où veux-tu aller? Ou mieux, que cherches-tu dans la vie?

Pourquoi est-il important de se poser ces questions et surtout de trouver une réponse à ces questions? Parce que le vent ne saurait être favorable à un marin qui ne sait pas ou il va.

2. Il est absolument important de communiquer, de toujours communiquer

Je dirais même de séduire l’autre (ton/ta partenaire, tes enfants), pour qu’il adhère à votre vision. Il faut le persuader d’embrasser notre vision et ne crois pas que la coercition est la meilleur voie. Tu ne tireras pas grand chose d’un/une partenaire, des enfants, des collègues qui font des choses par crainte de représailles, de la bastonnade, de la sanction, du chantage.

3. Il faut avoir une/des stratégies

Si vous voulez aller à Douala (vision, visibilité) et vous ne savez pas comment vous y prendre pour y arriver, il est probable que vous n y arriviez jamais. Ou alors au prix de trop de difficultés. Par où passerez-vous? Avec quel type de transport irez-vous à Douala: à pied, à vélo, à moto, à cheval, par avion, par bus?

Vous voulez que votre épouse et vous-même prenez votre retraite dans votre village? Partagez l’idée avec elle pendant que vous faites encore connaissance et envisagez encore de vous mettre ensemble, et assurez-vous que vous avez obtenu son adhésion au projet par la persuasion, la séduction, pas par la contrainte parce que cela ne marchera pas. Et ayez les moyens de votre politique. C’est-à -dire que si vous avez avez un certain train de vie en ville, faites votre possible pour garder un train de vie au moins égal à celui que vous aviez en ville au village, sinon, vous irez au village seul, croyez-moi.

4. Vous devez avoir une organisation et une discipline d’enfer

Vous avez votre vision. Vous savez quelles sont vos priorités, par exemple, une bonne éducation pour vos enfants. Pour cela, vous avez décidé de passer au moins une heure TOUS les jours avec vos enfants chez vous, pour discuter avec eux de leurs études mais aussi de leur vie personnel, de leurs projets personnels, de leurs challenges personnels, de la façon dont ils gèrent ces challenges. Lorsque vous prenez cette décision, appliquez-la, quelque soit le degré de votre stress, de votre fatigue, de votre rage contre ce collègue ou ce chef qui vous fait des misères au boulot. Réservez à vos enfants cette heure-la. Non seulement ils apprécieront mais vous atteindrez votre objectif éducatif avec vos enfants.

Vous avez décidé d’aller au lit tous les jours à 22 heures pour être en forme le lendemain et être plus productif pour vos enfants et votre travail? Allez au lit à 22 heures quelque soit l’importance de ce match de foot qui est programme à 1 heure du matin.

Allez au lit à 22 heures quelque soit l’insistance de cet ami que vous n’avez pas vu depuis des années et qui est de passage dans la ville et qui veut que vous alliez à la discothèque pour célébrer vos retrouvailles. Si vous rompez votre routine, le lendemain vous allez non seulement dormir au boulot, rabrouer vos collègues avec qui vous êtes pourtant toujours correct, mais vous allez aussi être incapable de remettre ce rapport qui aurait pu booster votre promotion, ou alors brutaliser votre fils ou votre fille qui vous demande de lui expliquer comment faire cette soustraction, et détruire ainsi la confiance que vous aviez créée entre vous.

5. Le développement personnel: un exercice continue et nécessaire

« Connais-toi toi-même et tu connaitras les dieux ». Cette maxime est capitale. Si tu te connais, tu peux 1) corriger tes faiblesses -c’est-à -dire ce qui t’empêche de voler très très haut et de donner le meilleur de toi-même, d’être le meilleur toi-; et 2) développer tes forces pour triompher davantage. Briller davantage.

Si tu te connais mieux, tu pourras alors mieux cohabiter avec les autres. Mieux les aider à devenir le meilleur d’eux-mêmes. Et ceci n’est possible que si tu prends soin de toi constamment, que si tu fais de ton développement personnel, de l’apprentissage une de tes priorités.

Ce que je viens de dire, n’est que des bribes d’une expérience personnelle. Quelques uns des ingrédients que j’utilise, que mon mari et moi utilisons pour essayer de maintenir cet équilibre instable qu’est la vie. Mais je puis vous assurer que souvent, très souvent, cela marche.

Que pensent les autres lecteurs ? Quelles sont leurs ingrédients, ce qu’ils utilisent pour maintenir à leur tour cet équilibre instable?

Je serais vraiment très heureuse de vous lire, de partager avec vous ces tips et trucs que vous utilisez pour améliorer votre vie.

Celine SIKA