Tout contrôler tue la relation

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Vouloir tout contrôler, de sa garde robe à ses loisirs, déplacements, nutrition, dépenses, tue la relation entre des personnes.

Vous avez certainement entendu autour de vous des gens se plaindre parce que leur partenaire ne les laissait pas être, simplement.

  • Pourquoi rentres-tu à cette heure? Tu as fini depuis plusieurs heures déjà.
  • Avec qui étais-tu?
  • Tu ne m’as pas dit que tu devais aller à cette soirée!
  • Je ne savais pas que tu étais en contact avec cette personne!
  • Cette chemise est horrible! Comment peux-tu mettre cela? Tiens, mets plutôt celle-ci que j’ai achetée.
  • Tu ne dois pas manger ces choses-là!
  • Jettes ce vieux blouson-là et achète quelque chose digne de toi!
  • Ne mange pas comme cela à table!
  • Ce pot de fleur doit rester ici! Ne le déplaces pas!

Je suppose que des gens qui décident de se mettre ensemble et de cheminer ensemble sont des adultes qui ont des goûts précis, parfois différents, ce qui est normal, parce que eux-mêmes sont différents. Ils sont des adultes qui ont chacun un style de vie, des choses qu’ils aiment ou n’aiment pas pour des raisons parfois difficiles à expliquer.

Savoir cela et surtout comprendre et accepter cette différence c’est respecter son/sa partenaire, son être, sa personnalité. Ses souvenirs. Ses émotions. Parce que cette chemise-là est peut être un cadeau d’un être cher chargé de valeurs émotionnelles. Ce vieux blouson-là peut être un souvenir auquel il tient particulièrement parce qu’il lui rappelle des souvenirs chers. Cette nourriture que tu ne veux plus qu’il mange, il a peut-être grandi en mangeant cela et l’adore.

Alors, vouloir obliger votre partenaire à changer tout cela c’est attaquer sa personne, vouloir le/la pousser à renoncer à son être, ses souvenirs, ses émotions, ce qui, très souvent, conduit à la catastrophe.

Quelques mois après notre mariage, je me suis étonnée que mon mari retire immédiatement son costume dès qu’il sortait de son bureau. Il était alors directeur de banque et le dress code voulait que tout le personnel masculin porte un costume et une cravate. Ce qu’il détestait! Donc, dès qu’il finissait le travail, il se débarrassait de ce costume et cette cravate qui l’étouffaient d’après lui, et retrouvait avec une joie enfantine son Jean et ses baskets.

Un jour, en déplacement dans notre province d’origine, il suggéra que nous allions dire bonjour à ses collègues qui travaillaient dans la succursale de leur banque là-bas. Le problème c’est que, au moment où il proposait cela, il était en …short!

“Tu ne vas pas y aller comme…cela!” lui dis-je.

“Pourquoi pas?” me répondit-il. Je ne suis pas nu.

“Je vois bien que tu n’es pas nu. Mais, tu es en short, chéri! C’est indécent. Qu’est-ce que tes collègues vont dire” continuai-je.

“Ecoute, ma chérie! Ce que mes collègues dissent ou ne dissent pas, pensent ou ne pensent pas de ma tenue n’est pas vraiment important. Je vais leur dire bonjour, et avec toi, c’est cela le plus important. S’ils ne voient pas cela et ne s’intéressent qu’à ma tenue, c’est leur problème, pas le mien,” me répondit-il.

Après un moment de pause, il continua:

“Tu viens?”

Je m’étais arrêtée devant la porte de la banque, hésitant si je devais y entrer avec lui dans cette tenue-là ou pas. Finalement, je le suivis à l’intérieur. Et tout se passa bien. Du moins je le pense.

Après ce jour-là, d’autres situations se présentèrent où j’essayai, souvent sans même le réaliser, de “gérer” mon mari comme nous le disons chez nous au Cameroun, c’est-à-dire de tout contrôler, l’amener à faire ce que moi je voulais, ou ce que la société dictait. Sans succès. Et, patiemment, il m’expliquait qu’il était important dans chaque couple de créer de l’espace pour son/sa partenaire et de le/la laisser être, simplement, si l’on veut que la relation dure tout en étant saine et épanouissante pour chacun.

Heureusement pour moi je l’ai compris très vite et nous voici aujourd’hui, trente ans plus tard, toujours ensemble.

Des couples se sont unis et désunis après nous. Et l’une des raisons de leur séparation est souvent le souci de contrôler la relation par un des partenaires.

Si tu te reconnais dans cet article, il est temps de rectifier et de lâcher prise. Sérieusement. Et de laisser ton/ta partenaire être. Avant de te rencontrer, ton/ta partenaire avait une vie dans laquelle il/elle exprimait sa personnalité, son individualité, sa spécificité. C’est ce package –là qui fait de lui/d’elle la personne que tu as connue. C’est même peut-être cela qui t’a séduit. Respecte cela et tout ira mieux.

Mon mari ne me dit pas comment je dois m’habiller. Il ne me dit pas qui je dois fréquenter. Il ne m’appelle pas cinquante fois par jour pour me demander où je suis, avec qui, entrain de faire quoi. Lorsqu’il m’appelle, c’est pour me demander comment se passe ma journée et pour me dire qu’il m’aime. Pourquoi devrais-je lui dire comment est-ce qu’il doit s’habiller, qui il dit fréquenter, où il doit aller? Je peux lui donner un conseil, comme il le fait d’ailleurs avec moi, un conseil qu’il peut prendre ou laisser, parce que c’est un conseil. Si on oblige l’autre à appliquer notre conseil, ce n’est plus un conseil, mais un ordre. Et personne n’aime recevoir des ordres!

Donc, lâche prise au nom, pour la survie, la santé et l’épanouissement de ton couple.

 

 

 

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Laissons nos enfants vivre leur vie d’enfants!

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Lorsque j’étais petite, et ces souvenirs sont très frais dans mon esprit, notre quotidien était le suivant: nous allions à l’école, au retour nous mangions, donnions un coup de main à la maison, faisions nos devoirs et, avant d’aller au lit, nous jouions.  Lorsque à 11 ans je suis aller vivre avec ma grand mère au village, ce rituel n’a pas beaucoup changé. Certes, après l’école je devais d’abord aider ma grand mère à faire les travaux ménagers, faire la cuisine, manger et, ensuite faire mes devoirs. Mais le jeu était toujours présent, que ce soit sur le chemin menant à la rivière ou à l’unique fontaine du village où tout le monde se regroupait tous les soirs pour puiser de l’eau au prix de rixes épiques et interminables, ou sur le chemin menant au moulin où il fallait aller écraser le maïs pour le dîner, à l’échope du quartier où il fallait aller acheter du pétrole pour nos lampes tempête ou encore des allumettes. Nous jouions, tous les jours, seuls, sans aucune pression ou supervision des adultes, et sans que cela ne nous empêche d’apprendre d’autres compétences et habiletés nécessaires à la vie d’adultes. Cela ne nous a pas empêchés de devenir ce que nous sommes aujourd’hui, des hommes et des femmes épanouis, qui gagnent leur vie, qui sont heureux.

Dans ma vie ainsi que celle de tous les autres enfants il y avait de la place pour le jeu et nos parents respectaient ces moments-là, et veillaient simplement à ce que tout se passe normalement, sans trop de dégâts, et que toutes les autres activités soient faites parce que la vie ce n’est pas non plus seulement le jeu. C’était important pour eux que leurs enfants jouent, qu’ils aient leurs propres expériences et échecs, qu’ils se trompent, qu’ils apprennent a se battre au contact et avec d’autres enfants, qu’ils se mesurent à ces derniers, qu’ils apprennent certaines choses qu’on n’enseigne pas dans les salles de classe. Aujourd’hui, je suis triste de constater que tout cela n’est plus que de l’histoire ancienne et que nous, parents, avons oublié la place que joue le jeu dans la vie d’un enfant, et faisons-tout  mais absolument tout pour non seulement pour surprotéger nos enfants -parce que nous avons peur qu’ils se fassent mal, qu’ils souffrent- mais aussi pour évacuer le jeu de leur vie.

Nos enfants n’ont plus le droit d’avoir un après midi libre. Ou alors moins d’activités le soir après  l’école. Il n’est plus permis de faire autre chose que des études ainsi que la pléthore d’activités pouvant et devant absolument mener au succès de nos enfants. Dès que le coup de siflet ou la sonnerie retentit annonçant la fin de la journée scolaire, commence alors une autre série d’activités soit disant extrascolaires:

  • cours de langue le Lundi soir,
  • sport le Mardi soir,
  • théâtre le Mercredi soir,
  • musique le Jeudi soir,
  • jeu d’échecs le Vendredi soir,
  • répétitions des mathématiques le Samedi matin et danse le Samedi soir,
  • et cours d’informatique le Dimanche soir.

Et ceci se passe dès la toute petite enfance, de gré ou de force parce que chaque parent souhaite que son fils ou sa fille devienne  la future Serena Williams, le prochain Justin Bieber, Mark Zuckenberg, Samuel Eto’o et j’en passe. Et, pour atteindre cet objectif, tout doit être entrepris, aux dépens des enfants qui ne demandent pourtant qu’à vivre leur enfance, laquelle précisons-le, va jusqu’à 18 ans.

Il n’est plus rare de voir des parents inscrire leurs enfants de six ans à plusieurs cours de langue à la fois parce qu’ils veulent que ces derniers soient prêts demain pour saisir toutes les opportunité qui pourraient se présenter à eux. Je me souviens encore avec tristesse de mes petits élèves du primaire (Grade 1) dans une école Internationale de Nairobi au Kenya qui mélangeaient absolument tout pendant mes cours d’Espagnol parce que les pauvres suivaient, en plus de l’Espagnol, des cours de Français et de Swahili, ce que leurs parents trouvaient absolument normal. Sans oublier que la plupart de ces enfants avaient une autre langue qu’ils utilisaient à la maison comme l’Allemand, l’ Hébreu, l’Anglais, le Dutch, le Finlandais. Vous pouvez donc comprendre la confusion dans l’esprit de ces enfants qui devaient manipuler quatre langues à la fois.

Et si vous demandez aux parents pourquoi font-ils cela, ils vous répondent aussitôt, et très sérieusement, que c’est parce qu’ils veulent donner à leurs enfants les moyens d’être heureux et de réussir leur vie demain. Mais qu’est-ce que le bonheur? Qu’est-ce que la réussite? Qui les définit? Ce qui me rend heureux te rend- t-il aussi heureux? Faut-il être Serena Williams, Justin Bieber, Samuel Eto’o, Bill Gates pour être heureux? Est-il absolument nécessaire de passer par Harvard, d’être le premier de sa classe, d’être Directeur d’entreprise, d’avoir un Doctorat, d’être membre du plus prestigieux cabinet d’avocats de Washington ou d’être propriétaire des Hotels Hilton ou de trois voitures Porshe pour savoir qu’on a réussi?

Non. Sincèrement non car le bonheur et la réussite chacun de nous les définit. Et ce n’est pas parce que je conduis trois voitures Porshe, deux voitures Ferrari, que je voyage trois fois par semaine en classe première pour aller participer à des réunions à Londres, que j’utilise trois téléphones portables dernier cri, m’habille chez Chanel, chausse des Christian Louboutin et mange tous les jours des menus mijotés avec soin par Oliver Jamie dans un chalet de prince avec une armée de domestiques à mon service que je suis heureuse.

Nous parents, devons cesser de mettre la pression sur nos enfants pour qu’ils réalisent nos rêves  à nous. Cessons de trop nous préoccuper pour eux, de programmer leur vie, de décider de ce qu’ils doivent être, faire ou devenir car trop souvent ceci ne contribue qu’à créer des êtres malheureux, stressés, et souvent aussi violents qui, dès que l’occasion se présente, évacuent cette violence de façon parfois brutale.

Si vous interrogez des parents sur leur vie, plusieurs vous diront qu’ils ne sont pas heureux parce qu’ils exercent des métiers qu’ils n’aiment pas, parce qu’ils travaillent des heures impossibles, parfois plus de 50 heures par semaine, dans un environnement qu’ils détestent. Ils vous diront pour la plupart qu’ils  rêvaient de faire un métier différent lorsqu’ils étaient tout petits, métier auquel ils jouaient lorsqu’ils étaient enfants, et qu’ils ont dû accepter le choix de leurs parents, et devenir ce que ceux-ci voulaient, parfois au prix de sacrifices terribles. Pourtant ils reproduisent la même chose avec leurs enfants.

C’est important que nos enfants aillent à l’école pour apprendre “à lier le bois au bois pour faire des edifices de bois” comme disait l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane. Mais c’est aussi important qu’ils soient enfants, c’est-à-dire qu’ils puissent jouer seuls ou avec leurs amis sans être punis, et que leurs parents créent des conditions pour que cette activité soit possible parce que c’est absolument important pour le dévelopment et le plein épanouissement de l’enfant: course-poursuite, cache-cache, saute-mouton, trampoline, sauter à la corde, monter à bicyclette, les enfants doivent s’amuser.

Et, s’ils peuvent aller à Harvard, c’est tant mieux. Célébrons-le et soyons heureux. S’ils choisissent d’être serveurs dans un restaurant de notre communauté, célébrons cela aussi et soyons heureux. S’ils ne rêvent que d’être éboueurs, célébrons également cela et soyons non seulement fiers de notre enfant mais soyons heureux car si notre enfant est heureux en étant éboueur, c’est le plus important. Célébrons cela et aidons-le à être le meilleur des éboueurs. En effet, nous avons besoin dans notre société aussi bien de directeurs d’entreprises, de médecins, que d’artistes, de plombiers, de serveurs, de cuisiniers, de chauffeurs, d’électriciens, d’éboueurs.

Que penses-tu de tout ceci? Si cela a un sens pour toi et surtout si tu as appris quelque chose d’utile en lisant cet article, fais-moi une faveur: partage-le autour de toi, en n’oubilant pas de mentionner l’origine de l’article. Et n’oublie pas de revenir, ici, pour plus de tips et trucs pour améliorer ta vie.

Celine SIKA

Il n y a rien d’anormal à demander de l’aide

Quelques années après que mon père soit tombé malade, nous avons suggéré à notre maman de recruter quelqu’un qui vendrait l’aider quotidiennement à prendre soin de notre papa, puisque maman, qui avait déjà dépassé la soixantaine à l’époque, n’avait pas la force physique nécessaire pour mettre papa au lit, le descendre du lit, le relever lorsqu’il tombait, le nourrir, l’habiller, faire sa toilette toutes les deux heures, le promener, le laver toutes les heures parce qu’il n’était plus capable d’aller aux toilettes seul et souillait très souvent son pantalon.

Il faut dire que notre papa avait été victime d’un accident vasculaire cérébral qui l’a laissé presque végétatif et incapable de faire toutes des choses que nous prenons pour acquises. A notre très grande surprise notre maman a opposé un non catégorique à notre offre. D’après elle, une femme qui laisse quelqu’un d’autre s’occuper de son mari c’est une mauvaise femme, une femme irresponsable, et elle n’en était pas une. “Je suis fatiguée, c’est vrai. J’ai perdu l’appétit depuis longtemps déjà, c’est vrai. Je ne sors plus de chez moi depuis belle lurette, mais je préfère mourir que de laisser les autres s’occuper de mon mari. Lorsque je l’ai épousé je l’ai fait pour le meilleur et pour le pire. J’étais sincère. Je ne changerais pas aujourd’hui où il a plus besoin de moi.“

Et maman s’est occupée de notre papa seule avec l’aide d’une de mes soeurs pendant les sept années que papa a été malade jusqu’à sa mort en Décembre dernier.

J’ai décidé de vous parler de cette histoire parce qu’elle m’a profondément marquée et surtout mis en evidence la trop grande pression que subissent les femmes dans nos societes. On attend d’elles qu’elles soient parfaites, infatigables, omnipresentes, qu’elles ne tombent pas malades. Elles ne doivent pas dire non, ne doivent pas échouer, encore moins se plaindre, et doivent mettre leurs propres besoins et ambitions au placard et satisfaire ceux des autres.

Mais personne n’est un super héros ou une superwoman. Le penser et le dire c’est faire croire que la femme ne peut jamais échouer, tomber malade, être fatiguée.

Ce qui est faux car les femmes aussi sont épuisées, dépassées par les responsabilités, stressées, et ont besoin d’aide pour ne pas ruiner leur santé mentale.

A la mort de notre papa, notre maman n’était plus que l’ombre d’elle-même, amaigrie, victime de palpitations très fréquentes. Après le décès de notre papa, elle a dû passer de multiples examens et suivre un programme de soins recommandé par des médecins. Huit mois après le décès de papa, elle n’a toujours pas totalement recouvré sa santé.

Une femme qui prend le temps de se reposer et de prendre soin d’elle-même n’est pas une mauvaise femme, une femme irresponsable ou une personne égoiste comme la société veut nous faire croire. Nous devons voir les femmes comme elles sont réellement: des êtres humains avec des besoins comme tout autre être humain, comme celui de se reposer, de prendre soin de soi. Nous devons accepter qu’elles ont aussi le droit d’être fatiguées, d’échouer, de se tromper, d’être tristes, stressées, et dépassées par les évènements. Et qu’elles ont le droit et même le devoir de demander de l’aide lorsqu’elles n’en peuvent plus. Et surtout nous devons cesser de véhiculer des idées qui ne corresondent pas du tout avec la réalité, cesser de penser et de propager qu’elles sont des super héroines et qu’elles seront heureuses si elles accomplissent les rôles que la société leur a imposés sans toujours leur donner les moyens dont elles ont besoin pour les assumer.

Alors, que faire pour améliorer la vie des femmes et la nôtre? Nous devons:

-reconnaître tous les rôles que jouent les femmes (ce qui n’est souvent pas le cas), et les aider à s’aimer et accepter les compliments, au lieu de les repousser

-aider les femmes à reconnaître qu’elles ne peuvent pas tout faire,

-les aider à comprendre et accepter que demander de l’aide lorsqu’elles sont épuisées n’est pas un délit,

-les aider à comprendre qu’elles ont le droit de prendre le temps de s’occuper d’elles-mêmes et même de mettre cette activité au premier rang de leur liste des choses à faire.

 Faire ceci c’est les aider à améliorer leur vie et je puis vous assurer que lorsque les femmes sont en santé, lorsqu’elles sont heureuses et épanouies, c’est toute la famille, toutes les personnes de son entourage et même les parfaits inconnus qui en bénéficient.

 Faites-le dès maintenant et vous verez vous-mêmes le changement que vos actes apporteront. Et encouragez les vôtres à en faire autant. Et surtout n’oubliez pas de partagez cette expérience avec nous ici.

 Merci de m’avoir lue et à très bientôt ici pour d’autres tips et trucs pour améliorer votre vie et celle des vôtres!

 Celine SIKA

 

Le couple tue !

ImageLe 08 mars dernier l’on célébrait, avec pompe, partout dans le monde, la Journée Internationale de la femme. L’occasion, pour les infatigables combattantes et combattants pour le respect des  droits de tous les humains, de marquer une pause pour mesurer le chemin parcouru, développer, améliorer ou changer carrément la ou les stratégies de lutte pour l’avènement d’un monde plus juste, plus humain, plus équitable, un monde où les uns et les autres jouissent des mêmes opportunités pour s’épanouir et participer activement au développement de leurs communautés et pays.

C’était également l’occasion de sensibiliser les populations, l’opinion publique, les dirigeants et décideurs sur la condition et la situation de la femme qui, malgré les progrès réalisés et les acquis, n’a pas beaucoup changé parce que des millions de petites filles, d’adolescentes, de mères, d’épouses, de femmes âgées, sont encore trop souvent victimes, au Sud mais aussi au Nord, de discriminations ou de violences inacceptables.

En effet, si pour plusieurs d’entre nous il est désormais possible de voter, de faire des études et mener des carrières autrefois réservées uniquement à la gente masculine,  de voyager, d’ouvrir un compte bancaire sans demander au préalable la permission à quelqu’un d’autre, une personne de sexe masculin en l’occurrence, pour plusieurs femmes il est impossible encore aujourd’hui, au XXI ème siècle, de faire certaines choses aussi simples que choisir ses amis ou la tenue qu’elles vont mettre, refuser la compagnie de ceux qui ne leur plaisent pas pour quelque raison que ce soit, boire un verre avec des amis dans un café, donner son opinion sur un sujet, voter librement pour un parti politique de son choix.

Il y a quelques jours vous avez sans doute lu, avec consternation comme moi, dans un journal de la place, le cas d’une jeune femme battue et répudiée avec ses deux enfants par le cousin de son conjoint et l’ami de ce dernier tout simplement parce qu’elle avait osé voter pour un parti qui n’est pas celui de ces  derniers. Interpellé, le conjoint n’a rien trouvé à redire sauf à rappeler à son épouse qu’il lui avait bien dit de ne pas faire la politique, parce que c’est l’affaire des hommes!

Battue, répudiée, humiliée, lâchée par son conjoint parce qu’elle a voulu remplir son devoir de citoyenne en votant, parce qu’elle a commis le délit de vouloir penser par elle-même sans passer par les autres. Cela se passe ici à Ouagadougou. Mais également ailleurs, dans les autres villes et villages du Burkina Faso, en Afrique, en Europe, en Amérique, partout dans le monde où, comme cette dame, beaucoup d’autres femmes sont victimes des violences liées au genre, à leur sexe.

Elle aurait pu y laisser la vie, comme c’est très souvent le cas d’ailleurs, parce que ce terrorisme qui ne dit pas son nom cause des dégâts aussi importants sinon plus que le cancer,  le sida. En silence, souvent dans l’intimité des domiciles, mais aussi dans la rue, au marché, au service, à l’école ou dans les amphithéâtres. Tenez:

-ici des lois nous discriminent ouvertement et l’Etat reste passif devant la tradition qui nous écarte de l’héritage, fixe des limites pour nous et punit celles qui osent la questionner ;

-là on nous charcute ou nous coud au nom de la religion ou de cette même tradition ; on nous met des ceintures de chasteté ou contrôle notre virginité ; nous oblige à adopter des canons de beauté qu’ils ont choisis au péril de notre santé; nous enferme dans des harems ou dans des foyers contre notre volonté ; nous viole, nous impose des relations sexuelles ou des grossesses multiples, rapprochées ; nous achète, nous échange ou nous transmet du mari aux frères ou cousins ;

-là, on nous défigure à l’acide, nous abat ou nous brûle parce que nous avons mis un terme à une relation destructrice ou qui ne nous plaît plus ; nous marie à quatre ans, nous égorge, nous poignarde pour sauver l’honneur de la famille parce qu’on nous a aperçue avec un homme qui n’est pas de notre famille ; nous harcèle sexuellement et psychologiquement ; nous insulte, nous prostitue ; nous brûle vives lorsque nous vieillissons en nous accusant de sorcières ; nous assimilent au symbole du Mal dans des religions misogynes ; nous ensevelit vivantes sous des tchadors, burkas ou autres tchadris en synthétique sous des températures de plus de 45% à l’ombre parce que notre conjoint doit être le seul à contempler notre corps ; nous lapide parce que nous avons décidé de refaire notre vie après un divorce ou après avoir été abandonnée avec enfants par notre conjoint;

-là-bas encore nous n’avons pas le droit de voir le jour si jamais on découvre, grâce à la magie de l’échographie que nous sommes de sexe féminin…

Je pourrais continuer à égrener le chapelet des violences que nous les femmes subissons à longueur de notre vie parce qu’elle est infinie.

Partout, les violences exercées contre les femmes par un partenaire de sexe masculin –le père, le frère, l’époux, le conjoint, concubin ou petit ami, des collègues, etc.-, ou des institutions comme l’Etat, l’école, la société, atteignent des dimensions hallucinantes et constituent l’une des premières causes d’invalidité et de mortalité chez les femmes. Partout, le terrain est miné. A toutes les étapes de la vie d’une femme ! Même certains acquis obtenus au prix de luttes acharnées et de sacrifices sont aujourd’hui menacés et remis en question.

Face à un tel constat particulièrement inquiétant, il est clair que beaucoup reste à faire pour que les femmes soient considérées comme des êtres humains à part entière, des citoyennes à part entière avec des devoirs mais aussi des droits, parce qu’elles le sont avant d’être des mères, des épouses, des sœurs, des amantes. Enormément de choses restent encore à faire pour que les femmes, ces travailleuses infatigables sur qui reposent énormément de choses dont l’économie, la sécurité alimentaire, la stabilité des sociétés, puissent effectivement s’exprimer, donner leur avis sur tout ce qui les concerne directement, participer activement à la gestion des affaires de leurs communautés, à la conception, l’élaboration, l’implémentation, le suivi et l’évaluation des programmes de développement, bref, au processus de développement durable de leur pays.

C’est une tâche difficile, qui requière du temps, de la patience et des moyens  -pour briser définitivement les résistances de ceux qui sont encore férocement accrochés à leurs convictions, aux idées reçues et autres préjugés-. Mais c’est une tâche qui requiert surtout l’adhésion de tous et chacun de nous. Une tâche qui nous interpelle parce qu’il s’agit des droits de plus de la moitié de l’humanité, des droits des femmes et dont la violation est une violation des droits humains.

C’est aussi une tâche dont nous ne pouvons nous dérober parce que les conséquences démographiques, sociales, économiques de ces actes qui n’honorent pas l’Homme sont souvent terribles pour celles qui en sont victimes –traumatisme, transgression des principes et droits fondamentaux au travail, des droits de la personne-,   mais aussi pour leurs familles, leurs communautés, leurs pays, bref, le monde entier – perte de la population,  diminution de l’espérance de vie à cause des grossesses nombreuses, rapprochées, précoces, surcharge de travail, transgression de la justice sociale, ralentissement de la croissance économique, fonctionnement pas optimal des entreprises et des marchés du travail,  bref, aggravation de l’extrême pauvreté-. Nous sommes à l’heure de la mondialisation où un acte posé localement peut avoir des conséquences redoutables au niveau global.

Presque tous les Etats du monde ont pris conscience des multiples formes de violences faites aux femmes et signé et ratifié la Convention pour l’Eradication de toutes les formes de violence contre la femme et, au niveau national, ils ont élaboré des politiques et plans d’actions nationaux et programmes pour sa mise en œuvre.  Mais, malgré cette volonté politique manifeste, et aussi parfois pour des raisons qui échappent souvent à notre entendement, ces outils ne sont pas opérationnels, ou du moins pas assez.

Il ne suffit pas de signer des Conventions pour ne pas être mal vu par la communauté internationale, ou parce que celles-ci sont une opportunité pour avoir des fonds. Il s’agit de traduire cette volonté par des actions concrètes, de façon transversale, à tous les niveaux de la société, du sommet à la base, partout, sur le terrain, avec les populations.

Il faut un cadre légal adéquat, des lois appropriées qui protègent la femme contre les abus et promeuvent ses droits, une fermeté pour les faire appliquer, des mesures radicales et des sanctions pour punir ceux qui enfreignent ces lois, et même des tribunaux pour les juger comme le réclament les organisations féministes qui considèrent ces actes comme des crimes contre l’humanité. Mais il faut surtout prévenir. Par le renforcement des capacités, l’éducation des hommes et des femmes, victimes et bourreaux, qui, consciemment ou inconsciemment, perpétuent ces actes et comportements assassins, de génération en génération, parce que otages d’un système patriarcal qui proclame et perpétue l’idée de « l’infériorité naturelle »  des femmes et d’une « suprématie biologique » des hommes. L’éducation est plus susceptible de modifier les normes sociales, les attitudes, les stéréotypes, etc., pour aboutir à la reconnaissance et le respect des droits de la femme ainsi que la suppression de toutes les formes de violence à leur égard.

Sans réelle volonté politique, le combat contre la violence de genre, qui n’est autre que le reflet des relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes, sera difficilement gagné. Et il convient de préciser que toute initiative doit être transformationnelle. En effet, il est bon de donner du poisson à manger à ceux qui ont faim. Mais il est préférable de leur apprendre à pêcher et d’apporter l’appui institutionnel au secteur de la pêche parce que là, on apporte ainsi une réponse structurelle au problème de la faim, c’est-à-dire une solution durable au problème.

Cet article je l’ai écrit il y a quelques années, lorsque je vivais encore au Burkina Faso. Mais il est d’actualité car la violence du genre ne faiblit pas. Lorsqu’on est en couple ou pas. Je parle de violence du genre et pas de violence contre la femme parce que les femmes aussi peuvent être -et le sont vraiment- très violentes. Et elle ne faiblira pas si chacun de nous ne fait pas sa part, à son  niveau, avec les moyens dont il/elle dispose, lorsqu’il le faut, pour contribuer à mettre un terme à cette horreur. La violence, qu’elle vienne de l’homme ou de la femme, n’est pas acceptable. Elle n’est pas tolérable. Moi je fais ma part, en partageant avec toi ces mots, ce message.

Et toi, que fais-tu pour que la paix et l’amour remplacent la violence?

Je serais heureuse de te lire. Nous avons tous et toutes des choses à dire, à partager, à enseigner.

Céline Sika

Ne laissez pas l’incertitude gouverner et ruiner votre vie!

Il y a quelques jours une amie que je n’avais plus vue depuis un bout de temps m’a affirmé lors d’une conversation qu’elle avait perdu le sommeil parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle donnait le meilleur d’elle-même pour l’entreprise dans laquelle elle travaillait sans obtenir la moindre reconnaissance de la part de son boss.

“C’est sur qu’il me reproche quelque chose si non, il m’aurait félicitée pour tout le travail que je fais et les bons résultats que j’ai obtenus dans cette entreprise. C’est sûr, je n’aurai pas ma promotion et serai virée a la première occasion. J’ai absolument besoin de ce job sans lequel je risque de perdre ma maison et de me retrouver dans la rue, obligée de vivre des aides sociales”, disait-elle.

Lorsque j’ai voulu savoir ce qu’elle envisageait de faire pour régler cette situation, elle m’a dit qu’elle allait faire profil bas, s’effacer, éviter tout acte qui pourrait lui attirer des blâmes et précipiter son licenciement.

ImageMon amie n’est pas la seule à vivre ce genre de situation, à laisser l’incertitude prendre possession d’elle et son imagination l’empêcher de vivre pleinement sa vie. Elle n’est pas la seule à entretenir, à alimenter des scénarios de fin de monde et à redouter des choses qui n’auront très certainement pas lieu parce que celles-ci n’existent que dans son imagination. En laissant l’incertitude la gouverner, elle donne à celui-ci le pouvoir de saper son moral et de ruiner sa santé, ce qui a pour conséquence de réduire ses chances de réussir sa vie profesionnelle et d’avoir une vie personnelle épanouie.

Si vous vous reconnaissez dans l’histoire de mon amie, je dirais qu’il est temps pour vous de sortir de l’incertitude et de reprendre le contrôle de votre vie. Voir son travail reconnu et valorisé par son boss, ses collègues et ses amis est une formidable motivation et un élément important pour notre bien-être. Mais nous ne devons pas faire de la recherche de cette reconnaissance une condition pour être heureux et épanoui. Si tel est votre cas, alors vous avez de sérieux problèmes d’autoestime que vous devez résoudre. Faites votre travail comme cela se doit, un point un trait. Si la reconnaissance arrive, ce sera la cérise sur le gateau et ce sera formidable. Si elle n’arrive pas, ce sera toujours formidable parce que vous  avez bien fait votre travail, pour vous-même d’abord, ce qui a la vertu de vous épargner d’avoir la conscience intranquille si vos ne faites pas bien votre travail.

Si vous voulez absolument savoir ce que votre boss pense de votre travail, eh bien demandez-le lui. N’imaginez pas. N’imaginez rien. Parlez.

Ce que vous devez faire pour ne pas être victime de votre imagination comme mon amie? Vous le savez déjà:

-vivre aujourd’hui en gardant le contact avec la réalité, avec la vie réelle;

-rechercher l’information si vous avez des doutes. N’imaginez rien: demandez, pour vous rassurer que vous etes bien dans le reel et pas dans un monde irreel;

-cesser d’avoir peur de déplaire –de toutes les façons vous ne pourrez jamais plaire à tout le monde-, ou de commettre des erreurs –parce que celles-ci sont une opportunité d’apprentissage-.

Si l’article vous a plu, faites-moi plaisir: partagez-le avez vos amis, votre famille, vos proches. Et n’oubliez pas de partager avec moi ce que vous pensez. J’adorerai le savoir.

A la prochaine, ici, pour d’autres tips et trucs pour améliorer votre vie!

Celine SIKA