La Saint Valentin c’est tous les jours!

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Hier c’était la fête des amoureux.

La Saint Valentin.

J’ai vu des gens acheter les sempiternels cadeaux que tout le monde achète à cette occasion sans chercher la moindre originalité -des fleurs, des roses rouges essentiellement, du chocolat, une carte postale- pour leur tendre moitié. Certains ont raconté à qui voulaient les écouter qu’ils allaient emmener leur partenaire dînner dans un restaurant chic et cher, et pourquoi pas passer la nuit dans un hôtel 5 étoiles pour célébrer leur love story et faire le point sur le chemin parcouru.

Parfait!

Ceux qui, comme nous autres, ont passé cette journée à vaquer de façon naturelle à nos multiples occupations sans arrêter de respirer parce qu’on attendait des cadeaux, sommes traités de old fashion. Une journée terrible, je dis, parce qu’elle voit très souvent plusieurs couples se disloquer et aller par dessus-bord parce que:

– l’homme (il s’agit toujours de l’homme je ne sais ni pourquoi ni qui a décrété que c’est le pauvre qui doit toujours offrir des cadeaux à cette occasion) a oublié que c’était le jour tant attendu, a fait le malin (en effet, stressés et acculés, certains se mettent en mission réelle ou imaginaire, ou font des promesses qu’ils n’honnorent pas, type, je dinnerai avec toi, pour décommander à la dernière minute pour des vraies-fausses raisons)

– le cadeau reçu n’est pas à la hauteur des attentes –elle attendait cette bague sertie de diamants, cette paire de chaussures Louboutin, ce sac à main Chanel, ou cette Range Rover dernier modèle, et n’a rien reçu de tout cela, ou tout au plus un cheap truc bling bling des chinois-.

Je n’attends pas le 14 Février de chaque année pour exprimer mon amour à mon mari –oui, les femmes aussi doivent faire cela, et tout le temps, pas seulement à la saint Valentin-. Je n’attends pas cette journée de l’année parce que, pour moi, chaque jour c’est la Saint Valentin. Mon mari n’attend pas le 14 Fevrier de chaque année non plus pour m’exprimer son amour parce que pour lui aussi, chaque jour c’est la Saint Valentin. Et il s’agit d’exprimer son amour à son/sa partenaire, pas de le prouver –c’est deux choses totalement différentes-, et on peut le faire sans se ruiner, et avec le même, sinon, une plus haute signification. Un frère africain, exaspéré par la tyrannie de son épouse qui menaçait de le quitter s’il ne  lui offrait pas ce voyage en Occident comme cadeau de la Saint Valentin, disait que 1) mettre un toit au-dessus de la tête de sa femme et sa petite famille, 2) faire bouillir la marmite tous les jours que l’on ait un boulot stable ou pas, 3) payer la scolarité de ses enfants et des enfants de la famille de sa partenaire –beaucoup d’Africains le font, il est honnête et juste de le dire et de leur tirer un grand coup de chapeau pour cela, surtout dans un monde où plusieurs n’arrivent même plus à s’occuper de leurs propres enfants -,  4) être là lorsque notre partenaire a besoin de nous –en ces temps curieux où personne n’a plus le temps de personne et où tout le monde passe le clair de son temps le nez et tous les autres sens fourrés dans leurs téléphones portables ou dans leurs ordinateurs, ce geste-là compte-, et 5) payer ses frais d’hôpital, est l’expression suprême de son amour pour sa partenaire et leurs trois enfants.

Et puis, à quoi sert d’offrir ces cadeaux à sa partenaire le 14 Février et l’oublier, l’humillier, la frapper, la mépriser, lui manquer de respect, l’affamer ou la priver d’autres choses les autres 364 jours de l’année? Parce que c’est ce qui se passe dans bien de couples après le 14 Février!

L’amour, le vrai, n’attend pas de contrepartie. L’amour, true love, n’a pas de conditions. Ce type d’amour ne connaît pas d’ultimatums, genre, “Si tu ne me donnes pas ceci… Tu as intérêt à me donner cela… Cest tout ce que tu me donnes pour la Saint Valentin alors que toutes mes copines ont reçu…”

Le vrai amour n’a pas besoin de tout cela et, croyez-moi, il vit, s’épanouit, propère et perdure. Et est entretenu aussi bien par l’homme que la femme. Il faut deux personnes pour danser le Tango, comme quelqu’un l’avait si bien dit.

 

A votre Bonheur, et pour que chaque jour soit la Saint Valentin!

 

 

 

 

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Avant d’être une épouse et une mère, je suis d’abord Céline

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En 1996 j’ai obtenu une bourse de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour aller faire des études de doctorat en Espagne. J’étais déjà mariée et avec deux jeunes enfants. Accepter cette bourse signifiait aller vivre en Espagne pendant cinq ans, loin de mon mari et de mes deux jeunes enfants. Parce qu’il n’était pas question d’envisager d’y aller avec ma petite famille. J’ai accepté la bourse et suis partie.

Seule.

Ce qui a provoqué, comme beaucoup peuvent l’imaginer, beaucoup de mes frères et soeurs africains, un tollé général.

“Une femme doit être auprès de son mari pour prendre soin de lui et des enfants!”

“Comment est-ce que ton mari a pu accepter cela? C’est toi qui portes le pantalon à la maison ou quoi? Qui va s’occuper des enfants? Lui? Il prend trop de risques. Est-ce qu’il sait que tu peux ne plus rentrer au pays?”

“Moi je n’accepterais jamais cela! C’est le monde à l’envers, finalement!”

“Si cela m’arrive, je demande à ma femme de choisir entre le mariage et le divorce!”

“Qu’est-ce que tu cherches, Céline? Tu as tout! Vraiment, on ne te comprend pas, ma chère!”

“Qu’est-ce qu’on va dire si on entend qu’une femme a laissé son mari et deux jeunes enfants pour aller soi-disant poursuivre ses études chez les blancs? Tu es sûre que c’est vraiment pour poursuivre tes études que tu pars? En tout cas, ça c’est être égoïste! Où mets-tu ta famille, tes enfants, ton mari dans tout ça?”

Voilà quelques unes des perles que j’ai, que mon mari et moi, avons entendues. Il y avait de la pression de son côté pour qu’il ne me laisse pas partir, et de mon côté aussi. Ce que toutes ces personnes qui disaient se préoccuper pour moi, pour nous et pour notre petite famille ignoraient c’est que, mon mari et moi avions toujours été deux à danser ce tango qu’est le mariage et nous le sommes toujours d’ailleurs presque trente ans après ce jour où nos chemins se sont croisés et que nous avons décidé de cheminer ensemble désormais.

Mais, cheminer ensemble ne veut pas dire et n’a jamais voulu dire, à mon avis, que l’un des partenaires ou que les deux partenaires doivent renoncer à qui ils sont comme personnes, comme individus. Parce que, avant d’être épouse et époux, papa et maman, ils sont, chacun, un individu avec des projets et ambitions personnels que rien ne doit hypothéquer.

En effet, si ces projets personnels sont hypothéqués pour quelques raisons que ce soit, c’est le passeport pour la frustration, l’amertume, la non félicité qui peuvent mener à la séparation du couple. Il suffit de regarder autour de nous pour constater cela. Et puis, pourquoi devrais-je renoncer à mon projet de réaliser mes études doctorales? Pourquoi est-ce que mon époux devrait s’opposer à la réalisation de ce projet qui m’était cher? Aimer c’est comprendre, c’est soutenir, c’est accompagner, c’est aider l’autre à se découvrir, à mieux se connaître, à s’épanouir et à devenir la meilleure version de sa personne. Aimer c’est aider l’autre à réaliser tout son potentiel!

Aimer ce n’est pas frustrer l’autre.

Aimer ce n’est pas diminuer l’autre, limiter son horizon.

Aimer ce n’est pas briser ses ailes et empêcher l’autre de voler haut et de briller.

J’ai obtenu le soutien total de mon époux pour la réalisation de ce projet personnel et de bien d’autres d’ailleurs. Et je suis bel et bien retournée au Cameroun auprès de ma famille après mes études doctorales parce que je n’avais qu’un seul agenda lorsque je partais pour l’Espagne: étudier et retourner auprès des miens une fois mes études terminées, et servir mon pays.

Pourquoi je vous raconte ceci aujourd’hui? Parce que je voudrais partager cette expérience avec vous et surtout partager les leçons que j’ai apprises de cette expérience.

La mariage est une affaire de deux personnes et pas une affaire des familles, du quartier ou de la communauté. Chacun voudra vous dire ce qu’il pense être bien ou mieux pour vous. Mais, souvenez-vous qu’il s’agit de vous deux, de vous deux seulement, de votre vie, de votre avenir et, qui mieux que vous deux pour décider ce que vous deux voulez que cet avenir, que cette vie soit? Si vous pouvez ou voulez, écoutez les uns et les autres avec politesse mais, à la fin, restez les conducteurs au volant de cette vie qui est la vôtre!

Cette décision ne va pas plaire, je vous assure, mais alors pas du tout. Mais, persistez! Ne vous laissez pas manipuler et sachez que vous ne pouvez pas contenter tout le monde. Vous ne devez même pas y penser! C’est de la mer à boire.

Vous avez décidé de vous dire oui? Bonne nouvelle! Mais, si l’un des partenaires n’a pas fini ses études, il est important de continuer, de finir et de trouver du travail. Pour son propre épanouissement et pour contribuer à construire cette nouvelle famille. Ce n’est pas une bonne idée d’abandonner ses études ou son travail juste parce qu’on s’est marié! Lorsqu’on se marie, on n’est pas arrivé, les amis! Et aussi parce que le pire arrive dans la vie. Les partenaires tombent malades, perdent leur emploi, meurent, deviennent invalides à vie, le mariage finit, etc. Alors, si c’est le partenaire qui faisait bouillir la marmite qui se retrouve dans l’une de ces situations décrites, imaginez le stress de l’autre partenaire! Imaginez la suite!

Lorsque mon papa est décédé il y a six ans, nous avons réalisé avec horreur et stupéfaction que notre maman n’avait pas de signature sur leur compte bancaire. En effet, c’est papa qui avait toujours tout fait, géré tous les projets de la famille, seul, sans impliquer notre maman. Et cette dernière l’avait laissé faire sans jamais chercher à être impliquée. Une grave erreur! Une fois papa parti, il fallait gérer l’après papa. Impossible pour notre maman d’accéder au compte de notre défunt papa pour toucher sa pension dont elle avait pourtant absolument besoin pour vivre! Difficile pour maman de prendre le relais de la gestion des projets de la famille parce qu’elle n’avait aucune idée de tout cela!

Ce cas n’est pas unique. Plusieurs couples sont dans cette situation. Et ne réalisent même pas que celle-ci peut avoir des conséquences gravissimes pour le couple, leur famille ou le/la partenaire qui survit au défunt. Avant le décès de notre papa, celui-ci avait été victime d’un accident vasculaire cérébral qui l’a privé de l’usage de la parole et de ses facultés mentales. Pendant sept ans, papa était incapable de faire quoi que ce soit, et ne se souvenait même plus de qui il était. Il fallait payer ses frais d’hôpital, ses médicaments. Et couvrir les besoins de son épouse. Sa pension aurait pu aider si maman pouvait y accéder. Depuis son décès, nous avons pris en charge notre maman. Que serait-elle devenue si nous, ses enfants, n’avions pas les moyens de le faire?

Vous ne voulez pas que cela vous arrive, n’est-ce pas? Alors, agissez! Pendant qu’il est encore temps.

  • N’abandonne pas tes études ou ton travail après ton mariage quelque soit le statut de ton/ta partenaire
  • Aie ta propre carte de crédit et ton propre compte d’épargne même si vous avez des comptes communs
  • N’abandonne pas la gestion des finances à ton/ta partenaire!
  • Implique-toi activement dans la gestion de vos projets : achat d’une maison ou d’une voiture, épargne pour l’éducation de vos enfants, etc.

Prévenir vaut mieux que guérir! Toujours!

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