Célébrer la vie car elle peut cesser à tout moment!

 

Hier un grand musicien africain, un monument de la musique africaine, grand musicien tout court, s’en est allé.

Papa Wemba.

66 ans.

 

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Oui, c’est de lui qu’il s’agit. Sur scène et, sans crier gare, il s’est effondre et c’était la fin.

Pas le temps de dire aurevoir à sa famille, ses amis, ses millions de fans.

Lorsqu’il s’était levé hier matin, il avait des projets. Comme ce spectacle lors duquel il s’est effondré en pleine action. Et bien d’autres, je suppose.

Lorsqu’il est sorti de chez lui hier, Papa Wemba pensait y retourner après sa journée de travail, pour retrouver les siens et partager cette journée avec eux. La dernière chose à laquelle il aurait pensé c’est … la mort.

Sa propre mort.

Mais oui, c’est arrivé. De façon brutale. Comme cela est arrivé il y a tout juste quelques jours à un autre musicien de haut calibre, Prince.

C’est arrivé, comme cela peut arriver à chacun de nous. A tout moment.

A tout moment!

Ce départ … brutal de Papa Wemba me choque, comme c’est le cas pour plusieurs autres millions de ses fans. En effet, j’ai survécu en Espagne pendant mes études pendant la décennie 1990 grâce à “Viva la Musica, Nouvelle écriture” un de ses plus grands succès. Je suis tombée amoureuse de cet album que j’écoutais lorsque j’avais le mal du pays. Lorsque l’Afrique me manquait. Lorsque les miens me manquaient. J’écoutais Papa Wemba parce que, ma famille et moi, nous adorons sa musique.

J’écoute toujours cet album.

Viva la Musica

“Wake Up” aussi. Un autre bel album réalisé avec un autre grand, le Grand Mopao.

Wake Up

Oui, je suis choquée. Et triste.

Mais, aussi bouleversant qu’il soit, ce triste évènement nous rappelle que nous sommes tous et toutes de passage sur cette terre. Cette vallée des larmes.

Cet évènement nous rappelle que la vie est fragile. Que nous sommes fragiles.

Que nos jours sont comptés. Et que, par conséquent, nous devons être prêts pour le grand départ. Tout le temps. Parce que notre tour peut arriver à tout moment.

Et, être prêt, à mon avis, c’est faire la paix avec soi-même.

Compter ses bénédictions et, surtout, les célébrer.

Etre prêt, c’est vivre et aider à vivre, dans la mesure de notre possible, de nos moyens parce que nous sommes tous et toutes les gardiens de nos frères comme le disait le Pape Jean Paul II. Et parce que, le faire donne un sens à notre vie.

Etre prêt, c’est faire la paix avec les autres, pardonner à ceux et celles qui vous ont heurté pas parce que ces personnes le méritent, mais parce que VOUS en avez besoin.

Etre prêt, c’est cultiver l’amour, cette denrée rare. C’est tourner le dos aux intrigues, la haine, l’envie, la méchanceté gratuite, et dérouler le tapis à la compréhension, l’attention, l’entraide.

Etre prêt c’est cultiver l’amour, comme je le dis, et surtout l’exprimer. A tout moment. C’est dire aux siens, ses parents, ses enfants, ses amis, ses frères et soeurs, ses collègues, ses voisins, combien on les aime et apprécie, clairement, pendant qu’il est encore temps. Pendant que nous en avons encore le temps.

Etre prêt, c’est mettre de l’ordre dans ses affaires pour éviter aux siens, à nos êtres bien-aimés, tous les ennuis que cette négligence engendre trop souvent lorsque nous ne sommes plus là! On ne compte plus les exemples où les membres d’une famille, des frères et des soeurs se déchirent et s’entretuent à cause de l’héritage laissé par leurs parents décédés. Vous pouvez leur éviter cela en agissant AUJOURD’HUI! Que vous ayez un plat, un vélo, des actions dans une affaire, un lopin de terre, une cabane et j’en passe, dites clairement ce que vous aimerez que tout cela devienne lorsque vous ne serez plus de ce monde.

Et, si vous souhaitez que vos obsèques soient organisés d’une certaine façon, dites-le!

Clairement.

Aidez les vôtres à mieux vous rendre hommage. Aidez-les à vous … aider! A appliquer votre dernière volonté. De plus en plus de personnes le font, et organisent jusqu’aux derniers détails de leurs obsèques. Cela aide beaucoup, croyez-moi, car lorsque vous n’êtes plus là, c’est déjà très dur de gérer cette nouvelle et votre absence. Alors, imaginez en plus le casse-tête de l’organisation des obsèques et, j’en passe!

We will miss you forever, papa Wemba!

Celine Clemence Magneche Nde

 

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Quatre tips pour survivre à l’adversité lorsqu’elle provient de la famille

Image      -La famille? Je n’en ai rien à cirer.

        -Comment ça tu n’en as rien à cirer?

        -Tu m‘as bien compris, chère amie.

        -J’avoue que non, malheureusement.

        -J’ai décidé de faire sans.

-Ah bon?

-Oui. Et, crois-moi, depuis que j’ai décidé de vivre sans elle, je me sens extraordinairement bien. Je me suis retrouvé. Et, surtout, j’ai retrouvé la joie de vivre.

–Je vois. Et, comment tu as fait?

-Cette décision n’a pas été facile à prendre parce que nous sommes socialisés pour tout accepter de la famille, même l’inacceptable. Pour accepter et supporter des choses absolument innacceptables des gens qui croient que, parce que le hasard a fait que vous soyiez des frères, croient qu’ils ont le droit de vous mépriser, humillier, exploiter, de vous dicter ce que vous devez faire de votre vie, quelle route vous devez emprunter. Ma décision n’a pas été facile à prendre mais je l’ai finalement prise et je m’en félicite car ma vie en dépendait. J’étais devenu otage d’un groupe de personnes qui étaient décidées à me faire payer le prix de ma réussite. Bien évidemment j’ai été maudit, traité de tous les noms d’oiseaux rares, menacé même de mort, ce qui, heureusement, n’a absolument aucun effet sur moi car j’ai décidé depuis longtemps que c’est ce que je pense de moi qui est important. Que mes priorités doivent passer désormais avant toute autre chose. Que j’ai le droit de vivre moi aussi, de disposer de ma persone, de mes biens, du fruit de mon dur labeur comme bon me semble. Que j’ai le droit de suivre mon propre chemin, celui que j’ai moi-même tracé. Que j’ai le droit d’être different.”.

Cette conversation je l’ai eue il y a quelques jours avec un de mes amis africains qui a coupé les ponts avec sa famille depuis plus de vingt ans, et qui vit aux Etats Unis avec son épouse et ses deux enfants.

 Ce genre de discours nous ne l’entendons pas très souvent, pourtant plus d’un, du moins parmi nous, africains, le ruminent quotidiennement et rêvent de dire “trop c’est trop”, comme mon ami, et de prendre enfin les rênes de leur destin, confisqués par la famille.

 En Afrique nous sommes tous socialisés pour rentrer dans un moule, suivre le chemin tracé par d’autres, penser ce que les autres nous disent, regarder dans la direction que les autres nous indiquent, disparaître derrière le groupe, tout puissant. Servir le groupe, la famille, le clan, assurer sa perpétuation même si cela nous coûte notre vie personnelle. Refuser cette dictature sociale et choisir d’exister par soi-même, de vivre en tant qu’individu ayant des droits que l’on entend faire respecter, c’est choisir l’exclusion, le bannissement, les insultes, l’isolement, des blessures  emotionnelles difficiles à guérir parce que plus douloureuses et destructrices que celles physiques, surtout lorsqu’elles viennent de la famille.

 Pourtant, la famille devrait être un havre de paix où l’on se réfugie lorsque tout va mal, lorsque ça va mal dehors. La famille devrait être un groupe formé de personnes qui s’aiment, se soutiennent, s’entraident. Hélas! elle ne l’est pas. Au lieu de construire, d’aider ses membres à se déveloper, à devenir de meilleures personnes, plusieurs familles les détruisent plutôt. Sont de véritables freins au dévelopment de leurs membres.  Que faire dans cette situation:

  •  Faire comme mon ami, c’est-à-dire rompre et vivre enfin sa vie?
  • Subir sans rechigner au nom de la sacro sainte famille?
  •  Ou alors tenter de faire changer cet état de choses?

 Je ne vous dirai pas quel choix faire parce que je crois que, comme le dit Stephen R. Covey, si nous ne pouvons pas contrôler ce qui nous arrive, ce que les autres font, nous pouvons par contre choisir les réponses que nous allons apporter à ces choses que les autres font. Chacun de nous est responsable, c’est-à-dire, capable d’apporter une réponse aux choses de la vie qui nous arrivent. Nous en avons les moyens, comme le souligne si bien Dr. Seuss:

 “You have brains in your head. You have feet in your shoes. You can steer yourself any direction you choose. You’re on your own. And you know what you know. And YOU are the one who’ll decide where to go…”
 Oh, the Places You’ll Go!

 En ce qui me concerne, même si je pense que la famille est importante, je n’hésiterais pas à lâcher prise si celle-ci risquait de me coûter mes chances de survie et de développement. On ne choisit pas la famille dans laquelle on naît. On ne choisit pas ses frères et soeurs. Mais on peut choisir de ne pas être otage de sa famille, otage de ses frères et soeurs. Comment, vous demanderez-vous?

  1. Ayez des principes, fermes, vos propres principes, lesquels vont guider votre vie, et tenez-vous en à ces principes. Ne les oubliez pas et surtout faites-les connaître.
  2. Faites clairement savoir à votre entourage, aux membres de votre famille, ce que vous accepterez et ce que vous ne saurez tolérer. Laisser les gens vous mépriser, maltraiter, exploiter, vous manquer de respect, avoir un comportement inacceptable envers vous juste parce que vous faites partie d’une même famille c’est les former à vous mépriser, maltraiter. Un proverbe de chez moi dit que c’est la patate douce qui avait accepté qu’on la mange crue. Ne soyez pas cette patate douce. Faites comme le macabo qui démange à mourir toute personne qui tente de le manger cru.
  3. N’acceptez pas de passer une seule minute avec des gens qui vous blessent sans cesse, vous méprisent, vous humilient, vous briment, ne vous respectent pas, vous prennent pour une vache à lait, un acquis, vous empêchent de vous déveloper par leurs actes, leur comportement. Des gens qui ne sont pas contents de vous avoir, même si ce sont des membres de votre famille. Chacun de nous n’a qu’une seule vie, et ce serait vaiment dommage de la gâcher en ouvrant les portes de votre vie aux gens qui n’en valent pas la peine.
  4. Souvenez-vous que vous avez un bien précieux: VOUS. Et que vous devez en prendre soin. Vous ne devez en aucun cas le sacrifier, et ceux qui ne vous aident pas à en prendre soin ne méritent pas votre compagnie, votre attention, votre temps.

 Comme tu le vois, cette liste n’est pas exhaustive. Ce serait intéressant que tu nous aides à la construire avec tes tips et trucs qui t’aident à survivre à l’adversité, surtout  lorsque celle-ci vient de ta famille.

 A ton Bonheur!

 Céline Magnéché Ndé Sika