La résilience, une attitude vitale pour vivre une vie heureuse

Resilience

Pas très loin de chez moi il y a un supermarché très fréquenté pas seulement par les clients mais aussi par tous ces enfants qui, tous les jours, y accourent pour mendier. Bien évidemment, ils sont tenus à l’écart par les gardiens qui les pourchassent sans ménagement dès qu’ils se trouvent trop près du supermarché. Ils sont aussi houspillés, insultés et même battus souvent par certains clients qui n’aiment pas que ces enfants dont la plupart vient des bidonvilles les approchent. Ils les associent aussitôt à la pègre, au crime, à tout ce qu’il y a de mauvais.

Lorsque les clients arrivent, les plus grands se contentent de les interpeller et de leur demander de l’argent pour manger. Les plus petits vont à leur rencontre, les suivent tout en demandant de l’argent, vont parfois jusqu’à s’accrocher à leurs bras ou attraper un bout de leur vêtement, ce qui, bien évidemment, ne plaît pas du tout à certains. Mais, on a beau leur dire non, les houspiller, insulter, chasser et frapper, ils ne s’avouent pas vaincus et reviennent à la charge, toujours et toujours. Ils plient lorsqu’il le faut, mais ne rompent pas tel un arbuste malmené par le vent. Ils n’abandonnent pas. Ont-ils vraiment le choix? Peuvent-ils se payer ce luxe?

En effet, pour une raison ou une autre, ces enfants, qui devraient être dans une salle de classe, sont là, à mendier pour pouvoir manger et parfois même faire vivre leur famille, se préoccupant surtout de l’instant, du moment, du présent, le futur n’existant pas pour eux ou mieux étant étant synonyme d’incertitude et d’angoisse.

Observer ces enfants et surtout voir le sourire qui ne quitte presque jamais leurs lèvres malgré tant d’adversité pousse à réfléchir et invite à revoir notre attitude face à la vie et ses nombreux défis. En effet, voilà une belle leçon de vie, une belle leçon de résilience, une compétence vitale que plusieurs d’entre n’ont malheureusement pas pour survivre et surtout vivre dans un monde où les bas sont toujours plus nombreux que les hauts. Dès que les choses ne vont pas comme nous le souhaitons, nous maudissons le ciel, la terre et tous ses habitants, déversons notre rage sur de pauvres innocents, ou alors devenons hystériques et malades au point de frôler l’attaque cardiaque alors que nous pouvons acheter et lire un journal, porter une veste chaude et fashion lorsqu’il fait froid, changer de vêtement lorsque nous le désirons, choisir la marque de yaourt que nous voulons boire ou du véhicule que nous voulons conduire, prendre un café ou un cocktail dans un de ces bars chics de la capitale, voyager où nous voulons et manger ce que nous désirons.

Alors, buddy, la prochaine fois que tu penseras que le monde est injuste à ton endroit parce que le vol avec lequel tu souhaites voyager pour aller passer des vacances de rêves à Cancun a été annulé pour des raisons techniques et reprogrammé pour le lendemain avec des dédommagements généreux pour tous les voyageurs, ou parce que le téléphone iPhone dernier cri que tu viens d’acheter n’est pas encore arrivé, ou encore parce que ton gardien a mis 2 minutes de plus à venir ouvrir le portail de cette luxueuse villa out dans laquelle tu vis, respire profondément et dis-toi que cela aurait pu être pire. Mesure ta chance d’être qui tu es, ce que tu es, où tu es, d’avoir ce que tu as, de pouvoir faire ce que tu fais et surtout compte toutes ces bénédictions.

 

 

 

Il n’y a pas de recettes miracle pour construire des mariages sains et qui durent, mais des idées qui marchent: en voici quelques unes

Wedding Cake Fruits

Le nombre de couples qui se séparent augmente sans cesse et, de plus en plus de personnes choisissent de ne pas prononcer le fameux “Oui, j’accepte!” par peur de venir grossir ce nombre qui invite à réfléchir, et surtout parce qu’ils ne veulent pas vivre le calvaire qui est souvent le quotidien de ceux qui ont décidé de rompre leur union.

“Choisis bien ton/ta partenaire parce que si tu rates pour quelque raison que ce soit, cela te coûtera très cher émotionnellement, financièrement, parfois physiquement. Cela peut même te coûter ta vie!”

C’est le message que je partage aujourd’hui non seulement avec mes enfants qui sont adultes, mais aussi avec ceux et celles qui me demandent mon avis sur cette question. Les divorces ruinent financièrement, traumatisent émotionnellement et éternellement, brisent très souvent des vies, contribuent à former des personnes amères et souvent déprimées, et finissent souvent dans des drames. Vous le savez aussi bien que moi, n’est-ce pas?

Si vous envisagez de vous marier, c’est important de prendre le temps qu’il faut pour faire cet important exercice. Et n’hésitez pas à jeter l’éponge si vous observez des indicateurs rouges qui vous crient que la personne avec qui vous voulez unir votre vie n’est pas THE ONE! Nous disons toujours qui nous sommes par nos actes, paroles, body language. Même de façon inconsciente. Et, pour peu que nous voulions ouvrir les yeux et les oreilles, on les découvre.

Si vous êtes déjà marié, et voulez construire un couple sain et qui dure, voici 5 idées qui peuvent réellement aider. Ce n’est pas une recette magique mais une approche qui a fait ses preuves, du moins pour nous.

  1. Ayez des attentes claires et réalistes

Ayez des attentes et exprimez-les clairement! Votre partenaire n’est pas le bon Dieu pour deviner ce que vous attendez de lui ou d’elle. Oui, les rôles sociaux ont été définis et certains s’attendent à ce que ceux-ci continuent intacts même si nous sommes au XXIème siècle, un siècle où les femmes ne sont plus confinées à la cuisine et à la vie privée de leur domicile, mais un siècle ou elles occupent des espaces publics et dirigent des pays entiers.

Qui fait quoi, quand, avec quoi? Qu’est-ce que j’attends de mon/ma partenaire? Définissez et communiquez clairement. Froidement. Et ces attentes doivent être réalistes. Si vous voulez que votre partenaire vous donne la lune, vous serez déçu parce que la lune est hors de portée! Si vous voulez retrouver votre partenaire à la maison tous les jours que Dieu a crées à 17 heures, vous serez déçu. Si vous voulez que votre partenaire soit responsable de votre bonheur, vous serez déçu parce que chacun trouve son bonheur lui-même car celui-ci vient de l’intérieur et pas des choses ou des personnes extérieures. Il ne s’agit donc pas de rabaisser ses attentes mais de les fixer clairement, et surtout de fixer celles que votre partenaire va atteindre.

  1. Communiquez, communiquez, communiquez

L’un des facteurs à l’origine de tant de divorces c’est l’absence de communication effective entre les partenaires qui y sont impliqués. Vous n’êtes pas content d’un acte que votre partenaire a posé –par exemple, il prend des décisions même les plus importantes sans vous impliquer, vous met toujours devant les faits accomplis-; vous n’aimez pas cette habitude de toujours aller passer vos vacances au même endroit avec des gens qui vous énervent et vous tolèrent juste; vous n’aimez pas qu’il vous réveille toujours à 2 heures du matin pour vous demander de faire l’amour alors que vous venez de vous coucher après une rude journée de travail prolongée par les courses au supermarché et la préparation du dîner, des autres travaux domestiques ainsi que de la journée des enfants le lendemain? Parlez-en parce que, si vous ne le faites pas, la cocotte va exploser tôt ou tard et ce sera trop tard pour sauver les meubles!

  1. Préparez-vous avant et sachez qu’il n y a pas de honte à demander de l’aide lorsque vous en avez besoin

Il y aura des moments difficiles dans votre couple, comme dans tous les couples d’ailleurs. Des moments où vous allez douter, questionner, envisager même la séparation. Aucun mariage n’est parfait et tous ont leurs hauts et leurs bas. La différence? Pendant que certains jettent l’éponge dès le premier obstacle parce qu’ils accusent leur partenaire d’être la cause des difficultés du couple, d’autres essaient de prendre soin de leur couple, et ne reculent devant aucun moyen sain -oui, sain- de le faire. Là où il y a des structures pour préparer les futurs mariés avant qu’ils ne s’embarquent dans cette aventure, ou encore pour aider ceux qui sont déjà mariés à mieux prendre soin de leur couple, c’est une bonne chose d’utiliser les services de ces structures.

  1. Signez un contrat prénuptial avant de vous engager

 De plus en plus de célébrités signent des contrats prénuptiaux avant de se marier, ce que certains condamnent parce qu’ils trouvent cela scandaleux, égoïste, et susceptible de préparer le terrain pour le divorce. Mon avis? Totalement différent. En effet, ce document, qui ne doit pas seulement être adopte par les célébrités, faciliterait les choses en cas de divorce et permettrait d’éviter des drames. Il découragerait également tous les chasseurs/chasseuses de fortune.

  1. Mettez un soin particulier à être le meilleur partenaire et la meilleure personne qui soit

Ne demandez pas à votre partenaire ce que vous ne pouvez pas offrir. Vous voulez le changement, changez d’abord vous-mêmes car ce que l’on prend souvent pour la cause de nos problèmes ne vient pas toujours de l’extérieur. Dans plusieurs cas, nous sommes le problème mais refusons de le reconnaître et de faire les efforts nécessaires pour améliorer notre couple. Nul n’est parfait. Alors, place au questionnement. Prenez soin de vous physiquement, émotionnellement et spirituellement. N’hésitez pas à vous regarder dans le miroir régulièrement. Acceptez les feedbacks constructeurs sans vous sentir offensé, et faites votre part. Un mariage c’est un projet qu’on implémente toute sa vie, et on ne ménage pas ses efforts pour le redéfinir, réorienter, modifier, améliorer.

Ton tour…

 

Il n y a pas de recettes miracle et passe-partout pour tout le monde puisque chaque mariage est un cas unique. Et, cette liste n’est pas non plus exhaustive. Quelles recettes appliques-tu pour que la flamme ne s’éteigne jamais dans ton couple? Je serais ravie de les connaitre pour enrichir cette liste!

Le mariage n’est pas Disney World!

 

Depuis plusieurs années je suis régulièrement sollicitée par des gens de tout horizon, des amis, des collègues, des camarades de classe, des voisins, les lecteurs et lectrices de mes écrits pour aider à construire des relations saines et épanouissantes, ou alors aider à sauver celles qui souffrent et chancellent.

Pourquoi moi, je me demande souvent? Ce n’est pas parce que mon couple à moi est parfait. C’est vrai que cela fait plus d’un demi-siècle que mon époux et moi avons décidé de cheminer ensemble. Et rien, apparemment, n’indique que nous aussi avons eu nos hauts et nos bas. Et pourtant nous les avons eus, croyez-moi! Parce que le mariage n’est pas Disney World!

Aux marchés aux puces en Décembre dernier à Nairobi, un des vendeurs à qui je voulais acheter de magnifiques sandales Masai m’a donné un prix trop élevé (je connaissais le prix pour en avoir acheter d’autres paires quelques jours avant) et m’a demandé de surcroît de le payer en dollars américains ou en Euros. Lorsque je me suis plainte et lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu que je viens des Etats Unis ou d’Europe et que je suis riche.

“Tu te trompes!” lui ai-je dis.

“Non, tu brilles trop et tu ne peux venir que des Etats Unis ou d’Europe!” me dit-il.

“Je vis a Nairobi comme toi!” continuai-je.

“No way, Madam!” dit-il.

“Et même si je vivais en Europe ou aux Etats Unis, pourquoi paierais-je plus cher un produit qui coûte nettement moins cher?” lui demandai-je.

“Parce que vous avez de l’argent, madame” répondit-il.

Il ne me connaissait pas, je ne le connaissais pas, c’était notre première rencontre et jusque-là nous n’avions eu aucun échange qui lui aurait donné des indications sur mon lieu de résidence. Mes tentatives de lui faire comprendre que ce qu’il percevait n’était pas la réalité n’ont pas réussi à lui faire changer d’avis.

A Yaoundé au Cameroun, toujours en Décembre dernier, j’ai encore eu droit à ce même type de traitement. Le vendeur de chaussures à qui ma fille et moi-même voulions acheter des flip-flop s’est carrément indigné que je lui dise que le prix des flip-flop que ma fille avait choisis était exagéré.

“Si je vous vends à ce prix-là, à combien est-ce que je vendrais aux pauvres, Madame?” m’a-t-il demandé.

Pour lui aussi, j’appartenais à une catégorie de classe sociale à qui il pouvait et devait même vendre ses produits à un prix plus élevé sans que je ne bronche. Tout cela à cause de ce qu’il voyait, c’est-à-dire mon physique, mon apparence.

Comme vous voyez donc, ce que nous voyons ou percevons n’est toujours pas la réalité et les apparences trompent! Non seulement je ne vis pas aux Etats Unis ni en Europe, mais mon couple n’est pas parfait, tout comme aucun ne l’est d’ailleurs. Chaque couple a des problèmes. Ses problèmes. Et ceux qui s’apprêtent à se dire “oui” doivent savoir que le couple qu’ils vont former en aura aussi. Petits ou grands, des problèmes, il y en aura. Ce qui fait la différence entre le couple A qui ne se déchire pas et qui vit pourtant ensemble depuis 50 ans et plus, et le couple B qui s’entredéchire et bat de l’aile c’est le type de fondation qu’ils ont construite et sur laquelle ils ont bâtit leur couple et la façon dont ils gèrent les problèmes auxquels leur couple fait face. Celui ou celle qui vous dit donc qu’ils n’ont pas de problèmes dans leur couple ment. Comment cela serait-il d’ailleurs possible?

En effet, chacun des partenaires est né dans une famille différente, a reçu une éducation différente, a rencontré, tout au long de sa vie –et continue à rencontrer- des gens aux parcours et backgrounds différents, lu des livres, regardé des films, visité des pays ou régions qui les ont façonnés et fait d’eux l’homme et la femme qu’ils sont devenus. Etre d’accord sur tout et à tout moment n’est simplement pas possible. Et cela peut évidemment créer des étincelles.

Un ami à moi me disait il y a quelques années lors d’un échange sur les relations de couple qu’il n’aime pas que ceux qu’il aime le contrarient. Je lui ai alors dit qu’il valait mieux qu’il ne se mette jamais en couple avec quelqu’un car une telle chose n’est simplement pas possible. Et si jamais cela arrivait, ce serait une espèce de dictature ou l’un des partenaires impose son point de vue et a toujours raison, et l’autre est opprimé et privé du droit de s’exprimer librement, et de contribuer activement à la construction du couple.

En effet, deux intelligences valent toujours mieux qu’une. Si dans un couple c’est une seule personne qui pense et décide de tout, tout seul ou toute seule, tout le temps, ce couple n’est pas sain. Il n’est pas fort. C’est un couple diminué, privé de tous ses moyens et ses atouts. Le dictateur continuera à dicter si l’autre partenaire choisit, pour une raison ou une autre, de laisser faire et de vivre cette vie misérable et opprimante, ou alors l’autre partenaire refuse cette situation et, alors, il y a clash!

Des éclats de voix, il y en a et il y en aura dans tout couple. Des conversations difficiles où vous peinerez à trouver des mots justes pour transmettre votre pensée à votre partenaire. Mais que cela reste des éclats de voix et pas autre type d’éclats. Et, vous savez quoi? C’est sain! Chaque couple a besoin de confrontation de temps en temps. Et cela est tout a fait normal parce que c’est normal de ne pas être d’accord sur tout tout le temps, d’avoir des divergences de point de vue.

Lorsque cela arrive, et cela arrivera, échangez de façon responsable. Souvenez-vous qu’il ne s’agit pas pour l’un d’avoir raison et pour l’autre d’avoir tort, mais surtout de trouver un common ground, ce common ground où le gagnant c’est le couple! Et surtout, veillez à ce que dans toute confrontation, la dignité de chacun des partenaires reste INTACTE!

Confrontation?

 

Ton tour!

Si tu as aimé cet article et l’as trouvé utile, partage-le!  Et si tu as des trucs qui te permettent de construire un mariage sain, épanouissant et qui dure, je serais heureuse de les connaître, mes lecteurs et lectrices aussi!

Celine

 

On finit tous par partir

Chers amis, chers tous, bonjour,

Comment vous allez aujourd’hui? 
 
Mon dernier article sur la nécessité de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps a touché certains d’entre vous et les a amenés  a partager leurs réflexions et médiations avec moi. J’ai pensé qu’il serait bien de partager cela avec vous.
 
 
Voici ce que ma soeur et amie Odile dit plus précisément :
 

Bonjour Céline,

Toujours émerveillée par les sujets que tu soulèves; Ça prend un courage fou pour faire ce que tu fais là. J’espère que ton message est largement diffusé. Tu soulèves des questions pertinentes et tu proposes des solutions. Même en occident tous les jours ces cas se présentent. Des gens qui vivent sans assurance et laissent souvent la communauté dans l’embarra lorsqu’ils leur arrive quelque chose.

Justement ceux qui vivent en occident peuvent lors de l’acquisition d’un bien de valeur profiter pour faire un testament chez le notaire.

Il faut essayer même si c’est difficile, d’introduire le sujet dans la famille nucléaire autour de la table, à l’occasion d’un évènement heureux où tout le monde est disposé à en parler.  Le parent qui est plus à l’aise peut également proposer de le faire afin d’inciter l’autre à faire pareil; Évidemment si les deux parents sont sur le marché du travail. C’est lorsque les avoirs les plus importants sont en jeux que le problème se complexifie car il faut être juste et équitable et penser que l’homme fini par partir; Malheureusement dans ces cas en Afrique, c’est souvent le père qui a généré ces avoirs et c’est encore lui qui a des tonnes de partenaires et par ricoché des tonnes d’enfants. Lorsque ces cas se présentent il faut compter sur la lucidité du patriarche ou sur l’influence qu’aura un de ses filsaimé sur lui pour le sensibiliser. Mais sans perdre espoir, c’est un sujet à  vulgariser.

 Merci encore

Odile Makemda Mbekou »

Et voici ma réponse a Odile:
 
Je suis très émue de te lire, de lire ces mots si aimables que tu écris a mon sujet, je veux dire sur cette passion que j’ai a réveiller les consciences, motiver, encourager, accompagner ceux et celles qui sont parfois tellement pris par le tourbillon de la vie qu’ils oublient l’essentiel qui, dans ce cas précis, est celui de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. C’est une passion, mais aussi un devoir parce que, comme le disait Maya Angelou, la poétesse américaine, lorsqu’on sait, on enseigne. Et j’espère de tout coeur que tu m’aideras a vulgariser cette information autour de toi, avec les tiens, avec les frères et soeurs qui sont au Cameroun mais aussi hors de notre pays. Nous devons le faire meme si cela n’est toujours pas facile, meme si nous n’avons toujours pas l’assurance de rencontrer un accueil favorable de la part de nos frères et soeurs, nos parents, etc. Mais il faut le faire. 
Ne pas le faire c’est subir notre vie, attendre que les problèmes dont tu parles si bien dans ton message se présentent et nous embarrassent. Dans notre famille mais aussi dans nos communautés, surtout lorsqu’on vit a l’étranger. Et ces problèmes il y en a tous les jours.
 
Lors de mon dernier séjour aux USA l’année dernière, j’ai pris conscience de ce problème lorsqu’un de mes amis m’a invitée a participer avec lui a l’enterrement d’un de leurs frères nigérians décédés quelques jours plus tôt. Lorsque je lui ai demandé pourquoi le défunt n’avait pas été ramené au Nigeria pour y être enterré, mon ami m’a rit au nez. Il m’a dit que cela coute énormément cher de ramener un corps en Afrique (cercueil, préparation du corps, frais administratifs, transport aérien de la dépouille, accompagnement de la dépouille en Afrique, etc.) surtout si le défunt n’a pas pensé, de son vivant, a organiser ses obsèques ou encore a aider ceux qui restaient a le faire. Et, dans le cas précis, le défunt n’avait rien fait dans ce sens. Il n’était pas marié, et vivotait. Et, même s’il avait été marié, a-t-il continué, il aurait encore fallu qu’il ait laissé une assurance a sa partenaire pour gérer ce dossier couteux.
 
Lorsque je lui ai demandé pourquoi la communauté nigériane de Boston n’avait pas pensé a mettre sur pied un service (type épargne, par exemple) pour régler ce problème crucial, il m’a dit que les gens trimaient deja trop pour manger, payer leur loyer, payer les multiples factures et les mortgages pour  mettre de l’argent a cote pour leurs obsèques. Il m’a ensuite dit que tous les jours les africains étaient enterrés dans les cimetières américains, 98/100 pour être plus précise,  et que, souvent, leurs parents en Afrique n’étaient meme pas informés de leur décès. Pour finir, il m’a dit que le défunt devait meme être content et reconnaissant que quelqu’un ait bien voulu creuser un trou pour lui. 
 
Odile, j’étais terrifiée en écoutant cela. Et me suis alors engagée a en parler avec les miens qui vivent hors d’Afrique. Ce que je fais depuis l’été dernier. 
 
Il y a deux semaines mon mari a failli mourir dans un accident de voiture lors d’une mission de travail au Cameroun. Le bus, dont les freins ne fonctionnaient plus, a foncé dans un ravin , fait plusieurs tonneaux avant de se retrouver sur son toit. Heureusement, heureusement, et grâce a Dieu, il n y a eu aucun mort, sauf quelques blessés. Cet événement m’a rappelé, nous a rappelé la nécessité, l’urgence de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. Il m’ a aussi rappelé que je dois rappeler cette nécessité aux autres. A toi, a mes lecteurs. A ceux et celles qui veulent bien m’écouter.
 
C’est un sujet délicat, Odile. Très très délicat. Mais plus nous l’éviterons, plus nous créerons des conditions pour la destruction et la souffrance de nos familles. Il faut trouver le moyen d’en parler.
 
Absolument.
 
Le moyen d’attirer l’attention de nos parents sur cette question vitale, nos parents et leurs successeurs, et surtout les convaincre de la nécessité de mettre cet ordre en place. Le plus tôt possible. 
 
Que l’on ait une petite cabane au toit de chaume, ou des palaces partout; une table sur laquelle on vend des beignets au bord de la route a la tombée de la nuit, ou des business partout; que l’on soit reine ou notable avec un titre a la chefferie de notre village ou simplement successeur de quelqu’un, d’un parent; que nous ayons un bout de terrain insignifiant ou soyons propriétaire terrien, il faut mettre de l’ordre dans tout ceci parce que les gens se tuent pour moins que rien. 
 
Commencer d’abord avec notre petite famille nucléaire. Ensuite, en parler au niveau de la grande famille lors des réunions familiales. Celles-ci doivent servir a autre chose que de régler les habituelles querelles et rivalités inutiles.
 
Je reste a ton écoute  pour continuer cet échange lequel va nous aider a renforcer nos capacités et être a mesure de prendre en main notre destin.  
 
Celine »
 
A toi, je pose cette question: que penses-tu de tout ceci? Es-tu d’accord avec nous? Si oui, comment pouvons-nous vulgariser cette information vitale? Comment poser cette question sur la table sans froisser, heurter des susceptibilités? Je suis sure que tu as des idées qui nous permettront d’avancer sur ce chemin semé d’embuches. Alors, je reste dans l’attente de te lire.
 
Celine Clémence Magneche Nde Sika

 

 

Mettez de l’ordre dans vos affaires pendant qu’il est encore temps

ImageIl y a  quelques années ici au Kenya l’histoire d’une famille qui se déchirait autour de la fortune du vieux patriarche malade a fait la une des journaux pendant des mois. Les enfants de la première épouse décédée, ceux de la deuxième épouse, et celle-ci se battaient dans les tribunaux à travers une armée d’avocats, mais aussi hors des tribunaux, à travers des gangs recrutés pour corriger et intimider la partie adverse, ou alors eux-mêmes, partout où ils se rencontraient.

Il faut dire que le patriarche avait battit une fortune colossale, objet de toutes les convoitises.  Diminué par l’âge et la maladie, l’homme assistait, impuissant, à ce spectacle digne de films d’horreurs, lequel avait fini par provoquer une crise cardiaque fatale chez lui. Deux années après son décès, la bataille pour le partage de l’héritage n’est pas terminée. Finalement, l’Etat kenyan a dû prendre les choses en main en attendant que la situation soit tirée au clair. Quand ? Nul ne le sait. Nul ne peut le dire. En attendant, la famille continue à se déchirer.

Ce genre d’histoire, nous en avons presque tous en entendu parler autour de nous. Chez moi au Cameroun, on ne compte plus le nombre de familles irrémédiablement détruites parce que les parents n’ont pas mis de l’ordre dan leurs affaires pendant qu’ils avaient encore la force, le temps et les moyens de le faire.

Par méfiance. Parce que parler de ses biens c’est attirer la convoitise des autres. Attirer l’attention sur soi ainsi qu’une pluie de demandes de la part des membres de sa famille, les amis, les collègues, dans cette Afrique où l’on n’a pas honte de tendre la main, même lorsque l’on a tous ses dix doigts et lorsqu’on jouit d’une parfaite santé.

Par pudeur. Parler de ses biens c’est en quelque sorte manquer de respect à ceux qui n’ont rien, qui souffrent et tirent le diable par la queue.

Par crainte. On a peur d’être tué si on parlait du partage de ses biens pendant qu’on est encore vivant. Ou alors on a peur de déclencher des crises d’hystérie, de nerfs, de déclencher la haine ou même des drames parmi ceux des membres de notre famille qui se sentiraient lésés lors du partage.

Par ignorance. On ne sait toujours pas qu’il faut le faire ou alors on en est conscient mais on ne sait pas par où commencer ni avec qui régler ce genre de choses si délicates, l’escroquerie, la malhonnêteté, la trahison étant devenues le sport national partout, même de la part des gens qu’on aurait jamais soupçonnés.

Par superstition. Oui, parce que personne n’aime parler de la mort. C’est, paraît-il, l’inviter dans nos demeures. Mais ne pas en parler n’empêche pas cette demoiselle de s’inviter chez nous lorsque notre tour arrive. Et ce tour arrive souvent au moment où nous nous y attendons le moins. Semant le désordre, la haine, les ressentiments, la mort même, lorsque nous n’avons pas pris la peine, le temps ou le soin de mettre de l’ordre dans nos affaires.

Personne ne souhaite que ceci arrive à sa famille lorsqu’on ne sera plus là. Nous voulons que nos êtres les plus chers vivent en harmonie après nous. Qu’ils s’aiment les uns les autres et s’entraident au lieu de se déchirer, de s’entretuer, lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que nos enfants continuent à aller à l’école et fassent de bonnes études lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que notre famille continue à vivre sous un toit lorsque nous ne serons plus de ce monde.

Nous voulons que nos enfants et notre partenaire continuent à se faire soigner lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que notre famille continue à manger à sa faim, à faire des projets, à se projeter dans l’avenir lorsque nous ne serons plus de ce monde.

Mais ceci n’arrivera pas tout seul, comme par miracle. Non. Il faut une préparation minutieuse, structurée, pendant qu’il est encore temps. Pendant que vous avez encore tous vos moyens. Et, cette préparation, c’est vous qui devez la faire. Vous devez mettre de l’ordre dans vos affaires. Qu’est-ce que cela veut dire ?

  1. Rédiger votre testament. Avec l’aide d’un notaire crédible, intègre, honnête. Et n’oubliez pas de l’actualiser de temps en temps (si vous l’avez rédigé lorsque vous étiez monogame, par exemple, il convient de corriger cette information si vous prenez une seconde ou plusieurs autres épouses). Dans cet important document, dites clairement ce que vous avez comme biens en nature (terrains, maisons, affaires, voitures, etc.) et en argent (cash dans les banques, actions, etc.), comment est-ce que vous souhaitez que tout ceci soit géré ou partagé après votre décès.
  2. Réglez vos dettes ou tout au moins faites le point dessus. Clarifiez tout pour éviter que des escrocs de tout poil ne profitent de votre absence pour ruiner (vous n’êtes plus là pour les faire mentir) et plumer vos enfants ou votre famille.
  3. Aidez vos enfants à préparer votre départ. Sans souffrance. La mort est doublement douloureuse, ne l’oubliez pas : votre départ, et les préparatifs de vos obsèques. C’est pour vous aider à mieux préparer votre départ que les compagnies d’assurance ont développé des produits qu’elles seront très heureuses de vous proposer. Pensez-y, et rendez-vous service. Rendez services à votre famille. Achetez une police d’assurance obsèques le plus tôt possible. Vous épargnerez une somme souvent très modeste mensuellement. Mais, le moment venu, les bénéfices de cet acte d’amour pour vous et pour vos êtres aimés seront énormes.

Si vous ne faites rien, une fois parti, votre famille doit se débrouiller pour organiser vos obsèques, parfois sans aucune ressource. Ce genre de situation crée des tensions, des bagarres et même des drames parfois irréversibles dans des familles.

Si vous souhaitez être enterré à un endroit précis, dans un type de tombe ou de mausolée précis, dites-le.

Si vous souhaitez être enterré –habillé d’un costume trois pièces ou nu, ou simplement enroulé dans un linceul ; dans un cercueil en bois, en bambou ou en fer – dans un endroit précis –dans votre maison, votre cour, votre champ, derrière votre maison, dans votre pays d’origine, n’importe où-, ou alors incinéré et vos cendres jetées à la mer ou déposées chez vous, dites-le. Clairement. Mais pensez à prévoir les moyens qu’il faut pour accomplir vos dernières volontés. Car vous ne pouvez pas exiger, par exemple, à votre famille qui n’a pas les moyens financiers, d’être rapatrié et enterré dans votre pays d’origine, alors que vous n’avez rien fait pour que ce souhait soit réalisé.

Certains vont jusqu’à construire leur tombe ou leur mausolée de leur vivant. Si vous avez les moyens de le faire, faites-le. Vous dormirez en paix dans votre dernière demeure que vous aurez construite vous-même, et rendrez ainsi un service inestimable à votre famille.

4. Prenez une assurance-vie pour protéger ceux et celles qui restent. Si non, votre famille risque de se retrouver dans la rue si vous étiez en location ; vos enfants risquent ne plus aller à l’école et poursuivre leurs études. Et partagez cette information avec votre partenaire. Il/elle ne vous tuera pas car tout le monde n’est pas des monstres. Il y a encore des gens biens sur cette terre. Si vous n’en parlez pas, votre famille n’en profitera pas après votre décès.

5. Aidez votre grande famille (vos frères, vos sœurs, vos parents, vos oncles, etc.) à respecter votre famille nucléaire, à respecter les droits de vos enfants et de votre partenaire. Disciplinez-les, fixez les limites, et surtout prenez toutes les dispositions nécessaires pour que votre partenaire et vos enfants ne soient pas dépouillés lorsque vous ne serez plus là. Et aidez votre partenaire à connaître ses droits et à se défendre en cas de besoin. C’est la moindre des choses que vous devez faire pour ceux et celles que vous aimez et que vous vous êtes battu toute votre vie pour protéger.

6. Vous avez de l’argent en banque ? Pensez à donner la signature sur les comptes que vous possédez à votre partenaire. Si vous ne le faites pas, une fois que vous ne serez plus là, votre partenaire risque ne pas avoir accès à votre argent. Parce que votre partenaire n’a pas de signature sur vos comptes bancaires, parce que la bureaucratie est un labyrinthe où très peu de personnes s’en sortent, du moins en Afrique. Des veuves, des veufs et des orphelins souffrent partout en Afrique –du moins chez moi au Cameroun- parce qu’il leur est impossible de toucher l’argent laissé dans des comptes en Afrique et en Occident par leurs partenaires décédés. Ou simplement malades et incapables de faire quoi que ce soit.

Ceci ne devrait pas être un problème dans des couples où la confiance et la transparence  sont des valeurs solides sur lesquelles sont construits ces couples, valeurs réelles et partagées par les deux partenaires tous les jours.

La mort surprend presque toujours. Nous vivons comme si nous n’allons jamais mourir. Pourtant nous savons tous et toutes qu’un jour nous quitterons ce monde. Comment voulons-nous le quitter : sereins parce que nous savons que la vie va continuer son cours avec harmonie lorsque nous ne serons plus là, parce que nous avons fait ce qu’il fallait pour que les choses se passent ainsi, ou alors tristes et malheureux parce que nous savons que la haine, la guerre, des drames vont se déclencher dans nos familles dès le moment où nous aurons les yeux fermés, parce que nous n’avons pas fait cet important devoir d’amour ? Dans le premier cas, nous aurons vécu notre vie, pleinement, librement, en suivant des principes et des valeurs qui nous sont chers. Que nous avons déterminés nous-mêmes et qui nous gouvernent quotidiennement. Nous avons planifié notre vie. Nous avons été maîtres de notre vie.

Dans le second cas, nous aurons subi notre vie. Vécu la vie des autres, la vie imposée par les autres : la société, notre église, nos collègues, nos amis, notre grande famille. Nous aurons passé notre vie à voir les choses pas comme elles sont, mais comme nous avons été conditionné à les voir.

Nous aurons passé notre vie à voir les choses à travers les lunettes que les autres nous ont données – la société, notre église, nos collègues, nos amis, notre grande famille -, au lieu de fabriquer nos propres lunettes, avec des valeurs et des principes que nous avons nous-mêmes identifiés et fait nôtres, et de nous en servir pour voir le monde, les choses, les personnes et agir comme nous le pensons –et non pas comme les autres pensent-, faire ce que nous pensons être correct.

Et, ce qui est correct, dans ce cas précis, c’est de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. Pendant que nous avons encore la force et les moyens de le faire. 

Avant de te quitter, je voudrais te demander si tu as pensé à ce geste d’amour. Si oui, comment t’y prends-tu ? Je serai heureuse que tu partages ton expérience avec nous, pour aider les autres à améliorer leur vie. Tous les jours.

Céline Magnéché Ndé Sika

 

Souviens-toi que tu es responsable de ta vie

Il y a un an nous avons décidé d’aider un de nos frères qui était sorti de prison après y avoir passé trois années à se réinsérer dans la société à travers une formation en coiffure. Ladite formation devait durer un an et, au terme de celle-ci, nous devions l’aider à s’installer à son compte, dans son propre salon de coiffure. En plus de payer les frais de formation de notre frère, lequel était logé et nourri -faut le préciser-, nous lui donnions tous les mois un peu d’argent de poche pour ses besoins personnels car un homme de 28 ans a évidement des besoins. Nous nous attendions à ce que notre frère non seulement nous informe de l’évolution de sa formation, mais aussi qu’il partage avec nous, qui avons exprimé le souhait de l’aider à créer son propre salon à la fin de sa formation, ses idées et autres stratégies quant à la création de son future salon de coiffure, et surtout qu’il nous interpelle à la fin de son année de formation parce qu’il s’agit après tout de sa vie. De son avenir. En un mot, qu’il apporte sa propre contribution à la construction de son avenir. Non seulement il n’a rien fait de tout ceci, mais il nous a accusés de l’avoir abandonné. D’après lui, nous devions non seulement payer sa formation, mais aussi tout planifier, tout réaliser et lui remettre en main la clé de son salon de coiffure immédiatement à la fin de sa formation parce que nous sommes ses frères et sœurs. Et, en tant que tels, avons l’obligation de l’aider.

Cette histoire, qui ne me surprend pas du tout, est révélatrice de la mentalité qui habite plusieurs d’entre nous et qui a la formidable vertu de nous soustraire à nos responsabilités, à notre principale responsabilité à savoir prendre notre vie en main.

Qu’est-ce qui fait croire à mon frère que je suis responsable de sa vie ? Que je dois, que nous devons tout arranger pour lui, que nous sommes la solution miracle à ses problèmes?

Qu’est-ce qui pousse les hommes et les femmes à se croiser les bras et attendre tranquillement que d’autres personnes les sauvent littéralement?

Réalisent-ils seulement l’absurdité de cette situation?

Réalisent-ils seulement que personne d’autre qu’eux-mêmes ne peut conduire le bateau de leur vie, et que si quelqu’un d’autre le faisait, ils ne seraient plus que le spectateur de leur propre vie?

J’ai envie de dire a mon frère et à toutes ces personnes qui commettent la fatale erreur de croire que les autres sont responsables de leur vie, de leur succès, de leur bonheur ceci:

-le premier responsable de ta vie c’est TOI-MÊME et personne d’autre

-c’est bien de demander de l’aide -à Dieu, aux autres êtres humains-. Mais c’est mille fois mieux de t’aider toi-même d’abord car ce n’est qu’en le faisant que les autres seront motivés à t’aider. Attache ton chameau avant de le confier à Allah !

-n’attends rien des autres parce qu’ils ne sont pas obligés de te venir en aide. Ils le font parce qu’ils le veulent, parce que leur cœur le leur demande et pas parce qu’ils se sentent une quelconque obligation à le faire.

N’attends rien des autres et tu ne seras pas déçu s’ils ne t’offrent rien.

N’attends rien des autres et tu ne leur en voudras pas s’ils ne t’offrent rien.

N’attends rien des autres et tu seras libre de toute rancune, de tout ressentiment.

-souviens-toi que la main qui demande est toujours en dessous de celle qui donne. C’est-à-dire que tu dois demander avec humilité, DEMANDER, pas EXIGER. DEMANDER HUMBLEMENT. Et accepter que ceux à qui tu demandes ne puissent pas ou ne veuillent pas t’aider.

-et surtout sois RECONNAISSANT et dis MERCI à ceux qui te tendent la main. Parce que, comme je l’ai dit, ils ne sont pas obligés de te tendre la main. C’est un choix délibéré qu’ils font.

Aujourd’hui nous ne savons plus nous comporter parce qu’il y a un grave déficit de ce que les Anglophones appellent “life skills.” Nous ne savons pas dire merci, s’il te plait. Nous ne savons pas prendre nos responsabilités, écouter et respecter les autres. Nous croyons que nous avons tous les droits, rien que des droits et aucun devoir envers nous-mêmes mais aussi envers les autres. Nous demandons, toujours et toujours, mais sommes incapables de donner. De donner même notre sourire lequel est pourtant gratuit. Nous exigeons que les autres assument les conséquences des actes que nous avons délibérément -et parfois contre l’avis de tous et faisant fi de tout conseil- posées. Et, lorsque ceux-ci nous rappellent que nous sommes les auteurs de ces actes et que, par conséquent nous devons les assumer, nous nous en offusquons et les traitons de méchants. Nous les accusons de nous avoir abandonnés.

Nous accusons les autres, le monde entier d’être responsable de nos malheurs, de nos échecs, de nos problèmes, de notre manque de bonheur. Oui, ce sont les autres. C’est toujours les autres.

Et nous alors dans tout cela?

Et notre responsabilité dans ce qui nous arrive?

Je crois qu’il est temps que nous prenions nos responsabilités et assumions notre vie, nos décisions, nos échecs. Il est temps que nous prenions en main le volant de cette voiture qui est notre vie. Comme je l’ai toujours dit, seuls la vie et parfois la mort appartiennent à Dieu : le reste est entre nos mains.
Certes, nous ne pouvons le faire si nous n’avons reçu aucune formation, aucune éducation allant dans ce sens parce que l’éducation que nous avons reçue et que nos enfants sont entrain de recevoir est surtout académique, c’est-à-dire celle qui nous permet, comme disait Cheikh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe, de « lier le bois au bois pour faire des édifices de bois », et ne nous permet pas de faire face à la vie avec toute sa complexité, tous ses pièges.

L’éducation à la vie doit être une priorité dans notre agenda à nous tous. Nous devons nous mobiliser pour que celle-ci soit reconnue comme un facteur de développement de l’être humain, promue et enseignée au même titre que l’éducation académique. Et, tout en nous mobilisant pour que cette discipline soit enseignée a nos enfants dans le cadre de l’éducation formelle, nous devons aussi, à notre niveau, chacun avec les moyens dont il dispose, là où il se trouve, et surtout depuis la cellule familiale, aider nos enfants à acquérir ces outils précieux dont ils ont besoin pour devenir des hommes et des femmes sains, heureux, responsables, capables de prendre de bonnes décisions, de se prendre en charge et de contribuer activement au développement de leurs familles, communautés et pays. Pour leur propre bien et pour le bien de tous.

Autour de toi tu dois certainement observer des exemples comme celui que je viens de mentionner. Des exemples de personnes qui attendent tranquillement mais exigent aussi parfois que les autres planifient et gèrent leur vie. Règlent les problèmes qu’ils rencontrent dans la vie. Comment renverser la tendance? Que fais-tu pour aider ces personnes à se réveiller et à prendre leur vie en main? Je serais vraiment heureuse que tu partages ce que tu crois avec nous, ici, pour aider les autres à améliorer leur vie.

Celine SIKA