Tout ce que nous qualifions de mauvais n’est pas toujours mauvais

Blessing in disguise

C’est un plaisir d’être à nouveau ici aujourd’hui pour partager avec vous un autre de ces articles que j’aime tant écrire pour parler de tout, mais surtout de ces choses qui empoisonnent notre existence déjà difficile. Ces choses qui nous empêchent de vivre la vie que nous désirons et que nous méritons. Je crois fermement que personne n’est venu sur cette terre pour souffrir. Mais je crois aussi que tout ce qui nous arrive dans cette vallée des larmes où nous vivons, arrive pour une raison bien précise même si nous ne la connaissons pas. Plus tard, on réalise que ce que nous prenions pour un malheur, était plutôt un “bon cacao dans un mauvais sac” pour parler comme Mongo Béti dans Ville Cruelle. C’est-à-dire un cadeau du ciel qui nous a été envoyé dans un emballage pas attractif.

Un fiancé ou une fiancée avec qui tu as passé plusieurs années et qui, à la dernière minute, juste quelques semaines avant votre mariage, t’annonce que votre histoire est finie parce que ta tête ne plaît pas à ses parents? Voilà ce que une de mes lectrices m’a dit il y a quelques jours. Dévastée, au bord du suicide.

Ma réponse?

Célèbre cela quelque soit la douleur que tu peux ressentir en ce moment-là car tu es libérée d’un partenaire qui courra voir ses parents à chaque fois pour que ceux-ci décident à sa place.

Tu es libérée d’un partenaire faible, de quelqu’un qui a peur d’être lui-même, de prendre des décisions et de faire respecter ces décisions.

Tu es libérée de quelqu’un immature qui est inconscient du mal qu’il cause aux autres en choisissant de laisser les autres lui dicter la vie qu’il doit vivre.

Tu es libérée d’un partenaire incapable de faire respecter ses choix et de se faire respecter.

Accepte sa décision, souhaite-lui bonne chance et continue avec ta vie. Il épousera la femme que ses parents auront choisie pour lui, pas celle qu’il aime et a choisie. Passer sa vie avec quelqu’un qu’on n’aime pas, dormir auprès de quelqu’un qu’on n’aime pas, faire l’amour avec quelqu’un qu’on n’aime pas, faire des enfants avec quelqu’un qu’on n’aime pas, y a-t-il vraiment pire punition que celle-là?

Nous aimons nos familles, nous les aimons vraiment, et nous aimerions pouvoir toujours faire ce qu’elles aiment, ce qui leur plaît, ce qui est en accord avec leurs souhaits mais nous sommes des adultes qui savons ce qui est bien pour nous, et ceci veut dire que nous devons couper le cordon ombilical avec nos familles lorsqu’il le faut, prendre nos propres décisions et assumer la responsabilité de nos choix, bons ou mauvais. Ce n’est pas toujours facile, certes, mais c’est nécessaire.

 

Ton tour…

As-tu déjà dit « Oui » aux autres en te disant « Non » à toi-même? Dans quelles circonstances? Et, surtout, comment as-tu vécu cela par la suite? Je serais heureuse que tu partages avec moi et nos lecteurs. Ce n’est pas toujours facile de dire « Non » lorsque l’on veut vraiment dire « Non. » C’est pourquoi ton histoire peut inspirer et motiver à relever ce défi!

Une tradition qui n’aide pas les humains à grandir et s’epanouir ne vaut pas la peine d’être tout simplement

La culture

 

Lors d’un diner hier j’ai eu l’opportunité de rencontrer des gens formidables avec qui j’ai un débat très animé au sujet de la tradition. De nos traditions africaines plus précisément. Nous sommes à Toronto, en plein XXIème siècle, une ville où des gens de tout horizon ayant des cultures aussi diverses et différentes que les marques de voiture qu’ils conduisent y vivent et se côtoient au quotidien. On pourrait être tenté de croire que, dans ce pays où les droits des uns et des autres sont promus, respectés et appliqués indépendamment de leur genre, couleur de la peau, appartenance politique, religieuse ou orientation sexuelle, les traditions d’un autre âge n’ont plus droit de cité.

Que non!

Les uns et les autres voyagent avec leur culture et leurs traditions et veillent à ce que celles-ci perdurent. Même lorsque ces traditions les privent de leurs droits les plus essentiels. Tenez, une partie de la conversation que j’ai eue avec un des participants à ce diner:

« Mon ami:  “Lorsque nos parents ont parlé, les enfants n’ont plus rien à dire.”

Moi: “Mais, vous n’êtes plus des enfants aujourd’hui! Vous êtes des adultes, des pères et des mères de famille! Et vous vivez au Canada maintenant.”

Mon ami: “Oui, mais, nous sommes toujours les enfants de nos parents et nous nous devons de les respecter.”

Moi: “Je ne dis pas que vous ne devez pas respecter vos parents.”

Mon ami: “Nous devons respecter leur parole qui est sacrée.”

Moi: “Même si celle-ci vous détruit et vous empêche de vivre la vie que vous désirez et méritez?”

Mon ami: “C’est la tradition, mon amie.”

Moi: “Votre père sait-il que vous êtes amoureux de cette jeune femme?”

Mon ami: “Je le-lui ai dit.”

Moi: “Cela ne compte certainement pas, à ce que je vois. Peut-être son origine y est-elle pour quelque chose?”

Mon ami: “Non! Elle est de même origine que moi. Je ne pouvais pas m’hasarder à tomber amoureux d’une fille qui n’est pas de chez moi. Mon père m’aurait simplement renié.”

Moi: “Vous allez donc vivre la vie de votre père et pas la vôtre. Il ne connaît simplement pas votre réalité. Il est dans votre pays, à plusieurs milliers de kilomètres d’ici, et vous, vous êtes ici, au Canada. Comment pouvez-vous le laisser vous dicter votre vie ici?”

Mon ami: “Mon père ne peut pas me vouloir du mal. Il sait ce qui est bien pour moi.“

Moi: “Vous allez vivre une vie malheureuse, grâce à votre père, mon ami!”

Mon ami: “Ah, on va faire comment? Ce sont nos traditions et il faut les respecter!”

 

Qu’est-ce que papa veut?

Papa ne voudrait pas que notre ami épouse la jeune femme dont il a fait la connaissance il y a quelques mois et dont il est fou amoureux, ce qui est d’ailleurs réciproque.

Papa exige que notre ami aille chercher et épouser une fille du pays et au pays.

Comme vous pouvez le constater dans cet échange, nous nous sommes quittés sans que notre ami ait compris que le volant de ce véhicule qu’il conduit et qui s’appelle sa vie est entre ses mains, et qu’il a la responsabilité, l’entière responsabilité de prendre en main son destin.

Jusqu’au bout, il a continué à justifier l’injustifiable. Par naïveté? Par crainte? Par ignorance? Au nom de la tradition, l’inacceptable est quotidiennement commis. Des droits humains sont bafoués. L’être humain humilié et privé d’opportunités d’être, de vivre, de vivre heureux et d’utiliser tout son potentiel.

J’aime dire qu’il n y a que nous pour nous sauver. En effet, personne ne viendra à notre secours. Oui, les autres peuvent marcher avec nous. Mais, personne ne devrait marcher pour nous. Notre vie, c’est notre vie, et nous devons tout faire pour la vivre pleinement, pas à moitié. Ceci n’est possible que si nous prenons en main notre destin! Prendre en main son destin c’est questionner cette tradition opaque qui nous opprime. C’est installer le débat, un débat franc et froid avec ces personnes qui maintiennent cette couverture opaque sur la tradition au lieu de nous aider à la comprendre pour mieux la respecter et préserver.

En effet, je suis consciente de l’urgence de préserver nos origines et notre culture dans un monde où l’uniformité semble être la règle, parce que c’est cette culture qui fait de nous qui nous sommes. Ou mieux la somme de toutes les cultures que nous avons en nous.

Ton tour…

Qu’est-ce que tu en penses?  Faut-il respecter aveuglement ce que nous pensons être notre culture/nos traditions ou alors leur donner les outils dont elles ont besoin pour efficacement jouer leur rôle d’outil de développement personnel, économique et de la société?