Travailler pour vivre et pas vivre pour travailler

Bonjour, chers amis,

Après la pause d’hier, le travail recommence aujourd’hui. Le 1er Mai c’est la fête du travail. Une journée consacrée, non seulement aux défilés et autres réjouissances, mais surtout à la réflexion sur le travail:

  • travailler pour vivre, ou vivre pour travailler?
  • travailler, mais dans quelles conditions? Et surtout, pour quel salaire?
  • comment préparons-nous notre retraite? car nous n’aurons pas toujours 20 ans. Et justement, quand devons-nous aspirer à cette retraite?
  • quel est le sort des veuves, des veufs et des orphelins qui ne peuvent pas toujours toucher la maigre pension de leurs partenaires décédés, lesquels ont pourtant cotisé toute sur vie?
  • que faire pour que le travail ne soit plus une source de problèmes, de stress, un bourreau de notre santé?
  • comment aider ceux et celles qui ont choisi de consacrer leur vie a aider les autres, les plus nécessiteux, à mieux faire leur travail sans y laisser leur peau, leur santé, et leur vie?

Hier, comme tous les autres 1er Mai antérieurs, j’ai pensé à toutes ces questions, et je vous avoue que je ne suis pas sûre d’avoir trouvé des réponses à ces questions. Ce n’est pas facile. Le travail devrait être une source de joie, pas une source de stress, d’angoisse, de souffrance.

Le travail devrait permettre aux travailleurs de s’épanouir, de se développer personnellement, mais aussi professionnellement.

Le travail ne devrait pas être un sacrifice, mais une activité réalisée avec joie, enthousiasme, gaité.

Le travail devrait permettre aux travailleurs de gagner leur pain quotidien. Il devrait leur permettre de toucher une juste rémunération, fruit de leurs efforts.

Le travail devrait éloigner de nous le vice, l’ennui et le besoin, comme l’avait si bien dit quelqu’un. Hélas, tel n’est pas le cas. Les lieux de service sont devenus des endroits par excellence:

  • où le vice prospère (harcèlement sexuel, alcool, drogues, corruption, vol, etc.)
  • où les gens s’ennuient à mourir parce qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font; parce qu’ils ne trouvent aucun intérêt à leur travail; parce qu’ils sont écrasés, brimés, humiliés à longueur de journée par des chefs qui, pour couvrir leur incompétence, complexe et autre insécurité, ne laissent aucune opportunité à leurs collaborateurs pour que ces derniers puissent se développer personnellement et professionnellement;
  • où la rémunération perçue permet très rarement de couvrir nos besoins sans cesse croissants dans un monde de plus en plus difficile et exigeant.

Avec ce panorama, point de surprise que le nombre de suicides, de personnes victimes de dépression, stress et autres accident vasculaire cérébral augmente sans cesse, plongeant des familles entières dans la détresse, le désespoir, la pauvreté.

Le 1er Mai doit être une opportunité pour tous et pour toutes de revisiter la notion de travail, et de réaliser enfin que nous devons travailler pour vivre et pas vivre pour travailler. C’est un souhait mais surtout un droit. En effet, nous avons une seule vie et ce serait regrettable de passer à côté de celle-ci.

C’est aussi un devoir, celui de nous battre pour que ce droit inaliénable soit respecté. Pour nous, mais aussi pour les autres. Nous avons les moyens de faire en sorte que ceci soit possible. Du moins à notre niveau. Avec nos propres employés que nous devons traiter comme des êtres humains, puisqu’ils le sont avant d’être nos employés, pas des chameaux. Pas des esclaves.

Réclamons nos droits, mais surtout respectons ceux des autres. Toutes ces personnes qui, quotidiennement, travaillent à rendre notre vie facile, ont des droits que nous devons non seulement respecter, mais appliquer. Je parle de ces collaborateurs qui donnent et se donnent tous les jours pour que cette entreprise que nous avons créée  prospère et se fasse une place dans un monde où la compétition est plus que féroce, inhumaine.

Je parle de notre femme de ménage qui fait tout chez nous et pour nous, du ménage aux courses en passant par la lessive, le repassage, la cuisine, les chambres, et j’en passe, pour que nous puissions nous consacrer totalement à notre boulot.

Je parle de notre baby sitter, celle-là qui prend soin de nos enfants pendant que nous sommes en voyage, au boulot ou tout simplement fatigués.

Je parle de notre gardien, celui-là qui veille sur nous pendant que nous dormons, nous ouvre le portail tous les jours, sous la pluie ou le soleil, à toute heure.

Je parle des tuteurs de nos enfants, ceux-là qui aident nos enfants à réviser leurs leçons, faire leurs devoirs,  à mieux comprendre des concepts difficiles pour eux et parfois même pour nous, les motivent, les encouragent à toujours faire mieux, à ne pas jeter l’éponge, et leur rappellent sans cesse qu’ils peuvent le faire et même réussir à le faire -ce que nous devrions faire parce que ce sont nos enfants et c’est notre devoir d’accompagner ces hommes et femmes en devenir dans leur processus de formation et de développement-, et que nous ne faisons pas par manque de temps, parce que nous sommes trop fatigues, par exemple. Le savons-nous? Si oui, que faisons-nous pour que ces droits soient respectes et surtout appliques? Avons-nous seulement conscience que c’est  grâce à ces personnes, souvent trop modestes, que notre vie est plus facile?

Respecter et appliquer les droits de ces personnes, nos employés, c’est, par exemple, nous assurer: 

  • qu’elles perçoivent un salaire digne, salaire qu’elles perçoivent tous les mois, et à temps; 
  • qu’elles ont des congés. Des congés payés; 
  • qu’elles ont une sécurité sociale.  

ça au moins nous pouvons le faire, et faisons-le, pour elles, pour nous.

Es-tu à jour de cette question avec tes employés, si tu en as? J’aimerais que tu partages avec moi tes tips et trucs pour appliquer les droits de tes employés, ou encore aider les autres à en faire autant avec les leurs. Tu sais, il n’est jamais tard pour commencer, et mieux vaut tard que jamais.

A ton bonheur,

Céline Clémence Magnéché Ndé Sika

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Mettez de l’ordre dans vos affaires pendant qu’il est encore temps

ImageIl y a  quelques années ici au Kenya l’histoire d’une famille qui se déchirait autour de la fortune du vieux patriarche malade a fait la une des journaux pendant des mois. Les enfants de la première épouse décédée, ceux de la deuxième épouse, et celle-ci se battaient dans les tribunaux à travers une armée d’avocats, mais aussi hors des tribunaux, à travers des gangs recrutés pour corriger et intimider la partie adverse, ou alors eux-mêmes, partout où ils se rencontraient.

Il faut dire que le patriarche avait battit une fortune colossale, objet de toutes les convoitises.  Diminué par l’âge et la maladie, l’homme assistait, impuissant, à ce spectacle digne de films d’horreurs, lequel avait fini par provoquer une crise cardiaque fatale chez lui. Deux années après son décès, la bataille pour le partage de l’héritage n’est pas terminée. Finalement, l’Etat kenyan a dû prendre les choses en main en attendant que la situation soit tirée au clair. Quand ? Nul ne le sait. Nul ne peut le dire. En attendant, la famille continue à se déchirer.

Ce genre d’histoire, nous en avons presque tous en entendu parler autour de nous. Chez moi au Cameroun, on ne compte plus le nombre de familles irrémédiablement détruites parce que les parents n’ont pas mis de l’ordre dan leurs affaires pendant qu’ils avaient encore la force, le temps et les moyens de le faire.

Par méfiance. Parce que parler de ses biens c’est attirer la convoitise des autres. Attirer l’attention sur soi ainsi qu’une pluie de demandes de la part des membres de sa famille, les amis, les collègues, dans cette Afrique où l’on n’a pas honte de tendre la main, même lorsque l’on a tous ses dix doigts et lorsqu’on jouit d’une parfaite santé.

Par pudeur. Parler de ses biens c’est en quelque sorte manquer de respect à ceux qui n’ont rien, qui souffrent et tirent le diable par la queue.

Par crainte. On a peur d’être tué si on parlait du partage de ses biens pendant qu’on est encore vivant. Ou alors on a peur de déclencher des crises d’hystérie, de nerfs, de déclencher la haine ou même des drames parmi ceux des membres de notre famille qui se sentiraient lésés lors du partage.

Par ignorance. On ne sait toujours pas qu’il faut le faire ou alors on en est conscient mais on ne sait pas par où commencer ni avec qui régler ce genre de choses si délicates, l’escroquerie, la malhonnêteté, la trahison étant devenues le sport national partout, même de la part des gens qu’on aurait jamais soupçonnés.

Par superstition. Oui, parce que personne n’aime parler de la mort. C’est, paraît-il, l’inviter dans nos demeures. Mais ne pas en parler n’empêche pas cette demoiselle de s’inviter chez nous lorsque notre tour arrive. Et ce tour arrive souvent au moment où nous nous y attendons le moins. Semant le désordre, la haine, les ressentiments, la mort même, lorsque nous n’avons pas pris la peine, le temps ou le soin de mettre de l’ordre dans nos affaires.

Personne ne souhaite que ceci arrive à sa famille lorsqu’on ne sera plus là. Nous voulons que nos êtres les plus chers vivent en harmonie après nous. Qu’ils s’aiment les uns les autres et s’entraident au lieu de se déchirer, de s’entretuer, lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que nos enfants continuent à aller à l’école et fassent de bonnes études lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que notre famille continue à vivre sous un toit lorsque nous ne serons plus de ce monde.

Nous voulons que nos enfants et notre partenaire continuent à se faire soigner lorsque nous ne serons plus là.

Nous voulons que notre famille continue à manger à sa faim, à faire des projets, à se projeter dans l’avenir lorsque nous ne serons plus de ce monde.

Mais ceci n’arrivera pas tout seul, comme par miracle. Non. Il faut une préparation minutieuse, structurée, pendant qu’il est encore temps. Pendant que vous avez encore tous vos moyens. Et, cette préparation, c’est vous qui devez la faire. Vous devez mettre de l’ordre dans vos affaires. Qu’est-ce que cela veut dire ?

  1. Rédiger votre testament. Avec l’aide d’un notaire crédible, intègre, honnête. Et n’oubliez pas de l’actualiser de temps en temps (si vous l’avez rédigé lorsque vous étiez monogame, par exemple, il convient de corriger cette information si vous prenez une seconde ou plusieurs autres épouses). Dans cet important document, dites clairement ce que vous avez comme biens en nature (terrains, maisons, affaires, voitures, etc.) et en argent (cash dans les banques, actions, etc.), comment est-ce que vous souhaitez que tout ceci soit géré ou partagé après votre décès.
  2. Réglez vos dettes ou tout au moins faites le point dessus. Clarifiez tout pour éviter que des escrocs de tout poil ne profitent de votre absence pour ruiner (vous n’êtes plus là pour les faire mentir) et plumer vos enfants ou votre famille.
  3. Aidez vos enfants à préparer votre départ. Sans souffrance. La mort est doublement douloureuse, ne l’oubliez pas : votre départ, et les préparatifs de vos obsèques. C’est pour vous aider à mieux préparer votre départ que les compagnies d’assurance ont développé des produits qu’elles seront très heureuses de vous proposer. Pensez-y, et rendez-vous service. Rendez services à votre famille. Achetez une police d’assurance obsèques le plus tôt possible. Vous épargnerez une somme souvent très modeste mensuellement. Mais, le moment venu, les bénéfices de cet acte d’amour pour vous et pour vos êtres aimés seront énormes.

Si vous ne faites rien, une fois parti, votre famille doit se débrouiller pour organiser vos obsèques, parfois sans aucune ressource. Ce genre de situation crée des tensions, des bagarres et même des drames parfois irréversibles dans des familles.

Si vous souhaitez être enterré à un endroit précis, dans un type de tombe ou de mausolée précis, dites-le.

Si vous souhaitez être enterré –habillé d’un costume trois pièces ou nu, ou simplement enroulé dans un linceul ; dans un cercueil en bois, en bambou ou en fer – dans un endroit précis –dans votre maison, votre cour, votre champ, derrière votre maison, dans votre pays d’origine, n’importe où-, ou alors incinéré et vos cendres jetées à la mer ou déposées chez vous, dites-le. Clairement. Mais pensez à prévoir les moyens qu’il faut pour accomplir vos dernières volontés. Car vous ne pouvez pas exiger, par exemple, à votre famille qui n’a pas les moyens financiers, d’être rapatrié et enterré dans votre pays d’origine, alors que vous n’avez rien fait pour que ce souhait soit réalisé.

Certains vont jusqu’à construire leur tombe ou leur mausolée de leur vivant. Si vous avez les moyens de le faire, faites-le. Vous dormirez en paix dans votre dernière demeure que vous aurez construite vous-même, et rendrez ainsi un service inestimable à votre famille.

4. Prenez une assurance-vie pour protéger ceux et celles qui restent. Si non, votre famille risque de se retrouver dans la rue si vous étiez en location ; vos enfants risquent ne plus aller à l’école et poursuivre leurs études. Et partagez cette information avec votre partenaire. Il/elle ne vous tuera pas car tout le monde n’est pas des monstres. Il y a encore des gens biens sur cette terre. Si vous n’en parlez pas, votre famille n’en profitera pas après votre décès.

5. Aidez votre grande famille (vos frères, vos sœurs, vos parents, vos oncles, etc.) à respecter votre famille nucléaire, à respecter les droits de vos enfants et de votre partenaire. Disciplinez-les, fixez les limites, et surtout prenez toutes les dispositions nécessaires pour que votre partenaire et vos enfants ne soient pas dépouillés lorsque vous ne serez plus là. Et aidez votre partenaire à connaître ses droits et à se défendre en cas de besoin. C’est la moindre des choses que vous devez faire pour ceux et celles que vous aimez et que vous vous êtes battu toute votre vie pour protéger.

6. Vous avez de l’argent en banque ? Pensez à donner la signature sur les comptes que vous possédez à votre partenaire. Si vous ne le faites pas, une fois que vous ne serez plus là, votre partenaire risque ne pas avoir accès à votre argent. Parce que votre partenaire n’a pas de signature sur vos comptes bancaires, parce que la bureaucratie est un labyrinthe où très peu de personnes s’en sortent, du moins en Afrique. Des veuves, des veufs et des orphelins souffrent partout en Afrique –du moins chez moi au Cameroun- parce qu’il leur est impossible de toucher l’argent laissé dans des comptes en Afrique et en Occident par leurs partenaires décédés. Ou simplement malades et incapables de faire quoi que ce soit.

Ceci ne devrait pas être un problème dans des couples où la confiance et la transparence  sont des valeurs solides sur lesquelles sont construits ces couples, valeurs réelles et partagées par les deux partenaires tous les jours.

La mort surprend presque toujours. Nous vivons comme si nous n’allons jamais mourir. Pourtant nous savons tous et toutes qu’un jour nous quitterons ce monde. Comment voulons-nous le quitter : sereins parce que nous savons que la vie va continuer son cours avec harmonie lorsque nous ne serons plus là, parce que nous avons fait ce qu’il fallait pour que les choses se passent ainsi, ou alors tristes et malheureux parce que nous savons que la haine, la guerre, des drames vont se déclencher dans nos familles dès le moment où nous aurons les yeux fermés, parce que nous n’avons pas fait cet important devoir d’amour ? Dans le premier cas, nous aurons vécu notre vie, pleinement, librement, en suivant des principes et des valeurs qui nous sont chers. Que nous avons déterminés nous-mêmes et qui nous gouvernent quotidiennement. Nous avons planifié notre vie. Nous avons été maîtres de notre vie.

Dans le second cas, nous aurons subi notre vie. Vécu la vie des autres, la vie imposée par les autres : la société, notre église, nos collègues, nos amis, notre grande famille. Nous aurons passé notre vie à voir les choses pas comme elles sont, mais comme nous avons été conditionné à les voir.

Nous aurons passé notre vie à voir les choses à travers les lunettes que les autres nous ont données – la société, notre église, nos collègues, nos amis, notre grande famille -, au lieu de fabriquer nos propres lunettes, avec des valeurs et des principes que nous avons nous-mêmes identifiés et fait nôtres, et de nous en servir pour voir le monde, les choses, les personnes et agir comme nous le pensons –et non pas comme les autres pensent-, faire ce que nous pensons être correct.

Et, ce qui est correct, dans ce cas précis, c’est de mettre de l’ordre dans nos affaires pendant qu’il est encore temps. Pendant que nous avons encore la force et les moyens de le faire. 

Avant de te quitter, je voudrais te demander si tu as pensé à ce geste d’amour. Si oui, comment t’y prends-tu ? Je serai heureuse que tu partages ton expérience avec nous, pour aider les autres à améliorer leur vie. Tous les jours.

Céline Magnéché Ndé Sika

 

Les retraités, un atout négligé

Il y a quelques mois j’ai lu un article fort intéressant sur les retraités au Japon. Il était question de miser sérieusement sur ces personnes encore très capables de donner à la société  à l’âge où elles allaient à la retraite. Il faut dire qu’au Japon, les gens vivent très facilement au-delà de 100 ans et sont en très bonne santé physique et mentale même à cet âge. L’auteur de l’article mentionnait une entreprise qui avait vu le jour spécialement pour recruter et placer ces aînés auprès de structures qui en avaient besoin, et celles-ci étaient de plus en plus nombreuses.

Il y a quelques semaines, en lisant Le Globe, un journal de Montréal, je suis tombée sur un autre article dans lequel l’auteur du document parlait d’entreprises –comme Sodexo Canada-, qui avaient fixé au premier rang de leurs priorités le recrutement et la retention d’employés âgés de plus de 50 ans. Et un sondage réalisé par une firme spécialisée, PwC, révèle que 60% de directeurs d’entreprises canadiennes sont déterminés a recruter et a retenir des employés âgés de plus de 50 ans.

Cette pratique se généralise. Aux Etats Unis, par exemple, des sondages réalisés par Banque of America l’année dernière ont révélé que plus de 94 % de directeurs d’entreprises pensent qu’il est important de recruter et garder les aînés.

On peut se demander pourquoi une telle démarche de part et d’autre des continents de la part de ces entreprises au moment où la priorité est a la création d’emplois pour ces millions de jeunes qui, chaque année, quittent les bancs des Universités et des écoles de formation et se retrouvent sans emploi, obligés, presque tous, de retourner vivre chez leurs parents ou de vivre avec leur soutien, parce que les petits jobs que les plus chanceux trouvent ne les mènent nulle part.

Eh bien, les hommes et les femmes derrière cette idée surprenante mais très pertinente trouvent qu’il n y a que de bénéfices à travailler avec les aînés, àa presque tous les niveaux de la société. Tenez.

  • Rester actifs pour vivre heureux et en santé

On vit de plus en plus longtemps grâce aux progrès de la médecine et à l’amelioration de nos conditions de vie. Lorsqu’on prend sa retraite à 55 ou 60 ans, on peut encore très facilement vivre jusqu’à 90 ans. Alors, que fait-on pendant ces 30 ans? Rester à la maison, sans rien faire, tourner en rond, passer des heures et des heures devant la télévision, errer dans les rues et les bars, n’est pas ce qu’il y a vraiment de mieux pour ces personnes qui risquent très vite de déprimer, tomber malades -avec ce que cela entraîne comme conséquences pour leurs familles  et le gouvernement-, et mourir. Garder les aînes en fonction ou recruter ceux déjà à la retraite mais qui souhaitent continuer à travailler peut être une solution. Cela les aide à rester actifs, en bonne santé, et heureux. Et s’ils sont heureux et en santé, c’est moins de soucis pour leurs familles, moins d’argent dépensé par les gouvernements pour soigner des gens malades et déprimés,

  • Ces aînés sont un atout formidable à cause de leur expérience, de leurs connaissances et des compétences acquises au fil de leurs années de carrière, qu’ils peuvent transmettre aux jeunes générations, et permettre ainsi à l’entreprise de gagner du temps et de l’argent. Par ailleurs, et parce que ces aînés ont déjà une bonne fondation et une parfaite connaissance de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, miser sur eux pour couvrir les besoins de celle-ci est tout aussi avantageux, quitte à les recycler.
  • Ces aînés constituent une bonne portion de la main d’oeuvre de ces pays et seront difficiles à remplacer s’ils ne sont plus là. Les garder en fonction pendant longtemps encore ou recruter ceux déjà à la retraite et qui souhaitent continuer à travailler pourrait permettre aux entreprises de mieux préparer la relève, un sujet trop souvent oublié ou négligé dans les entreprises.
  • Ces aînés sont plus stables et beaucoup plus engagés et impliqués dans les entreprises qui les emploient.   

Rien que du bonheur comme vous le voyez. Ou presque. En effet, recruter et garder les aînés exige que l’on fasse certains sacrifices pour permettre à ces derniers de donner le meilleur d’eux-mêmes.

  • Equipements spéciaux pour aider les aînés à la santé souvent délicate

Plus l’âge avance, plus on a besoin d’aide pour faire certaines tâches. Il est impératif pour les entreprises qui comptent recruter les aînés de tenir cela en compte.

  • Flexibilité

A plus de 60 ans, la tendance est de passer de moins en moins de temps au bureau, ou de travailler carrément à partir de la maison. L’idéal serait donc d’être assez flexible avec eux, et faire des arrangements pour leur permettre de travailler à leur aise. Si nous voulons qu’ils soient productifs.

  • Packages avantageux pour les aînés

Offrir des packages avantageux pour les garder ou les recruter : vacances plus longues, développement personnel et formations continues pour les recycler et les équiper d’outils nouveaux:

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’ont pas pitié de ceux et celles qui ignorent leur mode de fonctionnement. Pour continuer à etre compétitif, tout le monde doit s’y mettre dans l’entreprise. Offrir cela peut attirer et permettre de garder les aînes dans une entreprise, et confier leur formation aux jeunes employes peut faciliter un formidable echange social et inter-generational.

Comme vous le voyez donc, la retraite n’est pas et ne doit pas etre le commencement de la fin d’une vie. Elle doit plutôt etre l’occasion de couler de vieux et heureux jours pour ceux et celles qui font ce choix, ou encore de rebondir, de changer d’activite ou d’emploi, de partager son expérience, ses connaissances et compétences avec les plus jeunes, et faire une difference dans leur vie. Tout en recevant aussi car la vie est comme cela: quand on donne, on reçoit.

Connaissez-vous autour de vous une entreprise ou des entreprises qui recrutent des aînés? Votre employeur connaît-il tous ces avantages qu’il y a à capturer les connaissances de ces personnes pleines d’expérience et de compétences?  Si tel n’est pas le cas, tu lui feras beaucoup de bien en partageant cet article avec lui.

Si tu as aimé, si tu as appris quelque chose d’utile, je serais heureuse que tu reviennes pour toujours plus de trucs et de tips pour améliorer ta vie.

Céline Sika

C’est possible de préparer sa retraite quand 1000 personnes comptent sur nous pour vivre

Après avoir lu mon dernier article sur la retraite, Lucienne, une amie à  moi, m’a posé cette question très pertinente: comment préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre?

Cette question, Lucienne n’est pas la seule à se la poser: plusieurs personnes, surtout en Afrique, se la posent à longueur de journée et d’années, sans toujours y trouver une réponse. Pourtant il le faut bien. J’ai partagé ma petite expérience avec Lucienne, et je voudrais en faire de même avec vous. Voici ma réponse à Lucienne.

Si j’ai décidé de créer ce blog, c’est pour parler des sujets vitaux comme celui de la retraite et des difficultés que nous autres, africains, éprouvons pour préparer cette retraite et faire bien d’autres choses. Tu as bien fait de poser le problème et j’espère qu’ensemble nous allons y réfléchir et trouver une solution parce que, Lucienne, il faut préparer sa retraite. Tu sais aussi bien que moi que c’est absolument nécessaire.

Je crois que tu ne voudrais pas être une charge pour tes enfants demain, n’est-ce pas? Parce que le monde dans lequel nous vivons devient de plus en plus compliqué et nos enfants connaîtront plus de difficultés que nous. Nous le voyons dejà avec tous ces jeunes qui sortent de l’Université et ne peuvent pas trouver un emploi. Nous encore nous avons quelque chose même si ce n’est très souvent pas ce que nous souhaitons. Mais nos enfants, ce ne sera pas du tout évident.

Je crois aussi que tu aimerais pouvoir demain, lorsque tu prendras ta retraite, vivre décemment, couvrir au moins tes frais de base, sans devoir tendre la main, sans déranger personne, même pas ces personnes à qui tu donnes tout aujourd’hui au point de ne pas penser à préparer ta retraite.

Je sais, et je suis d’accord avec toi que nos parents nous ont donné la vie, mais tu reconnais avec moi que nous n’avons pas demandé à naître, Lucienne.

Ils nous ont élevés et envoyés à l’école mais ils ne faisaient que leur devoir de parents, Lucienne. En principe, en principe je dis bien, nous ne leur devons rien. Ils ont contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui en nous donnant de l’affection, en nous protégeant, en nous conseillant (pour ceux et celles qui ont eu la chance que les choses se passent ainsi parce que je connais des parents qui se contentent de te donner la vie et le reste ne les regarde plus) mais, une fois encore, ils faisaient leur devoir de parents. Alors, je pense, et c’est mon point de vue, uniquement mon point de vue, que nous aidons nos parents parce que nous les aimons et ne souhaitons pas qu’ils souffrent ou manquent de quelque chose. Moi je le fais, tu le fais, presque tous les africains le font. C’est une charge absolument terrible, surtout dans nos pays où il n y a pas de sécurité sociale pour prendre en charge nos parents malades, nos frères malades, nos tantes et oncles malades, ce qui fait que tout cela nous tombe dessus.

A côté, il y a les frères, les soeurs, les cousins, les tantes, les oncles, les beaux-pères, les belles-mères,  les neveux, les nièces, les voisins qui attendent et comptent absolument sur nous autres qui avons pu sortir la tête de l’eau pour vivre, pour payer leurs frais d’hôpital, payer la scolarité de leurs enfants, manger, s’habiller, et même boire leur bière.

Nous ne sommes pas Bill Gates mais ça ce n’est pas leur problème. Nous  DEVONS leur donner de l’argent quelque soit ce que nous vivons nous autres et, et je sais que tu es d’accord avec moi, quand tu ne peux pas donner, tu as de sérieux problèmes avec eux car ils te traitent de tous les noms d’oiseaux rares, d’égoïste, etc.

Comment en sommes-nous arrivés la, Lucienne?

Comment pouvons-nous sortir de cette prison comme tu le dis si bien, de ce piège ?

Nous n’aurions jamais dû commencer à donner du moins à ceux et celles qui sont valides, jeunes, forts et peuvent se débrouiller par eux-mêmes parce que cela encourage le parasitisme, la paresse.

Maintenant que nous avons commencé, certaines mesures sont absolument à prendre:

1. Poser des conditions et fixer une limite dans le temps

Tu ne peux pas aider ta soeur ou ton frère et, après eux, commencer à aider leurs enfants et, après leurs enfants, passer à leurs petits enfants. Il faut aider ceux et celles qui veulent vraiment qu’on les aide, et qui montrent clairement qu’ils veulent s’ensortir. Ok, je suis prête à t’aider, mais apporte-moi un plan d’action, un projet bien monté, et surtout ta propre contribution, etc. Et je veux voir tes résultats, ce que tu as fait de ce que je t’ai apporté comme aide.

Et je vais t’aider pendant X temps, et surtout rester ferme et intransigeant car cela met la pression et évite que les gens nous prennent pour une vache qu’ils peuvent traire éternellement.

Moi particulièrement, avec mon mari, nous aidons les nôtres depuis plus de vingt cinq ans maintenant. Je peux te dire que nous avons vu de toutes les couleurs, Lucienne. Nous nous sommes faits escroquer par nos êtres les plus chers, crois-moi, à plusieurs reprises, mais nous avons appris –c’est le plus important- et c’est cette petite expérience qui me permet de te dire ce que je te dis. Nous avons compris à un certain moment que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes de tout le monde même si on leur donnait TOUT notre salaire tous les mois, et que nous DEVONS ABSOLUMENT mettre NOS BESOINS en première position. Et les plus importants de ces besoins étaient 1) de nous construire une cabane, 2) mettre de l’argent de côté pour l’éducation  de nos enfants et 3) préparer notre retraite.

Nous avons pris la peine d’expliquer clairement a ceux et celles qui comptent sur nous pour vivre notre décision et nos attentes (qu’ils nous comprennent et respectent notre décision), ce que nous pouvions désormais faire pour eux, et ce que nous ne pouvions plus faire.

Cela a été dur, très dur, comme tu peux l’imaginer, mais nous avons tenu bon. Il le fallait car le temps passe et un jour qui est passé est passé et terminé.

Nous avons donc écrit chacun de ces trois projets avec des objectifs bien précis, mis au point un plan d’action, et avons commencé l’implémentation de ces trois projets. Nous avons ouvert des comptes d’épargne pour chacun de nous deux et chacun de nos enfants avec un objectif bien précis, comptes dans lesquels nous mettons systématiquement de l’argent TOUS les mois et même parfois plusieurs fois par mois si nous avons de l’argent qui entre. Et RIEN ne nous détourne de cet objectif, meme pas quand mon père est tombé malade et a été malade pendant sept ans, sept années pendant lesquelles nous avons dû payer tous ses frais d’hôpital parce que, comme la plupart des camerounais, sa pension misérable ne lui permettait même pas de faire vivre sa petite famille.

J’ai payé les frais d’hôpital de mon père, et j’ai continué à aider ceux que nous aidons depuis plus de deux décennies mais sans oublier nos propres besoins, Lucienne.

Nous avons également cessé d’aider les paresseux, les parasites et tous ceux et toutes celles qui pensent que, parce que nous sommes frères et soeurs, nous devons porter leurs croix à eux. Et les pressions de la famille n’ont rien changé à notre décision.

Après avoir aidé nos frères et soeurs, cousins et tantes, nous avons décidé de ne pas aider leurs enfants ou petits enfants car c’est un engrenage sans fin. Nous avons rappeler à leurs parents que nous les aidons pour qu’ils puissent se prendre en charge et s’occuper de leurs familles, ce qui est LEUR RESPONSABILITE, pas la nôtre.

Au lieu de prendre les enfants des frères et soeurs, cousins, oncles et tantes chez nous pour qu’ils vivent avec nous -nous l’avons fait pendant des années-, nous avons décidé de les aider à distance, et cela en fonction de nos moyens, et plus de façon systématique comme par le passé.

Voilà, Lucienne, quelques unes des mesures que nous avons prises et qui nous ont permis à mon mari et moi d’éviter l’asphyxie à cause du poids des charges de la grande famille africaine. Pour me résumer, voici ce que je propose de faire pour préparer sa retraite lorsque 1000 personnes comptent sur toi pour vivre:

1. Aider les nôtres, mais Mettre NOS besoins en PREMIERE position parce qu’il n’y a que nous pour prendre soin de NOUS, vraiment. Si on ne le fait pas, demain nous en paierons les frais et serons la risée de tous et de toutes.

2. Aider nos parents, absolument, dans la mesure de notre possible, parce que nous les aimons. Mais nous devons nous sentir libres de le faire, et ne pas culpabiliser lorsqu’on ne peut pas le faire. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

3. Discipliner ceux et celles qui nous demandent de l’aide. Aider quand on peut, et si on le souhaite (même le fait d’être frères et soeurs ne nous y obligent pas, mais alors pas du tout). Leur dire CLAIREMENT ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire.

4. POSER DES CONDITIONS à notre aide, fixer des DELAIS et EXIGER DES RESULTATS.

5. AIDER CEUX ET CELLES QUI VEULENT REELLEMENT S’EN SORTIR  et qui le démontrent, et laisser tomber les paresseux et les parasites. Ce sera dur mais c’est vital pour vous et pour eux car cela les forcera à se reveiller et à se mettre au travail.

6. Soyez fermes avec vos décisions et tenez bon, quelques soient les pressions et autres menaces et chantages.

7. S’il le faut,  NAVIGUEZ A CONTRE COURANT. En effet, ce qui vous semble logique, ne l’est pas pour les autres.

8. Et surtout, surtout, commencez à préparer cette retraite DES MAINTENANT si ce n’est pas encore le cas. Mieux vaut tard que jamais dit-on souvent.

Cela peut être très stressant de mettre tout ce qui précède -et bien d’autres choses que je n’ai pas citées car cette liste est très loin d’être exhaustive-  en oeuvre. Et justement parce que cela est stressant, beaucoup n’osent pas le faire et choisissent de souffrir en silence, se poser et reposer cette question. Mais ce qu’ils oublient, c’est que c’est un choix qu’ils font et que, comme tout autre choix dans la vie, celui-la a une incidence sur leur vie, leur avenir et celui de leur famille.

Avant de prendre congé de toi, je voudrais te poser cette question: où en es-tu avec ton projet de retraite? Si tu l’as déjà commence, c’est formidable. Je te suggérerai de l’évaluer. Si tel n’est pas le cas, alors il est temps.

Merci de m’avoir lue. Si tu as aimé, n’oublie pas de partager cette information avec les tiens, entièrement, en indiquant le lien du blog.

Si tu as appris quelque chose d’utile qui pourra t’aider à améliorer ta vie, alors reviens pour d’autres tips et trucs dans les prochains articles.

Affectueusement vôtre,

Céline Sika

La retraite, ça se prépare !

En 1994, lorsque j’ai rejoins mon premier poste d’affectation en tant qu’enseignante d’Espagnol dans un Lycée de la ville de Yaoundé (Cameroun), j’ai assisté à une scène qui m’a traumatisée : le proviseur de ce Lycée, mon boss, qui avait été mis  à la retraite des mois auparavant, et qui continuait à aller au travail tous les jours en suppliant les autorités du Ministère de l’Education de le laisser continuer à travailler même sans salaire, était brutalement sorti de son bureau par les forces de l’ordre,  et ses effets personnels jetés dehors également, pour laisser la place à son remplaçant qui attendait dehors depuis des mois.

Quelques années plus tard, lorsque mon père et un de mes amis, qui avaient pris leur retraite, se plaignaient tout le temps de tous les maux possibles et imaginables, en voulaient à tout le monde parce qu’on ne leur accordait pas d’attention, du moins pas autant qu’ils le souhaitaient, la scène dont je viens de vous décrire m’est revenue à l’esprit, et je me suis sérieusement demandée ce qui pouvait expliquer une telle attitude. En poussant la réflexion un peu plus loin, j’ai compris que nos trois protagonistes  avaient un dénominateur commun : ils n’arrivaient pas simplement à faire la transition entre leur rôle de travailleur et celui de retraité. Pour une raison ou une autre, ils n’avaient pas préparé leur retraite et, lorsque celle-ci leur est tombée dessus, ils se sont retrouvés sans aucun moyen pour la vivre en paix et dans le bonheur. Parce que une retraite, ça se prépare, sérieusement, et cela dès le premier jour que vous commencez le travail. ça se prépare pas seulement en mettant de l’argent de côté –personnellement ou à travers un plan retraite qu’offrent certaines structures spécialisées pour cette période-, mais aussi en pensant à préparer un véritable projet de retraite.

Cette vérité, plusieurs personnes l’ignorent, ou alors la connaissent, mais n’en tiennent pas compte, ce qui a des conséquences fâcheuses  pour eux, pour leurs amis et familles.

Alors, comment éviter le choc de la retraite ? Comment vivre heureux après avoir raccroché sa tenue de travailleur ? Certaines mesures simples sont absolument à prendre.

  1. Les finances

Savoir que nous ne pourrons plus avoir le même train de vie pendant notre retraite peut traumatiser parce que le souhait de tous c’est de couler de beaux et vieux jours à l’abri du besoin. Mais sans argent, vous ne pourrez plus payer votre loyer si vous n’êtes pas propriétaire d’un logement, encore moins vos factures d’eau, d’électricité et de l’Internet. Vous ne pourrez plus voyager en première pour aller en vacances, rendre visite à vos enfants ou voir votre médecin pour un check up médical. Vous ne pourrez plus jouer au golf ou au tennis, siroter ce bon vin que vous adorez, entretenir votre véhicule si vous en avez un, ou simplement acheter du carburant pour pouvoir rouler en toute liberté, renouveler l’assurance de ce véhicule. Vous ne pourrez plus vous faire soigner, surtout dans les pays ou la sécurité sociale n’existe pas ou alors existe pour une poignée de privilégiés. Toutes ces choses qui étaient à votre portée lorsque vous étiez sur le marché du travail seront désormais un mirage. Il est donc absolument nécessaire de penser à mettre de l’argent de côté dès le premier jour où vous commencez à travailler. Vous pouvez le faire personnellement mais l’idéal serait de solliciter les services de structures spécialisées ou d’experts pour vous accompagner dans ce processus.

2. Tissez et entretenez votre réseau d’amis

Restez dans votre tour d’ivoire lorsque vous êtes en service, ne vous intéressez pas à vos collègues, oubliez vos amis ou alors snobez-les  si vous le voulez, c’est votre droit le plus absolu. Mais sachez que vous paierez cher cette attitude parce que toutes ces personnes que vous avez ignorées lorsque vous grimpiez la colline ne vous apporteront aucune aide lorsque vous serez entrain de descendre la colline comme l’on dit souvent. Donc mettez un point d’honneur à tisser et entretenir vos réseaux d’amis et collègues pendant que vous êtes encore en service. Rapprochez-vous de vos collègues, invitez-les en dehors des heures du travail, par exemple. Pensez aux membres de votre famille, participez aux fêtes et autres évènements familiaux ou faites-vous représenter lorsque vous ne pouvez pas y aller, montrer à vos proches qu’ils comptent. Ne pensez pas à eux seulement lorsque vous êtes à la retraite, et seul. Faites de votre mieux pour être un meilleur ami, un meilleur collègue, un meilleur voisin, un meilleur fils, un meilleur frère, un meilleur mari ou une meilleure épouse. Vous ne récolterez que ce que vous avez semé.

3. Même sans votre statut professionnel, vous pouvez et devez vivre heureux

Passer de Mme la Coordinatrice à Madame Sika tout court peut être stressant. Par ailleurs, devoir s’aligner comme tout le monde pour demander un service dans un bureau de service –comme solliciter un visa dans une ambassade et surtout vivre l’angoisse de se voir refuser le fameux sésame, alors qu’il suffisait d’un simple coup de fil pour l’obtenir-, peut être difficile à digérer. Ne plus pouvoir participer à ces réunions professionnelles où on rencontrait et côtoyait les grands de ce monde,  réaliser ces missions a travers le monde, ou encore échanger avec vos collègues autour d’une tasse de café à la cafétéria du service, peut sérieusement entamer notre moral et empoisonner notre existence si on n’est pas suffisamment préparé et surtout conscient d’une chose très importante : votre statut professionnel ne vous définit pas. Avant d’être avocat, médecin, enseignant, chef, pompiste, vous êtes vous-mêmes, c’est-à-dire une personne avec des passions, des rêves, des projets. La retraite peut être le moment tant rêvé pour vivre ces passions, réaliser ces rêves que vous avez mis de côté ou enfouis au plus profond de vous pendant que vous étiez actif. Pendant que vous êtes encore en service, pensez à ce que vous ferez pendant votre retraite et, surtout, pensez à réunir les conditions pour que ce rêve devienne réalité au moment opportun.

4. Prenez soin de vous, dès le premier jour du travail

La retraite peut être et est effectivement très stressante si l’on a négligé sa santé lorsqu’on était en service. C’est malheureusement ce qui se passe dans la plupart des cas. En effet, le stress de la vie que nous menons, les exigences familiales et bien d’autres contraintes ne nous laissent pas toujours le temps de prendre soin de notre santé. Lorsque nous prenons notre retraite, nous sommes au bout du rouleau, avec un corps et un esprit malades, incapables de tenir au-delà de quelques années. Votre santé doit être une priorité pour vous dès le premier jour du travail et aussi tout au long de votre carrière professionnelle. N’attendez pas la dernière minute pour investir dans votre santé, chaque minute compte

5. Vieillir ensemble, et à la maison

Vieillir ensemble, chez soi, avec son conjoint ou sa conjointe peut être très intéressant parce que cela peut rapprocher deux êtres qui se sont vus peu pendant qu’ils travaillaient encore à cause de leur agenda -ou celui de l’un d’entre eux- surchargé. Mais cela peut aussi être un réel et grand défi à relever car être ensemble 24 heures sur 24 finit forcément par créer des frictions ou des conflits.

En effet, comment partager son univers avec cette personne inconnue qui a passé son temps à travailler hors de la maison et  à voyager partout dans le monde pour effectuer des missions ? Comment prendre en compte ces suggestions qu’elle me fait pour améliorer cette recette d’omelettes sans m’énerver ? Comment accepter et laisser mon conjoint lire son journal, regarder son match de football à la télévision ou se lever tard du lit sans crier après lui parce que je pense qu’il devrait faire autrement ?

Bien évidemment, ce n’est pas facile et plusieurs couples se séparent après avoir pris leur retraite comme le souligne Marie Paule Dessaint, coach et auteure de plusieurs livres sur la transition vers la retraite.

Par conséquent, il convient de bien préparer cette étape importante de notre vie en créant de l’espace pour chacun, en communicant clairement nos attentes a nos conjoints, en s’entraidant, en créant des conditions pour que personne ne se sente exclu, rejeté, ou de trop. Accepter l’autre tel qu’il/elle est, l’aider à devenir une bien meilleure personne ou partenaire, s’engager et s’impliquer activement, sérieusement et à fond dans la relation, a tout moment, voilà quelques trucs pour vieillir ensemble, chez soi.

6. Préparez votre partenaire pour la retraite

Il y a quelques années, un couple ami de mes parents s’est séparé parce que le mari, qui n’avait jamais dit à son épouse qu’il souhaiterait que les deux s’installent dans leur village à sa retraite, la surprise en lui annonçant la nouvelle. La dame a refusé l’offre. Pour l’obliger à le suivre, l’homme a vendu la maison dans laquelle ils vivaient, ce qui n’a pas entamé la volonté de la femme qui est allée louer un studio dans lequel elle s’est installée. Finalement, l’homme est allé s’installer tout seul au village, mais n’a pas pu vivre plus d’une année, terrasse par la solitude et les soucis causes par sa famille déchirée et irrémédiablement divisée en deux camps.

Ce genre d’histoires tristes peut être évité. Comment ? En partageant clairement vos attentes avec votre partenaire dès avant même le début de votre relation. Si vous êtes d’accord sur le projet, il est impératif de planifier ensemble votre retraite et surtout préparez-la, sérieusement, parce qu’il sera difficile pour quelqu’un qui a eu un certain train de vie de renoncer totalement à celui-ci.

Cette liste n’est pas exhaustive comme vous l’avez constaté. Ce serait formidable que vous la complétiez en partageant avec nous ces trucs que vous avez utilisés ou êtes entrain d’utiliser pour mieux préparer et surtout couler de vieux et heureux jours lors de cette importante étape de notre vie qu’est la retraite. Je reste donc dans l’attente de vous lire à ce sujet.

Céline SIKA