Pourquoi sommes-nous si seuls aujourd’hui?

L’un de mes passe-temps préférés est d’observer les gens autour de moi, m’émerveiller sur la formidable diversité des races, et lire les comportements des uns et des autres. Et, ce que je vois, m’inquiète. Les gens ne savent plus aimer, ont peur d’aimer et de dire “Je t’aime” sans courir le risque d’être dénoncé pour harcèlement. Interdit de complimenter quelqu’un sans courir le risque d’être traité de calculateur : qu’est-ce qui se cache derrière ce compliment?

Interdit de se retrouver dans l’ascenseur seul avec une femme…

Interdit de trop se rapprocher de quelqu’un.

Interdit de toucher l’autre.

Eating and texting 8

Conséquences: chacun est seul, se demandant pourquoi ceci arrive. Les femmes et les hommes cherchent désespérément un partenaire, ou une partenaire, à tout prix. L’autre jour j’ai découvert un programme très curieux à la télévision américaine. The Bachelor et The Bachelorette. Un célibataire, homme ou femme, rencontre plus de 20 autres célibataires à la recherche de l’âme soeur pendant un certain nombre de temps dans plusieurs endroits et pays différents, discute avec chacun /chacune de tout et de rien, sors, mange et dors avec ces candidats, tout ceci dans le but de savoir si l’autre est THE ONE. Plus la série avance, plus les candidats/candidates sont éliminés et c’est alors le festival de pleurs et de larmes parce qu’on a été rejeté. Parce qu’on n’a pas été choisi/e par l’autre. Parce que ce partenaire qu’on cherche désespérément et pour qui on est prêt à tout pour attirer et retenir son attention, nous rejette et préfère l’autre. A la fin, le bachelor ou la bachelorette choisit l’heureux élu ou l’heureuse élue avec qui il ou elle va faire sa vie.

Voilà où nous en sommes arrivés aujourd’hui. Si ce n’est pas des shows comme The Bachelor, c’est des pasteurs qui organisent des méga shows où des femmes du monde entier accourent avec l’espoir qu’à la fin, elles trouveront l’âme soeur, ce que promettent ces pasteurs qui, en fait, surfent tout simplement sur le désespoir de ces femmes pour se faire de l’argent. Parce que, comme vous l’avez imaginé, ces shows ne sont pas gratuits. Il faut délier les bourses! La salle de Conférence de Nairobi où ce genre de show a lieu de temps en temps est bourrée à craquer au point où les organisateurs sont obligés de placer des écrans géants dehors pour que celles qui n’ont pas pu entrer dans la salle puissant suivre le spectacle depuis l’extérieur. Le Pasteur, lui, est devenu immensément riche et ne se déplace qu’en… avion privé maintenant.

Pourquoi sommes-nous si seuls aujourd’hui?

Hier lorsqu’on était amoureux d’une fille, on travaillait dur pour conquérir cette personne. On lui faisait la cour. Souvent assidue. Sans se fatiguer. Sans se décourager même lorsque l’homme essuyait un refus, parfois vraiment…sauvage, de la part de la fille. L’homme lui écrivait des lettres ou des poèmes pour lui déclarer sa flamme. Il l’invitait au cinéma, au restaurant, au pique-nique et, lorsqu’ils se retrouvaient, ils étaient vraiment ensemble le temps de cette rencontre. Ils se parlaient. Vraiment. Les yeux dans les yeux. Rien mais alors rien ne s’interposait entre le couple.

Que se passe-t-il aujourd’hui? Les gens ne savent plus faire la cour ou alors pensent que ce n’est pas la peine, et croient que dès qu’ils vont te dire “Je t’aime”, tu vas te coucher immédiatement. Ils sont surpris que la fille les envoie promener après le premier rendez-vous où ils sont arrivés en retard et ne se sont même pas excusés, et ont passé le temps à surfer sur leur téléphone ou à répondre aux coups de fil.

eating and texting 9

Aujourd’hui, les gens ne savent plus communiquer. Tout le monde se cache derrière ses écouteurs ou ses multiples téléphones et autres gadgets. Regardez autour de vous lorsque vous marchez dans la rue, êtes entrain de déjeuner ou dîner dans un restaurant et vous serez édifiés! Même à la maison,  à table, même au lit, ces gadgets s’interposent et empêchent de vivre!

COUPLE-IN-BED-PHONE-facebook

Parler à quelqu’un qui est totalement plongé dans son téléphone, sa tablette ou, qui répond toutes les cinq minutes aux coups de fil est absolument frustrant et est surtout l’expression d’un manque d’intérêt total pour l’autre. Un manque de respect total. Pourquoi dois-je perdre mon temps avec quelqu’un qui ne me respecte pas, qui ne peut pas me donner un peu de son temps, quelqu’un qui ne peut pas déposer son téléphone le temps d’un échange avec moi?

Voilà quelques unes des raisons pour lesquelles nous sommes si seuls aujourd’hui. Il y a des détails qui ne trompent pas et pour peu que l’on y prête attention, on les note et on prend acte.

Il y a des compétences –skills- vitales que chaque personne doit apprendre absolument. On apprend à lire, à compter et à écrire. On devrait aussi apprendre et ce, le plus tôt possible, à communiquer effectivement ses désirs, ses rêves, ses frustrations, ses émotions, ses souffrances, sans blesser l’autre, sans humilier l’autre. On devrait apprendre, on doit apprendre ces compétences, toutes ces autres compétences si nécessaires pour vivre une vie heureuse et épanouie, des compétences que malheureusement l’école ne nous enseigne pas. Parce qu’il y a l’école et il y a la vie, laquelle ne fait pas de cadeaux à ceux et celles qui ignorent son emploi de temps.

Le téléphone est utile, très utile. Il est le gadget le plus utilisé dans le monde et devance ainsi l’ordinateur. Il nous simplifie énormément la vie. Aujourd’hui de plus en plus de personnes s’en servent pour gérer leur vie quotidienne: communiquer, bien sur, prendre des photos, s’orienter, faire des réservations, acheter, faire des transactions bancaires, ouvrir leur chambres d’hôtel, etc. Et cette tendance va augmenter. Le téléphone est utile, à condition que l’on sache s’en servir. Sinon , il devient un obstacle et, au lieu d’aider, de construire, de rapprocher, il éloigne, il détruit. On peut en devenir facilement accro, au point d’oublier l’essentiel. Au point d’oublier que l’autre, que les autres sont là. Que le monde extérieur est là.  Que la vie est là et attend d’être vécue!

Des questions à poser? Des commentaires à faire? Des éléments à ajouter pour nous aider à prendre conscience et puis corriger ces défauts que nous avons et qui nous empêchent de trouver l’âme soeur et de vivre?

Céline t’écoute!

 

 

 

 

Publicités

Loin des siens. Loin de tout!

IMG_0747

Il est 4:30 mn. La nuit est déjà tombée. Et il neige. Fortement. J’ai beaucoup hésité avant de me rendre à cette boutique à la sortie du travail. Ces deux dernières semaines ont été très éprouvantes pour moi. Alors, la dernière chose dont j’avais envie de faire était de faire des courses. Mais il le fallait car, malgré toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés au quotidien, il faut continuer, n’est-ce pas?

Ne jamais jeter l’éponge.

Se relever et continuer.

Poser un pas après l’autre.

Toujours.

Vivre et surtout aider à vivre autant que faire se peut. Tendre la main à ceux et celles qui sont seuls, frustrés, découragés, déprimés, dépassés par la vie et ses multiples coups.

Aider ceux qui, comme David, se sentent seuls. Terriblement seuls. Loin de tout et de tous leurs êtres chers en ce moment si important de l’année.

David, que j’ai rencontré à l’arrêt du bus, est au Canada depuis trois ans et m’a avoué que c’est dur. Très dur. Emotionnellement. Socialement. Académiquement. Voici plus concrètement ce qu’il me dit après que nous ayons fait connaissance.

“Qu’est-ce que je fais ici, loin de ma terre, seul? Je donnerais ma vie pour retourner chez moi. Je n’ai jamais voulu venir ici. Mais, mon avis n’a pas compté. Pourtant il s’agit de ma vie. Mes parents ont décidé et je n’avais plus qu’à leur obéir. Personne ne m’a préparé à la réalité terrible que je vis depuis que je suis arrivé dans ce pays. La transition est dure et n’est pas terminée et je ne pense pas qu’elle terminera dans un avenir proche. Ou même un jour. Ce pays n’est pas pour moi, simplement.”

David est togolais, fils de parents nantis qui, comme plusieurs parents africains, veulent et font tout ce qu’ils peuvent pour que leurs enfants étudient et travaillent à l’étranger. Que ces enfants aient des rêves personnels, différents, qu’ils veuillent suivre un chemin différent de celui que leurs parents veulent tracer pour eux est simplement hors de question. Le résultat c’est des jeunes hommes et femmes incompris, déprimés, coupés du reste du monde dans lequel ils n’arrivent pas à s’intégrer, isolés de tout comme David qui, me l’a-t-il avoué, n’était pas sorti de sa chambre depuis des semaines.

Des jeunes hommes et des femmes qui, de plus en plus, commettent l’irréparable, la seule façon pour eux de se faire enfin entendre.

Pour tous ces enfants obligés de quitter leurs familles, ces enfants dont certains ont a peine 17 ans, les fêtes de fin et début d’année sont synonyme de torture atroce. Et si, en plus de souffrir de la solitude, du mal du pays et de l’absence de leur famille, ils sont obligés de gérer certaines contraintes comme celle de devoir quitter leur chambre à la résidence universitaire pendant cette période de l’année particulièrement froide, comme c’est le cas d’ailleurs ici au Canada, le fardeau devient trop lourd à porter.

De ma conversation avec David, des conversations que j’ai eues avec d’autres étudiants internationaux avec qui j’ai échangé sur leur nouvelle vie depuis que je suis au Canada, et surtout d’après ma propre expérience en tant qu’étudiante dans ce pays, je retiens quelques leçons que je voudrais partager avec vous:

  • Ecoutez vos enfants lorsqu’il s’agit de leur avenir. Certes, vous devez jouer votre rôle de parent, de guide, mais essayez de ne pas vouloir vivre à travers vos enfants parce que vos enfants ne sont pas votre prolongement. Ce sont des êtres à part entière, différents de vous. N’essayez pas de vivre ce rêve que vous n’avez pas pu réaliser à travers eux.
  • Revoyez vos attentes envers vos enfants. C’est OK de ne pas avoir les meilleurs notes au Collège ou à l’Université. C’est tout aussi OK de se tromper de filière parce que nous sommes tous des humains, donc imparfaits, et de changer, même après quelques années d’études. Et surtout ne considérez pas ces années comme perdues. Non!
  • Vos enfants auront certainement et énormément appris pendant cette période de tâtonnement, apprentissage qui leur permettra de mieux affronter la vie demain car à côté de la vie académique, il y a la vie. La réalité qui exige que l’on ait des compétences pas toujours académiques.
  • C’est normal et même nécessaire d’aider vos enfants à changer de cap lorsqu’ils se sont trompés de filière/programme. Imaginez un tout petit peu leur détresse. Dans le cas de David, non seulement il n’avait jamais voulu venir au Canada, mais il a dû étudier ce qu’il n’aimait pas, parce que ses parents en avaient décidé ainsi. Par respect pour ces derniers, il a continué, malgré lui, s’est accroché, pour leur faire plaisir.

Pour ne pas les décevoir.

Mais plusieurs abandonnent, en secret, et n’osent pas en informer leurs parents qui, en Afrique, croient que les choses vont bien pour leurs enfants, jusqu’au jour où ils découvrent le pot aux roses. Parce que les enfants, redoutant la réaction de leurs parents, n’osent pas s’ouvrir.

  • Créez les conditions pour que vos enfants puissent vous parler et se confier à vous sans aucune crainte de représailles. C’est seulement dans ces conditions que certains drames peuvent être évités et que vous pouvez réellement les aider lorsqu’ils ont besoin de vous.
  • Les mauvaises notes ne signifient pas la fin du monde. On peut avoir des mauvaises notes et réussir dans la vie. Plusieurs personnes prospères aujourd’hui n’ont jamais terminé le secondaire et étaient médiocres à l’école. Mais cela ne les a pas empêché d’être au sommet aujourd’hui, chefs d’entreprises prospères qui emploient ceux et celles-là qui étaient brillants en classe! Regardez autour de vous et vous verrez de quoi je parle.
  • Il n y a pas que la vie académique: vos enfants sont d’abord des êtres humains qui ont besoin de vivre une vie sociale et affective, et qui ont surtout besoin d’aide, de votre aide pour réussir ici aussi. Ils sont traumatisés, ont le mal du pays et sont en manque de leurs familles, ce qui peut sérieusement affecter leur santé mentale et les pousser à commettre l’irréparable. Le changement qu’ils vivent est drastique pour qu’on le prenne à la légère.

Le secondaire est un environnement structuré où les enfants sont encadrés et bénéficient d’appui et d’orientation constants. Les enseignants tiennent à ce que vous réussissez et s’y investissent. Lorsque vos notes sont mauvaises, ils cherchent à savoir pourquoi, en discutent avec vous et avec vos parents, suggèrent des stratégies pour vous aider à vous rattraper, etc. Ils sont vos enseignants mais aussi vos tuteurs et mentors en quelque sorte. Au Collège et à l’Université, c’est tout le contraire. Personne ne veille sur vous.

Personne ne vous demande des comptes ou encore vous rappelle ce que vous devez faire.

Personne ne vous demande si vous avez fait vos devoirs, etc.

Je me rappelle que nous réveillions nos enfants tous les matins à 7 heures lorsqu’ils étaient encore avec nous, veillions à ce qu’ils ne s’attardent pas trop, à ce qu’ils n’aillent pas à l’école sans avoir fait leur toilette ou encore en pyjama comme certains enfants le font ici. Nous veillions à ce qu’ils aillent à l’école et ne manquent aucun cours. A l’Université, personne d’autre ne fera tout cela. Dans ce nouvel environnement, on s’en fout et les enfants peuvent très rapidement et facilement perdre pied.

  • Préparez sérieusement vos enfants à réussir cette importante transition dans leur vie, et surtout réussir leur nouvelle vie.

“Personne ne m’avait dit que je dois changer de manière d’étudier. Je croyais que tout irait bien avec la stratégie que j’ai toujours utilisée au secondaire pour étudier, laquelle a toujours marché et m’a permis de réussir à mes examens,” nous a dit notre fils lorsqu’il s’est confronté à la réalité du monde universitaire.

Ces enfants commencent une nouvelle vie dans une nouvelle structure scolaire et un nouveau contexte et doivent aussi gérer leur nouvelle vie loin de leurs parents pour la première fois. Une nouvelle vie où ils doivent s’occuper de tout, faire leurs courses, établir et gérer un budget, préparer leurs repas, prendre soin de leur maison/chambre, faire leurs lits, leur lessive, la vaisselle, payer leurs factures à temps, naviguer leur nouvel environnement, en plus de répondre aux multiples attentes et exigences académiques.

Tout ceci peut se révéler trop lourd à porter surtout si ces enfants n’ont pas appris à se prendre en charge tôt. Nous, parents, oublions souvent cet important aspect de la vie et échouons à cultiver en nos enfants ces importantes aptitudes nécessaires pour vivre une vie réussie.

David n’a pas encore abandonné. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David n’a pas encore sombré dans l’alcool ou la drogue pour tenter de noyer ses soucis. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David vit encore seul, et refuse de se mettre en couple juste pour avoir quelqu’un qui va lui préparer à manger, faire sa lessive, sa vaisselle, faire ces courses qu’il abhorre, et bien d’autres choses que ses parents faisaient pour lui au pays. Mais, combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait? Juste pour s’en sortir. Mais, en couple, c’est dur aussi. ça, c’est un autre débat que j’aborderai plus tard.

Que la gratitude soit avec vous!

Céline Magnéché Ndé Sika

 

Aimer sa propre compagnie, une tâche difficile mais nécessaire

 

ImageLorsque je rédigeais ma thèse de doctorat, j’allais tous les jours dans un café de l’avenue Fernando el Católico à Zaragoza en Espagne. Un café que j’adorais et où je passais toute la journée, à écrire mais aussi à bavarder avec le propriétaire ainsi que les quatre employés qui étaient devenus en quelque sorte ma seconde famille. Il y avait aussi d’autres habitués  qui, pour rien au monde, ne rataient le tour au café. A ce café spécifique plus précisément. Parmi eux, il y avait Pedro, un chef d’entreprise de fabrication de fromage d’une cinquantaine d’années qui arrivait après le travail et repartait toujours à la fermeture du café. Et, lorsque celui-ci fermait, Pedro ne rentrait pas toujours directement chez lui. C’est ce que je découvris un jour où nous sortîmes ensemble du café. Au moment de nous séparer, alors que je lui souhaitais un bon retour à la maison, il s’exclama:

 -Ah non! Je ne rentre pas maintenant.

-Mais il se fait tard, m’exclamai-je.

-Si je rentre maintenant, que vais-je faire jusqu’au matin?

-Mais te reposer, dormir, voyons, fis-je.

 Je savais que Pedro était célibataire, qu’il ne s’était jamais marié, et qu’il ne le regrettait d’ailleurs pas, comme il le disait à qui voulait l’écouter. « Je tiens à ma liberté, une denrée très rare dans ce pays où, dès que tu as une petite amie, elle croit que tu es devenu sa propriété privée. Son bien. Ne parlons pas alors du mariage où tes moindres mouvements sont contrôlés par cette pas toujours douce moitié, sans compter les comptes rendus que tu dois lui donner de tout ce que tu fais »

 -Non, je dors difficilement et, lorsque cela arrive, je me mets non seulement à tourner sans cesse dans mon lit, mais surtout à penser. Et pas toujours aux bonnes choses, crois-moi. J’ai donc peur de rester seul avec moi-même.  Non, il faut que je sois entouré de monde pour éviter autant que faire se peut ce  face à face avec moi-même.

 Cette conversation que j’eue avec Pedro me fit prendre brutalement conscience d’une chose qui, jusque-là, m’avait totalement échappé : la peur de notre propre compagnie. Le face à face avec nous-mêmes, un exercice pas du tout facile parce qu’il nous force à nous regarder dans le miroir, à regarder dans notre propre intérieur, à regarder notre passé, notre présent et notre future. Pour échapper à ce terrifiant exercice, certains, comme Pedro, n’hésitent pas à sacrifier leur santé. A l’heure où ils doivent se reposer chez eux, ils errent, comme des âmes en peine, de café en café, de bar en bar. A la recherche de la compagnie des autres. D’autres rejoignent des clubs, des groupes de tout genre, allument leur radio ou leur télévision à fond dès qu’ils rentrent chez eux, et ne l’éteignent que lorsqu’ils sortent de chez eux le lendemain.

 Pourtant ce face à face avec nous mêmes n’est pas aussi mauvais. Il est même recommandé parce qu’il pourrait être le moment de nous rencontrer avec nous-mêmes, de nous trouver ou nous retrouver. Il est nécessaire pour évaluer notre passé, examiner avec soin  notre présent et nous projeter dans l’avenir. Il est important pour nous écouter enfin dans ce monde sans cesse parasité, écouter cet instinct que nous avons tous et qui est le meilleur des guides. Il est important pour se connaître, mieux se connaître, processus absolument important pour connaître les autres et mieux vivre avec eux.

 Mais, comment y arriver? Comment aimer sa propre compagnie? Je voudrais partager avec vous quelques pistes. Rien que des pistes.

  1. S’accepter tel qu’on est. Accepter que l’on est différent des autres, que l’on ne sera jamais l’autre ou les autres, et que toute tentative allant dans ce sens ne fera que ruiner notre auto-estime.
  2. Faire la paix avec soi-même, avec ces quelques kilos de plus qui font notre charme, ces rides qui nous rappellent tout ce chemin que nous avons déjà parcouru, ces cheveux gris qui nous rappellent toutes les batailles que nous avons souvent menées. Si la relation que nous entretenons avec nous-mêmes n’est pas bonne, si nous ne sommes pas à l’aise avec nous-mêmes, il nous sera difficile d’accepter et d’aimer notre propre compagnie. On voudra toujours être entouré d’autres personnes, même si ces dernières ne nous apportent aucune valeur ajoutée. Même si ces personnes  nous sont plutôt nuisibles.
  3. S’accepter tel qu’on est, faire la paix avec soi-même, c’est s’aimer. C’est aimer la personne qu’on est, avec ses qualités et ses défauts parce que nul n’est parfait. Nous sommes tous des êtres en devenir, des êtres que nous construisons tout au long de notre existence avec nos rencontres, nos lectures, notre éducation, nos voyages, nos erreurs, nos échanges et interactions avec les autres.
  4. Et aimer sa personne c’est être prêt à se passer de la compagnie des autres parce qu’on a compris enfin qu’on n’a pas besoin des autres pour être heureux ou bien dans sa peau. Parce qu’on a compris que le bonheur c’est d’abord et avant tout une affaire intérieure. C’est comprendre qu’on peut être seul et être heureux. C’est comprendre que la compagnie dont on a le plus besoin c’est la nôtre.
  5. Lors de ce rendez-vous avec soi-même, limitez le nombre de parasites –téléphone, radio, télévision, etc.- autant que faire se peut. Créez les conditions pour que cette rencontre se passe de la meilleure façon possible. Une musique tonitruante, une série à la télévision ou un téléphone qui sonne ou clignote sans cesse sont autant d’obstacles entre vous et vous-mêmes.

 Comme je l’ai dit tantôt, ce qui précède c’est tout simplement des pistes pour nous aider à embrasser qui nous sommes au lieu de fuir qui nous sommes constamment. Que pourrais-tu ajouter à cette liste pas du tout exhaustive? Et surtout, comment aimer sa propre compagnie dans un monde où la solitude est mal perçue, et où le silence est un bien de plus en plus rare? Ton point de vue est la bienvenue.

 Celine Clemence Magneche Nde Sika

 

 

Compte tes bénédictions, pas tes problèmes

ImageAujourd’hui commence le mois de Décembre, le mois le plus difficile pour certains. Parce qu’il leur rappelle plein de choses qui ne sont pas toujours positives.

  • Ils sont seuls, loin de leur famille, et qu’ils vont passer les fêtes de fin d’année et de nouvel an seul s’ils ne peuvent pas, pour une raison ou une autre, aller passer ces fêtes en famille.
  • Ils sont seuls parce qu’ils n’ont pas de compagnon ou de compagne. Et devront passer la Saint Valentin en tête-à-tête avec leur solitude.
  • Ils n’ont pas atteint les objectifs qu’ils se sont fixés en début d’année et se sont juré de les atteindre.
  • Une nouvelle année va bientôt commencer et ils ne savent toujours pas quoi faire de leur vie. Ou alors, ils n’ont pas toujours trouvé l’âme sœur alors que leur montre biologique tourne inexorablement, ou le boulot tant rêvé.

Toutes ces pensées et bien d’autres habiteront plusieurs d’entre nous pendant ces moments importants de l’année, et les empêcheront d’en tirer le meilleur profit. Pourtant, c’est justement lorsque tout semble ne pas aller comme on le souhaite qu’il faut prendre le plus grand soin de soi.

Oui, c’est peut-être ta faute si les choses se passent ainsi. Et alors ? Au lieu de regarder le verre à moitié vide, pourquoi ne regardes-tu pas le verre à moitié plein qui représentes toutes ces petites victoires que tu as remportées cette année qui va bientôt s’achever et même avant ?

  • Tu as un toit sur ta tête ? Des amis et de la famille qui t’aiment, pensent à toi et te disent combien tu leur manques ?
  • Tu peux manger à ta faim, quand tu le veux et la quantité que tu le veux ?
  • Tu peux sauter, marcher, monter les escaliers ?
  • Tu peux contempler le clair de lune ou le lever du soleil, respirer l’air frais au petit matin, regarder le soleil se coucher ?
  • Peux-tu lire, écrire ?
  • La dernière fois que tu as entendu parler de la guerre avec son cortège de viols, déplacement, destructions, morts, c’était au journal télévisé, c’est-à-dire loin de toi ?
  • Si tu es malade tu peux aller te faire soigner dans un hôpital propre, équipé d’appareils modernes et où des médecins formés, accueillants et humains vont t’accueillir et prendre soin de toi, et pas un bâtiment vieillot noyé dans des immondices d’ordures et où le dernier médecin est passé il y a six mois ?

Si tu peux répondre Oui à ces questions ou à quelques unes de ces questions, alors réfléchis deux fois avant de te plaindre.

Car tu as plus que ce que tu crois.

Tu es plus que ce que tu crois.

Tu vaux plus que ce que tu crois.

Tel que tu es.

Le problème c’est que tu es ton propre bourreau, tu t’infliges un traitement que tu n’oserais même pas infliger aux autres. Et si tu arrêtais de t’en vouloir sans cesse, de te critiquer sans cesse parce que ceci ou cela n’a pas marché et décidais pour une fois de prendre soin de toi, surtout en ces moments cruciaux de l’année ?

Prendre soin de toi physiquement, mais aussi et surtout mentalement, émotionnellement.

Pour t’aider à y parvenir, je te suggère d’essayer ce petit exercice :

-Regarde ce que tu manges parce que c’est ce que tu manges qui va te tuer. Mange équilibré, mange sain. Mange pour vivre, pas pour te faire mal ou pour mourir.

-Bouges-toi. Un peu d’exercice physique ne te fera que du bien de temps en temps. Je ne te demande pas de préparer les prochains jeux olympiques. Juste de prendre de plus en plus les escaliers, pour monter bien sûr. D’aller faire ces courses au coin de la rue à pieds. De te lever pour mettre la télévision en marche, sans toujours utiliser la télécommande, ou pour aller chercher sur l’étagère ce livre que tu veux lire, sans  le faire dans ce fauteuil roulant que tu pousses à longueur de journée de part et d’autres de ta maison.

-Ne vois plus les éléphants là où il n’y a que des fourmis. A chaque chose accorde-lui sa juste attention. Pas de dramatisation.

-Ne regrette rien. Si c’est bien, célèbre. Si c’est mauvais, célèbre. Rien n’arrive pour rien. Tout a un sens.

-Souviens-toi que le passé est… passé et…  terminé, et qu’il ne reviendra plus. Tu peux le visiter, si tu le veux, à condition que ce soit pour mieux avancer. Tu n’as pas pu saisir cette formidable opportunité qui t’a été présentée il y a peu, et c’est maintenant trop tard ? C’est pas grave. Demain est une promesse, une opportunité. Souviens-toi que, si le passé t’a échappé, le futur, lui, t’appartient.

-Compte tes bénédictions, et pas celles des autres. Parce que, c’est en comptant les bénédictions des autres que tu vois ce que tu n’as pas. Et, lorsque tu ne regardes que ce que tu n’as pas, alors tu es malheureux. Aigri. Envieux. C’est à ce moment-là que tu te mets à te comparer aux autres et à trouver que l’herbe est plus verte chez ton voisin. Pourtant, chacun de nous est unique. Chacun de nous a son étoile.

-Compte tes bénédictions, pas tes problèmes. Et tu seras surpris de voir qu’elles sont nombreuses. C’est pas parce que les choses ne vont pas comme tu le souhaites que tout va mal.

-Souviens-toi également que l’herbe n’est pas toujours verte chez ton voisin. Si tu prends la peine et le temps d’arroser ton jardin à toi, d’arracher toutes les mauvaises herbes qui le menace, de l’entretenir et de le nourrir avec de bons engrais, il sera tout aussi sinon plus vert que le jardin de ton voisin.

-Dis-toi que le bonheur que tu poursuis sans cesse et que tu crois atteindre si tu as toutes ces choses qui te manquent n’est pas loin : c’est toi qui le définis.

-Répète-toi à satiété que la solitude n’est pas aussi mauvaise que tu le penses. Elle peut être même une opportunité formidable pour réaliser enfin toutes ces choses que tu as toujours laissées pour demain. Comme ouvrir la porte à qui tu es, t’écouter réellement sains risque d’être interrompu par tous ces parasites, faire le bilan de l’année qui s’en va et fixer des objectifs plus réalistes pour l’année qui s’annonce, de  lire ces livres que vous achetez sans cesse mais que vous n’avez jamais pu lire. Regarder les films bien au chaud sur votre canapé, un verre de bon vin et du fromage à côté.

Ces moments de l’année que tu redoutes le plus peut être l’occasion de faire ce voyage tant rêvé parce que être seul ne veut pas dire que tu es incapable de bouger, d’entreprendre.

Tu n’as pas d’excuses pour te laisser aller pendant ces fêtes de fin d’année. Prends soin de toi parce que tu le vaux bien.  Et parce que la vie est belle malgré tout. A toi de jouer.

As-tu trouvé cet article intéressant ou utile ? S’il te plaît partage-le autour de toi pour aider ceux qui nous lisent à améliorer leur vie.

Et à bientôt ici pour toujours plus de tips et de trucs pour améliorer notre vie.

Céline SIKA

Ouvre la porte à qui tu es!

L’une des raisons pour lesquelles nous restons dans des relations abusives -dont certaines  tournent souvent au drame- est la peur de la solitude. La peur de se retrouver seul, face-à-face avec nous-mêmes, avec cette personne que nous ne connaissons vraiment pas, cette personne que nous ne connaissons finalement pas parce que nous n’avons jamais eu le temps, l’idée ou l’occasion de le faire.

Nous avons peur de rompre parce que nous croyons que sans notre partenaire nous ne sommes plus rien, nous sommes perdus, nous ne pouvons pas nous en sortir. Ceux et celles qui décident enfin de lâcher prise ne perdent pas une minute et se trouvent très vite des occupations et autres activités qui vont leur permettre de ne pas se retrouver seuls: journées souvent entières au gymnase, sorties en boîte de nuit avec des amis tous les weekends, voyages avec des amis, tournées dans les bars et autres restaurants branchés après le service pour ne retrouver le chemin de sa maison que très tard ou même au petit matin, parce qu’on veut y passer le moins d’heures possible seuls. Image

Pourtant la solitude n’est pas toujours négative. S’il n’est évidemment pas sain de s’enfermer dans cet état de manière indéterminée, ou de ne faire aucun effort pour en sortir lorsque, pour une raison ou une autre on se retrouve dans cet état, il est vivement conseillé de saisir cette opportunité lorsqu’elle se présente pour évaluer sa vie, ouvrir la porte à qui nous sommes afin de nous connaître, afin de découvrir qui nous sommes véritablement.

Cet exercice vous permettra de savoir qui vous êtes, où vous êtes et où vous allez. Ce que vous aimez, ce que vous voulez.

Rompre une relation à la première difficulté n’est pas une bonne chose. Cela veut dire que l’on n’a pas compris qu’une relation se construit, s’entretient comme une plante qu’on nourrit tous les jours, soigne lorsqu’elle a un bobo ou prend une direction non voulue s’il s’agit d’une plante rampante, par exemple. Mais rester dans une relation où sa sécurité et son intégrité physique et mentale sont en danger parce qu’on a peur de la solitude est mortelle. Embrassez la solitude lorsqu’elle se présente et faites d’elle une opportunité de vous connaître pour mieux avancer.

Si je vous demandais de vous définir en trois lignes, que diriez-vous? Je ne vous demande pas de citer vos titres, diplômes et autres accessoires que nous avançons chaque fois que nous devons nous présenter. Pensez-y et surtout partagez avec nous, ici. Et encouragez les vôtres à en faire de même.

Si vous avez aimé, et surtout si vous avez trouvé cet article utile, s’il vous plaît partagez-le, tout en n’oubliant pas de préciser l’origine.

Merci de m’avoir lue et à très bientôt!

Céline SIKA

Préparer les enfants à mieux réussir leur transition vers et leur séjour a l’Université

Le souci de tout parent c’est de donner la meilleure éducation à  ses enfants, de les aider à  trouver leur voie dans ce monde de plus en plus complexe. C’est de les voir réussir mieux que eux-mêmes  ne l’ont fait. Alors ils investissent temps, énergie et argent et ne lésinent vraiment sur aucun moyen pour atteindre cet objectif. Malheureusement, ils oublient souvent de préparer ces enfants à  réussir cette importante transition entre la vie du lycée et la vie universitaire. Entre la vie dans le cocon familial entouré de toute la famille et la vie dans un campus universitaire, loin de papa et maman, loin des frères et soeurs. Loin de leur pays. Habitués à  un système éducatif et à un système social précis, ces enfants qui arrivent dans un environnement nouveau totalement différent de celui dans lequel ils ont toujours vécu, se sentent perdus s’ils n’ont pas été préparés à mieux vivre cette nouvelle vie, et s’il n’y a personne pour leur tenir la main et les aider à faire leurs premiers pas, ils se sentent dépassés par les exigences de leur nouvelle vie et leur nouvel environnement, ce qui peut conduire au pire: solitude, dépression, abandon des études, et même parfois le suicide.

Des cas comme ce dernier, il y en a malheureusement de plus en plus. Nous aimons trop nos enfants, qui sont souvent notre raison de vivre, et la raison pour laquelle nous nous levons tous les jours pour aller travailler, pour rester les bras croisés devant une situation qui devient, hélas, de plus en plus fréquente.

Etant moi – même maman d’un jeune homme qui a traversé des moments difficiles lors de ses deux premières années dans une Université canadienne,  je puis vous dire que cela n’est pas facile du tout de trouver le sommeil lorsque votre petit vous dit, à plus de 10.000 kms du lieu ou vous vivez, qu’il est perdu, qu’il ne se retrouve pas dans le système complexe de son Université, qu’il veut bien travailler mais ne sait trop comment procéder pour organiser son temps, être plus productif, participer à tous les travaux pratiques, respecter les délais que lui fixent ses professeurs pour remettre tous ses devoirs parce que aucune matière ne complète l’autre -toutes les matières doivent validées pour passer ses examens-, et surtout passer ses examens, surtout lorsqu’il sait que vous n’avez pas des moyens illimités pour le soutenir financièrement, qu’il peut être expulse du pays ou il poursuit ses études s’il ne réussit pas a ses examens et s’il perd son visa d’étudiant.

Je voudrais partager avec vous ici quelques idées qui vont vous aider à mieux préparer vos enfants afin qu’ils réussissent  non seulement sur transition vers l’Université mais également leur séjour dans cet univers impitoyable pour ceux et celles qui ignorent son mode de fonctionnement.

1. Tôt ou tard tu devras quitter tes parents pour commencer une nouvelle vie seul

Ne vous réveillez pas à la veille du départ de votre fils ou votre fille à l’Université pour lui dire qu’il va vous quitter et devoir vivre seul. A 17, 18 ou même 20 ans, ces enfants restent des enfants et ont besoin de l’encadrement des adultes. Leurs parents doivent commencer assez tôt à  leur parler de cette séparation, normale, qui va entrainer des changements dans sa vie et surtout des responsabilités que l’enfant devra assumer seul. Parlez de votre propre expérience avec l’enfant si vous en avez une, demandez à  vos amis, vos proches d’en faire autant avec lui pour qu’il voie que même si c’est souvent difficile de se séparer de ses parents et de se prendre en charge, c’est normal et surtout possible si l’on a des outils nécessaires. Et, c’est en partageant votre expérience avec votre enfant que vous l’aiderez a acquérir ces outils.

Vous pouvez également acheter des bouquins qui traitent de cette question et les lire avec votre enfant ou les lui offrir pour lecture. Prenez le soin par la suite de lui demander de partager avec vous ce qu’il a retenu de sa lecture.

2. L’école de votre enfant est un partenaire incontournable dans la préparation des enfants à réussir cette transition

De plus en plus d’écoles qui ont compris la nécessité de cette préparation organisent pour les enfants en partance pour l’Université ainsi que leurs parents des réunions pendant lesquelles les conseillers ou des experts en orientation scolaire et informent les parents non seulement sur le choix des Universités où  iront étudier leurs enfants mais les aident à mieux accompagner leurs enfants dans ce processus. Ils donnent également de précieux conseils aux enfants concernant leurs futures études, leur future vie sur le campus, les relations avec leurs enseignants, la gestion du temps et des crises et j’en passe. Si l’école de votre enfant n’organise pas ce genre de rencontre, demandez à ce que cela soit fait parce que la réussite scolaire de votre enfant en dépend.

3. Ne vous contentez pas d’envoyer de l’argent: allez voir où  vit votre enfant et ce qu’il fait.

4. Assurez votre enfant de votre soutien, tout votre soutien.

5. Assurez-vous qu’il y a quelqu’un sur qui votre enfant peut compter en cas de besoin.

6. Restez en contact avec votre enfant, et surtout communiquez avec lui, régulièrement. Demandez-lui comment vont ses études mais aussi comment il va car il a une vie en dehors des études.

Ayez au moins une conversation par semaine avec votre enfant. Cela le rassure et lui permet de savoir que vous êtes toujours là, qu’il n’est pas seul.

7. Et dites-lui qu’il peut compter sur vous.

9. Ne mettez pas trop de pression sur l’enfant qui doit déjà se battre pour réussir son intégration dans son nouvel environnement. Ne lui donnez pas non plus l’impression que vous vous fichez de lui et de ce qu’il peut être entrain de vivre. Le juste milieu est la meilleure approche à adopter.

10. Aidez-le, autant que faire se peut, à changer d’air. Il en a besoin pour se ressourcer et recharger ses batteries.

Je suis loin d’avoir épuisé la liste des tips et trucs pour aider vos enfants a mieux réussir leur transition vers et leur séjour à l’Université. Comment avez-vous procédé avec vos enfants?  Et surtout, comment est-ce que vos enfants ont trouvé ces tips et trucs que vous avez utilisés pour les aider à mieux faire?

Plusieurs parents se demandent comment aider leurs enfants à réussir cette importante étape de leur vie. Ils seraient heureux que vous partagiez votre expérience avec eux. Merci de le faire et de contribuer à améliorer la vie des uns et des autres.

Excellente journée et à bientôt sur ce blog!

Preparer les enfants à mieux réussir leur transition vers et leur séjour à l’Université

Le souci de tout parent c’est de donner la meilleure éducation à ses enfants, de les aider à trouver leur voie dans ce monde de plus en plus complexe. C’est de les voir réussir mieux que eux ne l’ont fait. Alors ils investissent temps, énergie et argent et ne lésinent vraiment sur aucun moyen pour atteindre cet objectif. Malheureusement, ils oublient souvent de préparer ces enfants a réussir cette importante transition entre la vie du lycée et la vie universitaire. Entre la vie dans le cocon familial entoure de toute la famille et la vie dans un campus universitaire, loin de papa et maman, loin des frères et sœurs. Loin de leur pays. Habitués à un système éducatif et à un système social précis, ces enfants qui arrivent dans un environnement nouveau totalement différent de celui dans lequel ils ont toujours vécu, se sentent perdus s’ils n’ont pas été prépares à mieux vivre cette nouvelle vie, et s’il n’y a personne pour leur tenir la main et les aider à faire leurs premiers pas, rapidement dépassés par les exigences de leur nouvelle vie et leur nouvel environnement, et très rapidement, le pire peut arriver: solitude, dépression, abandon des études, et même parfois suicide. Des cas comme ce dernier, il y en a malheureusement de plus en plus. Nous aimons trop nos enfants, qui sont souvent notre raison de vivre, et la raison pour laquelle nous nous levons tous les jours pour aller travailler, pour rester les bras croisés devant une situation qui devient hélas de plus en plus fréquente.

Etant moi – même maman d’un jeune homme qui a traversé des moments difficiles lors de ses deux premières années dans une Université canadienne,  je puis vous dire que cela n’est pas facile du tout de trouver le sommeil lorsque votre petit vous dit, a plus de 10.000 kms du lieu ou vous vivez, qu’il est perdu, qu’il ne se retrouve pas dans le système complexe de son Université, qu’il veut bien travailler mais ne sait trop comment procéder pour organiser son temps, être plus productif, participer à tous les travaux pratiques, respecter les délais que lui fixent ses professeurs pour remettre tous ses devoirs parce que aucune matière ne complète l’autre -toutes les matières doivent être validées pour passer ses examens-, et surtout passer ses examens, surtout lorsqu’il sait que vous n’avez pas des moyens illimités pour le soutenir financièrement, qu’il peut être expulsée du pays où il poursuit ses études s’il ne réussit pas ses examens et s’il perd son visa.

Je voudrais partager avec vous ici quelques idées qui vont vous aider à mieux préparer vos enfants afin qu’ils réussissent non seulement sur transition vers l’Université mais également leur séjour dans cet univers impitoyable pour ceux et celles qui ignorent son mode de fonctionnement.

1. Tôt ou tard tu devras quitter tes parents pour commencer une nouvelle vie seul.

Ne vous réveillez pas à la veille du départ de votre fils ou votre fille à l’Université pour lui dire qu’il va vous quitter et devoir vivre seul. A 17, 18 ou même 20 ans, ces enfants restent des enfants et ont besoin de l’encadrement des adultes. Leurs parents doivent commencer assez tôt à leur parler de cette séparation, normale, qui va entrainer des changements dans sa vie et surtout des responsabilités que l’enfant devra assumer seul. Comme par exemple faire sa cuisine, ses courses, sa lessive, faire son lit, payer ses factures, gérer rigoureusement l’argent que vous lui donnerez pour ses besoins mensuels, lui-même. C’est le moment de lui apprendre toutes ces aptitudes s’il ne les a pas encore.

Parlez de votre propre expérience avec l’enfant si vous en avez une, demandez a vos amis, vos proches d’en faire autant avec lui pour qu’il voie que même si c’est souvent difficile de se séparer de ses parents et de se prendre en charge, c’est normal et surtout possible si l’on a des outils nécessaires. Et, c’est en partageant votre expérience avec lui que vous l’aiderez a acquérir ces outils.

Vous pouvez également acheter des bouquins qui traitent de cette question et les lire avec votre enfant ou le lui offrir pour lecture. Prenez le soin par la suite de lui demander de partager avec vous ce qu’il a retenu de sa lecture.

2. L’école de l’enfant est un partenaire incontournable dans la préparation des enfants à réussir cette transition

De plus en plus d’écoles qui ont compris la nécessite de cette préparation organisent pour les enfants en partance pour l’Université ainsi que leurs parents des réunions pendant lesquelles les conseillers ou des experts en orientation scolaire informent les parents non seulement sur le choix des Universités où iront étudier leurs enfants mais les aident à mieux accompagner leurs enfants dans ce processus. Ils donnent également de précieux conseils aux enfants concernant leurs futures études, leur future vie sur le campus, les relations avec leurs enseignants, la gestion du temps et des crises, le rôle des conseillers présents dans chaque faculté, les différents systèmes universitaires, leur fonctionnement et j’en passe. Si l’école de votre enfant n’organise pas ce genre de rencontre, demandez à ce que cela soit et encouragez la direction à le faire parce que la réussite scolaire de votre enfant ainsi que celle de ses camarades en dépend. Leur vie scolaire mais aussi leur vie tout simplement.

3. Aidez votre enfant à choisir les études qu’il souhaite faire à l’Université

Il s’agit de son avenir, donc d’un choix très important qui doit être fait minutieusement, après mure réflexion et examen, parce que une mauvaise décision peut suivre l’enfant tout le reste de sa vie. Vous avez vu naitre votre enfant, vous le connaissez bien, vous l’avez observe grandir, écouté parler et rêver aussi. Vous savez ce qu’il aime ou n’aime pas, donc très certainement ce qui peut l’intéresser  à l’Université. Certains enfants savent très exactement et parfois très tôt ce qu’ils veulent étudier à l’Université. D’autres par contre ont besoin d’aide et d’orientation pour découvrir leur voie. A travers des questions, des échanges réguliers avec votre enfant, vous pouvez l’aider dans ce sens et éviter des frustrations ou même des drames plus tard. Des cas où des enfants décident de changer de programmes universitaires trois ou quatre ans après les avoir commencés parce qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font sont légion.

4. Ne vous contentez pas d’envoyer de l’argent ou de payer sa scolarité: allez voir ou vit votre enfant et ce qu’il fait.

Montrez à vos enfants que ce qu’ils font vous intéresse, que leur avenir vous intéresse et que ce qu’ils font ont un but et de la valeur même s’ils semblent ne pas le voir immédiatement. Témoignez-leur de l’intérêt et intéressez-vous à leurs études mais aussi à leurs autres activités, aux gens qu’ils fréquentent, à leur vie personnelle, sans toutefois les étouffer ou les contrôler. Il n y a pas que les études dans la vie, il y a beaucoup d’autres choses tout aussi intéressantes et qui méritent d’être connues et partagées.

5. Assurez votre enfant de votre soutien constant et permanent, tout votre soutien.

Faite-lui savoir que vous êtes là et que vous serez toujours là pour le soutenir quelque soit les difficultés qu’i rencontre et rencontrera, et que vous l’aimerez toujours même s’il décide finalement de faire des études de son choix. Le fait de savoir qu’il a votre soutien le réconfortera et l’encouragera à continuer et à ne pas sombrer dans la dépression. Croyez en lui et faites-le lui savoir. C’est le plus grand cadeau que vous pouvez lui offrir.

6. Assurez-vous qu’il y a quelqu’un sur qui votre enfant peut compter en cas de besoin.

Puisque vous n’êtes plus là pour venir en aide à votre enfant s’il en a besoin, il est important de vous assurer qu’il y a au moins une personne qui peut l’assister s’il a une urgence, ou encore le conseiller, le coacher, l’aider a s’intégrer dans son nouvel environnement, à comprendre comment son nouvel environnement fonctionne, lui rappeler les objectifs qu’il s’est fixés et doit atteindre, l’encourager à continuer à travailler, à avoir une vie sociale qui est également nécessaire pour son épanouissement personnel, le féliciter lorsqu’il travaille bien, le rassurer que ce n’est pas la fin du monde s’il n’a pas eu de bonnes notes, l’aider à rester sur le bon chemin, vous prévenir en cas de besoin.

Encouragez-le à rencontrer ses enseignants en dehors des cours, les conseillers de son Université et surtout de sa faculté, pour échanger avec eux sur ses études, mais aussi leur demander de l’aide en cas de besoin. Ils sont payés pour le faire et le feront avec plaisir. Ceci est absolument nécessaire pour des enfants qui viennent des cultures où ils ont été éduqués pour ne pas poser trop de questions, où le respect des aînés est absolu. Ils ont besoin de savoir qu’ils peuvent échanger avec leurs enseignants, et qu’ils doivent meme le faire.

7. Restez en contact avec votre enfant, et surtout communiquez avec lui régulièrement.

Ayez au moins une conversation par semaine avec votre enfant. Cela le rassure et lui permet de savoir que vous êtes toujours là, qu’il n’est pas seul. Loin de leurs parents, certains enfants ont d’énormes difficultés à interagir avec d’autres personnes, et très rapidement se retrouvent isolés, seuls dans leur chambre, coupés de la réalité. Cette solitude qui affecte gravement ces enfants les pousse très souvent à chercher du réconfort auprès de personnes pas très indiquées ou alors à s’adonner à des activités peu recommandables, ce qu’il faut à tout prix éviter.

8. Dites-lui qu’il peut compter sur vous.

Le fait de savoir que l’on a quelqu’un sur qui on peut compter, et surtout nos parents, qui nous soutiennent, et qui sont là au cas où on aurait besoin d’eux est d’un réconfort sans prix. Votre enfant aura beaucoup plus confiance en lui et sera beaucoup plus serein au moment de faire face à tous les défis de sa nouvelle vie s’il sait qu’il peut compter sur vous pour l’aider à surmonter les obstacles qu’il rencontre.

9. Ne mettez pas trop de pression sur l’enfant.

Laisser l’enfant  faire à sa guise sans aucune orientation, sans lui fixer des limites, et sans lui dire quels risques il court s’il prend certaines décisions à des moments cruciaux de sa vie n’est pas la chose à faire.  Mettre trop de pression sur l’enfant en lui demandant de faire des études de votre choix, d’obtenir la plus grande note, de finir absolument vite ses études parce que vous n’avez pas les moyens de payer sa scolarité plus longtemps, ou alors le comparer sans cesse aux autres enfants peut lui être fatal. Chaque enfant est unique, et ce n’est pas parce que vous n’avez pas réalisé votre rêve de devenir médecin, architecte ou trader que vous allez poussez votre enfant à le devenir.  Le faire c’est ruiner la vie de votre enfant et créer un être qui sera malheureux toute sa vie. Aidez-le à identifier sa passion, ce qu’il aime faire et aidez-le à réaliser son rêve à lui.

10. Aidez-le, autant que faire se peut, à changer d’air.

Encouragez votre enfant à étudier et à passer ses examens. Mais encouragez-le et aidez-le également à marquer une pause de temps en temps pour souffler un peu, se détendre, faire le plein d’énergie, prendre le temps de s’amuser et de profiter des petites choses qui font le bonheur. C’est absolument nécessaire pour sa santé et pour ses études.