Tout contrôler tue la relation

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Vouloir tout contrôler, de sa garde robe à ses loisirs, déplacements, nutrition, dépenses, tue la relation entre des personnes.

Vous avez certainement entendu autour de vous des gens se plaindre parce que leur partenaire ne les laissait pas être, simplement.

  • Pourquoi rentres-tu à cette heure? Tu as fini depuis plusieurs heures déjà.
  • Avec qui étais-tu?
  • Tu ne m’as pas dit que tu devais aller à cette soirée!
  • Je ne savais pas que tu étais en contact avec cette personne!
  • Cette chemise est horrible! Comment peux-tu mettre cela? Tiens, mets plutôt celle-ci que j’ai achetée.
  • Tu ne dois pas manger ces choses-là!
  • Jettes ce vieux blouson-là et achète quelque chose digne de toi!
  • Ne mange pas comme cela à table!
  • Ce pot de fleur doit rester ici! Ne le déplaces pas!

Je suppose que des gens qui décident de se mettre ensemble et de cheminer ensemble sont des adultes qui ont des goûts précis, parfois différents, ce qui est normal, parce que eux-mêmes sont différents. Ils sont des adultes qui ont chacun un style de vie, des choses qu’ils aiment ou n’aiment pas pour des raisons parfois difficiles à expliquer.

Savoir cela et surtout comprendre et accepter cette différence c’est respecter son/sa partenaire, son être, sa personnalité. Ses souvenirs. Ses émotions. Parce que cette chemise-là est peut être un cadeau d’un être cher chargé de valeurs émotionnelles. Ce vieux blouson-là peut être un souvenir auquel il tient particulièrement parce qu’il lui rappelle des souvenirs chers. Cette nourriture que tu ne veux plus qu’il mange, il a peut-être grandi en mangeant cela et l’adore.

Alors, vouloir obliger votre partenaire à changer tout cela c’est attaquer sa personne, vouloir le/la pousser à renoncer à son être, ses souvenirs, ses émotions, ce qui, très souvent, conduit à la catastrophe.

Quelques mois après notre mariage, je me suis étonnée que mon mari retire immédiatement son costume dès qu’il sortait de son bureau. Il était alors directeur de banque et le dress code voulait que tout le personnel masculin porte un costume et une cravate. Ce qu’il détestait! Donc, dès qu’il finissait le travail, il se débarrassait de ce costume et cette cravate qui l’étouffaient d’après lui, et retrouvait avec une joie enfantine son Jean et ses baskets.

Un jour, en déplacement dans notre province d’origine, il suggéra que nous allions dire bonjour à ses collègues qui travaillaient dans la succursale de leur banque là-bas. Le problème c’est que, au moment où il proposait cela, il était en …short!

“Tu ne vas pas y aller comme…cela!” lui dis-je.

“Pourquoi pas?” me répondit-il. Je ne suis pas nu.

“Je vois bien que tu n’es pas nu. Mais, tu es en short, chéri! C’est indécent. Qu’est-ce que tes collègues vont dire” continuai-je.

“Ecoute, ma chérie! Ce que mes collègues dissent ou ne dissent pas, pensent ou ne pensent pas de ma tenue n’est pas vraiment important. Je vais leur dire bonjour, et avec toi, c’est cela le plus important. S’ils ne voient pas cela et ne s’intéressent qu’à ma tenue, c’est leur problème, pas le mien,” me répondit-il.

Après un moment de pause, il continua:

“Tu viens?”

Je m’étais arrêtée devant la porte de la banque, hésitant si je devais y entrer avec lui dans cette tenue-là ou pas. Finalement, je le suivis à l’intérieur. Et tout se passa bien. Du moins je le pense.

Après ce jour-là, d’autres situations se présentèrent où j’essayai, souvent sans même le réaliser, de “gérer” mon mari comme nous le disons chez nous au Cameroun, c’est-à-dire de tout contrôler, l’amener à faire ce que moi je voulais, ou ce que la société dictait. Sans succès. Et, patiemment, il m’expliquait qu’il était important dans chaque couple de créer de l’espace pour son/sa partenaire et de le/la laisser être, simplement, si l’on veut que la relation dure tout en étant saine et épanouissante pour chacun.

Heureusement pour moi je l’ai compris très vite et nous voici aujourd’hui, trente ans plus tard, toujours ensemble.

Des couples se sont unis et désunis après nous. Et l’une des raisons de leur séparation est souvent le souci de contrôler la relation par un des partenaires.

Si tu te reconnais dans cet article, il est temps de rectifier et de lâcher prise. Sérieusement. Et de laisser ton/ta partenaire être. Avant de te rencontrer, ton/ta partenaire avait une vie dans laquelle il/elle exprimait sa personnalité, son individualité, sa spécificité. C’est ce package –là qui fait de lui/d’elle la personne que tu as connue. C’est même peut-être cela qui t’a séduit. Respecte cela et tout ira mieux.

Mon mari ne me dit pas comment je dois m’habiller. Il ne me dit pas qui je dois fréquenter. Il ne m’appelle pas cinquante fois par jour pour me demander où je suis, avec qui, entrain de faire quoi. Lorsqu’il m’appelle, c’est pour me demander comment se passe ma journée et pour me dire qu’il m’aime. Pourquoi devrais-je lui dire comment est-ce qu’il doit s’habiller, qui il dit fréquenter, où il doit aller? Je peux lui donner un conseil, comme il le fait d’ailleurs avec moi, un conseil qu’il peut prendre ou laisser, parce que c’est un conseil. Si on oblige l’autre à appliquer notre conseil, ce n’est plus un conseil, mais un ordre. Et personne n’aime recevoir des ordres!

Donc, lâche prise au nom, pour la survie, la santé et l’épanouissement de ton couple.

 

 

 

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Il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne

La réaction d’un de mes lecteurs, Pierre Marie, à un de mes derniers papiers -Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps- m’a donné l’opportunité de clarifier auprès de mes lecteurs et mes lectrices ma démarche, ou mieux l’objectif que je veux atteindre en écrivant et en partageant ces papiers avec vous, mes lecteurs et lectrices.

Le feedback très pertinent de Pierre Marie a le mérite de poser des questions existentielles auxquelles nous devons apporter des solutions pour ne pas … couler avec le bateau de notre vie. Le stress du travail; les divergences de notre point de vue avec celui de notre partenaire, nos enfants, nos collègues, nos voisins, nos frères et soeurs; la difficulté à concilier les exigences de la vie moderne avec notre développement personnel important et l’éducation de nos enfants -tout aussi importante-, une bonne éducation surtout, tout cela est difficile à gérer, et malheureusement je ne peux pas vous apporter des solutions toutes prêtes parce qu’il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne.

Comment pourrais-je le faire lorsque chaque être, chaque couple, chaque enfant, chaque situation est UNIQUE et, par conséquent, requiert une réponse, une approche, une solution spécifique?

Ce que je fais avec mes écrits et mes paroles, c’est de partager mon expérience de vie avec vous, mes lecteurs et lectrices -et mon auditoire aussi- afin de vous aider à trouver chacun des réponses à ses problèmes spécifiques, des réponses adaptées à ses problèmes spécifiques selon sa constitution personnelle, son background culturel, son éducation, ses lectures, ses fréquentations, le milieu dans lequel chacun évolue, parce que tout ceci compte et contribue à faire de nous ce que nous sommes.

Je n’apporte pas des solutions aux challenges de la vie: j’aide ceux et celles qui cherchent des solutions à ces multiples challenges à trouver celles qui leur vont comme sur mesure. En partageant ma propre expérience, mes lectures, mes découvertes, les observations que je fais des choses de la vie, de la vie et des hommes et des femmes.

Des divergences de points de vue ou les désaccords, le stress, la confrontation, les exigences de la vie moderne, nous en aurons toujours et nous devons les embrasser car ils nous permettent de nous découvrir , comme le disait Jean Paul Sartre: « L’Homme se découvre lorsqu’ils se mesure à l’obstacle. »

Je ne serais pas heureuse si mon mari disait toujours « oui oui » à tout ce que je lui dis. Mon mari, mes enfants, mes amis, mes collègues. Cela m’inquiéterait terriblement car la beauté d’un tableau vient de la diversité de ses couleurs, de la richesse de ses couleurs, et pas du tout de l’uniformité, l’unicité de sa couleur unique.

Mon fils exprime un point de vue différent du notre (de celui de son père et du mien) sur une question précise qui concerne, par exemple, sa vie, son avenir? Je le félicite car il affirme sa personnalité, il me prouve, il nous prouve qu’il a du tempérament, qu’il peut avoir une opinion et surtout la défendre, qu’il peut se battre dans un monde de plus en plus complexe. Je ne pense pas qu’il me défie, NON. Il ne me défie pas: il s’exprime.

Je ne dis pas non plus qu’il n’est pas soumis comme la plupart des parents, du moins ceux de la génération passée, disent parce que la soumission est la pire des choses qui existe a mon avis. Elle tue le talent, la proactivité, la créativité, l’esprit d’initiative. Ce que je fais c’est encourager mon fils en développant le leadership de groupe, je l’aide à devenir plus smart. Je l’encourage à se développer en lui créant de l’espace, en créant des conditions pour cela parce que une seule main ne peut attacher un paquet. Parce que plusieurs intelligences valent TOUJOURS mieux qu’une seule.

Il en est de même pour mon/ma partenaire. Un partenaire béni oui-oui c’est la pire des choses qui peut arriver à quelqu’un. Comment construire quelque chose de durable, de solide, comment s’épanouir, devenir et donner le meilleur de soi-même avec quelqu’un qui n’a pas d’avis, quelqu’un qui ne peut pas te dire « pourquoi pas? » Il est important que le train déraille de temps en temps à mon avis, et je n’ai jamais autant brille que lorsque mon mari, mes enfants, mes amis m’ont pose cette question: « pourquoi pas? »

Pour me résumer, je dis ceci: je ne donne pas de solutions aux problèmes existentiels: j’aide chacun à sculpter ses propres solutions, celles qui collent bien et mieux à ses problèmes.

La vie est en perpétuel changement (avec plusieurs étapes) et, souvent, nos besoins personnels à un moment donné de notre vie ne riment pas toujours avec ceux de notre famille. Il nous faut alors trouver ce que les anglophones appellent « common ground » pour que personne (ni nous-mêmes ni notre famille) ne soit sacrifié. A plusieurs reprises j’ai retardé la réalisation des projets personnels qui m’étaient pourtant très chers au nom de ma famille. Ou redéfinit mes priorités, sans sacrifier mes besoins personnels pour autant (parce que cela risquerait de nuire à ma famille car un partenaire frustré est une grande menace pour le développement de la famille).

Comment je fais pour appliquer au quotidien ce que je vous conseille de faire pour améliorer votre vie?
Comment dire à ses êtres les plus chers qu’on les aime même lorsque tout va mal, lorsque le stress nous terrasse?
Comment gérer les divergences de point de vue avec son/sa partenaire, ses enfants?
Comment concilier les exigences de la vie moderne, son développement personnel et l’éducation que nous devons donner à nos enfants?

1. Il faut avoir un objectif/une visibilité

Où es-tu? Où veux-tu aller? Ou mieux, que cherches-tu dans la vie?

Pourquoi est-il important de se poser ces questions et surtout de trouver une réponse à ces questions? Parce que le vent ne saurait être favorable à un marin qui ne sait pas ou il va.

2. Il est absolument important de communiquer, de toujours communiquer

Je dirais même de séduire l’autre (ton/ta partenaire, tes enfants), pour qu’il adhère à votre vision. Il faut le persuader d’embrasser notre vision et ne crois pas que la coercition est la meilleur voie. Tu ne tireras pas grand chose d’un/une partenaire, des enfants, des collègues qui font des choses par crainte de représailles, de la bastonnade, de la sanction, du chantage.

3. Il faut avoir une/des stratégies

Si vous voulez aller à Douala (vision, visibilité) et vous ne savez pas comment vous y prendre pour y arriver, il est probable que vous n y arriviez jamais. Ou alors au prix de trop de difficultés. Par où passerez-vous? Avec quel type de transport irez-vous à Douala: à pied, à vélo, à moto, à cheval, par avion, par bus?

Vous voulez que votre épouse et vous-même prenez votre retraite dans votre village? Partagez l’idée avec elle pendant que vous faites encore connaissance et envisagez encore de vous mettre ensemble, et assurez-vous que vous avez obtenu son adhésion au projet par la persuasion, la séduction, pas par la contrainte parce que cela ne marchera pas. Et ayez les moyens de votre politique. C’est-à -dire que si vous avez avez un certain train de vie en ville, faites votre possible pour garder un train de vie au moins égal à celui que vous aviez en ville au village, sinon, vous irez au village seul, croyez-moi.

4. Vous devez avoir une organisation et une discipline d’enfer

Vous avez votre vision. Vous savez quelles sont vos priorités, par exemple, une bonne éducation pour vos enfants. Pour cela, vous avez décidé de passer au moins une heure TOUS les jours avec vos enfants chez vous, pour discuter avec eux de leurs études mais aussi de leur vie personnel, de leurs projets personnels, de leurs challenges personnels, de la façon dont ils gèrent ces challenges. Lorsque vous prenez cette décision, appliquez-la, quelque soit le degré de votre stress, de votre fatigue, de votre rage contre ce collègue ou ce chef qui vous fait des misères au boulot. Réservez à vos enfants cette heure-la. Non seulement ils apprécieront mais vous atteindrez votre objectif éducatif avec vos enfants.

Vous avez décidé d’aller au lit tous les jours à 22 heures pour être en forme le lendemain et être plus productif pour vos enfants et votre travail? Allez au lit à 22 heures quelque soit l’importance de ce match de foot qui est programme à 1 heure du matin.

Allez au lit à 22 heures quelque soit l’insistance de cet ami que vous n’avez pas vu depuis des années et qui est de passage dans la ville et qui veut que vous alliez à la discothèque pour célébrer vos retrouvailles. Si vous rompez votre routine, le lendemain vous allez non seulement dormir au boulot, rabrouer vos collègues avec qui vous êtes pourtant toujours correct, mais vous allez aussi être incapable de remettre ce rapport qui aurait pu booster votre promotion, ou alors brutaliser votre fils ou votre fille qui vous demande de lui expliquer comment faire cette soustraction, et détruire ainsi la confiance que vous aviez créée entre vous.

5. Le développement personnel: un exercice continue et nécessaire

« Connais-toi toi-même et tu connaitras les dieux ». Cette maxime est capitale. Si tu te connais, tu peux 1) corriger tes faiblesses -c’est-à -dire ce qui t’empêche de voler très très haut et de donner le meilleur de toi-même, d’être le meilleur toi-; et 2) développer tes forces pour triompher davantage. Briller davantage.

Si tu te connais mieux, tu pourras alors mieux cohabiter avec les autres. Mieux les aider à devenir le meilleur d’eux-mêmes. Et ceci n’est possible que si tu prends soin de toi constamment, que si tu fais de ton développement personnel, de l’apprentissage une de tes priorités.

Ce que je viens de dire, n’est que des bribes d’une expérience personnelle. Quelques uns des ingrédients que j’utilise, que mon mari et moi utilisons pour essayer de maintenir cet équilibre instable qu’est la vie. Mais je puis vous assurer que souvent, très souvent, cela marche.

Que pensent les autres lecteurs ? Quelles sont leurs ingrédients, ce qu’ils utilisent pour maintenir à leur tour cet équilibre instable?

Je serais vraiment très heureuse de vous lire, de partager avec vous ces tips et trucs que vous utilisez pour améliorer votre vie.

Celine SIKA