Avec le temps nous avons tous des rides et des cheveux gris

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« Mon mari veut me quitter parce que j’ai pris du poids! Il dit ne plus reconnaître le mannequin qu’il a épousé il y a quelques années et me donne un ultimatum pour que je me retrouve sinon il me quitte. Je fais attention à ma diète, marche au moins deux heures de temps deux fois par semaine parce que je veux me libérer de cet excédent de kilogrammes que j’ai pris depuis quelques années mais n’y arrive pas. Cet incident m’amène à me demander de plus en plus si mon époux m’a épousée pour  de mauvaises raisons. S’il a épousé mon physique et pas la personne que je suis parce que je suis bien plus que mon physique même si celui-ci a changé avec le temps. »

 

Voilà ce qu’une amie m’a dit hier. Sérieusement ébranlée par la décision de son époux et en proie à de sérieux doutes en ce qui concerne la fondation de leur mariage. Ils se sont dit « Oui » il y a presque dix ans déjà et, au fil du temps, son physique s’est alourdi et, malgré ses efforts pour redevenir le beau mannequin raffiné dont son mari était tombé amoureux, rien n y fait.

Cette confession s’ajoute à la longue liste d’autres que j’entends régulièrement, et qui ont presque toutes la vertu de mettre en évidence une chose extrêmement importante et inquiétante: des hommes et des femmes se choisissent, se disent « Oui « et se mettent en couple pour de fausses raisons! Les femmes commettent cette erreur. Les hommes aussi, et les conséquences peuvent être graves.

Il y a quelques années lors d’un séjour chez des amis à Arusha en Tanzanie, notre ami a tout naturellement déclaré, à table, devant tout le monde, femme et enfants compris, qu’il avait épousé un mannequin et que celui-ci était devenu un hippopotame. Mon époux et moi-même étions très embarrassés, nous demandant si cet homme mesurait l’impact et les ravages que ce qu’il venait de dire  pouvait causer sur son épouse et sur ses enfants. L’homme a éclaté de rire après son speech. Les enfants aussi. La femme, celle qui était devenue une hippopotame, a sourit. Sans plus.

Je reviens sur cette confession de mon amie et cette déclaration de notre ami parce qu’il me semble  que nous n’avons pas toujours réalisé que le mariage c’est surtout une affaire d’âmes, de connection, de soulmates, et pas seulement de physique, d’argent, de statut social. Dire « Oui » à quelqu’un à cause de son physique, parce qu’il/elle a beaucoup d’argent, beaucoup de biens, parce qu’il/elle est le fils de ou la fille de, parce qu’il/elle occupe un poste de haut niveau dans une multinationale ou rêve de travailler tout le monde, c’est un passeport pour l’échec parce que, avec le temps, nous tous avons des rides et des cheveux gris, quelque chose contre laquelle nous pouvons très peu (même la chirurgie esthétique, les produits cosmétiques anti-âge, toutes les concoctions et autres remèdes-miracle retardent simplement le processus sans pouvoir l’empêcher) parce que rien n’ y personne n’arrête le temps!

Des accidents arrivent et on perd ses pieds, ses yeux, sa mobilité, la vision, ses cheveux…

L’argent finit.

Le pouvoir finit.

Il suffit d’un tsunami, d’un tremblement de terre, ou d’un mauvais investissement pour que l’on perde tout. TOUT!

On perd son emploi surtout aujourd’hui ou rien n’est plus sur, mais alors rien du tout.

Si l’époux de mon amie et notre ami avaient dit « Oui » parce qu’ils aiment vraiment leurs épouses, parce qu’ils aiment les personnes qu’elles sont réellement; s’ils les avaient épousées parce qu’ils avaient vu en elles des soulmates, des partenaires, des amies, des complices avec qui ils allaient passer le reste de leur vie, ils se demanderaient et chercheraient à comprendre pourquoi celles-ci ont pris des kilos de plus, et feraient tout ce qui est en leur possible pour les aider, pas à redevenir celles qu’elles étaient il y a trente ans car cela est impossible, mais à adopter une saine hygiène de vie parce que c’est important pour leur santé.

En effet, cette prise de kilos peut être le symptôme d’un profond mal être. La vie d’aujourd’hui avec ses exigences de plus en plus nombreuses et ses multiples frustrations est très stressante et, pour plusieurs d’entre nous, ce stress se traduit soit par une perte sérieuse de kilogrammes, soit par une prise importante de kilogrammes, sans parler de la dépression qui l’accompagne souvent.

Insulter ou humilier son/sa partenaire lorsque cela arrive n’aide pas. Donner des ultimatums pour que notre partenaire redevienne la personne que nous avons connue par le passé au risque de voir le mariage être rompu, non plus.

Ce dont notre partenaire a le plus besoin à ce moment -là c’est de notre amour et de notre soutien inconditionnel. C’est que nous lui montrons combien ils comptent pour nous. Ce dont notre partenaire a besoin c’est que nous lui montrons, par des actes très concrets, que nous voulons vraiment qu’ils s’ensortent et que nous y travaillons. En voici quelques de ces actes concrets:

  • De l’empathie
  • Des mots encourageants
  • Des séances de sport ensemble
  • De la nourriture saine à la maison et la malbouffe bannie
  • Une inscription au gymnase du quartier
  • La création et tenue d’un journal avec ses photos et des commentaires positifs et encourageants au fur et à mesure que le partenaire atteint ses objectifs de fitness
  • Et surtout le rappel constant au partenaire que la vraie motivation ne viendra que de son for intérieur!

C’est de ceci dont notre partenaire a besoin!

 

 

 

 

 

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Dire merci. Exprimer sa gratitude. Saint Valentin ou pas

Demain c’est la Saint Valentin.

Même si cette journée a été kidnappée par les vendeurs de cartes postales, fleurs et chocolat, elle reste néanmoins l’occasion d’exprimer ou renouveler:

  • son amour pour ceux et celles que l’on aime
  • son affection pour ceux et celles qu’on estime
  • son amour, son affection et sa gratitude pour ceux et celles qui ont croisé notre chemin et contribué, d’une façon ou d’une autre, à construire celui ou celle que nous sommes aujourd’hui

Je parle de notre partenaire, cette personne spéciale  dans notre vie. Je parle de nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nos collègues, nos enseignants, nos frères et soeurs. Je parle de ces médecins  qui prennent soin de nous lorsque nous sommes malades. Je parle de ces parfaits étrangers qui nous tendu la main lorsque nous étions en détresse et redonné espoir lorsque nous croyions que tout était perdu, ou encore donné un conseil qui nous a soudain illuminé et ouvert les yeux. Ou simplement tendu leur épaule sur laquelle nous nous sommes épanchés.

Je parle de toutes ces personnes grâce à qui nous sommes nous.

Ces personnes grâce à qui nous sommes là-ou nous sommes aujourd’hui, et faisons ce que nous faisons.

Ces personnes qui nous ont aidé à devenir une meilleure version de nous-mêmes en tant qu’individu, partenaire, père, mère, frère, fils, fille, soeur, collègue, voisin, etc.

Parce que l’empreinte de ces personnes est indélébile dans notre vie, j’estime que nous ne devrions pas attendre la Saint Valentin pour leur signifier notre gratitude. Cultiver la gratitude et l’amour tous les jours, voilà une philosophie de vie que nous devrions tous et toutes embrasser et respirer. Alors, si j’ai un souhait à exprimer, ce serait celui-ci: que cette Saint Valentin ne s’arrête pas demain, mais soit le début d’une nouvelle vie ou tous les jours seront la Saint Valentin ou l’expression de notre amour, notre affection, notre gratitude!

Ton tour…

Comme tu le sais, on n’a pas besoin de dévaliser une banque ou se ruiner pour exprimer ou renouveler son amour, sa gratitude ou son affection à ces personnes qui sont dans notre vie. Parfois, très souvent même, le-leur dire, sincèrement, suffit. Face-à-face, avec un coup de fil, ou une lettre que vous aurez écrite de préférence à la main, ce qui est une preuve supplémentaire d’amour,  d’estime et de considération. En effet, cela suppose du temps non seulement pour écrire, mais aussi aller acheter l’enveloppe, le timbre et ensuite aller poster la lettre à la poste, ce que plusieurs ne sont pas prêts à faire en cette époque ou le temps est une ressources très rare.

Le-leur dire ou le-leur montrer. Par des gestes simples mais chargés de signification. Des gestes que chacun de nous définit. Pour ma part, je voudrais dire MERCI -toute opportunité est bonne pour que je le fasse- à tous ceux et toutes celles qui ont touché ma vie d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement.

Quel est ton plan pour demain? Dis aux tiens combien tu les aimes. Dis-leur ta reconnaissance. A ta manière. Montre-le leur.

Heureux Saint Valentin!

Celine Magneche Nde Sika

 

Loin des siens. Loin de tout!

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Il est 4:30 mn. La nuit est déjà tombée. Et il neige. Fortement. J’ai beaucoup hésité avant de me rendre à cette boutique à la sortie du travail. Ces deux dernières semaines ont été très éprouvantes pour moi. Alors, la dernière chose dont j’avais envie de faire était de faire des courses. Mais il le fallait car, malgré toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés au quotidien, il faut continuer, n’est-ce pas?

Ne jamais jeter l’éponge.

Se relever et continuer.

Poser un pas après l’autre.

Toujours.

Vivre et surtout aider à vivre autant que faire se peut. Tendre la main à ceux et celles qui sont seuls, frustrés, découragés, déprimés, dépassés par la vie et ses multiples coups.

Aider ceux qui, comme David, se sentent seuls. Terriblement seuls. Loin de tout et de tous leurs êtres chers en ce moment si important de l’année.

David, que j’ai rencontré à l’arrêt du bus, est au Canada depuis trois ans et m’a avoué que c’est dur. Très dur. Emotionnellement. Socialement. Académiquement. Voici plus concrètement ce qu’il me dit après que nous ayons fait connaissance.

“Qu’est-ce que je fais ici, loin de ma terre, seul? Je donnerais ma vie pour retourner chez moi. Je n’ai jamais voulu venir ici. Mais, mon avis n’a pas compté. Pourtant il s’agit de ma vie. Mes parents ont décidé et je n’avais plus qu’à leur obéir. Personne ne m’a préparé à la réalité terrible que je vis depuis que je suis arrivé dans ce pays. La transition est dure et n’est pas terminée et je ne pense pas qu’elle terminera dans un avenir proche. Ou même un jour. Ce pays n’est pas pour moi, simplement.”

David est togolais, fils de parents nantis qui, comme plusieurs parents africains, veulent et font tout ce qu’ils peuvent pour que leurs enfants étudient et travaillent à l’étranger. Que ces enfants aient des rêves personnels, différents, qu’ils veuillent suivre un chemin différent de celui que leurs parents veulent tracer pour eux est simplement hors de question. Le résultat c’est des jeunes hommes et femmes incompris, déprimés, coupés du reste du monde dans lequel ils n’arrivent pas à s’intégrer, isolés de tout comme David qui, me l’a-t-il avoué, n’était pas sorti de sa chambre depuis des semaines.

Des jeunes hommes et des femmes qui, de plus en plus, commettent l’irréparable, la seule façon pour eux de se faire enfin entendre.

Pour tous ces enfants obligés de quitter leurs familles, ces enfants dont certains ont a peine 17 ans, les fêtes de fin et début d’année sont synonyme de torture atroce. Et si, en plus de souffrir de la solitude, du mal du pays et de l’absence de leur famille, ils sont obligés de gérer certaines contraintes comme celle de devoir quitter leur chambre à la résidence universitaire pendant cette période de l’année particulièrement froide, comme c’est le cas d’ailleurs ici au Canada, le fardeau devient trop lourd à porter.

De ma conversation avec David, des conversations que j’ai eues avec d’autres étudiants internationaux avec qui j’ai échangé sur leur nouvelle vie depuis que je suis au Canada, et surtout d’après ma propre expérience en tant qu’étudiante dans ce pays, je retiens quelques leçons que je voudrais partager avec vous:

  • Ecoutez vos enfants lorsqu’il s’agit de leur avenir. Certes, vous devez jouer votre rôle de parent, de guide, mais essayez de ne pas vouloir vivre à travers vos enfants parce que vos enfants ne sont pas votre prolongement. Ce sont des êtres à part entière, différents de vous. N’essayez pas de vivre ce rêve que vous n’avez pas pu réaliser à travers eux.
  • Revoyez vos attentes envers vos enfants. C’est OK de ne pas avoir les meilleurs notes au Collège ou à l’Université. C’est tout aussi OK de se tromper de filière parce que nous sommes tous des humains, donc imparfaits, et de changer, même après quelques années d’études. Et surtout ne considérez pas ces années comme perdues. Non!
  • Vos enfants auront certainement et énormément appris pendant cette période de tâtonnement, apprentissage qui leur permettra de mieux affronter la vie demain car à côté de la vie académique, il y a la vie. La réalité qui exige que l’on ait des compétences pas toujours académiques.
  • C’est normal et même nécessaire d’aider vos enfants à changer de cap lorsqu’ils se sont trompés de filière/programme. Imaginez un tout petit peu leur détresse. Dans le cas de David, non seulement il n’avait jamais voulu venir au Canada, mais il a dû étudier ce qu’il n’aimait pas, parce que ses parents en avaient décidé ainsi. Par respect pour ces derniers, il a continué, malgré lui, s’est accroché, pour leur faire plaisir.

Pour ne pas les décevoir.

Mais plusieurs abandonnent, en secret, et n’osent pas en informer leurs parents qui, en Afrique, croient que les choses vont bien pour leurs enfants, jusqu’au jour où ils découvrent le pot aux roses. Parce que les enfants, redoutant la réaction de leurs parents, n’osent pas s’ouvrir.

  • Créez les conditions pour que vos enfants puissent vous parler et se confier à vous sans aucune crainte de représailles. C’est seulement dans ces conditions que certains drames peuvent être évités et que vous pouvez réellement les aider lorsqu’ils ont besoin de vous.
  • Les mauvaises notes ne signifient pas la fin du monde. On peut avoir des mauvaises notes et réussir dans la vie. Plusieurs personnes prospères aujourd’hui n’ont jamais terminé le secondaire et étaient médiocres à l’école. Mais cela ne les a pas empêché d’être au sommet aujourd’hui, chefs d’entreprises prospères qui emploient ceux et celles-là qui étaient brillants en classe! Regardez autour de vous et vous verrez de quoi je parle.
  • Il n y a pas que la vie académique: vos enfants sont d’abord des êtres humains qui ont besoin de vivre une vie sociale et affective, et qui ont surtout besoin d’aide, de votre aide pour réussir ici aussi. Ils sont traumatisés, ont le mal du pays et sont en manque de leurs familles, ce qui peut sérieusement affecter leur santé mentale et les pousser à commettre l’irréparable. Le changement qu’ils vivent est drastique pour qu’on le prenne à la légère.

Le secondaire est un environnement structuré où les enfants sont encadrés et bénéficient d’appui et d’orientation constants. Les enseignants tiennent à ce que vous réussissez et s’y investissent. Lorsque vos notes sont mauvaises, ils cherchent à savoir pourquoi, en discutent avec vous et avec vos parents, suggèrent des stratégies pour vous aider à vous rattraper, etc. Ils sont vos enseignants mais aussi vos tuteurs et mentors en quelque sorte. Au Collège et à l’Université, c’est tout le contraire. Personne ne veille sur vous.

Personne ne vous demande des comptes ou encore vous rappelle ce que vous devez faire.

Personne ne vous demande si vous avez fait vos devoirs, etc.

Je me rappelle que nous réveillions nos enfants tous les matins à 7 heures lorsqu’ils étaient encore avec nous, veillions à ce qu’ils ne s’attardent pas trop, à ce qu’ils n’aillent pas à l’école sans avoir fait leur toilette ou encore en pyjama comme certains enfants le font ici. Nous veillions à ce qu’ils aillent à l’école et ne manquent aucun cours. A l’Université, personne d’autre ne fera tout cela. Dans ce nouvel environnement, on s’en fout et les enfants peuvent très rapidement et facilement perdre pied.

  • Préparez sérieusement vos enfants à réussir cette importante transition dans leur vie, et surtout réussir leur nouvelle vie.

“Personne ne m’avait dit que je dois changer de manière d’étudier. Je croyais que tout irait bien avec la stratégie que j’ai toujours utilisée au secondaire pour étudier, laquelle a toujours marché et m’a permis de réussir à mes examens,” nous a dit notre fils lorsqu’il s’est confronté à la réalité du monde universitaire.

Ces enfants commencent une nouvelle vie dans une nouvelle structure scolaire et un nouveau contexte et doivent aussi gérer leur nouvelle vie loin de leurs parents pour la première fois. Une nouvelle vie où ils doivent s’occuper de tout, faire leurs courses, établir et gérer un budget, préparer leurs repas, prendre soin de leur maison/chambre, faire leurs lits, leur lessive, la vaisselle, payer leurs factures à temps, naviguer leur nouvel environnement, en plus de répondre aux multiples attentes et exigences académiques.

Tout ceci peut se révéler trop lourd à porter surtout si ces enfants n’ont pas appris à se prendre en charge tôt. Nous, parents, oublions souvent cet important aspect de la vie et échouons à cultiver en nos enfants ces importantes aptitudes nécessaires pour vivre une vie réussie.

David n’a pas encore abandonné. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David n’a pas encore sombré dans l’alcool ou la drogue pour tenter de noyer ses soucis. Mais, qui sait combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait?

David vit encore seul, et refuse de se mettre en couple juste pour avoir quelqu’un qui va lui préparer à manger, faire sa lessive, sa vaisselle, faire ces courses qu’il abhorre, et bien d’autres choses que ses parents faisaient pour lui au pays. Mais, combien d’enfants qui vivent la même réalité que lui l’ont déjà fait? Juste pour s’en sortir. Mais, en couple, c’est dur aussi. ça, c’est un autre débat que j’aborderai plus tard.

Que la gratitude soit avec vous!

Céline Magnéché Ndé Sika

 

Travailler pour vivre et pas vivre pour travailler

Bonjour, chers amis,

Après la pause d’hier, le travail recommence aujourd’hui. Le 1er Mai c’est la fête du travail. Une journée consacrée, non seulement aux défilés et autres réjouissances, mais surtout à la réflexion sur le travail:

  • travailler pour vivre, ou vivre pour travailler?
  • travailler, mais dans quelles conditions? Et surtout, pour quel salaire?
  • comment préparons-nous notre retraite? car nous n’aurons pas toujours 20 ans. Et justement, quand devons-nous aspirer à cette retraite?
  • quel est le sort des veuves, des veufs et des orphelins qui ne peuvent pas toujours toucher la maigre pension de leurs partenaires décédés, lesquels ont pourtant cotisé toute sur vie?
  • que faire pour que le travail ne soit plus une source de problèmes, de stress, un bourreau de notre santé?
  • comment aider ceux et celles qui ont choisi de consacrer leur vie a aider les autres, les plus nécessiteux, à mieux faire leur travail sans y laisser leur peau, leur santé, et leur vie?

Hier, comme tous les autres 1er Mai antérieurs, j’ai pensé à toutes ces questions, et je vous avoue que je ne suis pas sûre d’avoir trouvé des réponses à ces questions. Ce n’est pas facile. Le travail devrait être une source de joie, pas une source de stress, d’angoisse, de souffrance.

Le travail devrait permettre aux travailleurs de s’épanouir, de se développer personnellement, mais aussi professionnellement.

Le travail ne devrait pas être un sacrifice, mais une activité réalisée avec joie, enthousiasme, gaité.

Le travail devrait permettre aux travailleurs de gagner leur pain quotidien. Il devrait leur permettre de toucher une juste rémunération, fruit de leurs efforts.

Le travail devrait éloigner de nous le vice, l’ennui et le besoin, comme l’avait si bien dit quelqu’un. Hélas, tel n’est pas le cas. Les lieux de service sont devenus des endroits par excellence:

  • où le vice prospère (harcèlement sexuel, alcool, drogues, corruption, vol, etc.)
  • où les gens s’ennuient à mourir parce qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font; parce qu’ils ne trouvent aucun intérêt à leur travail; parce qu’ils sont écrasés, brimés, humiliés à longueur de journée par des chefs qui, pour couvrir leur incompétence, complexe et autre insécurité, ne laissent aucune opportunité à leurs collaborateurs pour que ces derniers puissent se développer personnellement et professionnellement;
  • où la rémunération perçue permet très rarement de couvrir nos besoins sans cesse croissants dans un monde de plus en plus difficile et exigeant.

Avec ce panorama, point de surprise que le nombre de suicides, de personnes victimes de dépression, stress et autres accident vasculaire cérébral augmente sans cesse, plongeant des familles entières dans la détresse, le désespoir, la pauvreté.

Le 1er Mai doit être une opportunité pour tous et pour toutes de revisiter la notion de travail, et de réaliser enfin que nous devons travailler pour vivre et pas vivre pour travailler. C’est un souhait mais surtout un droit. En effet, nous avons une seule vie et ce serait regrettable de passer à côté de celle-ci.

C’est aussi un devoir, celui de nous battre pour que ce droit inaliénable soit respecté. Pour nous, mais aussi pour les autres. Nous avons les moyens de faire en sorte que ceci soit possible. Du moins à notre niveau. Avec nos propres employés que nous devons traiter comme des êtres humains, puisqu’ils le sont avant d’être nos employés, pas des chameaux. Pas des esclaves.

Réclamons nos droits, mais surtout respectons ceux des autres. Toutes ces personnes qui, quotidiennement, travaillent à rendre notre vie facile, ont des droits que nous devons non seulement respecter, mais appliquer. Je parle de ces collaborateurs qui donnent et se donnent tous les jours pour que cette entreprise que nous avons créée  prospère et se fasse une place dans un monde où la compétition est plus que féroce, inhumaine.

Je parle de notre femme de ménage qui fait tout chez nous et pour nous, du ménage aux courses en passant par la lessive, le repassage, la cuisine, les chambres, et j’en passe, pour que nous puissions nous consacrer totalement à notre boulot.

Je parle de notre baby sitter, celle-là qui prend soin de nos enfants pendant que nous sommes en voyage, au boulot ou tout simplement fatigués.

Je parle de notre gardien, celui-là qui veille sur nous pendant que nous dormons, nous ouvre le portail tous les jours, sous la pluie ou le soleil, à toute heure.

Je parle des tuteurs de nos enfants, ceux-là qui aident nos enfants à réviser leurs leçons, faire leurs devoirs,  à mieux comprendre des concepts difficiles pour eux et parfois même pour nous, les motivent, les encouragent à toujours faire mieux, à ne pas jeter l’éponge, et leur rappellent sans cesse qu’ils peuvent le faire et même réussir à le faire -ce que nous devrions faire parce que ce sont nos enfants et c’est notre devoir d’accompagner ces hommes et femmes en devenir dans leur processus de formation et de développement-, et que nous ne faisons pas par manque de temps, parce que nous sommes trop fatigues, par exemple. Le savons-nous? Si oui, que faisons-nous pour que ces droits soient respectes et surtout appliques? Avons-nous seulement conscience que c’est  grâce à ces personnes, souvent trop modestes, que notre vie est plus facile?

Respecter et appliquer les droits de ces personnes, nos employés, c’est, par exemple, nous assurer: 

  • qu’elles perçoivent un salaire digne, salaire qu’elles perçoivent tous les mois, et à temps; 
  • qu’elles ont des congés. Des congés payés; 
  • qu’elles ont une sécurité sociale.  

ça au moins nous pouvons le faire, et faisons-le, pour elles, pour nous.

Es-tu à jour de cette question avec tes employés, si tu en as? J’aimerais que tu partages avec moi tes tips et trucs pour appliquer les droits de tes employés, ou encore aider les autres à en faire autant avec les leurs. Tu sais, il n’est jamais tard pour commencer, et mieux vaut tard que jamais.

A ton bonheur,

Céline Clémence Magnéché Ndé Sika

Il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne

La réaction d’un de mes lecteurs, Pierre Marie, à un de mes derniers papiers -Dites à vos êtres les plus chers combien vous les aimez, pendant qu’il est encore temps- m’a donné l’opportunité de clarifier auprès de mes lecteurs et mes lectrices ma démarche, ou mieux l’objectif que je veux atteindre en écrivant et en partageant ces papiers avec vous, mes lecteurs et lectrices.

Le feedback très pertinent de Pierre Marie a le mérite de poser des questions existentielles auxquelles nous devons apporter des solutions pour ne pas … couler avec le bateau de notre vie. Le stress du travail; les divergences de notre point de vue avec celui de notre partenaire, nos enfants, nos collègues, nos voisins, nos frères et soeurs; la difficulté à concilier les exigences de la vie moderne avec notre développement personnel important et l’éducation de nos enfants -tout aussi importante-, une bonne éducation surtout, tout cela est difficile à gérer, et malheureusement je ne peux pas vous apporter des solutions toutes prêtes parce qu’il n y a pas de feuille de route pour vivre la vie: chacun élabore la sienne.

Comment pourrais-je le faire lorsque chaque être, chaque couple, chaque enfant, chaque situation est UNIQUE et, par conséquent, requiert une réponse, une approche, une solution spécifique?

Ce que je fais avec mes écrits et mes paroles, c’est de partager mon expérience de vie avec vous, mes lecteurs et lectrices -et mon auditoire aussi- afin de vous aider à trouver chacun des réponses à ses problèmes spécifiques, des réponses adaptées à ses problèmes spécifiques selon sa constitution personnelle, son background culturel, son éducation, ses lectures, ses fréquentations, le milieu dans lequel chacun évolue, parce que tout ceci compte et contribue à faire de nous ce que nous sommes.

Je n’apporte pas des solutions aux challenges de la vie: j’aide ceux et celles qui cherchent des solutions à ces multiples challenges à trouver celles qui leur vont comme sur mesure. En partageant ma propre expérience, mes lectures, mes découvertes, les observations que je fais des choses de la vie, de la vie et des hommes et des femmes.

Des divergences de points de vue ou les désaccords, le stress, la confrontation, les exigences de la vie moderne, nous en aurons toujours et nous devons les embrasser car ils nous permettent de nous découvrir , comme le disait Jean Paul Sartre: « L’Homme se découvre lorsqu’ils se mesure à l’obstacle. »

Je ne serais pas heureuse si mon mari disait toujours « oui oui » à tout ce que je lui dis. Mon mari, mes enfants, mes amis, mes collègues. Cela m’inquiéterait terriblement car la beauté d’un tableau vient de la diversité de ses couleurs, de la richesse de ses couleurs, et pas du tout de l’uniformité, l’unicité de sa couleur unique.

Mon fils exprime un point de vue différent du notre (de celui de son père et du mien) sur une question précise qui concerne, par exemple, sa vie, son avenir? Je le félicite car il affirme sa personnalité, il me prouve, il nous prouve qu’il a du tempérament, qu’il peut avoir une opinion et surtout la défendre, qu’il peut se battre dans un monde de plus en plus complexe. Je ne pense pas qu’il me défie, NON. Il ne me défie pas: il s’exprime.

Je ne dis pas non plus qu’il n’est pas soumis comme la plupart des parents, du moins ceux de la génération passée, disent parce que la soumission est la pire des choses qui existe a mon avis. Elle tue le talent, la proactivité, la créativité, l’esprit d’initiative. Ce que je fais c’est encourager mon fils en développant le leadership de groupe, je l’aide à devenir plus smart. Je l’encourage à se développer en lui créant de l’espace, en créant des conditions pour cela parce que une seule main ne peut attacher un paquet. Parce que plusieurs intelligences valent TOUJOURS mieux qu’une seule.

Il en est de même pour mon/ma partenaire. Un partenaire béni oui-oui c’est la pire des choses qui peut arriver à quelqu’un. Comment construire quelque chose de durable, de solide, comment s’épanouir, devenir et donner le meilleur de soi-même avec quelqu’un qui n’a pas d’avis, quelqu’un qui ne peut pas te dire « pourquoi pas? » Il est important que le train déraille de temps en temps à mon avis, et je n’ai jamais autant brille que lorsque mon mari, mes enfants, mes amis m’ont pose cette question: « pourquoi pas? »

Pour me résumer, je dis ceci: je ne donne pas de solutions aux problèmes existentiels: j’aide chacun à sculpter ses propres solutions, celles qui collent bien et mieux à ses problèmes.

La vie est en perpétuel changement (avec plusieurs étapes) et, souvent, nos besoins personnels à un moment donné de notre vie ne riment pas toujours avec ceux de notre famille. Il nous faut alors trouver ce que les anglophones appellent « common ground » pour que personne (ni nous-mêmes ni notre famille) ne soit sacrifié. A plusieurs reprises j’ai retardé la réalisation des projets personnels qui m’étaient pourtant très chers au nom de ma famille. Ou redéfinit mes priorités, sans sacrifier mes besoins personnels pour autant (parce que cela risquerait de nuire à ma famille car un partenaire frustré est une grande menace pour le développement de la famille).

Comment je fais pour appliquer au quotidien ce que je vous conseille de faire pour améliorer votre vie?
Comment dire à ses êtres les plus chers qu’on les aime même lorsque tout va mal, lorsque le stress nous terrasse?
Comment gérer les divergences de point de vue avec son/sa partenaire, ses enfants?
Comment concilier les exigences de la vie moderne, son développement personnel et l’éducation que nous devons donner à nos enfants?

1. Il faut avoir un objectif/une visibilité

Où es-tu? Où veux-tu aller? Ou mieux, que cherches-tu dans la vie?

Pourquoi est-il important de se poser ces questions et surtout de trouver une réponse à ces questions? Parce que le vent ne saurait être favorable à un marin qui ne sait pas ou il va.

2. Il est absolument important de communiquer, de toujours communiquer

Je dirais même de séduire l’autre (ton/ta partenaire, tes enfants), pour qu’il adhère à votre vision. Il faut le persuader d’embrasser notre vision et ne crois pas que la coercition est la meilleur voie. Tu ne tireras pas grand chose d’un/une partenaire, des enfants, des collègues qui font des choses par crainte de représailles, de la bastonnade, de la sanction, du chantage.

3. Il faut avoir une/des stratégies

Si vous voulez aller à Douala (vision, visibilité) et vous ne savez pas comment vous y prendre pour y arriver, il est probable que vous n y arriviez jamais. Ou alors au prix de trop de difficultés. Par où passerez-vous? Avec quel type de transport irez-vous à Douala: à pied, à vélo, à moto, à cheval, par avion, par bus?

Vous voulez que votre épouse et vous-même prenez votre retraite dans votre village? Partagez l’idée avec elle pendant que vous faites encore connaissance et envisagez encore de vous mettre ensemble, et assurez-vous que vous avez obtenu son adhésion au projet par la persuasion, la séduction, pas par la contrainte parce que cela ne marchera pas. Et ayez les moyens de votre politique. C’est-à -dire que si vous avez avez un certain train de vie en ville, faites votre possible pour garder un train de vie au moins égal à celui que vous aviez en ville au village, sinon, vous irez au village seul, croyez-moi.

4. Vous devez avoir une organisation et une discipline d’enfer

Vous avez votre vision. Vous savez quelles sont vos priorités, par exemple, une bonne éducation pour vos enfants. Pour cela, vous avez décidé de passer au moins une heure TOUS les jours avec vos enfants chez vous, pour discuter avec eux de leurs études mais aussi de leur vie personnel, de leurs projets personnels, de leurs challenges personnels, de la façon dont ils gèrent ces challenges. Lorsque vous prenez cette décision, appliquez-la, quelque soit le degré de votre stress, de votre fatigue, de votre rage contre ce collègue ou ce chef qui vous fait des misères au boulot. Réservez à vos enfants cette heure-la. Non seulement ils apprécieront mais vous atteindrez votre objectif éducatif avec vos enfants.

Vous avez décidé d’aller au lit tous les jours à 22 heures pour être en forme le lendemain et être plus productif pour vos enfants et votre travail? Allez au lit à 22 heures quelque soit l’importance de ce match de foot qui est programme à 1 heure du matin.

Allez au lit à 22 heures quelque soit l’insistance de cet ami que vous n’avez pas vu depuis des années et qui est de passage dans la ville et qui veut que vous alliez à la discothèque pour célébrer vos retrouvailles. Si vous rompez votre routine, le lendemain vous allez non seulement dormir au boulot, rabrouer vos collègues avec qui vous êtes pourtant toujours correct, mais vous allez aussi être incapable de remettre ce rapport qui aurait pu booster votre promotion, ou alors brutaliser votre fils ou votre fille qui vous demande de lui expliquer comment faire cette soustraction, et détruire ainsi la confiance que vous aviez créée entre vous.

5. Le développement personnel: un exercice continue et nécessaire

« Connais-toi toi-même et tu connaitras les dieux ». Cette maxime est capitale. Si tu te connais, tu peux 1) corriger tes faiblesses -c’est-à -dire ce qui t’empêche de voler très très haut et de donner le meilleur de toi-même, d’être le meilleur toi-; et 2) développer tes forces pour triompher davantage. Briller davantage.

Si tu te connais mieux, tu pourras alors mieux cohabiter avec les autres. Mieux les aider à devenir le meilleur d’eux-mêmes. Et ceci n’est possible que si tu prends soin de toi constamment, que si tu fais de ton développement personnel, de l’apprentissage une de tes priorités.

Ce que je viens de dire, n’est que des bribes d’une expérience personnelle. Quelques uns des ingrédients que j’utilise, que mon mari et moi utilisons pour essayer de maintenir cet équilibre instable qu’est la vie. Mais je puis vous assurer que souvent, très souvent, cela marche.

Que pensent les autres lecteurs ? Quelles sont leurs ingrédients, ce qu’ils utilisent pour maintenir à leur tour cet équilibre instable?

Je serais vraiment très heureuse de vous lire, de partager avec vous ces tips et trucs que vous utilisez pour améliorer votre vie.

Celine SIKA

Pense à ce que tu as et pas à ce qui te manque et tu seras heureux!

ImageLe stress quotidien, la surcharge de travail, les attentes toujours plus nombreuses de la famille, des amis, collègues, employeurs, les relations difficiles avec nos partenaires et conjoints, nos amis, nos enfants, collègues voisins; les factures nombreuses et au montant astronomiques à payer, les frustrations, les difficultés liées à la vie quotidienne, tout ceci et bien d’autres choses désagréables ont la vertu de nous enlever notre joie de vivre, de nous empêcher de vivre, de compter et célébrer toutes ces autres bénédictions que nous avons.

Il est difficile de voir le verre à moitié plein, surtout lorsque notre monde s’effondre.
Lorsque tout ou presque va mal, il est difficile de voir:
– ce ciel tout bleu au dessus de notre tête ainsi que ces fleurs si belles qui nous entourent et qui parfument notre environnement,
– de réaliser la chance que nous avons de vivre dans un environnement sain, propre, sur,
-de réaliser que nous avons une bonne santé, un toit sur notre tête, de la nourriture sur notre table, des économies -petites ou importantes- en banque, des projets pour le futur, des amis, de la famille, des collègues, des voisins qui nous aiment, pensent à nous et se font des soucis pour nous; des gens qui nous estiment, nous font confiance au point de nous solliciter régulièrement ou souvent pour leur venir en aide; des enfants que nous avons le privilège d’éduquer et d’aider à devenir des hommes et des femmes heureux, épanouis, et qui contribuent activement et efficacement au développement de leurs communautés et pays
-de se rappeler que nous avons réussi certaines choses dans notre vie
-de réaliser que nous pouvons acheter un journal ou un magazine, manger dans un restaurant, nous acheter une glace et la manger, voyager, si nous le souhaitons.
Pourtant, nous devons être bien conscients de tout ceci, de toutes ces bénédictions, et surtout les célébrer, a chaque instant car tout ceci n’est pas à la portée de tout le monde. Compter ses bénédictions c’est une attitude, une façon de vivre, une philosophie que nous devons urgemment adopter pour tous les bienfaits qu’elle procure.
 « Pense à ce que tu as et pas à ce qui te manque et tu seras heureux ».  C’est la phrase que j’ai lue dans un restaurant espagnol à Zaragoza il y a quelques années et que j’ai tout de suite fait mienne. Et, depuis, j’y ai ajouté d’autres éléments:
-pense à TOUT ce que tu as déjà réalisé avec succès
-pense à toutes ces personnes formidables et merveilleuses que tu as, sur qui tu peux compter TOUT le temps, qui t’aiment, te soutiennent et t’accompagnent dans ton processus de développement
-pense à tous ces projets que tu as et qui te motivent et te donnent une raison de continuer a te battre, a te lever TOUS les matins
-pense à l’impact que tu fais dans la vie de tant de personnes
-pense a toutes les opportunités que chaque jour nouveau t’apporte
-pense à tout ce que tu es CAPABLE de faire grâce à tous ces talents que tu as…
Je peux continuer à énumérer plus d’éléments qui, si on y pense et apprécie à leur juste valeur, ont le pouvoir de nous requinquer, de nous aider à rester debout et continuer à exercer le difficile métier de l’Homme. Mais je vous invite à lire le lien ci-dessous pour voir que, contrairement à ce que nous pensons, nos bénédictions sont nombreuses, et que nous avons intérêt à les connaitre et les célébrer, pour notre bien surtout.
N’hésitez pas à ajouter à cette liste vos propres bénédictions, ces choses que nous prenons pour acquises et qui, malheureusement, ne le sont pas.
Céline SIKA

Quelle éducation financière donnons-nous à nos enfants ?

Il y a quelques jours j’ai appris avec stupéfaction que le fils d’un de mes amies avait cessé d’aller à l’école depuis bientôt deux ans non pas parce qu’il avait été suspendu ou expulsé de son programme académique, mais parce qu’il n’avait pas payé ses frais de scolarité. A ma stupéfaction s’est ajoutée l’horreur et l’angoisse lorsque  j’ai appris par la suite que non seulement il n’allait plus à l’école, mais était recherché par la police -pour escroquerie et violence contre sa petite amie qu’il avait frappée parce que cette dernière avait refusé de lui servir de domestique-, par le fisc -parce qu’il avait des factures astronomiques non payées-, par son bailleur et des amis pour loyer et dettes non payées.

Que s’est-il passé pour que ce gaillard de 22 ans sur qui toute sa famille avait tout misé se retrouve dans une situation qui a tout l’air d’être sans issue ? Eh bien, au lieu de payer effectivement ses frais de scolarité que les parents lui envoyaient tous les semestres sans faute malgré leurs ressources assez limitées, notre ami s’achetait les derniers gadgets électroniques et  s’habillait avec les marques vestimentaires à la mode.

Cette histoire triste qui met en évidence une des erreurs majuscules que nous, parents, commettons à l’égard de nos enfants est hélas très commune, que nous vivions dans la même maison, la même  ville, la même province, le même pays que nos enfants, ou que ces derniers se retrouvent hors du pays, étudiants sous d’autres cieux. On n’en parle pas parce qu’on a honte -du qu’en dira-t-on, pour avoir omis, négligé ou simplement pour n’avoir pas su aider nos enfants à construire des rapports sains avec l’argent-. On n’en parle pas  par insouciance, par ignorance, parce que l’on pense que cela n’arrive qu’aux enfants des autres. Pourtant le sujet est plus que grave et requiert que l’on y accorde toute l’importance qu’il mérite pour limiter les dégâts aussi bien chez nos enfants qui se retrouvent dans de sales draps, que chez-nous-mêmes car vous conviendrez avec moi qu’il n’est pas donné à tout le monde de rester intacte lorsqu’on apprend une chose pareille au sujet de ses enfants.

Je connais des parents qui ne sont plus mentalement équilibrés parce qu’ils ont donné et se sont donnés pour que leurs enfants se retrouvent à la fin … dans la rue, à mendier presque pour survivre, lorsqu’ils ne se retrouvent pas derrière les barreaux pour des histoires plus ou moins semblables.

L’éducation que nos enfants reçoivent devrait être holistique, c’est-à-dire qu’elle devrait leur permettre d’acquérir les outils dont ils ont besoin pour trouver des réponses adéquates à toutes les équations de plus en plus complexes de la vie moderne, et pas seulement leur permettre de « lier le bois au bois pour faire des édifices de bois » comme dit l’écrivain sénégalais Cheickh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe. Comment préparer un budget et le respecter,  faire mon lit, faire ma lessive, ma vaisselle, repasser mes vêtements, préparer à manger, faire mes courses, surmonter un chagrin d’amour ou le décès d’un être cher, gérer efficacement mon temps, trouver mon université, m’y inscrire et y survivre, épargner, investir, m’occuper de moi-même, et j’en passe. Si plusieurs d’entre nous avons appris ces choses sur le tas, souvent douloureusement, en commettant des erreurs que certains paient et paieront jusqu’à la fin de leur vie et même après (des enfants sont souvent obligés de payer les dettes de leurs défunts parents), parce que ces questions pourtant vitales n’avaient pas l’attention qu’elles méritent, nous devons, en tant que parents, amis, voisins, mentors, parrains ou marraines, et compte tenu des enjeux que ces questions revêtent aujourd’hui, veillez à ce que nos enfants soient armés d’outils dont ils ont besoin pour exercer avec succès et sans trop de dégâts le difficile métier de l’Homme dans un monde de plus en plus complexe.

Intendance, responsabilité financière, gestion efficace et consciente de son argent, son temps, ses émotions et ses relations, épargne, investissement, planification financière, budget, tout ceci et bien plus s’apprend, car l’école ne fait pas et ne peut pas  tout faire. Mais comment s’y prendre ?

  1. En leur parlant de la vie réelle, dans tous ses états, avec ses hauts et ses bas, dès qu’ils sont en âge de comprendre
  2. En les impliquant activement dans les activités de la vie réelle, dès qu’ils sont en âge de comprendre : budgets, achats, responsabilités fiscales à la maison, paiement des factures, établissement des listes des achats, travaux domestiques
  3. Fixez des buts à atteindre et récompensez-les s’ils les atteignent (s’ils épargnent un montant d’argent par mois, trimestre, an, vous leur verser un certain pourcentage de l’argent épargné)
  4. En leur apprenant à apprécier à sa juste valeur ce qu’ils reçoivent (de vous ou d’autres personnes) et en ne leur offrant des cadeaux que lorsqu’ils les méritent
  5.  Rien ne devrait être tabou entre vos enfants et vous-mêmes, même pas l’argent.

Il existe de nombreuses ressources aujourd’hui : littérature, sites web, groupes thématiques et d’entraide, pour vous aider à mieux vous préparer et accompagner vos enfants dans ce processus d’apprentissage vital. Si avec ceci vous ne savez toujours pas comment vous y prendre, vous pouvez aussi faire appel aux nombreux spécialistes qui ne demandent qu’à vous servir. Nous ne pouvons plus perdre une seule minute car les conséquences de cette éducation manquée sont lourdes, à court, moyen et long terme.

Si tu as aimé, et surtout si tu as trouvé ce papier utile, partage-le autour de toi car il pourrait aussi servir à d’autres personnes. Si tu as des tips et des trucs pour éduquer financièrement et émotionnellement nos enfants, et aussi les aider à assurer l’intendance, je serais heureuse que tu les partages avec moi, avec nous sur cette page car lorsqu’on sait, on partage.

Bien à toi !

Céline SIKA