Se marier pour de mauvaises raisons peut être fatal

 

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Il est trois heures du matin la nuit dernière lorsque je reçois un énième coup de fil d’une amie qui m’appelle, cette fois-ci, de son lit d’hôpital où elle git, après avoir subit une importante opération visant à réparer les dégâts causés sur tout son corps et dans son corps par la bastonnade reçue de son conjoint.

“Je n’aurais pas du épouser cet homme! C’est ma faute. Je n’aurais pas dû l’obliger à m’épouser! me dit-elle, en pleurs.”

“Parce que tu l’as forcé à t’épouser? Je lui demande.”

“Je n’avais pas le choix, me répond-elle.”

“Pourquoi tu l’as fait?”

“J’étais tombée enceinte et ne voulais pas être fille-mère, c’est-à-dire la honte de ma famille et la risée de toute la ville, quoi. Et me voici aujourd’hui! Si seulement j’avais su!”

Mon amie aurait dû savoir que cette décision qu’elle avait prise était mauvaise, et surtout que l’avenir de leur couple ne s’annonçait pas radieux.

Son partenaire l’aimait peut-être, mais certainement pas au point de décider de passer le reste de sa vie avec elle. Elle s’est invitée dans sa vie. Elle s’est imposée dans sa vie, et est surprise des conséquences de sa décision.

Jacqueline Sauvage, la française libérée de prison il y a quelques mois par une grâce présidentielle après y avoir purgé une longue peine pour assassinat de son mari en sait quelque chose. Lassée d’être confondue avec un tamtam par son mari tous les jours et surtout craignant pour sa vie et celle de ses enfants que son mari violait régulièrement, elle lui vida le contenu d’un fusil dans le dos un jour où celui-ci l’avait encore tabassée et menacé de la tuer avec ses enfants.

Oui, Jacqueline aurait dû partir! vous direz. Mais, dire ou penser c’est plus facile que faire.

“Partir? Comment et pour aller où? Les comptes bancaires étaient tous en son nom et je n’avais plus d’amis. On ne fréquentait que les siens et il m’avait isolée de ma famille,” répond Jacqueline au jury qui lui pose cette question lors de son jugement.

Elle est libre aujourd’hui, vit entourée de ses enfants, est inconsolable parce que son fils qui s’était suicidé justement après avoir découvert que son papa violait ses soeurs lui manque, n’arrive plus à dormir et fait d’horribles cauchemars dès qu’elle ferme ses yeux, et va porter sur sa conscience la mort de son mari jusqu’à sa propre mort.

Jacqueline et son partenaire pouvaient-ils éviter ce drame? Bien sûr que oui!

Comment?

  • En ne se mettant pas ensemble, simplement. Mais cette décision requiert des qualités comme une solide imperméabilité aux qu’en-dira-t-on et une bonne dose de courage surtout dans un environnement où la société est intraitable avec les filles qui ont le malheur de tomber enceintes hors mariage. Elle suppose aussi que l’on est conscient des responsabilités que l’on a lorsqu’on met un enfant au monde, et qu’on a les ressources nécessaires -financières et émotionnelles- pour élever cet enfant et lui créer les conditions pour permettre à ce dernier de vivre la vie qu’il mérite
  • En mettant un terme à la relation lorsque tout mais alors tout indiquait que celle-ci n’avait pas d’avenir et surtout qu’elle constituait une menace pour la vie d’un des partenaires et les enfants. Mais, l’amour rend aveugle et nous prive souvent de notre capacité de réflexion, d’analyse et de jugement même lorsque tout, mais alors tout, indique que nous devons dé “Non, il/elle va changer! Surtout lorsque le partenaire violent demande pardon après son forfait, achète même le pardon de la victime avec des cadeaux, tout en promettant de ne plus recommencer. Mais, comme l’expérience a prouvé que “Qui a bu, boira,” il/elle recommence toujours et toujours. Jusqu’au jour où l’irréparable arrive.

Il y a aussi la peur de l’inconnu, la peur de ne pas pouvoir s’en sortir sans ressources, le manque de confiance en soi et en ses capacités de s’en sortir, situation créée par cette violence et assassinat psychologique exercés régulièrement sur la victime. Parce que, à force de nous dire qu’on ne vaut rien, on finit par y croire et même par créer les conditions de devenir un/une vaut-rien par notre comportement.

Il n y a pas encore de mort dans le cas de mon amie. Mais, tout peut arriver.

“Qu’est-ce que je dois faire? me demande-t-elle.”

“Ce qui est nécessaire et correct de faire dans une situation pareille, une situation qui dure depuis trop longtemps déjà et qui s’empire de jour en jour, sans aucun espoir de s’améliorer, lui dis-je. Si on aime la personne que l’on est et apprécie la vie, ce cadeau précieux que l’on a reçue. Et surtout ne me dis pas que tu n’as pas le choix parce que, figure-toi, nous avons toujours le choix.”

Que pouvons-nous tirer de cette histoire? Beaucoup de leçons:

  • Se mettre en couple avec quelqu’un pour de mauvaises raisons et surtout obliger quelqu’un à nous épouser est une erreur qu’il ne faut pas commettre parce que les conséquences d’un tel acte peuvent être fatales
  • Nous sommes au XXIème Siècle, une époque où nous avons les moyens de décider quand est-ce que nous allons avoir des enfants et, surtout, c’est un siècle où avoir un enfant hors mariage n’est plus un crime
  • Rien ni personne ne devrait porter atteinte à notre intégrité physique, psychologique, mentale. Alors, refuser de subir la violence de la part de son/sa partenaire et le-lui faire savoir devient une obligation dès que les premiers signes se manifestent
  • L’indépendance financière de chacun des partenaires est absolument nécessaire parce que les mariages se terminent, les partenaires meurent ou deviennent invalides, souvent incapables de se souvenir même de qui ils é Si on n’a pas pris les dispositions nécessaires, on est foutu!

 

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A la fin, lorsque tout est dit et fait, notre seul et véritable bien c’est notre tombe

 

 

ImageAvant de tomber malade, mon père, qui avait pris sa retraite il y avait de cela quelques années, était écrivain public, une activité qu’il aimait beaucoup car elle lui permettait surtout de s’occuper, de passer du temps avec ses amis retraités comme lui, et de donner un coup de main   à toutes ces personnes perdues dans le labyrinthe de l’administration camerounaise.

Sa machine à écrire manuelle, qu’il avait refusé d’échanger contre une électronique, était son bien le plus précieux, qu’il protégeait et soignait plus qu’un bébé. Lorsqu’il rentrait du travail le soir, après l’avoir nettoyée et cirée pendant des heures toujours avec un plaisir renouvelé, il la gardait soigneusement dans un coin de la maison où personne n’avait alors le droit de passer. Je me souviendrais toujours de ses colères mémorables chaque fois que l’un de nous devait déplacer cette machine pour nettoyer le sol ou alors passer dans ce coin pour récupérer quelque chose. Il menaçait alors le malheureux ou la malheureuse des pires sanctions si, par mégarde, inattention ou malchance, quelque chose arrivait à sa machine pendant que cette personne était dans le coin. Lorsqu’il est tombé malade, nous avons transféré sa machine à écrire dans une caisse et rangé dans une chambre dans l’espoir qu’il se remettrait vite de sa maladie pour l’utiliser encore. Mais papa est mort sept ans après le début de sa maladie. Nous avons oublié la machine à écrire jusqu’à il y a quelques jours lorsque ma fille, en voyant une photo de son grand père sous un grand parasol entrain de saisir un texte, m’a demandé où était passé cette machine.

Papa n’était pas riche.  Mais il avait ce bien qui lui était précieux, sa machine à écrire. Lorsqu’il est décédé, il ne l’a pas amenée avec lui dans l’au-delà. Il n’a rien amené d’autre d’ailleurs avec lui, pas même ses deux cabanes qu’il avait construites au village, encore moins ces dizaines de bouteilles de bière et de soda qu’il avait accumulées pendant des années et qu’il nous faisait nettoyer régulièrement, dans l’attente du jour où il pourrait ouvrir enfin son débit de boisson. Il n’est parti qu’avec ce cercueil que nous avons bien voulu lui offrir, déposé au fond de ce petit trou de quelques mètres carrés que nous avons bien voulu creusé pour lui. Après s’être battu toute sa vie pour offrir à sa famille une vie digne, un toit sur notre tête, une éducation de qualité à ses enfants, avec les moyens dont il disposait ; après avoir passé sa vie à aider et conseiller des hommes, des femmes, des enfants de tout âge afin qu’ils puissent vivre la vie qu’ils désirent et qu’ils méritent, afin qu’ils puissent vivre une vie bien meilleure, à sa mort, nous n’avons pu lui offrir que ce petit trou. Pouvions-nous faire autrement ? Non, car au soir de la vie, à l’heure de la vérité, lorsque tout est dit et fait, pour notre dernier voyage, notre unique et véritable bien c’est notre tombe. Pas même le cercueil, les vêtements ou toutes ces couronnes de fleurs que ceux et celles qui nous survivent nous offrent car ils se désintégreront.

Comme mon papa, aucun mort n’a jamais rien emporté au moment de quitter le monde des vivants : riche, pauvre, président de la république, balayeur de rue,  directeur d’entreprise, baby sitter, plombier, directeur général, citadin, villageois, roi, reine, prince, ou sujet ordinaire. Au soir de notre vie, nous partons comme nous sommes venus : nu. Bras ballants.

Kadhafi, qui avait toutes sortes de richesses et de bien, tout ce que nous pouvons imaginer, et même l’inimaginable, est quelque part dans un trou dans le désert. Nu.

Félix Houphouet Boigny, Omar Bongo Ondimba, Gnassingbe Eyadéma, et toutes les autres personnalités qui étaient à la tête de grandes fortunes sont certainement enterrés dans de beaux mausolées mais ils sont nus là-dedans. lls sont partis les bras ballants. Sans rien emporter avec eux.  Rien.

Lady Di, Steve Jobs sont eux aussi quitté ce monde les bras ballants, avec sur eux ce que nous, les vivants, avions bien voulu leur mettre sur le corps.

Vous aussi, moi-même, quitterons ce monde sans rien, avec pour unique possession notre tombe, si quelqu’un veut bien en creuser une pour nous.

Alors, pourquoi, connaissant cette vérité crue, toutes ces batailles, toute cette violence, tout ce mal que nous commettons les uns aux autres ? Pourquoi nous nous battons, parfois armes au poing, pour acquérir, acquérir et toujours acquérir, n’hésitant pas à piétiner, vilipender, abuser, violenter, écraser, exploiter, tuer, spolier ? Pourquoi nous nous battons tant pour avoir autant et laisser tout derrière nous quelques années après, en échange d’un bout de terre ? D’un tout petit bout de terre ?

Pour satisfaire notre moi, notre moi et rien que notre moi. Que les autres croupissent dans la misère la plus noire et absolue, ou crèvent de faim et de soif, ou de maladies, n’est pas notre tasse de thé. Mais, pendant combien de temps ce moi, que nous sommes prêt à tout pour satisfaire, sera sur cette terre ? Et, surtout, de quoi a vraiment besoin ce moi pour être sur cette terre :

-de 30.000 hectares de terres comme l’a déclaré un des candidats aux dernières élections présidentielles du Kenya, terres qui, selon les kenyans, auraient été arrachées aux populations locales qui, aujourd’hui, n’ont aucun endroit où poser leurs têtes ou cultiver pour se nourrir ?

Et ces 30.000 hectares ne seraient que la pointe de l’iceberg car ce monsieur et sa famille seraient propriétaires de la moitié du pays.

  • de 50 voitures dans notre parking, toutes aussi sophistiquées les unes les autres, alors que des pères et mères de famille se font éjecter des bus de transport et écraser parce qu’ils n’ont pas les 10 Kenya Shillings qui leur manquent pour compléter leur ticket de transport ?
  • de de cette résidence de 150.000.000 de Kenya Shillings dans laquelle nous vivons, sans compter toutes ces autres résidences secondaires disséminées aux quatre coins du pays et du monde pendant que des familles entières dorment à huit dans une chambre en tôle, dans un de ces nombreux bidonvilles qui entourent nos belles capitales africaines, sans toilettes, sans eau potable, sans électricité, sans aucune intimité, les uns sur les autres, les parents obligés d’avoir des relations sexuelles devant leurs enfants ?
  • de tous ces millions que nous volons de façon éhontée des caisses de l’Etat, ou détournons de l’aide au développement destinés à construire des écoles, des hôpitaux et des routes pour rendre la vie des millions de nos frères et sœurs moins douloureuse ?

Nous n’avons pas besoin de tout cela pour vivre. Mais pourquoi alors cette course effrénée pour avoir, avoir et toujours avoir ? 

Si notre motivation c’est une vie à l’abri du besoin, une vie décente, alors il est temps de rectifier car nous pouvons vivre décemment avec moins que tout ceci. Beaucoup moins que tout ceci. Si c’est le bonheur que nous recherchons en faisant main basse sur tout, à tout prix, alors détrompons-nous car la possession des biens matériels n’a jamais été et ne sera jamais synonyme de bonheur.  Aujourd’hui, celui qui n’a pas n’est pas. J’ai, donc je suis. Si je n’ai pas, alors je ne suis pas. Alors, pour avoir, tout est permis, absolument tout, et la fin justifie les moyens. Si je dois tuer, violer, mentir, trahir, faire emprisonner, truquer les élections, soumettre, acheter les consciences, détourner de l’argent, escroquer, pour avoir, alors je le fais car c’est la fin qui importe. Mais, quelle fin ? Quelle fin si, après tout, après avoir fait tout cela, la vérité c’est que nous n’avons rien ?

Il y a des vérités que nous devons connaître et faire connaître, pour notre bien, mais aussi celle des autres. De l’humanité. Et une de ces vérités c’est que, oui, à la fin, lorsque tout est fait et dit, rien ne nous appartient. Même pas ce bout de terre dans lequel on nous enterre, car nous pouvons en être éjecté un de ces jours si les vivants en décident ainsi. Même pas ce petit carré au cimetière dans lequel on place provisoirement nos cendres parce que nous pouvons également en être éjecté si les vivants cessent de payer les frais de location. Lorsqu’ils n’ont pas simplement décidé de jeter vos cendres dans la mer.

Pensons-y. Méditons cela. Tous les jours. Sérieusement. Répandons cette vérité autour de nous car sa possession pourrait nous épargner tant de souffrance, de tragédies, de confiscation de pouvoir, avec tout ce que cela suppose. Et souvenons-nous que, le monde, la vie est une scène de théâtre, et nous, des acteurs. Shakespeare l’a dit. Avec raison. Lorsque nous sommes sur cette scène de théâtre qu’est la vie, chacun de nous doit mettre un point d’honneur non seulement à jouer son parfaitement rôle, mais aussi à profiter de cette vie lorsque nous en avons encore la force, et nous assurer que les autres en font autant.

 Tout le reste n’est que perte de temps.

Savoir c’est pouvoir. Pouvoir rectifier, corriger, améliorer, relativiser, et aider les autres à en faire autant. Ensemble nous pouvons construire un monde plus heureux et pacifique. Où chacun a sa place. Où personne ne se sent exclu. Où chacun vit la vie qu’il désire et qu’il mérite. C’est possible, si chacun fait sa part. Qu’en penses-tu ? Ton avis est la bienvenue. Ton aide, aussi.

A ton bonheur !

 

Céline Magnéché Ndé Sika

Nous sommes tous responsables

Il y a quelques semaines une étudiante indienne a été sauvagement violée et battue dans un bus en Inde, puis jetée dehors. Sous les yeux de son petit ami, malmené lui aussi, sans que personne ne leur vienne en aide. Les violeurs ont ensuite continué tranquillement leur chemin, comme si rien ne s’était passé, prêts à continuer à vivre leur vie, normalement, comme si rien ne s’était passé. Plus tard, l’étudiante est décédée des suites de cette agression.

Depuis ce triste et regrettable incident qui a poussé dans la rue des millions d’hommes et de femmes en Inde -mais aussi dans le monde entier- horrifiés et surtout révoltés par cette violence permanente contre les femmes qui n’arrête pas et ne semble pas s’arrêter, je me pose des questions. Sur les méthodes d’enseignement utilisées dans les écoles pour éduquer nos enfants, ainsi que le système de parenté que nous-mêmes, parents, utilisons à la maison pour aider nos enfants à devenir des hommes et des femmes épanouis, équilibrés, dotés d’aptitudes dont ils ont besoin pour répondre aux exigences de la vie quotidienne. L’école apprend à nos enfants « à lier le bois au bois pour faire des édifices de bois » comme le dit Cheikh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe. Mais comment est-ce qu’elle s’y prend ? Ces hommes et ces femmes qui sont chargés de transmettre ce savoir à nos enfants, ont-ils toujours les outils nécessaires pour créer les conditions et l’environnement nécessaires à un meilleur apprentissage de nos enfants ? Ces enseignants qui mettent leur enseignement et l’atteinte de leurs objectifs éducatifs au-dessus de tout, et sont prêts à insulter, humilier, brimer et marginaliser les enfants qui tardent à comprendre, sont lents à réagir, ou simplement ont des besoins différents de ceux de leurs camarades, sont-ils seulement conscients des dégâts qu’ils causent chez ces enfants et des conséquences qui peuvent découler de ce mauvais traitement ?

Humilier un enfant parce qu’il n’y arrive pas ou tarde à y arriver, lui prédire un avenir médiocre parce qu’il n’a pas obtenu 20/20 en mathématiques, ignorer ses efforts pour ne pas être laissé derrière et le comparer sans cesse avec ses camarades qui font mieux c’est non seulement tuer toute motivation pour l’apprentissage chez cet enfant, mais semer les graines du ressentiment, lequel peut plus tard créer des monstres comme ceux qui tuent froidement ou violent sans états d’âme.

La plupart des systèmes éducatifs mettent l’accent sur l’atteinte des résultats académiques, et ignorent le développement personnel des apprenants. L’aspect humain des apprenants parce que ces derniers, avant d’êtres des apprenants, sont des êtres humains avec des émotions et des besoins autres qu’éducatifs, lesquels devraient être également pris en compte dans tout processus éducatif. L’école ne s’en occupe pas, ou alors très rarement, parce qu’elle n’a pas pris conscience de cet important besoin, ou alors parce qu’elle en a pris conscience mais n’a pas pris les mesure nécessaires pour que ce besoin soit satisfait.

Dans les familles les choses ne sont pas meilleures. Les enfants sont jetés dans l’arène de la vie sans avoir été dotés d’outils dont ils besoin pour répondre avec succès aux exigences de notre temps, de la vie en société, société à laquelle nous tous appartenons et avons le droit d’y vivre, en paix, sans crainte. Comment respecter l’autre si personne ne nous a jamais instruit sur cette question ? Si nous avons toujours vu autour de nous des actes qui sont tout sauf le respect de l’autre ?

Comment résister à l’envie de nous jeter sur l’autre pour lui prendre de force quelque chose si, autour de nous, et tout au long de notre existence, nous avons vu les autres faire la même chose sans être inquiétés ?

Comment traiter notre épouse comme un être humain qui a des droits et mérite du respect si tout au long de notre vie nous avons vu notre papa malmener notre maman, la brutaliser, lui manquer constamment du respect ?

Condamnons l’acte commis par ces hommes parce que c’est inacceptable et intolérable dans une société qui se veut démocratique, et en ce siècle où le respect de la personne humaine, la valeur suprême, ainsi que ses droits, est presque unanimement accepté par tous. Mais surtout interrogeons-nous sur le pourquoi. Où est-ce que nous, en tant que société, parents, éducateurs, gouvernements, avons failli. Le fait qu’il y ait cette extraordinaire violence en général et contre les femmes en particulier, partout, toujours, est un signe que quelque part quelque chose ne marche pas.

L’etudiante violée et décédée des suites de ses blessures ne doit pas être morte pour rien. Son décès nous rappelle que ce monde n’est toujours pas un lieu sûr pour les femmes malgré les engagements pris par les uns et les autres pour promouvoir et appliquer les droits de la femme. Il nous rappelle la déliquescence d’un état qui n’a pas su assurer la protection et la sécurité des citoyens en affirmant et en faisant respecter son autorité. Il nous rappelle que la société encourage, par son silence qui est une forme de complicité, certaines pratiques inadmissibles. Il nous rappelle que la famille ne joue pas toujours son rôle d’orientation et d’encadrement en ce qui concerne l’éducation à la vie de ses membres. Il nous rappelle enfin qu’aux programmes d’enseignement il manque un élément qui doit préparer à la vie.

Son décès mais surtout son courage et sa résistance doivent nous inspirer et surtout nous motiver à exiger et nous battre pour que la violence contre les femmes cesse. Cependant, notre réponse à cet acte barbare doit être holistique. Nous devons continuer à enseigner à nos filles le respect de soi. Nous devons continuer à leur donner des outils pour se défendre contre cette violence et contribuer à ce qu’elle cesse. Mais en même temps, nous devons également éduquer nos garçons, nos hommes. Education aux droits humains et droits de la personne. Education à la vie. Nous devons les aider à acquérir ces compétences dont ils ont besoin pour vivre en harmonie et en paix avec les autres membres de la société, aider à vivre et laisser vivre. Sans oublier d’exiger que les autres parties prenantes (écoles et gouvernements) mettent résolument et activement leurs mains à la pâte pour contribuer à construire une société où chacun a sa place, une société où personne n’est menacé pour quelque raison que ce soit, et surtout pas à cause de son sexe.

Il faut agir. A partir de l’endroit ou nous nous trouvons. Avec les moyens dont nous disposons. En bloguant. En écrivant. En sensibilisant les décideurs et les responsables d’écoles. En créant des groupes de réflexion et de lobbying sur cette question. Il y a plusieurs façons d’agir pour contribuer à mettre un terme à la violence contre les femmes. En connais-tu d’autres ? N’hésite pas à les partager avec nous, ici.

Céline SIKA

Quelle éducation financière donnons-nous à nos enfants ?

Il y a quelques jours j’ai appris avec stupéfaction que le fils d’un de mes amies avait cessé d’aller à l’école depuis bientôt deux ans non pas parce qu’il avait été suspendu ou expulsé de son programme académique, mais parce qu’il n’avait pas payé ses frais de scolarité. A ma stupéfaction s’est ajoutée l’horreur et l’angoisse lorsque  j’ai appris par la suite que non seulement il n’allait plus à l’école, mais était recherché par la police -pour escroquerie et violence contre sa petite amie qu’il avait frappée parce que cette dernière avait refusé de lui servir de domestique-, par le fisc -parce qu’il avait des factures astronomiques non payées-, par son bailleur et des amis pour loyer et dettes non payées.

Que s’est-il passé pour que ce gaillard de 22 ans sur qui toute sa famille avait tout misé se retrouve dans une situation qui a tout l’air d’être sans issue ? Eh bien, au lieu de payer effectivement ses frais de scolarité que les parents lui envoyaient tous les semestres sans faute malgré leurs ressources assez limitées, notre ami s’achetait les derniers gadgets électroniques et  s’habillait avec les marques vestimentaires à la mode.

Cette histoire triste qui met en évidence une des erreurs majuscules que nous, parents, commettons à l’égard de nos enfants est hélas très commune, que nous vivions dans la même maison, la même  ville, la même province, le même pays que nos enfants, ou que ces derniers se retrouvent hors du pays, étudiants sous d’autres cieux. On n’en parle pas parce qu’on a honte -du qu’en dira-t-on, pour avoir omis, négligé ou simplement pour n’avoir pas su aider nos enfants à construire des rapports sains avec l’argent-. On n’en parle pas  par insouciance, par ignorance, parce que l’on pense que cela n’arrive qu’aux enfants des autres. Pourtant le sujet est plus que grave et requiert que l’on y accorde toute l’importance qu’il mérite pour limiter les dégâts aussi bien chez nos enfants qui se retrouvent dans de sales draps, que chez-nous-mêmes car vous conviendrez avec moi qu’il n’est pas donné à tout le monde de rester intacte lorsqu’on apprend une chose pareille au sujet de ses enfants.

Je connais des parents qui ne sont plus mentalement équilibrés parce qu’ils ont donné et se sont donnés pour que leurs enfants se retrouvent à la fin … dans la rue, à mendier presque pour survivre, lorsqu’ils ne se retrouvent pas derrière les barreaux pour des histoires plus ou moins semblables.

L’éducation que nos enfants reçoivent devrait être holistique, c’est-à-dire qu’elle devrait leur permettre d’acquérir les outils dont ils ont besoin pour trouver des réponses adéquates à toutes les équations de plus en plus complexes de la vie moderne, et pas seulement leur permettre de « lier le bois au bois pour faire des édifices de bois » comme dit l’écrivain sénégalais Cheickh Hamidou Kane dans l’Aventure Ambigüe. Comment préparer un budget et le respecter,  faire mon lit, faire ma lessive, ma vaisselle, repasser mes vêtements, préparer à manger, faire mes courses, surmonter un chagrin d’amour ou le décès d’un être cher, gérer efficacement mon temps, trouver mon université, m’y inscrire et y survivre, épargner, investir, m’occuper de moi-même, et j’en passe. Si plusieurs d’entre nous avons appris ces choses sur le tas, souvent douloureusement, en commettant des erreurs que certains paient et paieront jusqu’à la fin de leur vie et même après (des enfants sont souvent obligés de payer les dettes de leurs défunts parents), parce que ces questions pourtant vitales n’avaient pas l’attention qu’elles méritent, nous devons, en tant que parents, amis, voisins, mentors, parrains ou marraines, et compte tenu des enjeux que ces questions revêtent aujourd’hui, veillez à ce que nos enfants soient armés d’outils dont ils ont besoin pour exercer avec succès et sans trop de dégâts le difficile métier de l’Homme dans un monde de plus en plus complexe.

Intendance, responsabilité financière, gestion efficace et consciente de son argent, son temps, ses émotions et ses relations, épargne, investissement, planification financière, budget, tout ceci et bien plus s’apprend, car l’école ne fait pas et ne peut pas  tout faire. Mais comment s’y prendre ?

  1. En leur parlant de la vie réelle, dans tous ses états, avec ses hauts et ses bas, dès qu’ils sont en âge de comprendre
  2. En les impliquant activement dans les activités de la vie réelle, dès qu’ils sont en âge de comprendre : budgets, achats, responsabilités fiscales à la maison, paiement des factures, établissement des listes des achats, travaux domestiques
  3. Fixez des buts à atteindre et récompensez-les s’ils les atteignent (s’ils épargnent un montant d’argent par mois, trimestre, an, vous leur verser un certain pourcentage de l’argent épargné)
  4. En leur apprenant à apprécier à sa juste valeur ce qu’ils reçoivent (de vous ou d’autres personnes) et en ne leur offrant des cadeaux que lorsqu’ils les méritent
  5.  Rien ne devrait être tabou entre vos enfants et vous-mêmes, même pas l’argent.

Il existe de nombreuses ressources aujourd’hui : littérature, sites web, groupes thématiques et d’entraide, pour vous aider à mieux vous préparer et accompagner vos enfants dans ce processus d’apprentissage vital. Si avec ceci vous ne savez toujours pas comment vous y prendre, vous pouvez aussi faire appel aux nombreux spécialistes qui ne demandent qu’à vous servir. Nous ne pouvons plus perdre une seule minute car les conséquences de cette éducation manquée sont lourdes, à court, moyen et long terme.

Si tu as aimé, et surtout si tu as trouvé ce papier utile, partage-le autour de toi car il pourrait aussi servir à d’autres personnes. Si tu as des tips et des trucs pour éduquer financièrement et émotionnellement nos enfants, et aussi les aider à assurer l’intendance, je serais heureuse que tu les partages avec moi, avec nous sur cette page car lorsqu’on sait, on partage.

Bien à toi !

Céline SIKA

Le couple tue !

ImageLe 08 mars dernier l’on célébrait, avec pompe, partout dans le monde, la Journée Internationale de la femme. L’occasion, pour les infatigables combattantes et combattants pour le respect des  droits de tous les humains, de marquer une pause pour mesurer le chemin parcouru, développer, améliorer ou changer carrément la ou les stratégies de lutte pour l’avènement d’un monde plus juste, plus humain, plus équitable, un monde où les uns et les autres jouissent des mêmes opportunités pour s’épanouir et participer activement au développement de leurs communautés et pays.

C’était également l’occasion de sensibiliser les populations, l’opinion publique, les dirigeants et décideurs sur la condition et la situation de la femme qui, malgré les progrès réalisés et les acquis, n’a pas beaucoup changé parce que des millions de petites filles, d’adolescentes, de mères, d’épouses, de femmes âgées, sont encore trop souvent victimes, au Sud mais aussi au Nord, de discriminations ou de violences inacceptables.

En effet, si pour plusieurs d’entre nous il est désormais possible de voter, de faire des études et mener des carrières autrefois réservées uniquement à la gente masculine,  de voyager, d’ouvrir un compte bancaire sans demander au préalable la permission à quelqu’un d’autre, une personne de sexe masculin en l’occurrence, pour plusieurs femmes il est impossible encore aujourd’hui, au XXI ème siècle, de faire certaines choses aussi simples que choisir ses amis ou la tenue qu’elles vont mettre, refuser la compagnie de ceux qui ne leur plaisent pas pour quelque raison que ce soit, boire un verre avec des amis dans un café, donner son opinion sur un sujet, voter librement pour un parti politique de son choix.

Il y a quelques jours vous avez sans doute lu, avec consternation comme moi, dans un journal de la place, le cas d’une jeune femme battue et répudiée avec ses deux enfants par le cousin de son conjoint et l’ami de ce dernier tout simplement parce qu’elle avait osé voter pour un parti qui n’est pas celui de ces  derniers. Interpellé, le conjoint n’a rien trouvé à redire sauf à rappeler à son épouse qu’il lui avait bien dit de ne pas faire la politique, parce que c’est l’affaire des hommes!

Battue, répudiée, humiliée, lâchée par son conjoint parce qu’elle a voulu remplir son devoir de citoyenne en votant, parce qu’elle a commis le délit de vouloir penser par elle-même sans passer par les autres. Cela se passe ici à Ouagadougou. Mais également ailleurs, dans les autres villes et villages du Burkina Faso, en Afrique, en Europe, en Amérique, partout dans le monde où, comme cette dame, beaucoup d’autres femmes sont victimes des violences liées au genre, à leur sexe.

Elle aurait pu y laisser la vie, comme c’est très souvent le cas d’ailleurs, parce que ce terrorisme qui ne dit pas son nom cause des dégâts aussi importants sinon plus que le cancer,  le sida. En silence, souvent dans l’intimité des domiciles, mais aussi dans la rue, au marché, au service, à l’école ou dans les amphithéâtres. Tenez:

-ici des lois nous discriminent ouvertement et l’Etat reste passif devant la tradition qui nous écarte de l’héritage, fixe des limites pour nous et punit celles qui osent la questionner ;

-là on nous charcute ou nous coud au nom de la religion ou de cette même tradition ; on nous met des ceintures de chasteté ou contrôle notre virginité ; nous oblige à adopter des canons de beauté qu’ils ont choisis au péril de notre santé; nous enferme dans des harems ou dans des foyers contre notre volonté ; nous viole, nous impose des relations sexuelles ou des grossesses multiples, rapprochées ; nous achète, nous échange ou nous transmet du mari aux frères ou cousins ;

-là, on nous défigure à l’acide, nous abat ou nous brûle parce que nous avons mis un terme à une relation destructrice ou qui ne nous plaît plus ; nous marie à quatre ans, nous égorge, nous poignarde pour sauver l’honneur de la famille parce qu’on nous a aperçue avec un homme qui n’est pas de notre famille ; nous harcèle sexuellement et psychologiquement ; nous insulte, nous prostitue ; nous brûle vives lorsque nous vieillissons en nous accusant de sorcières ; nous assimilent au symbole du Mal dans des religions misogynes ; nous ensevelit vivantes sous des tchadors, burkas ou autres tchadris en synthétique sous des températures de plus de 45% à l’ombre parce que notre conjoint doit être le seul à contempler notre corps ; nous lapide parce que nous avons décidé de refaire notre vie après un divorce ou après avoir été abandonnée avec enfants par notre conjoint;

-là-bas encore nous n’avons pas le droit de voir le jour si jamais on découvre, grâce à la magie de l’échographie que nous sommes de sexe féminin…

Je pourrais continuer à égrener le chapelet des violences que nous les femmes subissons à longueur de notre vie parce qu’elle est infinie.

Partout, les violences exercées contre les femmes par un partenaire de sexe masculin –le père, le frère, l’époux, le conjoint, concubin ou petit ami, des collègues, etc.-, ou des institutions comme l’Etat, l’école, la société, atteignent des dimensions hallucinantes et constituent l’une des premières causes d’invalidité et de mortalité chez les femmes. Partout, le terrain est miné. A toutes les étapes de la vie d’une femme ! Même certains acquis obtenus au prix de luttes acharnées et de sacrifices sont aujourd’hui menacés et remis en question.

Face à un tel constat particulièrement inquiétant, il est clair que beaucoup reste à faire pour que les femmes soient considérées comme des êtres humains à part entière, des citoyennes à part entière avec des devoirs mais aussi des droits, parce qu’elles le sont avant d’être des mères, des épouses, des sœurs, des amantes. Enormément de choses restent encore à faire pour que les femmes, ces travailleuses infatigables sur qui reposent énormément de choses dont l’économie, la sécurité alimentaire, la stabilité des sociétés, puissent effectivement s’exprimer, donner leur avis sur tout ce qui les concerne directement, participer activement à la gestion des affaires de leurs communautés, à la conception, l’élaboration, l’implémentation, le suivi et l’évaluation des programmes de développement, bref, au processus de développement durable de leur pays.

C’est une tâche difficile, qui requière du temps, de la patience et des moyens  -pour briser définitivement les résistances de ceux qui sont encore férocement accrochés à leurs convictions, aux idées reçues et autres préjugés-. Mais c’est une tâche qui requiert surtout l’adhésion de tous et chacun de nous. Une tâche qui nous interpelle parce qu’il s’agit des droits de plus de la moitié de l’humanité, des droits des femmes et dont la violation est une violation des droits humains.

C’est aussi une tâche dont nous ne pouvons nous dérober parce que les conséquences démographiques, sociales, économiques de ces actes qui n’honorent pas l’Homme sont souvent terribles pour celles qui en sont victimes –traumatisme, transgression des principes et droits fondamentaux au travail, des droits de la personne-,   mais aussi pour leurs familles, leurs communautés, leurs pays, bref, le monde entier – perte de la population,  diminution de l’espérance de vie à cause des grossesses nombreuses, rapprochées, précoces, surcharge de travail, transgression de la justice sociale, ralentissement de la croissance économique, fonctionnement pas optimal des entreprises et des marchés du travail,  bref, aggravation de l’extrême pauvreté-. Nous sommes à l’heure de la mondialisation où un acte posé localement peut avoir des conséquences redoutables au niveau global.

Presque tous les Etats du monde ont pris conscience des multiples formes de violences faites aux femmes et signé et ratifié la Convention pour l’Eradication de toutes les formes de violence contre la femme et, au niveau national, ils ont élaboré des politiques et plans d’actions nationaux et programmes pour sa mise en œuvre.  Mais, malgré cette volonté politique manifeste, et aussi parfois pour des raisons qui échappent souvent à notre entendement, ces outils ne sont pas opérationnels, ou du moins pas assez.

Il ne suffit pas de signer des Conventions pour ne pas être mal vu par la communauté internationale, ou parce que celles-ci sont une opportunité pour avoir des fonds. Il s’agit de traduire cette volonté par des actions concrètes, de façon transversale, à tous les niveaux de la société, du sommet à la base, partout, sur le terrain, avec les populations.

Il faut un cadre légal adéquat, des lois appropriées qui protègent la femme contre les abus et promeuvent ses droits, une fermeté pour les faire appliquer, des mesures radicales et des sanctions pour punir ceux qui enfreignent ces lois, et même des tribunaux pour les juger comme le réclament les organisations féministes qui considèrent ces actes comme des crimes contre l’humanité. Mais il faut surtout prévenir. Par le renforcement des capacités, l’éducation des hommes et des femmes, victimes et bourreaux, qui, consciemment ou inconsciemment, perpétuent ces actes et comportements assassins, de génération en génération, parce que otages d’un système patriarcal qui proclame et perpétue l’idée de « l’infériorité naturelle »  des femmes et d’une « suprématie biologique » des hommes. L’éducation est plus susceptible de modifier les normes sociales, les attitudes, les stéréotypes, etc., pour aboutir à la reconnaissance et le respect des droits de la femme ainsi que la suppression de toutes les formes de violence à leur égard.

Sans réelle volonté politique, le combat contre la violence de genre, qui n’est autre que le reflet des relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes, sera difficilement gagné. Et il convient de préciser que toute initiative doit être transformationnelle. En effet, il est bon de donner du poisson à manger à ceux qui ont faim. Mais il est préférable de leur apprendre à pêcher et d’apporter l’appui institutionnel au secteur de la pêche parce que là, on apporte ainsi une réponse structurelle au problème de la faim, c’est-à-dire une solution durable au problème.

Cet article je l’ai écrit il y a quelques années, lorsque je vivais encore au Burkina Faso. Mais il est d’actualité car la violence du genre ne faiblit pas. Lorsqu’on est en couple ou pas. Je parle de violence du genre et pas de violence contre la femme parce que les femmes aussi peuvent être -et le sont vraiment- très violentes. Et elle ne faiblira pas si chacun de nous ne fait pas sa part, à son  niveau, avec les moyens dont il/elle dispose, lorsqu’il le faut, pour contribuer à mettre un terme à cette horreur. La violence, qu’elle vienne de l’homme ou de la femme, n’est pas acceptable. Elle n’est pas tolérable. Moi je fais ma part, en partageant avec toi ces mots, ce message.

Et toi, que fais-tu pour que la paix et l’amour remplacent la violence?

Je serais heureuse de te lire. Nous avons tous et toutes des choses à dire, à partager, à enseigner.

Céline Sika

Imagine…imagine tout simplement

Aujourd’hui je voudrais t’inviter à imaginer:

Un meilleur toi

Un meilleur partenaire

Une meilleure famille

Un meilleur quartier

Un meilleur pays

Un meilleur monde

Un meilleur avenir…

Je voudrais t’inviter à imaginer tout simplement.

Imagine d’abord, et agis ensuite. En effet, tu ne peux pas mettre en oeuvre quelque chose qui n’existe pas, qui n’a pas d’abord été imaginée par toi ou par quelqu’un d’autre. Dès que tu as l’image, la vision de ce dont tu rêves, tu peux alors penser aux ressources qui vont te permettre de réaliser ton rêve et surtout aux moyens de les mobiliser.

Nous vivons dans un monde en proie à de formidables et irréversibles mutations, un monde où la violence, la malhonnêteté, l’égoïsme et tous les autres maux ne surprennent plus parce qu’ils sont devenus presque normaux. Mais c’est pas normal et nous devons tous et chacun, partout où nous nous trouvons, à tout moment, et avec les moyens dont nous disposons, oeuvrer pour renverser la tendance. En faisant des efforts pour devenir un meilleur nous-mêmes, un meilleur partenaire, un meilleur voisin, un meilleur parent, ami, collègue, en travaillant pour faire de notre famille, une meilleure famille; de notre quartier, un meilleur quartier; de notre communauté, une meilleure communauté; de notre pays, un meilleur pays; du monde dans lequel nous vivons et que nous allons laisser a nos enfants, le meilleur des mondes possibles. Mais, avant d’en arriver là , il faut d’abord rêver, imaginer.